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Tout commence un dimanche d'avril, le 25 plus précisément, lorsque notre chef pilote me prend en main. Bon, t'en es où, tours de piste (encore!??), bon, OK on y va. Piste 12 en service. Beau temps, pas trop de vent, tours de piste corrects, atterrissages mitigés. Puis au tout dernier tour de piste, atterrissage d'école, parfait. La psychologie, qu'il me dit. Très important. C'était vraiment très bien, garde en mémoire ton dernier atterro, et refais m'en 4 pareils la prochaine fois. Garder en mémoire... avec une semaine de travail entre les deux, ce n'est pas gagné.

Samedi suivant, séance habituelle de boucles au-dessus de St Cyr, toujours en 12, et là..(suspense), je réussis la totale, approche, finale, arrondi, tout y est. L'avion se pose comme une fleur. Etrange. On recommence.

Pareil, atterrissage réussi. On en refait quelques uns encore, et rebelote. Mon instructeur me regarde du coin de l'oeil. Aurait-elle bu quelque chose? Changé d'zyeux? Est-ce bien la même élève? Moi-même je suis heureuse et satisfaite. Et tout celà, je le dois seulement à ma mémoire? Ou bien ce fameux déclic aurait-il eu lieu? Oui mais quand !? Ce fameux petit quelque chose, cet infime instant où l'on sait que c'est le moment d'arrondir puis cabrer doucement, décélérer, ramener le manche au ventre...
Il y avait zéro vent, facile donc. Et si ce n'était qu'un coup de chance?
Sur la fiche de progression de l'élève, mon instructeur écrit :
"Atterrissages: frise l'excellence". Et hop, un petit coup de vario positif pour l'ego. Mais juste quelques instants, le temps que les membres du club avec qui je discute habituellement m'encouragent, et espèrent venir le lendemain pour sabrer le champagne. Mais non, c'est trop tôt, ce n'est pas encore au point et puis il nous reste à voir les pannes. Et donc enquiller encadrements et basses hauteurs.

Le lendemain donc, on reprend le même avion et le même instructeur. Le même avion, c'est Chronopost, notre DR221 blanc et jaune, F-BOZS. Les gens du club sont sur le perron, me font des clins d'oeil de connivence, lèvent le pouce ou presque. C'est le mot, on y est presque. Après un tour de piste standard (et un atterrissage réussi!), on enchaînera sur 4 basses hauteurs avec remise de gaz, puis on terminera sur un standard complet parking.
Atterrissage tout en douceur. Ce n'était peut-être pas la chance après tout. Allez savoir.

La semaine s'égrène ensuite avec son cortège de questions et de torture aux neurones. Que va t-il se passer samedi prochain? Sera-t-on capable de reproduire les atterrissages réussis de la dernière séance? On sait, on ne sait pas? On prie notre sainte mère Météo pour qu'elle nous fasse briller le soleil des beaux jours pour le week-end. On croit aux nuages, au ciel, on implore le vent pour qu'il soit favorable. On a la foi. On relit le Zilio, on se mélange les inclinaisons, les angles arrières, le 2 alpha dans le coin de la vitre , on s'en souvient un peu, beaucoup, passionnément.

Stop. Restons zen.

Mais à trop vouloir les choses et à trop prier sûrement, le week-end suivant est un déluge de stratus bas, d'overcasts en rase motte et de bruines et autres trucs mouillants en tous genre. Grrr. Désolée pour le suspense. Si ça ne tenait qu'à moi, j'étais déjà lâchée depuis quelques lignes! Et un auto-lâché en club, paraît-il que ce serait mal vu. Et le larguage de l'instructeur, pas possible non plus? Souvent on a rêvé d'une poignée rouge dans l'avion, "abort double commande". Mais non, pas moyen.

Dimanche 9 mai, après-midi. Vent de 10 à 15 kt dans l'axe de la 30. Le plafond est hésitant, entre 1400 et 1450 ft QNH. Mais suffisant pour nos exercices d'encadrements et de basse hauteur. Mais pas avec mon instructeur habituel. Zut, on se prend une semaine de plus dans les neurones. Et à la différence de la semaine passée, on n'y pense plus du tout. Advienne que pourra.

Aujourd'hui, les conditions étaient idéales pour aller voler, ne trouvez-vous pas ? Une petite brume matinale recouvrait notre petit bout de région parisienne mais la journée commençait bien de toutes façons puisque le soleil brillait. A 9h30, tous nos avions étaient garés devant l'aéroclub, les réservoirs à ras bord. Un temps à mettre un pilote dehors.

Éric-colibri, arrivé en tête de la liste école, partira en vol local sur Kilo Uniform avec Jean-Michel, son maître vénéré, tandis qu'avec Claude, nous entamerons une énième séance de tours de piste autour de St Cyr à bord de Chronopost. Piste 12 en service. Vent du 060, de travers mais timide, 5 à 10 kt. Les différentes branches du circuit s'enchaînent tranquillement, en gardant bien les paramètres calés au millième de graduation près. C'est dire si ce matin j'avais envie de les soigner ces boucles. Mes atterrissages seront mêmes complimentés. En bonne élève appliquée que j'ai donc été, mon instructeur m'a donné mon bon point.

Instinctivement, le message radio se transforme en un : "Je m'aligne et je décolle 12 droite Fox Zulu Sierra" alors que le tour précédent, c'était "On s'aligne et on décolle." Ne traînons pas, allons vite, mon avion et moi profiter de ce moment fantastique. Tandis qu'au club ou dans nos autres avions dans le ciel, les copains veillent la fréquence et trépignent. De joie pour moi ou peut-être seulement d'impatience pour sabrer quelques bouchons ;o)

Me concernant, la seule chose qui compte à ce moment-là ce sont les paramètres et la configuration du tour de piste. Continuer de soigner ce tour devenu si particulier et que l'on voudrait parfait. Et malgré l'absence d'instructeur pour juger du travail accompli, il le sera, ne serait-ce qu'au fond de soi. Contrairement à d'autres lâchers, aucun chant, aucun cri de guerre ne sera venu perturber cette harmonie dans l'enchaînement des actions. Il n'y avait là-haut rien d'autre que l'avion et moi, et le silence du ciel.

Et si je devais exprimer en un mot ce que l'on ressent seule à bord de son avion, ce serait 'sérénité'. Un sentiment de calme et de paix.

Ce soir, le sourire ne me quitte pas. Et les rayons de soleil continuent de briller au fond de mes yeux.

La suite des événements pourrait en paniquer plus d'un, le vol local seul, les navigations, la mania, le brevet de base, le PPL... mais ça vaut le coup de se battre à chaque étape de la formation puisqu'après chaque bataille, la paix nous guette. Et je crois qu'il n'existe rien de plus agréable.

Merci à tous, pour tout.

Susana - élève à LFPZ
lâchée solo ce jour, autorisée variante spécifique TW (train classique)


Donc me voici samedi 5/06/04 à 9h00 du matin au club LFLI en train de me prendre 2 expressos pour essayer péniblement de me réveiller… Le chef arrive et on se prépare assez vite pour partir. Je finis ma visite pré vol et mets en route et nous partons pour des tours de piste en 12 à 9h30 par une matinée magnifique sur un joli DR400/120. Peu de vent, pas de nuage, le Mont Blanc devant et le lac Léman derrière…pas trop mal pour commencer sa journée ! On enchaîne les tours de piste et l'éternel rengaine : "Ton badin, ton assiette, j'ai dit 80kt à 1700rpm… Ddoucement ! Laisse-le voler ! Le nez ! Le palonnier !! T'as pas resserré la réchauf !" Et ce 8 ou 9 fois de suite. On termine par un joli complet avec les mains moites et le visage en sueur et on roule gentiment vers le parking. Et là juste avant d'arriver le chef me fait : "Bon vu que tu es chaud, tu vas aller m'en faire tout seul." "Un quoi ??" "Un tour de piste ben tiens…" "Mais t'es sûr ?" "Mais oui vas-y, relax et souviens-toi de ce que je te dis".
Et bam avant que je puisse discuter, la verrière est ouverte et je me retrouve tout seul et tout petit aux commandes de mon DR400, le cerveau vide et les mains encore plus moites ! Message radio hésitant : "Euh…Fox-euh-Romeo-Sierra-euh- je roule point d'arrêt douzeuuuxx."
La je faisais moins mon malin tout à coup… Je taxie doucement vers le point d'arrêt derrière un autre DR400 en refaisant 4 fois la check avant décollage, je la refais au point d'arrêt, vérifie la pompe, les volets et tout le reste 4 ou 5 fois. La voie est libre devant et pas d'avions dans le circuit… "Euh-Romeo-Sierraeuh-je remonte la 12 et je m'aaaligneux." Et hop à partir de la tout va très très vite… Je me retrouve aligné, plus le temps de penser, la roulette est alignée, je pousse les gaz, 2200rpm c'est bon, garde le centre pousse à droite, c'est bon, 45kt, 60kt, ze moment. Je tire doucement avec mon pied droit calé comme il faut et… je vole !! Ça y est ! Mais c'est qu'il marche rudement bien ce DR400/20 avec une seule personne à bord !
A Annemasse, en 12, pas le temps de chômer, le badin collé sur 70kt, la symétrie est plus ou moins bonne. Premier virage droite 10 secondes après décollage, ça monte, tout va bien, deuxième virage gauche 90, je passe 2000ft QNH, les volets, la pompe, le phare et le badin sur 80, et tout de suite virage vent traversier. Tout va bien, mon cœur perd 500 tours et je me calme un peu. Voila l'autoroute, prêt pour le virage pour m'établir en vent arrière, je regarde à droite. Vroaar…mais euh c'est quoi ce Piper qui me coupe la route !
2600ft, se mettre en palier… Bon les tours sur 2100, le manche en avant, le trim, ça a l'air bon, les volets, la pompe, le carbu (c'est drôle comme la simple action de tourner une molette ¼ de tour à droite et de la tirer en arrière avant de la revisser peut être compliqué tout à coup !), le phare…et bien sûr j'oublie les gaz.
"Euh Romeo Sierra établi vent arrière piste 12."
Tout va bien…mais je qu'est ce que je fais à 2800ft ? La base se rapproche, voilà les voies de chemin de fer sous moi, je vire et je commence à descendre, 1700 tours, 80 kt, ça va. "Romeo Sierra -euh virage de base - piste douzeux." Oui je sais, c'est pas un virage… Tout s'accélère a nouveau, le Piper est en finale, je suis numéro 2, je vire en finale, plein volet, la pente, le plan, la trajectoire et le message avec le cœur dans la gorge, "Romeo Sierra en finale douzeux !" "Fox Charlie je remonte la douze et je m'aligne." Là le Piper répond : "Fox Charlie, il y a encore un avion en finale." Oui oui oui c'est moa ça ! "Bon j'attendrai dans la raquette." Mais euh non…j'ai pas besoin de stresser plus ! La piste approche, le badin à 70kt, le plan a l'air bon, regarde maman, finalement je suis en train de le faire ! Voilà, le 12 en pleine figure, je réduis tout et j'arrondis comme une fleur… toucher train arrière et la roulette avant se laisse gentiment glisser sur la piste…Voilà je l'ai fait ! Taxi au parking, deux cigarettes, l'adrénaline descend et je vais me coucher.
Massoud


Après 25 jours sans voler dus aux périodes d'examens, hier mardi 29 juin, j'ai repris mes tours de piste sans aucune idée de ce qui allait se passer.

