Ce matin, après un rapide
petit déjeuner, Cédric et moi débarquons vers 8h30
avec deux voitures sur le terrain de Montaudran, où les bénévoles
du club sont en plein préparatifs.
Ce samedi, on célèbre
un événement joyeux, et un autre nettement plus triste. Le
premier, c'est le retour, enfin, d'un Bréguet XIV à Montaudran.
Le second, c'est la prochaine fermeture de ce terrain entré dans
la légende.
On laisse une voiture à Montaudran,
et on file avec l'autre jusqu'à Muret. On sort le petit BPEX du
hangar, on fait la prévol, et c'est parti. J'aligne la roue droite
du petit Cessna au centre de la piste 12, et je mets plein gaz.
BPEX est rapidement en l'air, et
monte vaillamment et rapidement dans l'air frais du matin.
L'itinéraire prévu
est assez direct : Tango Sierra, puis Montaudran. C'était sans compter
avec le contrôleur de Toulouse Info, qui veut nous faire visiter
tout le transit sud.
Du coup, changement de programme,
on annonce un toucher à Blagnac sur la 14 gauche. Longue vent arrière
suivie d'un 360° et demi pour laisser se poser quelques gros (dont
un Air France qui s'annonce pour la... 15 gauche ! :-) ), puis base et
finale. On annonce qu'on fera une remise de gaz, et le contrôleur
nous propose de continuer ensuite dans l'axe vers Montaudran.
On passe le lièvre, encore
allumé, et on remet les gaz. Montée dans l'axe de la 14L,
face à Toulouse. Très joli transit dans l'axe, petit coucou
au bâtiment des éditions Cépaduès, et on a le
visuel sur la piste de Montaudran. On quitte le contrôleur de Blagnac
après l'avoir remercié pour la directe, et on passe avec
Montaudran.
Sur la fréquence, on entend...
le Bréguet, en fin de vent arrière ! Sous nos ailes, 500
pieds plus bas, apparaît le vénérable biplan. Cédric
prend les commandes pendant que je mitraille. Le Bréguet XIV passe
le seuil de la piste 14 (!) et se pose en douceur. Il est 9h45. A la verticale
du terrain, Cédric et moi savourons ce moment historique, qu'on
est sans doute les deux seuls à avoir admiré du ciel...
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Le Bréguet en
courte finale |
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Passage du seuil |
On s'intègre en vent arrière
pendant que le Bréguet remonte la piste, et tandis que nous sommes
en finale, le biplan arrive face à nous, après avoir franchi
la route qui traverse la piste.
A son tour, le petit BPEX pose, pour
la première et la dernière fois, ses roues sur ce terrain
mythique, d'où décollèrent tant de lettres à
destination de l'Amérique du Sud, précieux chargement objet
de tous les soins des courageux pilotes de l'Aéropostale.
Olivier
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BPEX en finale, le Bréguet
XIV roule vers le parking (il a déjà
dégagé la piste, puisque
dans la configuration d'aujourd'hui, elle en
commence qu'après la route) |
Le biplan parqué sur la partie
de la piste qui devrait être préservée,
juste en face du bureau de Didier
Daurat |
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Je sais bien que j'ai tendance
à m'enthousiasmer facilement mais là franchement j'ai trouvé
ça magique, magnifique et fantastique (là j'arrête,
je suis à court de rimes!!) Pourtant la journée n'avait pas
très bien commencé : Marie et moi devions venir en avion
mais un gros méchant nuage nous a barré le ciel et nous avons
dû nous rabattre sur un truc à 4 roues qui vole pas, snif!
Mais une fois à Montaudran, que d'émotions!! Le roulage du
Bréguet, la rencontre avec de nouveaux colibris (au passage merci
à Stéphane et Alex pour le petit tour), les mêmes passionnés
qu'on finit toujours par retrouver sur les terrains, le tampon de Montaudran
qu'on a tout de même fini par avoir ;-)), le resto-rascoll improvisé
avec au dessert le moelleux au chocolat et sa boule de glace vanille (rien
que d'y penser j'en ai les larmes aux yeux tellement c'était bon!!),
bref que du bonheur!!!
Je vais encore mettre 2 jours avant
de pouvoir redescendre sur terre !!!
Dis Père Noël tu pourrais
pas m'apporter un Bréguet XIV cette année?
Flo, encore toute émerveillée
Nous nous permettons ce soir d'être
contents de nous.
Cette journée, servie par
une belle météo, a permis à nombre d'entre nous d'atterrir
sur le légendaire terrain de Montaudran pour la première,
et sans doute pour la dernière fois.
32 appareils sont venus, étagés
et disciplinés, ce qui a permis de gérer correctement les
mouvements et les roulages, malgré les caractéristiques spéciales
du terrain. Merci à tous nos pilotes pour leur rigueur et leur ordre.
