Ce n'est pas un billet d'humeur
que je souhaite faire ici, mais un billet de bonheur !
Le bonheur d'avoir fait
mon premier solo aujourd'hui ! Combien de fois je me le suis imaginé
ce fameux vol et le moment où mon charmant instructeur allait me
dire "Allez hop ! va faire un tour que j't'admire poupée !..."
Je sentais ce moment venir
depuis 1 ou 2 vols. Et puis, ce matin, en montant dans l'avion, je sentais
que ça allait peut-être être pour aujourd'hui. Effectivement,
je posais mon DR400 sans problème. Je souriais (comme toujours),
j'avais les yeux qui pétillaient (comme toujours), et mon instructeur
qui ne disait presque rien et qui me laissait faire (bizzare ! lui qui
adore papoter ...).
Et puis, au quatrième
toucher, le voilà qui prend les commandes, qui sort l'avion de la
piste et qui me dit "Bon ! je te laisse partir toute seule pour un tour
de piste, fais attention à ta vitesse et à ton altitude,
sois prudente, à tout à l'heure !"
J'aurais pensé perdre
mes moyens à ce moment mais non. Lorsque Patrick est descendu de
l'avion, je me suis dit en refermant la verrière "Ma vieille ça
y est, te voilà dans le bain, à toi de faire !". Je crois
n'avoir jamais autant regardé mes instruments pour la check et avoir
été aussi méticuleuse aux procédures d'avant
décollage. Un bon signe, ma voix n'avait pas l'air de trembler lorsque
je parlais à la radio, signe que j'étais relax (à
l'extérieur...). Et me voilà en train de rouler, atteindre
la vitesse de rotation et enfin quitter le sol ! Comme à l'entraînement,
je fais attention à ma vitesse, je grimpe doucement, je vire à
gauche et un instant plus tard me voilà en vent arrière !
Altitude bonard, vitesse bonard, radio OK ... tiens ! Patrick a laissé
ses papiers sur le siège... Que je suis bête, c'est vrai que
je suis seule... JE SUIS SEULE et je pilote comme une grande. Bon, je vais
essayer de faire un super atterrissage histoire que mon instructeur ne
se tape pas la honte (c'est vrai, atterrir sur le nez ça pourrait
faire désordre !). Bref, me voilà en finale et j'ai les mains
un peu moites... Je me mets donc à chanter, histoire de faire passer
la pression... et ça marche ! Et hop, voilà un bel atterrissage
en douceur (un kiss landing je crois qu'on appelle ça !). Je suis
heureuse comme une folle et je crie de bonheur... Je rentre au parking
et Patrick sourit jusqu'aux oreilles, comme moi d'ailleurs (j'ai même
droit à un bisou... hé oui, je sais, il a de la veine). Quelle
sensation, tout se bouscule dans ma tête et j'ai du mal à
réaliser. J'ai fais mon premier solo... Quel pied ! Me voilà
pilote.
Laurence
(Du forum FNA)
30 octobre 1994, jour de mes quinze ans, tout avait été prévu pour que le jour J je sois prêt. Fierté de l'aéro-club en manque de jeunes, fierté de mes parents, de mon instructeur, un premier lâcher aussi jeune. Non, ce ne sont pas les éléments qui ont fait de ce jour un jour exceptionnel. Beaucoup de jeunes se font lâcher le jour de leurs quinze ans.
Là où ce jour se distingue, c'est que ce premier vol seul à bord a été suivi du premier vol seul à bord de mon père, 51 ans ! Et ça ce n'était pas forcément prévu.
En fait, on avait commencé tous les deux ensembles 3 mois auparavant, durant les vacances d'été, au Castellet (merci Bernard, merci les cotisations allégées). Mon père aimait l'aéro depuis quelques années sans jamais pouvoir concrétiser, et je pense a été étonné de mon engouement pour la chose !
Lorsque je suis descendu de l'avion, après avoir récupéré Thierry mon instructeur qui attendait anxieux en bout de piste, beaucoup de membres de l'aéro-club, ma famille et un photographe m'ont accueillis. C'était sympa beaucoup de bonheur, des félicitations sincères, l'achèvement de la première phase de ma formation... et puis mon père a décidé d'aller faire un petit tour avec Thierry, la météo s'y prêtait. Et puis surprise, 2 tdp et l'instructeur descend. Papa est seul à bord !
Et lorsqu'il est descendu de l'avion à son tour, il y avait peut-être moins de personnes que quelques dizaines de minutes plus tôt, l'événement étant un peu moins exceptionnel. Cependant j'étais là, ma famille avec moi, et c'est là que j'ai compris que j'allais me souvenir de cette journée pendant des années.
On a continué un bout de formation ensemble, et puis lui a arrêté sa progression, contraintes professionnelles, et... financières, il a préféré me favoriser. Cà je pense que je lui en serais très longtemps redevable... et j'espère que je pourrais faire un jour ce cadeau à un de mes enfants, pour qu'il soit fier de moi comme je le suis de mon père.
merci Papa, ma famille
merci Thierry, merci à
ceux qui font confiance au petit jeune et con que je suis encore et pour
un bon moment j'espère merci à ceux qui ont bien voulu partager
avec moi mes projets aéro
Tim
Ceux qui suivent (merci à
eux s'il y en a) se souviennent peut-être de mon essai du train classique
avec Anne-Céline et Pascal, sur le D140 F-BNIZ bien connu.
L'épisode n'avait
pas manqué de faire rire Anne-Céline, qui l'avait raconté
en utilisant tout son talent de raillerie, plaisanterie moqueuse
et autres attributs ;-)
Depuis, j'avais commandé
de nouveaux pieds, mais le père Noël ne semble pas avoir reçu
ma pourtant très jolie lettre.
Après un essai du
D112 qui depuis est en panne (d'après l'enquête, pas de lien
de cause à effet), je me suis donc décidé à
tester l'Emeraude de Muret.
Au premier vol, nous avons
juste fait un peu de mania et un tour de piste, histoire tester la bête
et de savoir combien de balises il faudrait changer
...
Bon, inutile de préciser
que la ligne droite semble être totalement inconnue du vocabulaire
de ce tagazou!
Après ce premier
test, il me tardait de recommencer.
Jeudi en fin de journée,
Michel, le Chef Pilote de Muret (pas trop angoissé, c'est beau le
self contrôle) et moi nous sommes repartis pour une séance
de tours de piste. A ma grande surprise, après 3 touchés
que je qualifierais pourtant d'approximatifs (mais sans rebonds, n'en déplaise
aux mauvaises langues), Michel me propose un complet ... Pour que je reparte
tout seul !