Comme d'habitude, je prépare l'avion, un Robin HR200, visite prévol, etc. Puis autorisé à décoller de LFPZ (St-Cyr l'Ecole) pour des tours de pistes, puissance maximum, décollage en 30 gauche, vent calme (piste assez difficile en circuit d'intégration en base et finale, car l'intégration est très courte à cause de la zone interdite au survol du château de Versailles).

Premier tour de piste histoire de reprendre la main, ça se passe bien, deuxième pareil, troisième petite remise des gaz car trop rapide en finale, quatrième ça se passe bien, mon instructrice Valérie (que je remercie au passage) m'indique que ça sera un complet point d'arrêt. L'atterrissage se passe bien, je quitte la piste 30 droite, vers le taxiway central, et j'entends : "Bon et bien, tu me déposes au pied de la tour, tu pars en solo... "

"Comment ça ? Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Mais !" (j'en rajoute.)
Puis je dépose comme prévu mon instructrice au pied de la tour, frein de parking, elle descend en me disant "Tu vas au point d'arrêt 30 gauche, tu fais ta mini check comme d'hab, tu fais un tour de piste, lorsque tu as terminé tu demandes à couper la piste sud, tu remets l'avion au parking SGAC et je t'attends là-bas."

J'exécute, je me dirige au point d'arrêt, mini check (pompe électrique ON, volets 10, vérification des instruments, compensateur neutre...)

"St Cyr Tour Fox Roméo Zoulou au point d'arret 30 gauche, prêt."
"Fox Roméo Zoulou, alignez-vous, et autorisé au décollage 30 gauche le vent est calme."

Sagement je m'exécute, je m'aligne, une dernière verification, tout en pensant que je suis tout seul dans l'avion, je ne cache pas que j'avais un certains stress a ce moment là, le stress surtout d'avoir oublié quelque chose. Mais non, tout été fait !

Gaz à fond, décollage, montée 700 pieds, pompe électrique OFF, volets rentrés, virage en traversier, le virage se fait très rapidement, vu que les performances de l'avion ont changé sans mon instructeur à bord, montée à 1100 pieds (toujours très rapide, vu que l'avion est plus léger), régime de croisière, virage en vent en arrière, préparation de l'avion : pompe électrique ON, réchauf carbu ON, volets 10°...

"Fox Roméo Zoulou en vent arrière."
"Fox Roméo Zoulou, numéro 1, rappelez dernier virage."

Virage en base, réduction du régime moteur à 1800 tours, plan 5%, vitesse variable entre 75 et 80, volets 20° (la finale est très courte en 30, donc on fait tout en base), tout est OK.
"Fox Roméo Zoulou, dernier virage."
"Fox Roméo Zoulou, autorisé à l'atterrissage piste 30 droite."
"Autorisé à l'atterrissage 30 droite, Fox Roméo Zoulou."

Je vire en finale, vitesse proche de 70 kt, le plan est OK, tout semble bon, réduction des gaz, je débute l'arrondi, "push push", j'ai atterri ! Quel soulagement !

Enfin, je quitte la piste, pour taxiway central.
"Fox Roméo Zoulou piste dégagée pour rouler au parking SGAC."
"Fox Roméo Zoulou, roulez et attendez, je vous rappelle pour traverser la piste sud."
"Je roule et j'attends Fox Roméo Zoulou."
"Fox Roméo Zoulou autorisé à traverser la piste sud."
"Je traverse la piste sud, Fox Roméo Zoulou."

Je me dirige vers le parking et gare l'avion, une chose que je n'avais jamais faite seul, car se garer est complexe, il faut se garer près de la grille et du hangar derrière, mais je le fais parfaitement.

Check pour l'arrêt moteur (...) mixture, magnétos, batterie... et qui vois-je dehors ? Mon instructrice : "Vu d'en bas ça donnait pas mal !"

Voilà pour mon premier solo !
Jonathan


Il y a 10 mois je m'inscrivais à l'aéroclub de la côte d'émeraude à Dinard.
C'était pour moi le début d'une grande aventure, et la conséquence logique de tous ceux qui ont un jour attrapé ce virus dont on ne se défait pas.

Quand on s'inscrit dans un aéro-club c'est en général pour espérer un jour voler seul. L'idée m'a toujours parue très saugrenue. Moi ? Piloter un avion ? Mais quelle idée !
Cette idée j'ai fini par m'y faire. Rassuré par les compliments de mon instructeur et par ma progression.

Et je dois dire que c'est avec une immense fierté que je vous annonce que j'ai effectué aujourd'hui mes deux premiers tours de piste en qualité de commandant de bord !

Il faut que je vous raconte comment ça s'est passé :

Nous avions rendez-vous à 16h30 pour mon second vol sur F-GCAL, DR400/120 (j'ai fait tous mes vols précédents sur un DR221 dont je suis tombé amoureux mais
qui me résiste un peu.) Le temps était calme, mais pas trop l'équipage, du moins en ce qui me concerne !
En effet, sentant le lâcher approcher à grands pas c'est avec une certaine appréhension que j'abordais chaque vol. D'ailleurs dès le premier décollage mon FI m'a fait remarqué que j'étais stressé. Je ne le sentais pas trop effectivement. Bref, premier atterrisage tip-top pile-poil. Second tour, je trouve la finale un peu courte. Normal, je vire trop tôt en base me dit mon FI. Ah bon, eh bien je vais rallonger alors. Je préfère avoir une finale un peu longue le temps de bien "m'installer" sur l'axe et le plan. Là, pareil. Atterro impeccable.
Troisième tour....plan, axe, vitesse maîtrisée. J'arrive à bien maintenir ma vitesse, je corrige quand nécessaire pour ne pas arriver trop lentement en courte finale. On se pose toujours impec et là... là....
- Bon eh bien tu repars tout seul là.
- Quoi ? Heu...mais...j'aurais bien fait une séance de plus moi !
- Bon eh bien on en fait un autre, mais je ne sers plus à rien. Je ne fais rien, tu vois.

C'est reparti...
Ouf me dis-je, je l'ai échappé belle !
J'enchaîne un autre tour de piste. Toujours impeccable. On se pose et là....
- Bon tu me laisses sur le taxiway et tu repars seul. Tu fais un touch et un ou deux autres tours, comme tu veux.
Et il ajoute :
- Tu te poses et si tu ne le sens pas tu rentres. Mais comme de toutes façons tu vas faire un touch...
S'il le dit...
Et moi qui en remets une couche.
- Mais t'es sûr que j'en suis capable ?
J'étais mort de trouille...
Bref le voilà qui descend. Bon ben mon gars t'as plus le choix maintenant.
Je reprends mes esprits. Je vérifie 3 fois que les volets sont au premier cran. Je demande à m'aligner. En cours de roulage je m'assure trois fois que la verrière est verrouillée et je m'efforce de garder mon calme.
- Alpha Lima autorisé décollage piste 35.
Et c'est parti.
Et là....zen de chez zen le Pat !
Me voilà enchaînant à haute voix les actions comme je le fais quand mon FI est là. Je ne me souviens pas avoir regardé à droite pendant la vent arrière. Peut-être pour ne pas me faire peur.
Là j'ai pensé à vous... car oui, c'est grâce à la pilotlist que j'ai vécu ce moment extraordinaire.
Je prolonge un peu ma vent arrière et je vire en base. Contrôle vario OK, je devrais arriver sur le plan. J'arrive sur le plan mais je vire beaucoup trop tôt en finale. Je corrige, je m'annonce en finale 35 tout en sortant les volets. Je maintiens mes 130km/h, je suis bon. Concentré mais d'un calme extraordinaire.
J'arrive en courte, je laisse l'avion s'approcher de la piste en réduisant progressivement les gaz.
J'arrondis doucement et... posé tout en douceur...
Je rentre les volets, je remets les gaz et à la rotation c'est une explosion de joie dans le cockpit !
Je n'ai pu retenir un cri de joie. J'étais vraiment fier de moi. Il a fallu que je me re-concentre un peu pour mon second tour de piste. Là j'ai pris un peu plus le temps de regarder le paysage. Je me suis bien présenté en finale et j'ai encore une fois posé l'avion tout en douceur. En fait je serais bien reparti pour un troisième tour !

Mon FI m'attendais au club et voyant mon sourire il a su quoi en déduire…
Je lui suis très reconnaissant de m'avoir fait confiance.
Il avait plus confiance en moi que moi-même. J'avais vraiment peur de paniquer une fois seul. Mais c'est le contraire qui s'est produit. Je n'ai ressenti aucun stress. J'étais simplement concentré, appliqué, heureux et fier.

Nous avons fêté ça autour d'un verre de whisky avec les habitués du club. Ainsi qu'avec ma femme et mon fils que j'avais laissé à la plage et qui sont arrivés alors que nous étions en train de festoyer.
Pour mon petit bonhomme de 2 ans 1/2 ce fut une première aussi. Aujourd'hui il a pour la première fois accepté de monter dans un avion. Il s'est installé en place droite de "l'avion vert à papa" en s'exclamant "il est beau !".

Je me souviendrai longtemps de ce 8 août 2004.

Voilà, ma petite aventure continue...

Patrice.
12h10 de DC, mais surtout mes 15 premières minutes de vol solo.


Tout ceci date de la fin mai, du 23 exactement. Ce n'est donc pas du tout frais, mais je peux vous assurer que c'est encore bien présent dans ma mémoire.

Je suis donc élève-pilote depuis septembre dernier. Les vols s'enchaînent depuis cette date, au rythme moyen de 3 par mois environ. Le carnet de vol indique à ce moment 22 heures.

Progression tranquille, sans gros à-coups. Mais un énorme plaisir de découvrir, d'apprendre. La théorie est un plaisir, lire les récits est devenue une activité quasi quotidienne, le soir. Quand je n'assiste pas aux cours théoriques à l'aéroclub, où les 2-3 heures de cours après une journée de boulot bien remplie semblent durer 5 minutes. Et les questions triture-méninges du forum de Gligli.

