A trois deux X 
 
Blagnac, dix heures du soir. Un brouillard dense est tombé sur la zone aéroportuaire déserte. Les lampadaires éclairent la scène d'une lueur blafarde et fantomatique.
Les rares passants se hâtent. C'est l'heure ou il ne fait pas bon être hors de chez soi, l'heure ou l'on regrette ses chaussons, l'heure de l'effroi et du mystère.

Mais que se passe t'il au loin ? Des mouvements, des éclairs des cris. Une masse sombre, gigantesque, émerge sinistrement de la brume. A ses pieds, des zélateurs dansent un ballet étrange, tels des gnomes grotesques. Et le passant est glacé d'effroi. Quel est ce monstre marin, ce descendant du Léviathan, ce fils de chthulu qui se fraye péniblement un chemin parmi les hangars et les lampadaires.

Et non. Rien de tout cela. Juste la pointe avant de la maquette grandeur nature du futur A3XX (prononcez "A trois deux X" pour avoir l'air plus branché, cong !) qui est transportée des usines de St Martin-du-Touch vers les bâtiments d'Airbus Industries a Blagnac. En fait, ce n'est pas très loin. C'est juste de l'autre coté des pistes de Toulouse Blagnac. Mais il faut emprunter des rues et voies que rien ne destinait au passage d'un tel monstre. Alors tout le monde y a mis du sien : la DDE a démonté tous les panneaux de circulation. Les arbres ont été sauvagement élagués. Malgré tout, ça passait juste, a peine quelques dizaines de centimètres entre deux lampadaires, et il fallait toute l'habileté d'un chauffeur poids lourd de grande classe pour livrer le bébé sans rayures.

Admirez le monstre. Cette gigantesque structure ne représente qu'une petite partie de l'ensemble. L'avion une fois fini sera colossal.

De Toulouse, un reportage de Cédric, Léti et Jp, miraculeusement sur les lieux.