"Si tu le sens" ... En fait,
j'ai préféré ne pas relever cette dernière
remarque, et je suis raparti seul.
Quel plaisir, même
si j'ai été obligé d'avorter par un (très)
basse hauteur à cause d'un début d'orage de grêle.
Hier, je suis reparti seul
avec le vaillant destrier, pour une petit balade.
Rhhâââ
Lovely!
Préparez vous à
recevoir la visite d'un étrange appareil tasseur de taupes, plus
personne n'est à l'abri dorénavant ;-))
Rodolphe, apprenti sur tagazou à roulette bien placée
Quelques mots pour vous faire partager ma joie d'avoir été lâché... en vacances à la Martinique.
Elève pilote à
Lognes rentrant dans ma 13ème heure (tiens, ça doit porter
bonheur), je suis parti visiter cette belle ile qu'est la Martinique.
Certains s'en souviennent
peut-etre mais j'avais demandé d'ailleurs si quelqu'un avait des
plans sur place. On m'a conseillé ACF Aviation en la personne de
Alain Fanchette et je ne le regrette pas !
Après un vol 'touristique' sans problème en C172, je décide de prendre une vraie leçon avec Alain en Cessna 150 le lendemain. Pour info, le 150 et tous les avions écoles utilisent la même piste que les 747 de Corsair ou autres à savoir la piste de 3300m de Fort de France (évidemment ça met en confiance par rapport aux 700m de Lognes). Après 5 tours d episte et des exercices de panne moteur (on a le temps d'en faire 3 sur la piste tellement elle est longue !), il descend et me demande de faire 1 tour seul. Le bougre m'a bien eu car il m'avait dit que 2 ou 3 séances seraient nécessaire avant le lâcher.
Les conditions sont idéales
: 10kt de face, soleil, pas de nuage, personne en tour de piste ett cette
piste de 3300m pour moi tout seul (il est 13h, les gros
porteurs arrivent de16h
à 22h). Bref me voilà seul à bord rempli de sentiments
que vous avez tous déjà bien décrit dans la mailing-list
!
Le tour de piste est parfait (à mon goût ;-)) et pour la première fois de ma jeune carrière de pilote je fais un superbe kiss landing !
Voilà, je ne suis pas près d'oublier ce lâcher original. J'espère que mon instructeur ne va pas trop faire la gueule...
Amicalement,
Sébastien
EP Lognes
Moi : "XO en finale pour
un touché sur la 26"
La tour : "XO vous êtes
autorisé à toucher sur la 26 dure, vent 330 10kt"
Moi : "je touche sur la
26 dure XO."
Puis en courte finale
Mon instructeur : "Finalement
ce sera pour un complet XO"
La tour : "XO vous êtes
autorisé à atterrir sur la 26 dure, vous prendrez la dernière
bretelle de sortie"
Moi : "XO"
Moi dans ma tête :
"ben ça fait déjà une heure qu'on vole ?"
J'atterris, je libère
la piste
Mon instructeur : "ben maintenant,
tu vas demander au contrôleur un roulage au parking tour pour descendre
un passager (de l'avion, pas à bout portant)"
Moi : "Ha bon :-)
ça se passe comme ça ?"
Mon instructeur avec la
banane : "Ben oui."
Je retourne tout seul (ça
fait tout bizarre dans les bras qui ont un léger et bref tremblement)
au point d'arrêt 26 où je suis numéro 4 au départ.
Je descends ma check list.
Je suis prêt au départ, mais il y a toujours deux avions devant
moi, qui sont prêts au point d'arrêt A, et moi je suis premier
au point d'arrêt B.
La tour me dit : "XO alignez
vous derrière le C 172 en courte finale et maintenez."
Moi dans ma tête :
"Ah !?! Pourquoi il me fait passer avant les deux autres ? Merci François
(mon instructeur qui est monté à la tour)."
Je décolle pour un
tour de piste.
L'avion (C150) monte légèrement
plus vite, puis la vent arrière où un coup de trim à
piquer est nécessaire pour stabiliser tout ça.
Je pose l'avion avec un
vent du 340 pour 12kt.
Ca va, les roues touchent
sur la piste en dure. Il manquait quand même un poil de décrabage.
Je dégage la piste..
ben voilà, ça a bien marché, pas stressé, pas
de sueur froide,... satisfait pour un premier vol solo. Je rentre l'avion
au club et mon instructeur arrive de la tour avec la banane jusqu'aux oreilles
cette fois-ci.
Mon instructeur : "J'ai tout
vu, bon c'est bien. Mais t'as pas un peu dépassé l'axe en
intégrant la finale ?"
Moi : "Ben oui mais j'ai
corrigé."
Mon instructeur : "Et t'étais
pas un peu haut en finale ?"
Moi : "Ben oui mais j'ai
corrigé."
Mon instructeur :"Bon ben,
champagne maintenant ?"
Voilà, ça c'est
passé ce matin à Lognes après 28h. Mon instructeur
me dit que ça fait déjà 6h qu'il attendait que les
conditions météo soient acceptables.
Et je lui réponds
que finalement, c'était pas plus mal, car sinon, on aurait pas fait
toutes ces heures de vent de travers.
Jérôme BALANDREAU LFPL Lognes,... content.
Ca y est j'ai été lâché :)
En plus je ne m'y attendais
pas du tout... Ca s'est passé comme dans la plupart des récits:
on faisait des tours de piste et tout à coup mon instructeur (le
bien nommé Stéphane Sapède) me lance en vent arrière
:
- Quelle est la vitesse
de cette avion en courte finale ?
- Euh 130 ?
- Bien, tu te sens prêt
pour un solo ?
- Euhh je ne sais pas, oui
pourquoi pas ?
Il me repose la question
en base, puis une troisième fois en finale ; sur ce je pose l'avion
correctement.
Il contacte la tour:
- Correction c'était
un complet, je souhaite aller au parking charlie pour lâcher mon
élève en solo.
Hop, me voilà tout
seul et là je me répète sans cesse : "Mon Dieu faites
que je ne foute pas la merde"...
Décollage, un circuit
presque parfait, hyper concentré, ne pas oublier la pompe, la réchauffe
et le phare...
En base... ne pas se prendre
un varion phénoménal, finale 130, super ! en plus ça
tombe bien il n'y a pas de vent !!
et voilà... retour au parking !
Super :) j'ai piloté un avion :)
Tellement énervé que je n'en ai pas fermé (ou presque) l'oeil de la nuit :)
Gérald
Superbe journée, joli
ciel de traîne, on se croirait au printemps.
Les oiseaux gazouillent
dans l'azur, les mulots courent gaiement dans l'herbe folle, la température
est douce. Il fait bon vivre.