Ah bien sûr, après la quinzième heure, on commence à penser au lâcher. On relit les Best Of laché de la PilotList, les récits sur aéronet-fr (bon là, il faut dire que ce n'est pas bon pour le moral : pas un lâcher à plus de 5 heures ;-) Mais bien sûr, d'interminables polémiques sur le "temps minimum" avant lâcher...

Je n'en parle jamais avec mon instructeur. Ce sera quand il le décidera, tout autre chose n'ayant aucun sens. Lui l'évoque de temps en temps.

Donc ce samedi 23 mai, j'ai rendez-vous vers midi. J'arrive en avance, comme d'habitude. Je vois mon instructeur rentrer à pied, de l'essence. Il vient d'y laisser son élève précédent, et compte sur lui pour ramener l'avion.

Je le connais un peu cet élève. Il s'appelle Philippe et nous avons commencé à peu près en même temps. Nous suivons donc une progression parallèle, ce qui nous permet d'échanger nos sensations.

Avec l'instructeur, nous guettons son arrivée par une fenêtre du club. Gag, il se goure de taxiway. Finalement, il fait demi-tour et revient au parking.

Je le rejoins à l'avion et je commence la visite prévol.

Je retrouve ensuite moins instructeur dans une salle de briefing. Le programme du jour sera vol de révision. Très bien. Intérieurement, je me dit, zut, ce n'est pas encore le lâcher. Ben oui, pour moi, le lâcher, c'est forcément sur l'aérodrome où on est basé (plus facile s'il faut ramasser les morceaux ?)...

Décollage et, ooops, pendant la montée initiale, l'alarme de charge de la batterie qui s'allume. On tripote les disjoncteurs, rien n'y fait, l'alarme reste. On décide de rentrer. S'il n'y a pas d'autres avions, c'est cuit pour aujourd'hui.

Heureusement, un autre 152 sort de visite et n'a pas été réservé. On repart.

Nous voilà donc partis à Meaux, et ses larges pistes en herbe. Un toucher, deux toucher. En vent arrière, il me dit qu'il fera la radio et demandera une option. On en profite pour discuter "option" : il décidera en finale si c'est un toucher ou une remise de gaz. Je ne pense pas utile d'ajouter la troisième possibilité, le complet. Que ferait-on à Meaux ?

Nous voilà en finale et là, surprise, il demande un complet. Un petit temps de surprise pour moi, je pose l'avion et roule au pied de la tour. Il me dit : "Tu repars tout seul, tu te sent prêt ?". J'avais plusieurs fois pensé à cette instant, mais là, je suis un peu abasourdi.
Reste que oui, je me sens prêt. Et surtout, je suis convaincu que si lui pense que je peux le faire, alors il faut se fier à son jugement.

Et me voilà prêt à partir seul, pour deux tours de piste. Ce qui m'angoisse à ce moment, c'est d'oublier une action importante. Mais à la réflexion, il n'y a pas beaucoup d'actions à oublier sur un C152 : le plus grave serait d'oublier le réchauffage et de givrer en finale. Pas une situation d'avenir... Les volets ? Ouais, mais sans volets, on se pose bien, on l'a déjà fait. Et comme les paramètres (assiette, puissance) seraient différents, je pense que je m'en apercevrais. Et donc remise de gaz.

Objectivement, ça ne devrait pas être grave. Mais comment réagirais-je lorsque je 'apercevrai d'un problème en finale ? C'est ça qui me préoccupe : être déstabilisé par quelque chose de pas forcément grave, mais qui à ce moment prendra pour moi une importance démesurée. Je
soigne donc particulièrement mes do-list (réchauffage, plein riche, les volets).

Finalement, ça vole bien un avion sans FI ! Et quel confort. Il faut dire qu'on est tous les deux de beaux gabarits, alors le 152... La confiance vient vite : je me surprend à vouloir régler l'aération. Je me ravise vite fait, de peur de faire une connerie ! Il faut dire que j'ai déjà fort à faire avec un faux contact dans le bouton de l'alternat.
Alors je m'applique bien : j'appuie sur le bitonio et quand j'entends le bruit caractéristique dans le casque, je parle.

Le premier toucher se passe bien, l'atterrissage aussi. Je roule jusqu'à la tour, d'où sort mon FI hilare. Poignée de main. Nous avons tous les deux un sourire jusqu'aux oreilles.

Voilà donc ce qui a perturbé mon camarade Philippe tout à l'heure, en sortant de l'essence : car pour lui aussi, c'était le lâcher. Avec consigne de ne pas m'en parler ! Rusé...

Je considère que c'est une belle étape de franchie, mais je mesure, et attends avec une certaine impatience, les autres : la première nav solo, le test, les premiers passagers... Que du bonheur en perspective. Je ne suis toutefois pas trop impatient. J'ai conscience que ces moments-là sont uniques, qu'il faut donc bien les savourer. Ne pas être pressé.

Claude Scarpelli


Dimanche matin les conditions sont enfin réunies : fraîcheur agréable, petite brise régulière dans l'axe... et pilote à peu près en forme. Après une dizaine de minutes d'échauffement, je sens que cette fois va être la bonne. J'enroule les figures du bout des doigts, le badin s'arrête seul sur les bonnes valeurs d'entrée et de sortie, le capot reste dans l'axe, bref c'est souple et je me sens confortable dans la machine.
Message radio et après un poser en douceur, je débarque l'instructeur sur la bretelle en herbe et je reprends le taxiway vers le point d'attente. A 2 Euros la minute il peut rentrer au club à pied !
De toutes façons il faut faire vite, le Pilatus est en train de charger ses paras et je n'ai pas envie de ramasser un volatile fluo de 80 kg sur la verrière.
"Foxtrot Romeo Alpha, alignement décollage 09 gazon, rappellerai pour débuter."
Première figure, le décollage, mais ça va aller, dosage nanométrique du pied droit à la mise en puissance, puis à la mise en ligne de vol, à 110 légère pression vers l'arrière et ça grimpe. Volets vers zéro, vitesse 160, 1300 ft/mn on se sent des ailes...
A 3000 ft check avant voltige : breaker de volets tiré (sur le 10C ils sont électriques et il vaut mieux ne pas accrocher la palette active au milieu d'un passage par l'avant, donc on les neutralise), bouchon de réservoir en place, verrière bien verrouillée. Mise en apesanteur, le brêlage semble OK.
J'accélère vers 200 et je passe sur le dos.
Ca tient. Sortie dos, compensateur au neutre, paré ! , un battement d'ailes, "F-RA on va débuter dans 30 secondes".
Les 3000 mètres de piste s'alignent devant moi et je me rappelle les consignes de mon instructeur "Tu me refais ce qu'on vient de faire deux fois et tu rentres."
En avant ! 250, tonneau, boucle, retournement sous 45°, Immelmann, un tour
de vrille à gauche, tombé sous 45°, virage 180° dos à 60° d'inclinaison, sortie dos et renversement.
Tout s'est bien passé, j'ai tenu correctement mes axes, mais à force de vouloir provoquer la vrille à la vitesse la plus basse possible pour ne pas la déclencher, la bête a du mal à partir et se bloque curieusement sur la tranche, une fraction de seconde, avant de passer sur le dos.
Je reprends mon souffle une seconde, un coup d'oeil dans la voiture, les températures sont normales, pas de problème avec l'altitude, alors on y retourne ! Go...
"F-RA, fin d'évolutions on rentre." Je rigole bien lorsque le contrôleur me donne le n°1 à l'atterrissage en signalant au pilote du Rallouze en tour de piste que je suis plus rapide que lui : la vitesse d'approche est la même !
Mais après 40 minutes de voltige je suis un peu crevé et j'apprécie le geste, d'autant que l'atterro n'est pas la figure la plus facile sur Cap 10.
N'oublions pas le breaker des volets, atterrir en lisse n'est pas conseillé sur ce zinzin, suffisamment "snoopy" tout seul sans qu'on l'excite...
Toucher correct, pas de gros rebonds, pas de zig zag, retour au parc et jolie mention dans le carnet de vol : autorisation voltige positive + SEP variante TW.
Cette longue tirade pour dire que je suis tout content de faire joujou tout seul avec le beau chasseur tout neuf et plus seulement avec les Charentaises Volantes garées à côté !
What's next Ridley ? Une savate à carreaux

Franck
Grenoble St Geoirs


Mercredi 28 juillet, 11h.

Je prépare mes affaires pour la leçon de midi. Un petit coup d'oeil au carnet de vol, déjà douze lignes remplies depuis le 31 mai pour un total qui vient de franchir les dix heures.
Je monte dans la voiture direction Bron, via l'A6 point de sortie Gerland puis direction Chambéry. Après avoir croisé quelques belges et hollandais (c'est la saison), j'arrive à l'aéroport. Un regard vers la manche à air qui est dans le coma, un autre vers le ciel où c'est la tempête de ciel bleu.
Il est 11h40, j'arrive au bureau du club où je croise Gilles qui revient de nav solo à Lons-le-Saunier. On taille un peu la bavette en attendant Marc, l'instructeur. Je lui raconte un peu ma progression depuis qu'il m'a emmené faire ce fameux tour où l'on était tombé en panne avec le DR253 deux mois plus tôt.

12h. Marc arrive et m'envoie illico préparer le tagazou pendant qu'il débriefe Gilles. Je traverse la route et me dirige vers le parking club où le valeureux YY m'attend sagement. Je pose les affaires dans le cockpit et c'est parti pour la prévol. Y'a toujours deux ailes et un bout de métal tordu sur le capot, donc ça devrait fonctionner!
Je m'installe en écoutant l'ATIS, CAVOK vent faible, ça change de la dernière leçon et ses 18kt. Le trafic est calme, les fréquences tour et sol sont regroupées, tout s'annonce bien.

Marc me rejoint et c'est parti pour des tours de piste en 34, comme d'habitude aurais-je tendance à dire, vu que depuis un mois on les enchaîne avec plus ou moins de bonheur (heureusement plus que moins).
La dernière séance dimanche s'était terminée par un "très bien" et j'y repense en suivant la ligne jaune jusqu'au point d'arrêt, va falloir éviter de le décevoir !
Je déroule la check, je réveille le contrôleur et nous voici alignés sur l'autoroute, euh la piste..
Le premier tour se passe pas trop mal mis à part que je plane assez longtemps lors de l'arrondi pour finir à 5m de l'axe à droite, pour le style on repassera !

