Rascoll à Louiseville (Québec)
 

 

 
Malgré les distances importantes qui séparent en moyenne chaque Colibri de ce côté -ci de la Grande Mare (J.F. Lecours à Sept-îles et Xavier Lecat aux Îles de la Madeleine étant carrément hors concours), un premier Rascoll Québécois d'envergure (6 personnes!) a été organisé à Louiseville, terrain mondialement connu pour son rassemblement de  constructeurs amateurs....

Vincent Fabri qui avait décidé de venir voir ici si les hydravions pouvaient toujours naviguer malgré la sécheresse (si, si, on manque d'eau!), a été le déclencheur de cette sympathique réunion. Louiseville est un petit terrain situé prsè de Trois Rivières, entre Québec et Montréal, sur le Bord du St Laurent, et l'occasion était belle lors du rassemblement annuel des pilotes de brousse et constructeurs amateurs du coin de regrouper les colibris disponibles.

Mary-Ga et Tifilou (Philippe le Tiec) de retour de vacances au Lac St Jean ont prévu de s'arrêter sur la route, la "gang" des Montréalais (Pascal (Nonos) et Dominique + votre serviteur arrivé de Québec) s'organise avec des C172 pour venir depuis ST Hubert alors qu'un grand CAVOK règne sur la région.

Je dis DES C172, car à quatre gaillards dans la même machine avec les pleins, on dépasse "largement" le poids maxi autorisé, même en retenant sa respiration. Départ en matinée à bord de deux machines de chez Cargair, Jacques et Pascal dans une machine, Dominique et Béranger dans l'autre. Leur avion a un moteur de 150 CV et les dix chevaux de moins ont une influence certaine sur la vitesse de croisière, puisque nous les  attendrons un moment aux alentours de Sorel (eh les gars, sortez les rames!) en expérimentant le virage à rayon minimum....

Le terminal de Montréal, contacté au départ de St Hubert, nous demande ce qu'il se passe à Louiseville, nous sommes le quatrième avion depuis ce matin qui a cette destination dans son plan de vol! Le "c'est où Louiseville?" s'attire un "comment vous ne connaissez pas Louiseville International?" amusé, on se détend, c'est dimanche, il fait beau, et les contrôleurs sont sympas...

L'autre avion nous ayant rattrapé, nous décidons de voler en patrouille pour prendre quelques photos: Il faut se coordonner sur la fréquence, le pilote maintient le cap, le copi surveille le trafic et prend les photos. Puis arrive la zone d'aérodrome de Louiseville et plusieurs avions sont sur la fréquence de l'Unicom, qui nous prévient que de nombreux avions NORDO sont dans les parages. Ont va ouvrir l'oeuil et même les quatre !

Pour réduire le trafic radio, nous nous annonçons comme une patrouille de deux, Dominique et Béranger suivent dans nos traces, méthode efficace au point même que nous finirons à trois en vent arrière, un autre Cessna, ayant compris la manoeuvre, s'est joint à nous silencieusement.

Attention à ne pas louper l'atterro, au bout de la 27 une cinquantaine d'avions sont déjà parqués (c'est pas Fontenay, mais on s'en rapproche !) et après il y a la ferme et les lignes haute tension...Sans compter la centaine de paire d'yeux qui vous regardent! Un poil trop haut, une glissade et hop, posé, pas cassé, on roule vite pour laisser la place à Dominqiue qui s'est posé cent mètres avant.... On parque les machines dans l'herbe,  aidés par les bénévoles de l'organisation, très efficaces, et nous voilà partis "à la recherche du Vincent perdu"....

Je ne suis pas un spécialiste de ces avions donc ne me demandez pas de citer tous les noms, mais il y a là un assemblage hétéroclite de vieux Cessnas 140 des années 60 et autre Ercoupe, un Emeraude  superbe, d'avions de brousse (J3, Aérocruizer et autres) d'ULMs évolués, d'autres un peu moins et d'incroyables avions en construction amateur, certains de véritables oeuvres d'art, d'autres, euh....comment dire....."il paraît que ça vole!" (voir photos).

Dans un hangar, un homme travaille sur un biplan monoplace de sa fabrication (18 ans qu'il est dessus) reconstitué "d'après une photo". L'avion et les ailes n'ont pas l'air bien grandes, mais bon, il y croit, et sa fille aussi qui l'assiste (cet avion est pour moi! j'ai hâte de le piloter!). J'en frémis cependant, alors qu'un autre constructeur amateur nous affirme sans rire, qu'"avec un bon moteur, on fait voler un morceau de contreplaqué!". S'il le dit....

Pendant ce temps le traffic a augmenté et nous serons au final au moins soixante-dix avions de toutes sortes. L'UNICOM est un peu débordé: tout le monde redécolle en 09 à contre QFU, alors que d'autres avions continuent d'arriver en 27, ce qui nous permet de voir les performances STOL de certains avions qui décollent  en trente mètres, tout en survolant un ULM pendulaire en glissade prononcée qui arrive en face. Je pense que l'un des deux n'avait pas de radio et qu'ils ne se sont vus qu'au dernier moment, mais du sol c'était impressionant!

L'Explorer, cet avion-baleine qui emporte un vrai matelas double dans sa cabine vient nous rendre une petite visite, alors que nous arrivons à l'autre bout de l'anvienne route fissurée qui sert de piste/taxiway. Vincent est là, attablé avec des connaissances, et nous sommes bientôt rejoints par Mary Gaelle et Tifilou. De Vincent est une vedette locale: Tout le monde le connaît, il ya même des gens qui l'abordent pour lui proposer des tours d'hydravion! Il disparaîtra rapidement pour aller faire un tour de R44 avec une vedette locale de la télévision, ancien pilote de brousse. Non ce n'était pas celui de Georges !

A signaler un superbe Aerocruizer 450 CV turbo, une sacré bête avec 10 heures d'autonomie d'après Tifilou qui connaît tous ces avions et reconnaît même d' anciens tagazous sur lesquels il a volé !

Il est temps de rentrer sur Montréal, les deux C172 repartent et nous referons un vol en patrouille avec atterrissage en patrouille également, les contrôleurs de St Hubert, décidément très sympas, nous ayant donné l'autorisation, après nous avoir demandé confirmation (en fait ici, on dit "en formation" et non pas pas en patrouille !).

Bref une agréable journée "agrémentée" de coups de soleil, mais hélas assombrie par un accident: peu après notre départ, un avion de construction amateur (2 heures de vol seulement) décollait en 09 et se crashait dans le champ à faible altitude en virage. Son pilote est semble-t'il légèrement blessé seulement, mais l'avion est complètement détruit, d'après Mary-Gaelle qui a tout vu...

JZ

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