Un temps à se reposer,
loin du stress, au bord d'une rivière et à écouter
le temps et l'eau couler :
RHOAAAAAARRRRRRRRRR !!!
Comment ?!!! Coupez c'est pas bon ! qui est le @*#&% qui gâche le plan ?
Zoom avant ! Le @*#"" en question c'est le Fox Roméo Sierra au parking... Un petit point noir s'en détache : l'instructeur qui descend et quelques instants plus tard l'avion s'ébranle doucement sur le parking.
A l'intérieur un élève pilote qui n'en revient pas d'être tout seul dans sa machine.
A l'intérieur de l'élève pilote : moi !
Bon ! ben allons-y me dis-je... Je fais la check et vérifie deux fois les points sensible s: volets, pompe, trim, paramètres moteur : OK.
Point fixe ! Je contrôle
ma voix pour ne pas lancer un appel radio digne d'une maison de retraite
et c'est d'un ton faussement détaché que je lance un :
"Fox Roméo Sierra
je décolle piste 12".
Yaplusqua !
Plein gaz ! 2.300 tours ça baigne !
La ligne... le badin... la
ligne... le badin... les oiseaux... le bad...
Les OISEAUX ?!!??...
Oh zut ! trois beaux rapaces en milieu de piste à 100 m devant...
Quoiquejefait ?
50 kt ? Je continue ! Ca devrait passer au dessus.
60 kt rotation ! Les oiseaux
se poussent mollement mais je passe effectivement à 10 mètres
au dessus d'un traînard.
700 kt vitesse de montée, je n'entend pas de BANG , mais je vois bien que mes ailes sont portées au rouge vif.
2.600 pieds, mise en palier j'hésite un instant tellement elle intervient tôt "C'est pas 3.600 ???" non ! bon ! J'étais prévenu...
Je regarde le sol, les petites
voitures en bas sur l'autoroute. Je ne réalise pas vraiment, mais
quel calme soudain malgré le bourdonnement du moteur.
Comme une envie de continuer
la vent arrière jusqu'aux montagnes enneigées d'en face.
Je pense à la liste
et aux récits de lâcher : voyons, il faut trouver un mot historique
ou chanter quelque chose. Tout ce qui me vient aux lèvres c'est
:
"Bordel de merde ! "
Ce n'est pas très gracieux mais ça trahit chez moi un émoi certain.
Ensuite, tout va très(trop) vite, comme une sorte de "coïtus intereuptus" : la base , la finale, le posé, déjà fini.
Et voilà ! mon carnet indiquait 7h30 de vol avant ces 15 minutes et mon instructeur a marqué dans mon livre de progression en grand:
(P.P.C)
Posé Pas Cassé
Daniel Polli
LFLI Annemasse
Lâché... avec
un jet aux fesses
Olivier Liska
Et bien moi j'ai pas chômé hier matin ....
D'abord j'avais pas passé un nuit terrible. Je sentais que ce moment approchait alors, forcément, la tension montait et le sommeil fut difficile à trouver...
D'un autre côté, pour me rassurer, je me disais qu'une piste comme celle de mon aéro-club, même une gamine de 5 ans pourrait y poser sans problème un DR400 (mais quand même pas un 747, on n’est pas à Hollywood !). Y'a d'la place... et je soupçonnerais même certains moustachus de pouvoir s'y poser sur la largeur ! :-))) Alors bon, je devrais quand même réussir à le faire tout seul. Seulement il y avait les derniers messages sur la liste concernant les "petits" problèmes de blocage de train du Robin. Atterrir c'est bien, mais si c'est pour finir dans le fossé ou le VOR... Surtout que les histoires de glissade à l'atterrissage, ce n'est pas ce qui manque en ce moment au club...
Un point jouait cependant en ma faveur : la consultation du METAR au lever me fit découvrir ce que je n'avais encore jamais vu : vent nul ! Nada ! Nietze ! Nothing ! Walou !
C'est donc gonflé à bloc que je pris le chemin du club, sans même prêter attention à cette brume matinale qui bouchait quelque peu l'horizon.
Je sors le YU, lui trouve une petite place sur le parking, vais faire le bilan carburant (scrogneugneu, qui c'est qu'aurait pu lui faire le plein en arrivant... :-( m'en fous JP, mon instructeur, a pris les noms :-), emmène le YU à la pompe, fais le plein, le remet à sa place sur le parking, monte dans le YU, commence la check, m'arrête à l'endroit où ça parle de clé et de magnétos, descends du YU, vais chercher les clés au club, remonte dans le YU, termine la check, merde j'ai oublié la prévol, descends du YU, fait la prévol, remonte dans le YU, reprends la check, démarre le tagazou (et il est coriace à démarrer celui-ci je vous assure !), bref, je suis déjà vanné avant d'avoir commencé ma leçon.
Une fois démarré, JP vient prendre sa place habituelle.
Contact avec la tour.
« F-YU un DR400 sur le parking Club avec l'information E, pour des tours de piste, demandons roulage. »
Alors là le contrôleur, il est pas d'accord !
« Moui, visi trop faible, VRF spécial, OK pour un local mais pas pour les tours de pistes. »
JP insiste pour qu'il vérifie les derniers chiffres, et là c'est OK, on a finalement la visi minimale :-)
Arrivé au point B03, je fais les essais moteur en regardant décoller et atterrir le ballet habituel et matinal des CRJ, B737, ATR, DC9, Embraer qui viennent chercher et déverser leur lot de passagers à l'aérogare.
J'en profite pour demander
à JP si il y a des procédures spéciales concernant
l'atterrissage sur la 03, car j'avais fait toutes mes séances de
tours de piste sur la 21. Il m'apprend alors que, cause que la piste elle
est trop longue, les petits comme nous y doivent se poser à l'intersection
de la bretelle B et de la piste. Mince me dis-je ! Il faut pas viser les
plots :-(
Alors là la question
toute bête : Mais alors le PAPI il est calé sur quoi, les
plots ou l'axe ? Là JP me répond qu’il n'y a pas de PAPI
sur la 03 est que toute façon faut pas s'en servir ! Super !
Résumons : Je vais
faire une séance de tours de piste sur un axe que je connais pas,
avec un visi pas terrible et sans pouvoir jeter un p'tit coup d'œil au
PAPI pour savoir si j'suis trop haut ou trop bas ! C'est pas encore aujourd'hui
que je serai lâché !
Alors on y va et au bout
de 3 tours, JP me montre la procédure de remise des gaz, et le tour
d'après il annonce au contrôleur que ce sera un complet...
avant un lâcher ! Alors là, gros sourire intérieur
:-)))
Au sol JP questionne la
tour sur le trafic IFR des 10 prochaines minutes. Une arrivée et
un départ son prévus dans 10 mn. Bon !