Deuxième tour. Après une panne au décollage "proposée" par Marc, j'arrive en courte sans avoir pu en placer une à la radio car il y'en a un qui raconte sa vie ! J'ai déjà bien passé les peignes quand je suis enfin autorisé à toucher, ouf remise des gaz évitée! Je rattrape l'arrondi et finalement je ne m'en sors pas trop mal. Vive les 1520m de LDA !

Troisième tour. En vent arrière, Marc me dit "Bon, on va s'arrêter là".
Je m'exécute tout en ayant déjà un petit sourire en coin. Le dernier atterro est correct, un bon coup de frein et je dégage la piste retour au parking.
"Bron tour de YY, l'élève va repartir pour un premier solo."
Ca y est, je le sentais et il arrive ! Le fameux lâcher !
Pour l'instant pas de stress particulier, Marc me souhaite bonne chance et sort du DR400. Je referme la verrière. Tiens ca fait quand même bizarre d'être seul au manche, y'a comme un vide à côté…

Message radio pas très affirmé et première réponse en anglais ! Aïe, le contrôleur veut me faire une blague ou quoi ? Quelques secondes plus tard il me la refait en french and that's a bit easier.
C'est reparti pour un tour de "suivez la ligne jaune". A ce moment là je ne pense pas à grand chose, je constate que le palonnier est plus souple, va falloir y aller mollo pendant l'accélération.
Point d'arrêt 34. Check, message radio, alignement.
Pleins gaz. J'essaye de rester concentré sur l'axe, rotation, pied à droite, palier, montée initiale. Jusqu'ici tout va bien.
1000ft. Pompe, phare, volets.
1200ft. Virage à droite, ça monte bien mieux dis donc !
1500ft. J'accroche la parallèle en jetant un oeil à la piste en contrebas.
Ca y est je vole ! Petit "yawp" de plaisir, ca fait du bien ! "YY en vent arrière 34."
"YY n°1 rappelez finale."
Pompe, réchauffe, phare, volets 10° au-dessus d'Eurexpo.
L'A43 arrive, assiette descente, 1500 tours, virage 30° et c'est parti pour la quête de l'axe et du plan. J'overshoote légèrement mais la hauteur est correcte. Pleins volets.

"YY en finale 34."
"YY autorisé atterrissage, rappelez piste dégagée."
Là le stress commence à monter légèrement, plus le droit à l'erreur. Le "pilote automagique" généralement à ma droite est certainement debout sur le banc devant le hangar à m'observer, va falloir assurer !
Je bloque le 130 au badin et j'essaye de stabiliser les ailes malgré les quelques bulles thermiques qui viennent me chahuter.
Les peignes sont en dessous, tout réduit j'essaye de garder l'axe et je fais mon palier. Un petit coup de pied pour décraber et voilà que le zinc se pose comme une fleur, un petit sourire d'auto satisfaction : posé pas cassé !
Je rentre les volets et je tire sur le frein, première à gauche.
"YY piste dégagée."
"YY félicitations et rappelez pour quitter au parking."
"Merci beaucoup YY."
Sympa le contrôleur! Je retourne au parking avec cette petite fierté qui m'envahit soudain. Il ne s'est pourtant pas passé grand chose, à peine un quart d'heure, mais un (petit) pas vient d'être franchi et je ne peux m'empêcher de repousser un nouveau "yawp" (cf le cercle des poètes disparus).

Je gare le YY, dis au revoir et merci au contrôleur et coupe le ventilo.
Marc m'a rejoint avec le sourire et me lance "Alors ?".
Je lui raconte que tout s'est bien passé, que je suis plutôt heureux et je le remercie au passage car il le mérite bien !
Retour au club après avoir rangé et nettoyé l'avion pour remplir ces deux dernières lignes de la première page du carnet de vol.
Cette treizième séance aura permis d'écrire une petite phrase qui me fera certainement toujours autant plaisir à lire dans dix ans :
"Autorisé vol seul à bord sur DR400 à Bron le 28/07/2004."
Voilà, la première page se tourne mais l'aventure continue avec un plaisir toujours intact d'apprendre et de découvrir ce monde merveilleux qu'est l'aviation.

Laurent, LFLY


Ca y est, je suis lâché planeur depuis samedi !
C'est complètement différent en solo ! Ce silence, cette sensation que tout repose sur toi, tout est entre tes mains, la satisfaction de faire, tout seul, un vol, atterrissage compris.
Après 27 heures en double, on a fait des casses de câble et des tours de pistes toute la journée de samedi.
Vers 18h mon istructeur demande au treuillard s'il est chaud pour changer de piste car on a le vent dans le dos.
Donc on change de piste et là : " Bon Maxime, tu te sens pour y aller tout seul ?"
Je me suis pas fait prier... :-)
Je m'installe dans l'AS-K13 Yankee Oscar, l'instructeur nettoie la place arrière... La tension monte !
Je fais mon CRIS (checklist avant décollage) avec minutie en vérifiant tout à deux fois !
"Treuil de Yankke Oscar, tu peux tendre le cable restant, fusible rouge, une personne à bord"
J'ai pas trop réussi ma treuillée, vent dans le dos dès 500m, largué à 300m.
Mais de toutes facons je fais qu'un tour de piste, l'air est calme comme du beurre, je m'intègre en vent arrière en vérifiant qu'il n'y a personne derrière...
Non y'a personne ! Je suis seuulllll !!!
"Yankee Oscar en vent arrière piste 08 planeur le train est fixe."
Etape de base je sors des AF je suis haut... Pas grave la piste et longue.
Finale. Je passe devant la caravane et tout le monde regarde avec attention mon atterrissage. Arrondi. Posé, pas cassé !, la tension retombe :).
Le soir, grillades et un bien sur un seau d'eau bien placé !

Depuis j'ai fait 4 vols en solo superbes, dont aujourd'hui 1h40, scotché au plafond à 1600m, avec en prime un réaccrochage à 400m avant de me poser !

Maxime


Aujourd'hui , 18 octobre 2004, "Joyeux anniversaire Nico , ta visite médicale est à jour ?" Oui chef, c'est parti... F-BUBS nous attend sagement entouré des autres Cessna 150 (Reims) du club."F-BU, Pontoise Tour Bonjour !" ... "Je roule je quitte à la pompe, à tout de suite". On rajoute 51.1 litres et on se dépêche de rouler point d'arrêt 23 en pénétrant 12-30. Mince, on n'est pas arrivé avant tous ceux que l'on entendait s'annoncer en longue finale. C'est pas grave, cinq bonnes minutes plus tard on est airborne : Christophe me signale qu'aujourd'hui "il veut faire la sieste". Vent arrière 23, il s'est endormi ? Ah nan il admire juste le paysage... Je me pose un peu avant les plots : il est satisfait, on poursuit donc avec des circuits basse hauteurs : 800ft main droite, toucher...un second... F-BS en vent arrière basse hauteur pour un toucher. "Nan, dis-lui que c'est pour un complet j'ai envie de pisser", OK... et hop devant le Rallye en finale on se pose et on dégage vite fait bien fait par Bravo.Va au parking pompiers plutôt... Envoie ton carnet de vol please." (il a besoin de lecture pour aller aux toilettes ??) "Allez hop, j't'ai marqué autorisé tour de piste, panne radio tu te poses... si tu le sens pas remise de gaz, Roger ?" "Rogé !"
C'est Darty mon kiki !!!
- F-BS, Pontoise tour rebonjour.
- Rebonjour BS.
- F-BUBS, Cessna 150 au parking Pompiers, information India reçue le roulage pour un tour de piste s'il vous plaît.
- F-BS roulez point d'arrêt 23, pénétrez la 30 rappelez prêt.
- On roule...eu...Je roule point d'arrêt 23, je pénètre la 30 et je rappellerai prêt au départ F-BS.
- F-BS prêt au départ (mon instructeur doit être arrivé en haut de la tour maintenant... je m'applique.)
...- Je m'aligne, autorisé décollage 23, rappellerai début de vent arrière F-BS.
Bizarre, je me sens bien, même plus que bien.
Températures, pressions dans le vert : je continue. 55kt : rotation, vario positif, train sur... je m'emballe un peu vite, je ne suis qu'en Cessna 150. Plus sérieusement : 600ft , volets sur rentrés, le petit indicateur ne marche pas : un coup d'oeil de chaque côté, c'est bon, j'annonce à haute voix : Volets rentrés !
- 1300ft, en palier , 2500 rpm.
- Le golf sur ma droite, sécurité à droite , je vire au 320.
- Le champ triangulaire : cap au 050 , F-BS en début de vent arrière 23, pour un complet...
- Je rappelle finale F-BS.
Je prépare l'avion, réchauffe carbu, arc blanc, volets 10, tout est OK... Je passe bien entre les deux villages et quelques minutes plus tard, je vire en base derrière la colline. Avion bien compensé.
Le Papi m'indique que je suis bien sur le plan, je vire en finale. F-BS en finale.... Autorisé atterrissage 23 F-BS.
Un peu à droite, je rectifie ça, un peu plus de 70 kt ...Seuil de piste, intersection avec la 12-30, je réduis tout, j'arrondis et en plein sur les plots cette fois-ci. Je suis fier de moi... Ca doit être plus facile sans les 80kg superflus. On peut appeler celui-là un kiss !
F-BS Je dégage par Alpha, je roule pour Hispano, je quitte au park au revoir !
Me voilà tout souriant en train de remonter le taxiway : heureux de voir qu'il reste des lapins après la battue de dimanche. Pour une fois je gare BS avec la roulette de nez sur la ligne.
Check. Je range l'avion et je retrouve Christophe au club-house. 17 minutes dans la colonne Commandant de Bord, ça fait plaisir. On me félicite... et moi je te félicite , toi qui a lu tout ceci !

Amicalement,
Nicolas...pendant quelques temps le plus jeune pilote de France !
LFPT, toujours prêt à servir de co-pilote à un passionné comme moi


C'est avec joie que je vous annonce que j'ai fait samedi dernier mon premier tour de piste solo en DR400, après 10h45 de vol.) Sourire jusqu'aux oreilles, sensations, emotion... Que du bonheur pendant dix minutes !
Je ne me languis que d'une chose: recommencer, et rapidement !

Nous étions partis mon instructeur et moi pour faire un encadrement, des tours de piste, et sur le taxiway je lui dis simplement:
Moi : Euh dis tu vas me lâcher quand ?
Lui : Quand tu auras passe ta visite médicale !
Moi : ?!?!? Tu veux dire pour ma cheville ? Il faut que je repasse ma visite médicale ? Mais j'ai pas été arrêté plus de 28 jours c'est pas la peine !
Lui : Ah tu l'as déjà ! Bon ben tu te sens ?
Moi : Oui pas de problème !