Inutile de préciser que l'on
a rascollé sec, et voici d'ailleurs devant le Bréguet 14
une brochette de colibris, où l'on reconnaît de gauche à
droite, Marie Virac, Florence Fortin, Pauline Schmidt, Alexandra Thibergue
et Stéphane Torchon, Laetitia Hunot,Stéphane Boularand ,
Jean Pierre Lautier, Bernard Julien ( venu en PA 11, bravo !), et votre
serviteur accroupi.
Manquent sur la photo l'équipage
du F-BPEX, qui, pressé d'aller le premier mettre des photos sur
la liste, a loupé celle-là, et Bruno Noury et son équipage,
auteurs aujourd'hui d'un aller-retour Pontoise Montaudran Lasbordes Pontoise,
à qui revient sans conteste la palme du plus lointain, et qui vient
d'appeler pour dire qu'il est bien posé à Pontoise.
Merci et bravo à tous.
Je ne vous dis pas qu'on recommencera,
car Montaudran, c'est bientôt fini, et pour toujours.
Mais nous serons nombreux à
nous souvenir de cette journée.
J.Darolles
UR 9
Le récit en images de l'équipage
Bruno Noury, parti dans la grisaille et rentré dans la grisaille
parisienne (mais le coeur léger), après quelque sept petites
heures de vol...
Bravo pour l'organisation !
Fabrice Linon (PA 3 axes VFR ; sac
de sable IFR)
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| Départ de Pontoise |
Arrivée à Toulouse |
Retour sur la région parisienne |
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C'était hier soir à
l'embranchement du twy principal de LFCL pour ravitailler, où je
me trouvais après ce qui sera pour longtemps ma plus courte nav
(LFIO LFCL 1NM, 28 minute de vol, le tour de piste de LFCL fait voir du
pays, surtout après une remise de gaz sagement imposée par
le contrôleur vu le trafic).
Un grand moment à Montaudran,
une approche et une finale inoubliable ! Merci à tous.
Leurnt
LFBV Brive Laroche
Des instants dont on se souvient.
J.Darolles
Muret
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| Ca, c'est le colibri Bernard Julien,
aux commandes du Piper de Castelnaudary, qui survole le Bréguet
14 en finale à Montaudran. |
Et ça, c'est la dernière
fois qu'un Bréguet 14 a décollé de Montaudran (hier). |
"Rappelez
avant de tourner en base" qu'il m'a dit le gars du club en bas.
Alors j'ai
pu traîner quelques secondes de plus histoire de me régaler
encore un peu du spectacle de la ville de Toulouse en 2003, survolée
avec 400 mètres d'altitude indiqués sur mon alti, soit les
800 ft / sol réglementaires. Quel bonheur, dans cette lumière
unique que nous donne un soleil de matin d'hiver si lumineux et si tendre
à la fois.
J'ai longé
cette piste pour la première fois en janvier d'une certaine année
1972, alors que j'arrivais en tant qu'élève à l'ENAC.
Cette piste je la longe en rampant tous les matins sur "la rocade"
(appellation toulousaine du périph) . J'en ai bien sûr profité
pour repérer les fenêtres de mon bureau, jamais vues sous
cet angle !
Je me suis
régalé de cette arrivée sur ce terrain si inaccessible
habituellement et si mythique pour les raisons qu'on connaît...
J'ai essayé d'imaginer un instant ce que pouvait être la
campagne autour de ce champ d'aviation que voyait les pilotes rentrant
au bercail dans les années 20 !?
Puis vint
trop tôt le moment de gérer ma trajectoire d'approche finale.
J'avais
en cet instant trois préoccupations.
La première,
intercepter et suivre un plan fort pour "passer la route" à
30 mètres de hauteur. Cette route toute pleine de voitures qui
traversent la piste avec tout pleins d'yeux à bord qui me regardent
!
La deuxième,
se poser au plus court pile poil sur les marques décalées
de la 14. Ceci afin de dégager rapidement, car nous étions
nombreux à l'arrivée. Pas question de prendre ses aises
donc.
La troisième,
évaluant que sur le tarmac il y avait aussi quelques centaines
d'yeux, et ceux-là connaisseurs, convergeant sur mon vénérable
Piper (55 ans révolus tout de même), je me devais de faire
un joli kiss mais court !
"Demi-tour
dès que possible" qu'il me confirme le gars dans l'écouteur
à peine avais-je touché des roues.
"Je
demi-tourne de suite" ai-je répondu la mâchoire tordue
pour aider mon avion à finir de ralentir tout en entamant déjà
le virage.
Le guidage
au sol par les parqueurs au milieu de tous ces avions était encore
un plaisir et pour finir le coup de queue vif de 90° comme seuls peuvent
le faire les trains classiques, juste avant l'arrêt instantané
du moteur au magnétos ! (et oui, il n'y a pas de démarreur
!)
Et non seulement
il y avait des yeux, mais aussi cet appareil photo pour saisir cet instant
si exceptionnel dans la vie d'un petit pilote de tourisme. Cet instant
de bonheur comptera, oui ! Merci Jacques d'avoir eu cette bonne idée
!
Bernard
JULIEN
ENAC / Castelnaudary
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