Me voilà seul à bord, regardant ce siège enfin vide à ma droite . Je demande le roulage et trouve le contrôle très prévenant à mon égard. Je m'aligne et je décolle enfin, et là tout ce passe comme d'habitude, sans questions ni doutes. Refaire 10,20,30 fois les mêmes gestes, ça paye, j'en ai la preuve. Pompe Volets 400ft, Virage à gauche 600 ft, vent arrière, préparation réchauffe pompe 1 cran de volets, RAS, tout baigne, je suis même étonné par mon calme. Vais-je chanter ? Non mais j'ai froid. JP a coupé le chauffage en sortant :-))
Et là j'entend le
trafic IFR qui s'annonce. Mais mon contrôleur, ne voulant pas mettre
son petit protégé en circuit d'attente, me signale n°1
en finale.
Dommage, j'aurais bien fait
quelques 360 moi :-)
Bigre, faut pas traîner.
Sous la pression, j'overshoote un peu mon axe pendant qu'à la radio
s'instaure un dialogue entre la tour et le jet, qui demande à celui-ci
de réduire au maximum.
Et là je fais un
kiss de toute beauté (enfin je crois) mais, ne voulant pas freiner
afin dégager le plus rapidement possible (ce que m'encourage d'ailleurs
vivement le contrôle à faire), me voilà parti dans
une belle série de zig zag qui m'on semblé durer une éternité
! Finalement, un tagazou, je trouve cela beaucoup plus facile à
contrôler en l'air qu'au sol.
Je dégage enfin, et
j'ai juste le temps de tourner la tête pour voir l'Embraer atterrir
!
Et mon cher contrôleur
de contacter l'équipage pour les remercier de leur attention (ce
que, dans l'émotion, ,j'ai d'ailleurs oublié de faire).
Voilà, j'ai été
lâché !
Désolé, j'ai
oublié de signer :-(
Olivier "Bouli"
LFRS
Après une nuit, courte,
mais bonne,un coup d'oeil à la fenêtre me renseigne sur la
météo, ma prière à Sainte Météfra
a été payante, ciel dégagé, vent léger.
7h15, départ vers
Muret, mon fiston a tenu absolument à m'accompagner car il n'a pas
cours ce matin.
Arrivés à
l'aéroclub, surprise, mon bon vieux ZZ est déjà sorti,mon
instructeur est déjà là,la prévol est faite
me dit-il, t'es en forme ? On y va !
Moteur, radio, roulage,
point d'arrêt, impec,et c'est parti pour des tours de piste, tout
se passe impeccablement bien, juste quelques remarques, rien de bien terrible,
F-ZZ en finale, Michel ! Arrête de balancer cet avion !
Surveille ta vitesse, tu
réduis trop tôt ! Grrrrrr ça va plus, c'est reparti
pour un tour, on fait un peu (beaucoup) le serpent sur la piste ! Tu vas
finir par nous sortir de la piste ! Au sol c'est les pieds ! Nom de dieu
laisse ce manche tranquille !
Au suivant, ça va
mieux : Merdeuuuuuu réduit trop tôt l'arrondi ça va
mais tu l'as lâché un peu tôt !
Et ainsi de suite jusqu'au
cinquième :
- Tu m'agaces ! Bon puisque
c'est comme ça tu pars tout seul !
- Euuuuh ! là ,maintenant,
tout de suite ?
- Ben oui! là, tout
de suite ! La tour pour remonter au point d'arrêt et 1er vol solo.
Allez, fiston, on descend, ton père part tout seul !
Léger frisson le long
de l'échine. Seul ! Je suis tout seul ! Machinalement, vérif
des commandes, F-ZZ prêt au départ .
Aligné, réglage
du conservateur 299° je suis bien aligné là Thierry ?
Mais c'est vrai qu'il est plus là !
La grosse boule noire me
regarde façon cyclope et semble me dire "Ben t'attends quoi ?"
Gaz ; regarder loin, penser
aux pieds, 2200 tours, 100 km/h, rotation !
Non de dieu ça grimpe
viiiiiteuuuu, je savais pas qu'il était si lourd,mon instructeur,
900', phares, pompe, volets virage j'oublie rien ? 1600' stable, réduction,
compensation, radio, le saumon court sur la piste, les maisons au loin,
c'est bon.Il faut qu'il soit fier de son élève !
Check cabine, arc blanc,
volets, nom de dieu, c'est automatique ! A force de me le répéter
mentalement, c'est enfin rentré : virage, la piste à 45°
on réduit vario 450 pieds, tenir bon !
Surtout ne pas overshooter,
impec, le plan ça va,volets, compensateur, radio, viser le 30, viser
le 30 ! Jusque-là, ça va. Gérer la vitesse, c'est
bon.Reste au milieu , reste au milieu ! Le 30 passe, tout réduit
et arrondi il faut le tenir,tenir et encore tenir ! Et là, miracle,
le plus bel attero du monde et des environs ! (enfin, je crois) une belle
ligne doite, et "piste dégagée, pour rouler au parking et
quitter, au revoir et merci."
Retour au club, applaudissements
de l'intructeur, opération paperasse , et à ce moment seulement,
devant les documents, le vide ! Impossible d'écrire un mot, je ne
sais plus par où commencer, le chef-pilote me regarde en rigolant
: "Donne, je vais faire." C'est quand même un comble ! Réussir
à poser un tagazou et ne plus être foutu de remplir un carnet,
on va arroser ça !
Merci Thierry !
Michel HEUREUX !!!!
L'été dernier,
mon TT en poche, il faut que je passe à autre chose : ce sera du
planeur en montagne (La Llagonne plus exactement, à côté
de Font-Romeu dans les Pyrénées). Quelques jours sur Bijave,
et me voici lâchable (s’ils le disent... je suis très sceptique,
mais bon, de toute façon, si je ne le sens pas, je ne me forcerai
pas !). Mais voili voilà, le vent tourne de plus en plus, est plein
travers (enfin, ça c'est pas un scoop), s'intensifie... Bref, pas
de quoi faire un lâcher, et demain je retourne dans mon atelier !
Tant pis ! Ce sera l'année prochaine.
C'est oublier mon instructeur
: de retour à Perpignan, on se croise de temps à autre, vu
que nous volons dans le même hangar. Et le SF 28 qui était
en GV les mois précédents est à nouveau sur roue.
Donc, je n'ai plus qu'à prendre ma petite cotisation, et c'est reparti.
Dans les premiers temps, nous avons essentiellement cherché à
faire du vol à voile, puisque le lâcher n'était une
priorité pour personne.