Nous faisons donc deux tours de piste, avec quelques exercices pour rassurer l'instructeur : simulation de baisse de pression d'huile au decollage, PTU...
Fin du deuxième tour de piste : il descend à l'aéroclub et me souhaite bonne chance !
Arrivé au point d'arrêt, je dis simplement :
- F-XU au point d'arret 17, prêt au decollage.
- XU passez sur la tour...
J'avais oublié de switcher, j'étais avec Cannes Sol, c'est l'émotion ! A partir de là, le bonheur : décollage sans problème, virage à gauche à 500 pieds, vent arrière, base, finale sans souci, un arrondi un peu trop arrondi mais je me suis bien ressaisi pour ne pas atterrir trop durement. Arrivé au hangar pour ranger le bestiau, j'ai été chaleureusement félicité par mon instructeur et j'ai promis le champagne pour samedi 23, en espérant avoir à feter un peu plus que le lâcher étant donné que je viens de finir la sélection cadet et que la commission se réunit jeudi prochain !

Ryad, LFMD


Reprenons tout depuis le début : 2 mai 2004, ça faisait un bout de temps que j'en parlais et là c'est fait, me voilà inscrit à l'aéroclub des Alcyons à Saint-Cyr l'Ecole, en route vers le PPL. Depuis vous le savez tous je vous "snob" quasiment tous les week-ends pour aller voler et la montagne ne m'aura pas beaucoup vu cet été pour ne pas dire pas du tout. Mais ça n'est pas grave, je suis en train d'accomplir un rêve : "voler". Depuis cette date les vols se sont enchaînés sur "Zoulou Papa", "Roméo Tango" et "Kilo Hotel", les trois DR221 du club, à tel point que je cumulais déjà près de 17 heures de vol en arrivant ce soir à Saint-Cyr… et il y avait quelque chose dans l'air ce soir je le sentais bien. Côté météo ce n'était pas vraiment ça : une petite bruine et une visi de à peine 4 km avec un plafond à 1500 ft… mais pas de problème pour des tours de piste, en plus le vent était dans l'axe et bien établi à 5-10 kt. Côté mental ça allait (pas fait grand-chose de la journée, pas vraiment envie de bosser moi en ce moment, pas bien !) malgré des bouchons à Vélizy en plein mois d'août, de quoi m'énerver en temps normal, mais non j'étais zen et c'est avec plaisir que j'arrivais aux Alcyons avec 20 minutes de retard. "Gigi", mon instructrice, attendait patiemment mon arrivée et à peine débarqué nous partions vers l'avion pour la prévol. Jusque là rien de bien nouveau et la leçon commence "comme d'hab". Ce soir nous volons sur Roméo Tango et nous sommes quasiment seuls, il n'y a qu'un certain Roméo Yankee qui nous suit où que nous suivons, c'est selon et qui fait des tours de piste lui aussi. Tout se déroule tranquillement et pour une fois j'enchaîne les décollages et les atterrissages de manière fluide et bien exécutés… merci le vent dans l'axe, ça aide ! On se fait même un petit circuit basse hauteur et une petite remise des gaz après le toucher. Quand "tout à coup" vint le moment tant attendu depuis quelques séances : "Comment tu te sens ? Tu veux partir faire un tour tout seul ? La visi est "faible" mais ça va, donc si tu es en confiance tu peux y aller !" Petite hésitation (pas bien longue) : "Ca va je le sens bien !" Je n'ai pas trop réfléchi en fait, il était hors de question de trop réfléchir, j'aurais pu hésiter.

Là-dessus on demande à la tour si on peut traverser la piste sud et on vient stationner l'avion devant cette même tour. Après les recommandations d'usage (tu te sens bien ? Fais attention l'avion va monter plus vite et descendre moins vite, il faudra ajuster le régime moteur …), me voilà seul aux commandes. Je roule pour le point d'arrêt 30 gauche, un peu crispé tout de même, après tout ça y est je suis tout seul. Etrange sensation… Pour ne pas me laisser envahir par le stress, je récite ma check list à haute voie et voilà le moment arrivé :
- Roméo Tango, prêt !
- Roméo Tango alignez-vous piste 30 gauche et autorisé décollage, vent dans l'axe 5 kt.
- Alignons 30 gauche et autorisé décollage Roméo Tango.
Je mets les gazs, l'avion roule tranquillement vers le seuil de piste, je m'aligne, une dernière vérif et GAZZZ ! Le régime est bon, pas d'alarmes, 50 km/h je mets l'avion en ligne de vol, 100 km/h … je tire et on décolle ! Voilà je vole. Mais pas le temps de m'endormir, un petit réglage du trim, 600 ft QNH et on coupe la pompe électrique, on rentre les volets, et tout de suite le premier virage pour passer en vent traversier tout en montant. C'est vrai que ça monte vite ! Me voilà déjà à 1100 ft, je réduis le régime à 2000 tours et stabilise en palier à 140 km/h, un petit virage et on entame le début de vent arrière. Pas de temps à perdre il faut préparer l'avion : sortie d'un cran de volet, réchauffe carbu, pompe électrique et :
- Roméo Tango en vent arrière.
- Vous êtes numéro 1 Roméo Tango, rappelez en dernier virage 30 droite.
- Rappellerons dernier virage Roméo Tango.
Le vol se poursuit, un petit coup d'œil autour de moi, la piste défile au bout de l'aile droite et je file droit vers le château de Versailles ! Un petit virage à droite m'amène au dessus du Grand Canal, tout réduit j'entame ma descente, le dernier virage approche …
- Autorisé atterrissage 30 droite Roméo Tango.
Le contrôleur vient de devancer mon appel ! J'accuse réception : Autorisé 30 droite Roméo Tango.
Sorti de virage, la vitesse est bonne je suis sorti comme il faut, pas comme samedi dernier où je prenais un peu trop de vitesse dans ce virage, on entame la finale, je suis sur le plan, deuxième cran de volet, le seuil de piste approche, on y est presque, arrondi, on bloque une seconde et on tire tranquillement le manche en arrière pour laisser l'avion s'enfoncer. Nickel ! je roule, droit pour une fois, l'avion ralentit, je dégage la piste, c'est fait ! J'ai volé… Je m'apprête à demander l'autorisation de traverser la piste sud pour retourner au parking quand le contrôleur m'appelle : "Vous pouvez repartir pour un deuxième tour si vous voulez Roméo Tango."
Je vais me gêner ! "Reçu Roméo Tango je roule point d'arrêt et je rappelle prêt !" Et me voilà reparti pour un tour. L'atterrissage est plus brouillon, un petit rebond, mais ça va, c'est fait, je vole !

Matthieu - LFPZ - Aéroclub Les Alcyons


Ca y est. Je suis enfin lâché !

Je résume :
- Apprentissage démarré en septembre 2003
- 5 mois d'interruption suite à une double fracture de la jambe
- reprise des cours en septembre avec l'impression de ne plus progresser
- décision de changer d'instructeur
- lâché au bout de la quatrième séance avec le nouvel instructeur.

Avec le premier FI J'avais le sentiment de ne plus maîtriser mon apprentissage. Je ne voyais pas d'évolution et surtout je n'avais pas de vision sur l'avenir. Au cours de notre premier vol, Christian a évalué mon niveau et m'a éclairé sur la suite en fixant les futures étapes de ma formation.

Bien sûr je ne peux pas renier ce que mon premier instructeur m'a appris, cependant le changement a été décisif. Avec Christian j'ai tout de suite été dans le bain. Finis les tours de piste pépères. Nous sommes passés à des exercices plus pointus à haute valeur pédagogique.

J'en citerai deux à titre d'exemple, qui m'ont beaucoup appris : - battements d'ailes à 30° de part et d'autre en maintenant l'axe. C'est tout bête mais excellent pour doser l'action sur le palonnier afin de contrer le lacet inverse. Après ça les virages sont naturellement coordonnés.
- Passage en base et finale ainsi qu'atterrissage sans toucher le manche ! Contrôle uniquement aux pieds et aux gaz. Je ne savais pas que c'était possible. Le contrôle aux pieds peut être utile dans des phases de vol critiques à faible vitesse, où une action sur les ailerons serait susceptible de déclencher un décrochage asymétrique. Hé bien maintenant je sais que c'est possible.

Puis ce furent les circuits basse hauteur, les PTU et PTE, les décrochages et surtout des prises de terrain hélice calée qui m'ont pas mal impressionné. Toutes choses que je n'avais pas vues auparavant.

Avec lui je me suis régalé et mon apprentissage a pris une autre allure.

Vendredi dernier, Christian me demande comment je me sens. Après ces jours de temps perturbé le ciel est momentanément propice pour un lâcher.

Dans ma tête j'étais prêt à cette éventualité car il m'avait clairement fait part de ses intentions depuis quelques temps. Nous avons eu de longues conversations au téléphone où il a pris le temps de m'y préparer.

Je lui dit qu'avant j'aimerais bien faire quelques tours de piste sans qu'il n'intervienne du tout dans le cours du vol. En effet j'avais besoin de savoir que je pouvais me passer des ses petites interventions ponctuelles pour corriger mes erreurs.

Au quatrième tour je le laisse au parking de la tour où il va rejoindre le contrôle pour suivre mon vol à la radio.

Et cette fois-ci ça y est. Je suis seul à bord. Etonnamment serein malgré les petites angoisses des jours précédents.

Messages radio sans bafouiller. J'ai pris la précaution de dire au contrôleur qu'il s'agissait de mon premier solo mais il devait bien le savoir puisque Christian était avec lui. Essais moteur. Check-list avant alignement. Alignement. Soudain, voix de Patrick qui intervient sur la radio. Patrick est un ami pilote avec qui j'ai fait des vols en "sac de sable". Il vient de rentrer d'un vol et nous ne sommes pas encore salués.

- Salut Philippe, c'est toi sur Alfa Papa ?
- Oui Patrick c'est mon premier solo. A tout à l'heure.

Un coup d'œil au conservateur de cap et au compas. Mises des gaz et décollage.

Etrange sentiment de vivre un moment attendu si longtemps. Toute mon attention va aux manœuvres. Il ne s'agit pas de louper quelque chose.

Aujourd'hui les tours de piste se font sur la 16. Le circuit est un peu particulier avec deux 180° à chaque bout. La nécessité d'éviter le survol des agglomérations voisines interdit de faire un vent traversier et une base normaux. Ce n'est pas vraiment un inconvénient. Le circuit est simplement plus court, c'est tout.

Mon intention est d'enchaîner deux tours de piste. Un seul ça ferait un peu timoré. Je veux montrer à Christian que je suis à l'aise. Mais lorsque je m'annonce en vent arrière au deuxième tour pour demander un complet il intervient à la radio.

