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Les gros avions ont plein
de choses en commun avec les petits.
Parmi celles-ci, il est fortement déconseillé de rentrer dans les cunimbs avec
une grosse machine, comme avec une petite.
Afin de pouvoir éviter les gros nuages d'averses ou d'orages lorsqu'on est de
nuit ou en IMC, tous les avions de ligne sont équipés d'un radar météo qui
détecte les grosses gouttes de pluie, et donc les cunimbs.
Les radars modernes sont aujourd'hui tous en couleur, et sur les avions
"glass cockpit", l'image du radar se superpose à celle de la
route, dans l'écran de navigation horizontale (EHSI), ce qui est bien pratique.
Sur le 747, on n'en est pas à ce stade d'avancée technique, et le radar
météo est un écran séparé, que voici sur la photo.
Les deux boutons du dessus servent, à gauche, à régler la distance de visée,
à droite à régler la luminosité.
Il y a par ailleurs (invisible ici) sur le pylône un petit boîtier qui
permet de régler le mode de fonctionnement (Off, test...) et ce qu'on appelle
le Tilt, c'est à dire l'inclinaison de l'antenne vers le haut ou vers le bas.
Les deux affichages vous indiquent donc qu'actuellement, je suis en mode
détection météo (WX), range 120 nautiques, que chaque demi-cercle pointillé
est séparé de 40 nautiques (MRK 40) et que mon tilt d'antenne est à 2 degrés
vers le bas.
Que voit-on sur l'écran ? A droite, deux cunimbs costauds, avec de la pluie
modérée (verte) autour, et plus soutenue (jaune) au milieu.
Si le cunimb était vraiment méchant, on verrait du rouge là où c'est très
fort, voire du rose vif là où ça chie pour de bon.
En continuant tout droit, il y a une double tête à environ 90 nautiques, qu'on
pourra contourner par la droite si nécessaire, en fonction de l'intensité que
l'on vérifiera en approchant. Le tilt antenne vers le bas permet de voir ce qui
se passe dessous, et de vérifier à distance si on va passer au-dessus du
sommet ou pas.
Sur la gauche, une ribambelle de ptits cunimbs pas trop féroces.
Voilà. A part ça, là, vers les 1h00 du matin, au FL 310 entre Addis Abbeba et
Khartoum, le CDB dort derrière, et mon collègue copilote, avec lequel je monte
la garde, est plongé dans l'étude des pages sécurité d'Aviasport.
Car il y a des lectures essentielles lorsqu'on pilote.
J.Darolles
Conducteur d'engins