Et depuis quelques séances,
nous en parlions plus sérieusement. Je savais donc que mon heure
arrivait, mais je me suis bien gardée d'en parler à qui que
ce soit : ni famille, ni ami(es), ni autres pilotes !
Jeudi 19 mai, à 16
h 00 : j'arrive au hangar à l'heure dite et vu le plafond bien bas...
pas beaucoup d'illusions (la veille, nous avions dû écourter
un vol qui s'annonçait extraordinaire sur le Canigou pour cause
de VFR spécial et d'une belle couche de stratus sur le terrain).
Et pourtant : je vois le
SF dehors, Max m'a fait les pleins, Max m'a nettoyé le motoplaneur,
Max m'a.... (heu, c'est déjà pas mal, non ?). Pour la petite
histoire, Max a 84 ans, une pêche sans faille, un pilotage net, doux
et précis, et une gentillesse... bref, quelqu'un qu'on a envie de
croiser à l'aéro-club !
Donc, je suis coincée,
il faut y aller ! Quelques tours de piste, et je sens que ça commence
à venir (je vous ai passé les détails de mes loupés...
la bête, elle est pas évidente à dompter quand on sort
d'une formation sur tricycle).
Et la finale pour un complet
arrive.
Mon instructeur m'indique
les changements de plan avec 80 kg de moins à l'arrière,
et c'est parti !
Deux petits tours de piste,
et je rentre au hangar, pas très fière de moi, vu que j'ai
fait un décollage pas beau du tout, ceci dû à un mauvais
réglage du palonnier. Comme quoi c'est souvent les choses les plus
simples qu'on a tendance à faire passer au second plan, alors qu'elles
sont essentielles.
Heureusement, en descendant,
Max m'a félicité, et un de mes amis pilotes que j'estime
beaucoup pour son carnet de vol m'a félicité pour mes atterros...
J'ai peut-être des chances d'y arriver, alors ! Je l'auraisma qualif
TMG, je l'aurai !
Et puis, pour se consoler,
un petit tour en DR 253 et le moral revient (enfin, je l'ai jamais vraiment
perdu !)
Bons vols à tous
avec les beaux jours qui reviennent,
Claire Bauby, qui ne vous
raconte pas une excellente performance, mais on dit bien dans l'aviation
qu'il faut savoir reconnaître ses erreurs et rester humble !
L'expérience ne se
transmet pas, elle s'acquiert.
LFMP, Perpignan
Jacques Darolles - "F-XV,
ce sera pour un complet"
Lionel (moi au demeurant)
- Tiens c'est déjà fini me dis-je en tête
JD - "Arrête
toi là, je vais descendre"
LGR - "Là, sur le
taxiway ???"
JD - "Tu vas aller
faire un petit tour tout seul ;-)"
LGR - "Euh..."
JD - "Tu te sens bien
là, y'a pas de problème ?!"
LGR - "Ben, si tu le dis..."
JD - "Tu sais faire
une remise de gaz donc si t'as un souci à l'atterrissage, tu sais
faire."
LGR - "Oui (un peu perturbé
sur le coup)."
JD - "Et puis tu vas
bien arriver à te poser d'une façon ou d'une autre, même
en travers de la piste."
LGR - Gloups
JD - "Tiens bien ton
axe, stabilise bien ta finale," etc. etc.
LGR - "Bon, j'y vais alors."
JD - "A tout de suite.
"
Je roule au point d'arrêt, peut-être pas nécessaire de refaire des essais moteurs car on vient de se poser sans couper mais bon, ça me concentre et ça me garde calme. Check Ok. Message radio. Un Baron se pose comme une vache juste devant moi. Je me suis posé mieux que ça y'a à peine 2 minutes alors allons-y !
Aligné, plein gaz
(j'imagine Jacques "l'axe !").
100 km/h, ça décolle...
mais c'est que ça va plus vite qu'à deux !
[ Non j'ai pas dis que Jacques
fait du poids habituellement ;-) ]
300 ft, 500 ft, 1.000 ft,
tour de piste classique, je vérifie tous les instruments 800'000
fois et j'entends dans ma tête ("Regarde dehors" Jacques serait-il
à bord ? Non non)
Vent arrière et un
bordel sans nom sur la fréquence de la tour, un avion est en Tx
permanent, on n’entend presque rien à ce que dit le contrôle.
(Jacques dirait "pour ce à quoi il sert")
C'est pas grave, je fais
mes messages, visiblement il a entendu et je reçois
"Autorisé piste 30..."
Axe, pente, compensateur...
Et déjà au
sol...
Arrivée à
la pompe je vois mon instructeur paparazzi du coin de l'oeil, c'est pas
le moment de faire un connerie !
Plein pauvre... c'est fini
pour aujourd'hui !
YOUPI.
Merci Jacques,
Lionel
Lima Golf Romeo
Elève PPL à
Muret (31)
Je ne dirai qu'un mot : BRAVO
!
C'est un vol dont tu te
souviendras toute ta vie! Moi,après 16.000 heures sur toutes sortes
d'engins,je me souviens de mon lacher en planeur comme si c'était
hier,un beau jour d'été 1964, à Nancy-Malzéville,sous
la férule de M. Charles Fèvre que je ne remercierai jamais
assez . Si quelques-uns d'entre vous peuvent le rencontrer dans la région
toulousaine ou il profite d'une retraite bien méritée, transmettez-lui
mes amitiés.
Ma formation avait été
assurée sur C800,un énorme biplace cote à cote dont
le poids et l'inertie n'avaient d'égal qu'une fâcheuse propension
à descendre.La "finesse" de l'engin devait avoisiner au moins 16
ou peut-être même 17 !
Aussi vous pouvez imaginer
mon anxiété pour ne pas dire ma trouille lorsqu'un soir d'été,après
une série de remorqués courts et d'atterrissages dont aucun
ne paraît encore maintenant digne d'entrer dans des annales quelconques,je
m'entends dire par M. Fèvre: "Léopoldès,allez donc
sortir et préparer le C311P et mettez-le en piste !"
A partir de ce moment,je
suis sur un petit nuage,jusqu'au moment où je vois le câble
se tendre devant le nez de MON planeur.En effet,on était lâché
directement sur un monoplace,un peu différent du C800 habituel.
Et là, panique ! C'est pas comme d'habitude ! On se concentre,on
se dit que l'instructeur n'est pas fou,et on lève la main, signe
du départ (on n'avait pas de radio).
Secousse ! C'est parti,ça
accélère plus que d'habitude. Déjà en l'air
! Attention à ne pas monter trop haut derrière le Storch,le
laisser décoller,ce qu'il fait enfin,et nous voilà partis.