- Comment te sens-tu ?
- Super !
- Tu as mis la réchauffe carbu ?
- Pas de problème.
- Alors tu en fais encore un et tu fais un complet après.
- OK !

Comme par hasard, alors que d'habitude le vendredi c'est plutôt tranquille, cet après-midi la fenêtre de beau temps profite à d'autres et nous sommes cinq dans le circuit pour ce second tour de piste.

Heureusement à Meaux les pistes sont doubles : deux 16/34 et deux 07/25.

Le vent est du 220° 10 kt. Léger travers qui ne pose pas de problème.

Je suis n°4 sur la 16 gauche. Je crois comprendre qu'un des avions fait un 360° pour se reporter en vent arrière plus tard. J'allonge ma finale pour ne pas me retrouver trop près du trafic précédent . Oh là ! J'ai dépassé la N3. Il est grand temps de faire mon dernier 180°.

La suite se déroule naturellement. Sans être des modèles mes atterrissages sont plutôt corrects. J'en ai fait des bien pires ! Pendant le dernier tour je remarque que je ne suis pas parallèle à la piste en vent arrière. J'ai pourtant bien tenu compte du vent pour corriger ma dérive. Coup d'œil au compas : le conservateur est faux de 15°. Je le règle. C'est un petit détail mais je suis content car c'est la première fois que je pense à faire cette vérification. seul. C'est bon signe.

Je retourne à la tour pour récupérer Christian. Il semble presque aussi heureux que moi. Je me rends compte alors que c'est une sacré responsabilité pour un instructeur de lâcher un élève. J'ai été lâché au bout de 27 heures mais selon Christian, avec lui j'aurais pu être lâché avant 15 heures.

En rentrant au bureau de piste j'arbore une banane radieuse et je dois avoir les yeux qui brillent un peu. Intense moment de satisfaction. Les mains se tendent pour me féliciter. C'est un peu ridicule de le dire mais aujourd'hui je me sens pilote parmi les pilotes.

Au cours de cette année j'ai suivi régulièrement la liste. J'y ai appris beaucoup de choses. J'y ai trouvé le réconfort de ceux qui m'ont répondu lorsque j'ai fait part de mes doutes voici deux mois et que je me suis décidé à changer d'instructeur. Je les en remercie encore.

Philippe Pallu LFPE (Meaux-Esbly)


Je suis élève à Bron (Aéroclub du Grand Lyon). Je fais des tours de pistes depuis quelques cours. Il m'est arrivé de penser qu'être lâché avant la fin de l'année était un objectif suffisant et raisonnable... Je n'imaginais pas voler seul si tôt.

Samedi matin, j'avais rendez-vous à 10h au club. La météo n'était pas garantie après le passage pluvieux de la veille. Peu de vent, un plafond à 5000 pieds et quelques belles percées de soleil. Parfait.

Je rejoins mon instructeur au bord du terrain. Une radio portable à la main, il était en train de lâcher l'élève qui volait avant moi. L'avion arrive au parking. Visite prévol, et j'installe ma cousine en place arrière. Mon instructeur me rejoint et nous partons. Le trafic est assez soutenu en cette fin de matinée. Après deux tours, la piste en service passe en 16.

Lors du quatrième tour, mon instructeur demande une PTU suivi d'un complet.
J'ai bien pensé qu'on rentrait un peu tôt... Lors du roulage, petite question de mon instructeur "Tu te sens bien ?". Et c'est là que j'apprends que je repars seul. Là, je ne suis plus très rassuré... Je me dis que mon instructeur sait ce qu'il fait. Mon premier solo est juste devant moi, c'est tout simplement génial. Mon carnet de vol totalise 12h23.

Seul dans le DR400 et tremblant comme une feuille, j'attends quelques instants avant de prendre contact avec la tour. Je me lance, et passe un message un peu hésitant. Me voilà en train de rouler vers la piste 16. Je me répète à haute voix "Bon, faut y aller...". Je suis vraiment content mais pas très rassuré.

Au point d'arrêt, je fais les vérifications, check-list en main. Tout ça m'occupe et j'arrête de trembler. Mon appréhension a disparue. Je contacte la tour qui m'autorise à décoller. Je pars devant un appareil en approche, qui a trouvé le contrôleur un peu audacieux. Pendant mon décollage, le contrôleur s'adresse à l'avion en finale "Continuez, ça se dégage"...

Seul à bord, le DR400 120cv a un bon taux de montée. Je me dis pendant une fraction de seconde qu'il va bien falloir atterrir... je n'y pense plus. Je me concentre sur toutes les étapes. Tout se passe bien. Il n'y a presque plus d'appareils dans le circuit (Tout le monde a pris peur ?? :-)) ).

Fin de vent arrière. Je suis numéro un. Pendant la finale, je suis un peu haut sur le plan. L'arrondi est correct. Je me pose un peu après le peigne.
Je rentre au parking. Je retrouve mon instructeur et ma passagère, qui arbore un magnifique sourire. Il me faudra encore quelques minutes pour réaliser. Depuis, je n'attends plus que de recommencer...

Emmanuel


Aujourd'hui samedi 4 décembre c'est le Téléthon et au club c'est une grande opération portes ouvertes avec, tradition bretonne oblige, des crêpes pour qui veut contribuer à la lutte contre les maladies génétiques tout en calant un coin d'appétit. Mon créneau de vol est à 14h, le temps est splendide, le METAR indique quelques nuages à 23000 pieds et quelques autres vers 3000, à première vue ces quelques nuages bas sont plus au nord et ne vont donc normalement pas gêner mes tours de pistes. Lorsque j'arrive au club, mon instructrice me donne tout de suite le ton : "je t"ai préparé un programme aux petits oignons pour aujourd'hui", le chef pilote a un créneau disponible en fin d'après-midi donc je ferai un tour avec mon instructrice et un tour avec lui, deux vols au lieu d'un !

Nous mettons en route le F-KK et joignons le trafic dense autour de la piste (des vols IFR à l'arrivée, des tours de piste et des baptêmes pour le Téléthon, le travail commence avec un atterrissage lisse sur la principale (26L) puis cinq touchés sur la secondaire et pour terminer une PTU sur la principale. Quand je dis que le trafic était dense je pèse mes mots, le contrôle était quelque peu débordé, pour preuve nous avons bien vu l'immatriculation d'un DR42 qui était en PTU pour la principale juste au-dessus de nous qui étions en finale pour la secondaire, ou bien encore le doute instauré par trois annonces faites au F-KK (remise de gaz F-KK, je vous vois en montée initiale F-KK et virage à gauche F-KK) alors que c'était NOUS le F-KK et que nous étions en courte finale sur la secondaire ! Ca fait tout drôle ces moments là... Bref, après mes exercices retour au club, un petit thé pour se remonter avant de repartir avec le F-ZH et le chef pilote. Mon instructrice me met la pression "finis vite ton thé, le CP va râler" et quand celui-ci arrive il en rajoute "prends ton temps rapidement...", ou encore "tu veux être lâché ou pas ?". Là les choses se précisent, mon instructrice m'avait dit que je devais faire un tour avec le CP pour qu'il lui dise ce qu'il pense de moi, ce n'est pas ce qu'il vient de dire ! Bon, je reprends mes esprits et direction le F-ZH, mise en route et demande de roulage, accordé derrière un Robin qui revient de baptême.
Le contrôle expédie, nous sommes autorisés alignement et décollage en 08R, pour un tour de piste sur la secondaire. A 400 ft HSD actions après décollage et après le virage je stabilise en palier à 800 ft. En milieu de vent arrière le CP me dit "c'est bien, tu es stable à 800ft, tu peux faire la même chose à 1000ft ?", je dois dire que j'étais un peu décontenancé, les TdP sur la secondaire je les ai toujours faits à 500 ft QFE soit 800 QNH, je l'en informe et il me dit, "Ah OK alors, vas-y à 800 ft", donc actions approche, phare, pompe, volets, 2000 RPM, 150 km/h. Le CP s'occupe de la radio donc j'ai tout loisir de me positionner en base et en finale pour la 08L (d'ailleurs c'est la première fois que je pose en 08L....), le plan est bon, l'axe est bon, la vitesse est bonne, je réduis au-dessus des barrières, je vise les peignes et j'arrondis et je touche. Rentrée du cran de volets en trop, suppression de la réchauffe, plein gaz et c'est reparti pour un tour de piste sur la principale cette fois-ci, donc montée 1300 ft QNH, vent arrière, base, finale pour un touché sur la 08R, le PAPI me dit que le plan est bon, l'axe également, la vitesse itou, je touche et je repars pour un tour.

Troisième tour, la même chose, sauf que le chef pilote répond au contrôle qui nous demande si c'est pour un touché que c'est pour un complet et que l'élève (c'est moi) repars seul. Gloups ! Compte-tenu de l'arrivée imminente de vols IFR, le contrôleur refuse, nous rentrons par conséquent au parking où je parque l'avion à la pompe pour lui remplir les bidons. Le CP me dit de faire l'essence tranquille et qu'il s'occupe de mon créneau. Me voilà donc seul avec F-ZH, la tresse de masse sur le pot, la carte total dans la machine et le robinet dans le réservoir.
Après 46 litre le voilà rassasié, je remets tout en place et je vais voir ce qu'il y a de neuf me concernant. Je croise ma chère instructrice qui me dit que j'ai un créneau à 17H, cela me laisse vingt minutes pour rentrer le vol précédent dans l'ordinateur, pas de bol la salle pilotes est plus fréquentée que le bar par ces temps de baptêmes, l'heure tourne et l'ordi ne se libère pas. Bon, il reste dix minutes avant mon créneau, comme il faut absolument qu'à 17H je demande la mise en route me voilà poussé par le chef pilote et mon instructrice hors de la salle pilotes.
Je fais un tour à la vidange histoire d'augmenter un peu plus encore le taux de montée et je me dirige vers l'avion resté à la pompe. Au passage je vois derrière la fenêtre de la salle pilotes mon instructrice et le chef pilote tout sourires, je souris aussi et hop je me mets en place, seul à bord pour la première fois. J'égraine la check avant mise en route, je mets en route, ouf il a démarré presqu'immédiatement, check après mise en route et je demande le roulage au contrôle à 16H58, dans les temps. Le trafic sur la plateforme est visiblement toujours aussi important puisque le contrôle demande à moi et à un autre avion au départ (F-FV) d'effectuer les essais moteur au parking (à la pompe pour moi) et de rappeller prêt. Je m'exécute, F-FV un peu plus rapidement que moi puisqu'il rappelle en premier, et me voilà en route pour le point d'arrêt ECHO. Le F-FV décolle et j'avance jusqu'au second point d'arrêt ECHO. Je fais ma check avant alignement et je rappelle le contrôle qui s'occupe de faire atterrir un Robin sur la 08R. Le Robin est contacté par la tour et on lui demande de marquer un arrêt pour laisser un copain Robin s'aligner et décoller, je suis donc autorisé alignement et décollage sur la 08R, je vérifie que tout est bon, phare, pompe, volet, transpondeur sur ALT, le conservateur de cap au QFU et plein gaz, 2200 tours, badin actif, pas d'alarme on continue jusqu'à 100 km/h et rotation.... Que c'est joli le balisage sous moi, tiens il n'y a personne à ma droite ! 400 ft HSD, actions après décollage et à 500 ft virage à gauche, en montée vers 1000 ft QFE. Palier, réchauffe, réduction, passage en vent arrière main gauche pour la 08R, le contrôle me demande mes intentions, ce sera pour un complet sur la 08R, il me demande de rappeler fin de vent arrière. Mi piste, travers tour, actions approche, phare, pompe, un cran de volets, je garde 150 km/h et 1300 ft QNH, un coup d'oeil aux instruments moteur, tout est vert, et là stupeur, le F-FV qui avait fait un tour sur la secondaire et qui se trouve derrière moi est numéro un et autorisé atterrissage sur la 08R !
Je rappelle fin de vent arrière, deux fois, à la seconde c'est moi qui suis numéro un et qui dois rappeller finale, le F-FV passe numéro deux, le centre Leclerc est à ma gauche, je passe en base, puis en finale, un peu haut sur le plan, assiette à piquer, réduction, je récupère le plan, deuxième cran de volets et on maintient, plan, axe, vitesse, je rappelle finale. Le contrôle me demande de rappeller courte finale, OK, passage au-dessus des palissades, il reste environ 400 mètres avant le début de la piste, le plan est toujours bon, l'axe et la vitesse aussi, la piste toute balisée est devant moi, je rappelle le contrôle qui m'autorise (enfin! dira mon instructrice au sol) à l'atterrissage, 3 mètres au-dessus de la piste, réduction, j'arrondis, je regarde au loin et je pose sans casser. Vitesse contrôlée, je rappelle le contrôle, ce sera une sortie par ECHO (1 km plus loin) et le contrôleur me demande d'accélérer le roulage car il y a un trafic en finale (le F-FV) à qui il annonce 1500 mètres de piste disponibles. ECHO approche, je réduis, virage, je rappelle piste dégagée et j'essaie de trouver une place pour garer l'avion sur le parking. Essais avant coupure, et la mixture sur étouffoir concluera ce premier vol solo de 19 minutes, avec un fantastique coucher de soleil sur la mer d'Iroise, Ouessant se dessinant dans le voile orangé. Un miroir m'aurait sans doute permis de voir un grand sourire sur mon visage, je croise le chef pilote, posé pas cassé, il a aussi le sourire et mon instructrice également, tout le monde semble content.

Voilà, une dure journée où j'aurai enchaîné trois vols sur deux avions, par un temps superbe, et pour arriver à cette étape incontournable pour tout apprenti pilotaillon, le lâcher. Après 9H50 inscrites dans la colonne double commande j'ai pu rajouter 19 minutes dans la colonne plus à droite. Un bon gros dodo maintenant parce que demain mon créneau de vol a été rallongé de 30 minutes puisque ce sera vraissemblablement une première navigation vers Morlaix.

Mathias - LFRB


Samedi 15 janvier 2005.

J’ai 42 ans…
Depuis « tout petit », je suis intéressé par tout ce qui vole. Je construis de multiples maquettes d‘avions jusqu’à 12 ou 13 ans. Je me souviens que ma chambre était remplie de maquettes, des posters d’avions et de fusée… C’était le temps de la conquête spatiale?
De 12 à 18 ans, l’équitation occupe tout mon temps libre. J’ai le projet de devenir vétérinaire.
De 18 à … 34 ans, les études (je suis devenu urologue).
A la fin de mes études, j’ai envie de réaliser un rêve de toujours : l’aéromodélisme ! Je construis un avion et j’apprends à le piloter. J’en construis deux autres, dont un biplan de voltige… (Une excellente école pour le futur pilote, je le saurai plus tard). L’envie d’apprendre à piloter « en réel » germe peu à peu. Une journée à La Ferté confirme mon intention.
En 1998, je me décide et je prends un « forfait » à Maubeuge : 4 leçons, le manuel et l’assurance. Je prendrai 2 leçons sur Cessna 150. Pour la troisième, l’instructeur sera en retard, parti en navigation avec un autre élève. Je ne pourrai pas attendre pour raison professionnelle.
Je ne prendrai pas cette troisième leçon : soucis familiaux, travail … et budget limite.
Je ne pourrai pas poursuivre l’aéromodélisme par manque de disponibilité (je reconstruis une nouvelle famille).

Les années passent. Je pense toujours « aux avions », de loin…

Naissance de mon troisième fils en 2001.
Ma situation familiale se stabilise, mes revenus professionnels s’améliorent. Mon « petit » de 2 ans ne parle que d’avions…j’achète des revues d’avion pour les regarder avec lui. En septembre 2001, j’entreprends une formation en sexologie clinique. Celle-ci doit durer 3 ans.

Début 2004, je me fixe un objectif : à la fin de cette formation (fin juin 2004), je recommence à apprendre à piloter. Mais la graine germe plus vite que prévu, je n’y tiens plus…

En mars 2004, je me réinscris à Maubeuge avec la ferme intention d’aller jusqu’au bout ! Et je re-débute ma formation. Je réserve un vol par semaine. Quelques leçons seront annulées pour raison météo. Un changement d’instructeur interviendra en septembre.
Les leçons se passeront bien avec le premier instructeur, mais avec un peu de tension de temps en temps (je ne serai pas le seul).
Avec le nouvel instructeur l’ambiance est d’emblée meilleure. La rigueur est toujours présente, mais la gentillesse, la sympathie, les encouragements sont chaque fois au rendez-vous. C’est tellement mieux !

L’objectif est d’emblée fixé : tours de piste !Les heures de vol passent. Les tours de piste s’enchaînent, avec quelques leçons en secteur. L’arrondi me pose quelques problèmes.
Une météo pas toujours optimale ralentit ma progression (plafond bas, vent de travers… 6 leçons sur 8 annulées en novembre/décembre).
Début janvier, je n’ai plus volé depuis un mois. Mais ce qui a été acquis reste acquis et mon instructeur déclare qu’il est très satisfait.
La semaine dernière, il m’annonce qu’il est grand temps d’être lâché. Ce sera dans les 2 ou 3 semaines à venir. J’en suis super heureux, je l’attends et je l’espère depuis de nombreuses semaines. Mais en suis-je capable ? C’est vrai que depuis quelques temps, Antoine, mon instructeur, n’intervient pratiquement plus au cours de mes tours de piste.

Je ne cesse de penser à ce futur lâcher solo…

Ce samedi matin, je m’éveille tôt (06h00).

Comme chaque fois où je vole, et les jours qui précèdent, je prends la météo sur le site des Météo France. Même si ce n’est que pour des tours de piste j’ai pris cette bonne habitude. Météo France annonce des brumes et brouillards tenaces ce matin, voire cet après-midi, sur le Nord. Le METAR de Lille signale un plafond à 100 ft et le TAF la probabilité de persistance d’un plafond très bas. La carte TEMSI va dans ce sens. Je me demande si je pourrai voler aujourd’hui. La météo de Charleroi Brussels South est nettement plus optimiste : à partir de 10 heures, visibilité illimitée et absence de nuages…
Vers 07h30, le jour se lève. Ni brume ni brouillard…le ciel est bleu.

Un petit stress me gagne : et si c’était pour aujourd’hui ? Cette pensée m’accompagne et s’intensifie lors de mon trajet vers Maubeuge. J’arrive à Maubeuge vers 11H45’. Antoine est en vol avec un élève. Je consulte le carnet de route puis je prends les clefs de Juliette Charlie et me dirige vers le hangar. Juliette Charlie est un Katana DV20. Je vole sur cet avion depuis le début de ma formation, comme de nombreux autres élèves pilotes à Maubeuge. J’effectue la pré vol et je prépare l’avion.

Antoine reviens de vol avec un élève : « Bonjour ! Tu vas bien ?... Il fait beau !... Tu sais ce qui t’attends aujourd’hui !... »
… Oui, je m’y attends … et je suis un peu fébrile.

Nous partons pour un premier tour de piste. En vent arrière, je me rapproche un peu trop de la piste et je prends 100 pieds. Mon étape de base est trop courte et je me trouve beaucoup trop haut en finale. Ca ne m’était jamais arrivé. Remise de gaz. Le second tour de piste est correct et l’atterrissage est OK. On repart… Panne de moteur simulée au décollage. Je rends la main et atterris. Celle-là je m’y attendais ! Antoine reprends les commandes et nous dirige…vers le parking. J’ai compris… ! Arrêt du moteur.

"Tu repars seul et tu me fais un tour de piste. Je serai à la radio."
"Tu es sûr que je peux… ?"
"Aucun doute. J’ai toute confiance."

Petite hésitation quand même…mais puisqu’il dit que je peux. Je redémarre Juliette Charlie. Je suis bien entendu à la lettre la check list. Cà fait drôle cette place vide à ma droite !

"Maubeuge, de Fox Golf November Juliette Charlie : Bonjour" (auto info)
"Fox Juliette Charlie, je me dirige vers le point d’arrêt de la piste 23."

C’est parti ! Essai des freins. Contrôle des instruments. Au point d’arrêt, j’effectue les essais moteur et la check list avant alignement. Tiens, je dois vérifier le verrouillage de la verrière à droite ! Briefing pré vol.

"Fox Juliette Charlie, à instructeur, je peux y aller ?" (Un peu stressé quand même…)
"Tu t’annonces et tu y vas !"
"Maubeuge, de Fox Juliette Charlie, je remonte et je m’aligne piste 23."

Je roule parfaitement sur la ligne (ça me paraissait si peu facile les premières fois…). Petite pensée pour mes enfants, ma femme… Je croise Antoine qui se dirige vers le seuil de la piste 23. Demi-tour sur le seuil de la 23. Alignement. Le gyro, le compas (dernière vérif. : essence, volet et pompe : OK).