Dieu qu'il est léger,un
vrai bouchon, ça part dans tous les sens ! Calmons nous,je lui parle
doucement à ce planeur que je ne connais pas.
Le remorqueur entame un
léger virage, j'entends la bille cogner dans les bouts du tube.
Enfin la bête se maîtrise et accepte de suivre gentiment le
Storch. Autre moment d'anxiété, le largage. Ouf,ça
a marché ! Me voilà tout seul. Attaquons le premier virage.
Quelle horreur, cette bille que je ne vois même pas passer par la
position médiane. Le tour de piste est à droite,entraînons-nous
donc pour les virages à droite, et c'est ainsi que je ne ferai que
des virages à droite lors de mon premier vol solo !
A force de virer à
droite,je ne pouvais guère m'écarter du terrain, et la finesse
du C311P étant ce qu'elle est, c'est-à-dire de l'ordre de
16, je me suis assez rapidement retrouvé en début de tour
de piste au bon endroit, à la bonne altitude.
Vent arrière, étape
de base,dernier virage en dosant les AF (tiens,c'est moins efficace que
sur le C800,on me l'avait bien dit,c'est vrai !), courte finale : le plan
est bon, la vitesse est bonne, je commence à y croire, je vais peut-être
m'en sortir !
Arrondi impeccable, on tient
l'axe, ça ralentit, ça s'arrête ! J'y crois pas,c'est
fait ! HEUREUX LEO !!!
Les copains arrivent avec
les seaux d'eau, je n'y coupe pas à la séance de tape-cul
et à la douche froide.
J'ai l'impression que c'était
hier, et c'était le bonheur total !
Mon lâcher en avion,
un an après, toujours par M. Fèvre, ne me laissera pas exactement
le même souvenir. Je savais ce que c'était de voler seul,ce
n'était pas du tout pareil. Ca fait plaisir de rappeler ces bons
moments !
JC Léopoldès
"Si tu n'étais pas
fatiguée après une heure de tours de piste je te lâcherai."
me dit un soir Raymond en applaudissant. Surprise !
"Tu plaisantes ? Je ne suis
pas encore capable de voler seule !..."
"Tu en es tout à
fait capable, je n'ai touché à rien, tu as tout fait toute
seule ! Et j'ai l'intention de te lâcher la prochaine fois si les
conditions météo sont bonnes, si tu es en forme et moi aussi."
Et, toute seule dans ma tête, je me dis que, forcément, il se trompe ! Comment puis-je arriver à atterrir toute seule alors que j'ai toujours besoin de ses conseils ? Le décollage, passe encore ! Et la radio ? jamais je me souviendrai de tout ! Et puis il y a tellement de choses à faire et à regarder en même temps ! Je n'y parviens pas encore ! "Regarde ta vitesse... tu perds des tours... là tu en as pris... tu oublies le réchauffage carbu... et la pompe...tu es trop bas... tu es trop haut... tu ne mets pas assez de pied à droite... essaie de tenir l'axe... il est temps de virer, tu vas passer au-dessus du village...". Combien il est rassurant, l'instructeur à ma droite qui me souffle ce que je dois faire, corrige, me fait croire que tout va bien !
J'éprouve, malgré mon angoisse et mon sentiment d'incompétence, de la fierté : 11 h 45 de vol et je suis " lac ha ble " (Raymond l'a noté sur le carnet de progression) ! Je crois que c'est plutôt bien !
Et je passe toute la semaine
un peu inquiète. Non, ce n'est pas possible, il ne va pas me lâcher
!
Le mercredi suivant, je
pars du bureau un peu stressée. Il y a un peu de vent et je pense
que ce n'est pas pour ce soir. Mais... on ne sait jamais ! Et si Raymond
juge très faible la vitesse du vent ? Comment peut-il me faire confiance,
à moi ?
J'arrive à l'aéroclub.
j'aurais dû annuler ce vol : je ne suis pas en forme, le vent est
faible mais il y a du vent, je ne me fais pas confiance, je suis nulle...
Allez, je change de chaussures
et j'y vais !
"Bonjour Gisèle, comment te sens-tu ? Il n'y a pas beaucoup de vent, je vai sans doute te lâcher." Aie, aie, aie !
Premier tour de piste, premier atterrissage, du vent de travers, plus fort que nous le pensions : j'ai des difficultés à tenir l'axe et puis je me sens toute molle. "Je ne te lâcherai pas aujourd'hui. Les conditions ne sont pas bonnes." Ouf !!!
Une semaine plus tard, même
scénario : je pars du bureau inquiète et persuadée
que je ne peux être lâchée. C'est une journée
sans vent et ensoleillée malgré quelques nuages, je me renseigne
tout de même par téléphone auprès de Georges
qui est à l'aéro-club :
"Comment est le temps aux
Milles ?" (comme si des milliers de kilomètres séparaient
Marseille des Milles !)
"II fait beau, il n'y a
pas un brin de vent".
"On décolle en 33
ou en 15 ?"
"En 1 5, t'en fais pas !"
"Ah, tant mieux ! je préfère
le tour de piste dans ce sens, je suis plus à l'aise. Mais tu verras,
je ne serai pas lâchée, je suis bien trop mauvaise ! Et si
je casse l'avion ?"
"Arrête de te dévaloriser.
Raymond m'a dit que tu es très capable mais que tu n'as pas assez
confiance en toi et je suis d'accord avec lui. Et puis je n'ai encore jamais
vu un élève casser un avion le jour du lâcher !"
J'espère que je ne
serai pas l'exception à cette règle !
J'arrive à l'aéroclub et je change de chaussures. J'ai peur. J'aurais dû réviser, j'ai la tête complètement vide ! Georges est là et ça me fait du bien, il me donne du courage.
"Bonjour Gisèle. Nous
volons dans quel avion ?"
"Le Roméo Uniform"
"Je viens de le laisser
sur le parking. Prends la sacoche, fais la pré-vol et attends-moi
dans l'avion".
Raymond me rejoint et, se moquant gentiment, me montre son téléphone en disant "Tu vois, si je te lâche je te donnerai mon téléphone pour que tu m'appelles en cas de besoin."
Nous décollons et, curieusement, je suis très à l'aise, j'arrive même à virer et en même temps à mettre l'avion en palier, à réduire les gaz, à vérifier le compte-tours et la vitesse, à regarder où je vais. Je fais quelques tours de piste sans que Raymond touche au manche. Il me donne, bien sûr, encore des conseils bien mérités mais il semble content et moi aussi. Mais serais-je pour autant capable de me souvenir de tout, seule dans l'avion ? Non, ce n'est pas possible et je suis assez sereine parce que je suis persuadée que ce n'est pas pour aujourd'hui puisque Raymond m'a dit que je serai lâchée quand je le sentirai.
"Je pense que c'est assez
et si tu es d'accord, nous allons faire un complet." annonce Raymond. Ouf
! je suis soulagée (et mentalement je fais le geste de m'essuyer
le front d'un revers de main que je secoue ensuite pour évacuer
les gouttes de sueur).
Mais il ajoute "A moins
que tu aies envie de faire un tour de piste toute seule ?". Et là,
je ne sais ce qui s'est passé en moi car je m'entends répondre
"Oui, je pense que je peux". Quelle audace ! Mon ego a-t-il reçu
un coup de fouet ou ai-je perdu la tête ? Serais-je galvanisée
? Sereine et confiante, je souris. Ça alors !
Donc, au lieu d'aller au parking je tourne sur la voie d'accès à la piste 15. Raymond me fait quelques recommandations supplémentaires, me dit qu'il est confiant et descend de l'avion. Je suis seule à présent et il faut que tout se passe bien, que je prouve, surtout à moi-même, ce dont je suis capable.
Ma main se pose sur le siège de droite pour vérifier que je ne rêve pas. Non, c'est bien une réalité, je suis seule et tout doit être parfait, je n'ai pas droit à l'erreur, je souris, je ris même et suis gagnée un bref instant par l'exaltation.
Pour une fois sûre
de moi je vais au point d'arrêt après un roulage comme je
n'en ai encore jamais fait, fais mon annonce radio, m'aligne et attends
l'autorisation de décoller laissant l'avion venant d'atterrir dégager
la piste. Je décolle et tiens parfaitement et l'axe (enfin, je crois)
et ma trajectoire, pied droit en action.
300 ft : volet, pompe, phare.
La prison en bout d'aile
: je vérifie à l'extérieur et commence à virer.
1000 ft :je mets l'avion
en palier et descends les tours à 2000.
Le (la) contrôleur
aérien me prévient que la tour devient inactive, je remercie
et dis au revoir.
J'annonce " travers tour
pour un complet ". je suis ma trajectoire, vérifie la vitesse et
l'altitude régulièrement, corrige quand c'est nécessaire.
Je mets l'avion en descente
au bon moment, et ne perds pas de vue la piste et le point où je
dois atterrir. Là, je dois être à 500 ft et j'y suis,
c'est bien.
Je réduis totalement
les gaz et pose l'avion, dans l'axe et en douceur. Vient l'image de la
feuille qui se pose sur le sol, à l'automne, après s'être
détachée de son arbre. Je rejoins la pompe à essence
après un roulage qui m'étonne encore.
Georges et Raymond m'attendent.
Ils semblent satisfaits. Moi aussi.
Je me souviens même
de ce que je dois faire pour arrêter le moteur alors que d'habitude
j'attends les consignes de Raymond.
Je suis heureuse et fière.
Je voudrais décrire
exactement ce que j'ai ressenti mais il n'est pas facile d'exprimer avec
des mots les impressions, il n'est pas facile de faire émerger ce
qui est au fond de soi.
Aucune angoisse ne m'a étreint
pendant toute la durée du vol. j'étais sûre de moi.
Seul un léger tremblement, une fois tout terminé, s'est manifesté.
Présence, conscience,
lucidité, confiance étaient en moi.
Sérénité,
joie, plénitude même, émotion m'ont accompagnée.
Ce qui est surprenant, c'est cette impression d'extrême légèreté et de silence total malgré le bruit pourtant assourdissant du moteur. C'est aussi ce sentiment de liberté qui pénètre en soi par les yeux, les narines et tous les pores de la peau. Entre ciel et terre, c'est la communion avec les éléments, avec la nature, avec le cosmos tout entier.
Et je pense aux héros de "Illusions ou le Messie récalcitrant" et à "Jonathan Livingstone le Goéland", tous deux de Richard Bach (ancien pilote de l'US Air Force, passionné d'aviation et écrivain philosophe).
D'assistée, je suis devenue responsable, un peu comme l'enfant se transforme en adulte, d'un coup de baguette magique.
J'espère ressentir encore ces sensations plus qu'agréables.
En quête d'absolu, de connaissance de soi et des autres, de liberté et de libération de soi, je cherche par différentes voies à atteindre le bonheur, voire la félicité, à être en harmonie avec moi-même, avec la nature et tout ce qui la compose. Et le bien-être ressenti pendant ces vingt minutes de vol en solo participe à ma quête.
Anciens pilotes plus que confirmés, pilotes plus récents et pilotes encore élèves, quel que soit le nombre de vos heures de vol, vous avez tous vécu ce moment fabuleux du premier vol en solo et peut-être -sûrement même- ressenti les mêmes émotions.
Vous trouverez peut-être naïves ces quelques lignes relatant mes impressions, j'ai malgré tout le désir de partager avec vous ce vécu commun extraordinaire.
Gisèle
Quand on fait partie d’un groupe d’amoureux des airs comme nous le sommes tous, dans Pilotlist, il paraît qu’il est traditionnel de raconter son lâcher, événement unique dans la vie d’un pilote. Il y a même une rubrique particulièrement sympa consacrée aux " lâchers de Colibris ", sur le site.
Je ne sais si le récit de mon premier tour de piste solo sera digne d’intérêt pour quelqu’un d’autre que moi, mais s’il pouvait donner envie à ne serait-ce qu’une personne de se mettre au pilotage, je serais déjà ravi.
En fait, je devrais parler de mes deux lâchers. Bon, d’accord, je sais, pour mon instructeur comme pour beaucoup de pilotes, LE lâcher, le seul qui compte, c’est le premier vol solo. Point. Mais pour moi, c’est un peu plus compliqué.
Mon aéro-club se trouve sur l’aéroport d’Aulnat, " Clermont-Ferrand Auvergne ", et mon appartement se trouve presque sous l’alignement de descente pour la piste 26. J’ai toujours été passionné par les avions ou les hélicos, et j’en ai fait des centaines d’heures virtuelles sur mon écran. Mais depuis que je vois passer (entre autres) des A320, Embraer, Saab 2000, Brasilia, Beechcraft, ainsi que quelques hélicos et avions de chasse juste au-dessus de ma fenêtre, pénétrer au cœur de ce milieu aéronautique m’était devenu indispensable.
Donc, début janvier de cette année, première bonne résolution (ce sera la seule) : m’inscrire à l’aéro-club d’Auvergne. Les débuts sont rapides, la progression est bonne (trop ?), puis mon travail m’oblige à ralentir un peu le rythme des leçons ; du coup, je stagne un peu pendant quelques temps, et je fais même des erreurs sur des choses que je réussissais mieux dans mes premières leçons.