"Maubeuge, de Fox Juliette Charlie, je décolle piste 23." Plein gaz ! Puissance affichée, badin actif, pas d’alarme : je poursuis. 50 kt : rotation. Ca grimpe ! Mais je m’attendais à une montée beaucoup plus rapide avec Antoine en moins… Vario positif, alti confirme. J’affiche 2400. 700 ft QNH (300 ft), je rentre les volets et je coupe la pompe. 1000 ft QNH, virage à gauche au 140, je poursuis la montée.

Tiens, Antoine n’est pas là ! Je suis seul à bord ! Ce qui me rassure, c’est que depuis quelques temps déjà il était devenu tellement discret qu’il aurait pu ne pas être là… Bon, il va falloir le ramener cet avion ! 1500 ft QNH, pallier. Réchauffage carbu, réduction 20 pouces, virage à gauche au 60. Ah, oui, bien me diriger vers le rond point (que je n’avais pas vu avant ce matin).

Les volets, la pompe, 24 pouces, message radio. Je me sens bien. Le trajectoire est stable. 70 ks – 1500 ft QNH. Je surveille la piste. Trop sans doute : je prends 200 ft en fin de vent arrière, que je récupère avant de virer. Virage à gauche, mise ne descente (15 pouces…pas 10 !), message radio. Dernier virage, plein petit pas, les volets…message radio (tiens, tous mes messages ont été OK, c’est venu tout naturellement).

Je suis trop haut !!! Mais ça me parait récupérable ! Et puis, je ne vais quand même pas remettre les gaz pour un premier tour de piste solo ! J’accentue ma descente, je laisse à 15 pouces. Le badin reste à 70 / 75 kt. Je récupère le plan avant 300 ft. Ma finale est parfaitement stabilisée. 65 kts en courte finale.Je coupe les gaz peu avant le seuil de piste et je poursuis un peu avant d’arrondir. Le toucher se fait en douceur.

" Bravo Fabien" me dit Antoine à la radio.

Je poursuis jusqu’au parking et un certain sentiment de fierté me gagne : je l’ai fait !

Même si je sais très bien qu’il ne s’agit que d’une étape…c’est une étape qui marque. C’est un grand pas de franchi !

Merci Antoine pour ta gentillesse, ta patience, tes encouragements et ta confiance en moi aujourd’hui.

Merci aussi Pierre (mon premier instructeur).

Fabien LFQJ


Je tiens à vous faire part d’une grande nouvelle : Aujourd’hui a été marqué par mes premiers tours de piste en solo !

J’avais imaginé que cela se passerait dans un état mêlé d’excitation, de fierté & de nervosité. Tout faux ! Mon instructeur m’avait gentiment mis la pression lors des tours de piste d’échauffement et, quand il m’a fallu repartir seul, j’étais très concentré sur le « boulot » que j’avais à faire… Oubliée l’importance de l’événement, de côté l’échec possible… L’ambiance était plutôt au sang froid & à la rigueur (qualités qui apparemment sont utiles de temps à autres)

Total : Ca n’est que maintenant que je savoure véritablement. Les souvenirs de chaleur étouffante, de ciel parfaitement bleu, de soleil irradiant le cockpit, les félicitations de mon instructeur…

Seul bémol : mon régal a été écourté lorsqu’en pleins volets, ceux-ci se sont montraient récalcitrants et ont refusé de revenir à 10° pour re-décoller après le touché… Ca n’est qu’au retour parking que je me suis rendu compte que le problème ne venait que d’un simple fusible un peu susceptible.

Qu’importe : Aujourd’hui, j’ai volé seul !!!

Christophe


Cela faisait quelques vols que je sentais LE moment arriver :
instructeur de plus en plus détendu, essayant de me déconcentrer en me faisant parler pendant le tour de piste, mettant RTL sur l'ADF ou encore envoyant quelques sms suivis de l'inévitable "tagaatag-tagaatag". La veille, l'intuition me pousse à rouvrir le Zilio à la page "qu'est-ce qui va changer lorsque l'avion sera allégé de l'instructeur ?" et arrive le grand jour :
Beau temps, on part pour les fameux tours de piste et je me dis "ça pourrait bien se faire aujourd'hui" mais concentré sur mon truc j'oublie complètement. Après quelques tours, il annonce à la tour "ce sera pour une option". La dernière fois qu'il m'avait fait ça c'était pour une remise de gaz, donc je me prépare mentalement genre "tu vas voir comme je vais assurer ce coup là" et là : "ce sera pour un complet..."
Je me dis qu'il doit avoir une envie pressante, ou bien qu'il est mort de faim (il est pas loin de midi), bref un peu dégoûté que ça soit déjà fini et que la leçon fût si courte mais à mille nautiques d'imaginer ce qui se prépare...
- "Tu vas en faire un tout seul" me lance-t-il comme s'il me demandait d'appeler l'essencier...
- "Hein ? t'es sûr ?"
La suite ? bah je le dépose, il me donne les dernières consignes, je rappelle le sol et en 2 temps 3 mouvements, je me retrouve au point d'arrêt 25 gauche... re-essais moteur puis "bon, j'ai rien oublié ?" et le fatidique "prêt"
Décollage, j'entends son "du pied à droite !!!" comme s'il était là, premier virage, réchauffe, palier, vent arrière, bien faire gaffe au tracé du circuit, à Toussus les riverains sont pointilleux, et puis une fois pompe sur on et volets sortis, petit répit, grand plaisir, et surtout "bon, yes c'est cool mais là c'est à moi de le ramener au sol tout seul..." j'ai de la chance, pas trop de monde, donc la radio reste tranquille à gérer (parfois c'est vraiment l'enfer).
J'arrive en finale, un poil trop vite, j'arrondis un poil haut et je suis dégoûté de ne pas avoir fait aussi bien que les tours d'avant.
C'est en remettant pied à terre que j'ai senti une ÉNORME pression s'envoler. J'ai pas eu trop le trac avant mais j'étais dans un état de concentration intense sans m'en rendre compte !
J'ai passé le reste de la journée un sourire béat rivé aux lèvres !!!
Depuis, quelques vols solo plus tard, c'est toujours un grand bonheur et il me tarde d'attaquer les nav, parce qu'un navion c'est fait pour aller loin !!!
Un grand merci à Charles, mon instructeur de talent, et à bientôt pour la suite de mes aventures.
David, LFPN.


Ca y est, on y va.

Ce matin avec mon instructeur on est en train de faire des tours des pistes à Toussus sur le F-GSRN, un DR400-120. En base, mon instructeur prend la radio : "Ce sera pour un complet". Léger arrêt des battements de coeur.... Ca devient sérieux.

On se pose et retour au parking, et il me confirme "Tu vas être lâché !"
Quelques consignes, une tape sur l'épaule et il part vers la tour.

Là, tout seul, finalement je me sens très calme et le resterai tout le temps du vol, car c'est un aboutissement...

Je contacte le sol, suis autorisé à rouler vers la 07D. Puis derniers contrôles avant alignement, je soigne la checklist (!).
La tour : "F-RN autorisé à décoller en 07 droite" et c'est parti pour un tour de piste.

Je m'applique par rapport aux repères sol, le cap, l'altitude, le trafic autour, il y a pas mal de monde ce matin. Je prépare la machine en vent arrière, puis en base, je contacte la tour, en finale... un peu haut, je sors le deuxième cran, courte finale et posé, pas un kiss mais ça va. Première sortie, je me suis posé court. Retour au parking et arrêt.

Une seule pensée : "Ca c'est un grand moment..."

M erci à mon instructeur et à sa patience

Bons vols à tous
Jean-Yves (au sol, mais la tête dans les nuages)
LFPN IPSA


J'avais alors sept ans et je découvrais de vieux albums trimestriels de la revue de "Tintin", vous savez , pour les jeunes de 7 à 77 ans. Une édition de la fin des années 50 qui trouverait sans doute des amateurs de nos jours. Toutes les semaines un article illustré d'une page s'intitulait "J'apprends à piloter un avion". C'est de cette époque que date ma fascination pour l'aéronautique.

18 mai 2003, 37 ans plus tard, à la fin de ma dixième heure de vol, mon instructeur me dit : "On fait un complet et on rentre au parking." Nous rentrons à l'écurie tranquillement, mais voilà qu'il ajoute : "Reprend le taxiway pour la 18, tu fais le dernier tour tout seul."

Je me disais bien que cela arriverait un jour, plus tard, quand je serai prêt, quand je saurai faire... Mais là, maintenant , tout de suite ! Je me rends compte que, jusqu'à présent, je n'ai jamais eu vraiment l'impression de piloter moi-même. D'accord, lorsque je regardais fugitivement à droite, je voyais bien que l'instructeur croisait les bras. Mais en finale, on n'a pas trop le temps de regarder à droite, surtout à main gauche. Et quand l'atterrissage est bon, je suis persuadé que ce n'est pas moi qui l'ai fait. J'ai moins de doute quand c'est trop long ou trop dur.

C'est fou comme l'avion grimpe plus vite. Les 300 pieds sont vite atteints. Phares, pompe, volet . Déjà 1000 pieds ? On vire à gauche. 1300 pieds, vent arrière. Tout ce qui est à faire se met tout seul en place. Se focaliser sur les procédures. Ne pas penser à l'atterrissage, surtout pas, on n'en est pas là. C'est pour plus tard, pour dans une éternité, peut-être même jamais, on est si bien là haut. On a d'abord tant de choses à faire, dans l'ordre, et si peu de phrases à dire. Étape de base, déjà ? 1700 tours, 500 pieds minutes, jusque là tout va bien. Je vois mon immeuble, dans l'axe de la 36.
Ma famille ne sait encore rien de ce ce fauteuil maintenant inutile, ce grand vide à côté de moi, en place droite, cette absence qui change tout. Je n'ai pas le droit à l'erreur. Je tiens ma vie dans mes mains. Maîtriser la troisième dimension. Ce sentiment de liberté est à ce prix. Dernier virage.
Axe, plan, vitesse. "Neuhof de Fox Oscar Mike en finale 18 pour un complet." Non ! Ce n'est pas un complet, ce n'est pas le complet de tout le monde, c'est MON premier atterrissage complet, tout seul , comme un grand.
Une phrase si courte pour un des plus intenses moments de ma vie !
L'aéronautique n'est pas bavarde.

Atterrissage doux , au seuil de piste, suffisamment court pour prendre le taxiway du milieu.

"Neuhof de Fox Oscar Mike, la piste est dégagée, je roule au parking."
"Bon boulot, Oscar Mike."

Je l'ai fait, c'est bien moi qui l'ai fait. On rentre à l'écurie comme un chevalier rentre de croisade. Épuisé et heureux.

Dix minutes de vol. Dix minutes seulement, mais qui marqueront ma vie.

N'abandonnez jamais vos rêves !

Dominique LFGC


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