Il paraît que c’est normal et que nous avons tous un moment d’hésitation dans notre progression. D’où le conseil aux nouveaux (déjà entendu, je sais, mais il faut insister) de ne surtout pas se décourager : faire de temps à autres un vol avec un autre instructeur (autres méthodes), quitter un peu les tours de piste répétitifs, lire le Zilio, des revues, s’inscrire sur pilotlist…
Finalement, grâce à la pédagogie et l’intelligence de mon instructeur, mon lâcher aura eu lieu le 16 juin, mais pas à Clermont-Ferrand Aulnat. Comme mon petit cerveau arrive souvent à saturation quand la charge de travail s’accroît un peu, j’ai fait mon premier tour de piste solo sur un terrain plus petit, sans trafic ce jour-là : à Issoire (LFHA). Cela a permis de me remettre un peu en confiance, alors que je n’aurais peut-être pas été prêt pour le trafic d’Aulnat.
Contrairement à ce à quoi je m’attendais, l’avion n’a pas mis moins de temps pour quitter le sol. Certes, mon instructeur n’est pas très lourd, mais peut-être l’oubli de la pompe électrique est-il pour quelque chose… Oups ! Je ne voulais pas le dire ! Vous ne lui répéterez pas, hein, dites ?
Ensuite, je n’ai pas eu le temps d’avoir peur : j’éprouvais simplement un sentiment de liberté. C’est ça ; pas de sentiment bien macho de puissance ou de supériorité, simplement de liberté.
Et puis, il faut bien l’avouer, toutes les conditions étaient réunies. Temps magnifique, petit vent de face insignifiant, petit Robin HR200 bien réglé et bien sympa avec moi… Quant à la radio, en auto-information, on a moins de risque de bafouiller sachant que personne n’écoute !
Comme souvent, j’ai fait une approche un peu rapide (140-145 au lieu des 125-130 km/h prévus), et donc un arrondi un peu long, mais avec un toucher qui m’a épaté moi-même ; les amortisseurs n’ont rien senti, pour une fois…
Ont suivi deux ou trois vols locaux pour voir les angles alpha (2 alpha, travers, arrière), revoir les PTE, PTU, atterrissages en campagne, etc. La météo et le trafic n’étaient pas comme il aurait fallu pour continuer le solo.
Enfin, ce lundi 16 juillet, un petit vent de travers variant de 5 à 10 nœuds et un moment de calme dans la circulation. Et enfin, un vrai tour de piste solo sur MON aéroport à moi.
En plus de l’excitation de me trouver seul maître à bord, j’ai sur le taxiway un A320 devant moi et un Falcon derrière. Le rêve. Je ne peux m’empêcher de regarder l’Airbus s’arracher en même temps que je garde un œil sur la check-list pour mes essais moteur. C’est beau. Et dire qu’il y a des gens qui s’en plaignent ! Ceux-là n’ont aucune sensibilité ; dommage pour eux.
A mon tour de m’aligner. La radio se passe bien, mais je sens comme un Falcon qui me pousse un peu, alors j’évite de perdre du temps. Le gros a quitté le sol depuis plus de deux minutes, et le vent de nord a dû chasser les turbulences à côté de la piste.
Je mets progressivement les gaz à fond, je m’imagine un peu être dans le cockpit précédent, mais le bruit n’est pas exactement le même. Manche dans le vent, revenant au neutre, je tire doucement, le Robin quitte le sol et prend gentiment sa petite dérive, pas trop forte. Derrière, le Falcon est déjà aligné.
300 pieds, pompe, volets ; 500 pieds, sécurité, virage à droite, aussitôt le suivant reçoit le feu vert. Quant à l’Airbus, je l’ai déjà perdu de vue depuis longtemps. Dommage. Encore un virage à droite… Hep ! J’ai pris 200 pieds de trop ! Je ne le croyais pas si lourd, mon prof…
Je reprends les 2.100 pieds
du circuit, je ralentis ; oh non, pas déjà le milieu de la
vent arrière, c’est trop court, j’veux pas redescendre, ouin ! "Fox
Novembre Québec en vent arrière piste 26, et ce sera pour
un complet (hélas)".
Re-pompe, re-volets, réchauffe,
145 km/h… Tout est parfait. Heureux le Fabien.
Avant-dernier virage, descente, un peu de vitesse, hep-là doucement ! Dernier virage, un chouilla trop haut, pleins volets, verrouillage du plan, OK. Le sol se rapproche, début de l’arrondi, du manche dans le vent, du pied à gauche ; mais pourquoi tu veux pas te poser ?… Il finit quand même par s’enfoncer, toucher sur les deux roues presque en même temps, je baisse le nez un peu vite, le remonte légèrement. Un peu plus de manche à droite en perdant la vitesse... Je ne suis même pas à la moitié de la piste, et je dois remettre un peu de gaz pour rejoindre la première sortie, car déjà un autre collègue est en longue finale et attend l’autorisation.
C’est maintenant que je suis en sécurité au sol que je commence seulement à m’inquiéter : pourquoi il vibre autant ce moteur ? Et ce bruit dans le train avant, c’est normal ? Qu’est-ce que j’ai encore cassé ?…
Maintenant, j’attends avec impatience de pouvoir recommencer, si la météo se calme un peu.
Une chose est sûre : je ne suis plus tout à fait le même. Pas seulement ce sentiment de liberté dont j’ai déjà parlé, mais aussi et surtout une certaine satisfaction. Aujourd’hui, je sais que je suis autant capable qu’un autre ; avant, ce n’était pas vraiment le cas.
Et si j’ai pu le faire, vous le pouvez aussi !
Fabien Camus – Apprenti pilote (et y'a encore du boulot !) à LFLC
Animation inhabituelle hier
après-midi . Un couple de goélands tourne à basse
altitude au dessus du jardin en poussant des cris curieux. Leur circuit
passe près du toit de la maison voisine ou est perché un
jeune goéland de l’année, reconnaissable à son plumage
gris-brun moucheté.
Les deux adultes, à
coup sûr les parents, le frôlent en criant, puis en désespoir
de cause se posent près de lui. Gesticulations, mimiques, mouvements
d’ailes, rien n’y fait, il a peur et ne veut visiblement pas décoller.
Après quelques énergiques sollicitations, il se décide
enfin, se laisse tomber du toit, boucle un rapide tour de piste et revient
se poser au même endroit. Nouvelles incitations, rien n’y fait, il
ne veut plus voler. En désespoir de cause, les parents décollent
et se mettent à orbiter autour de la maison.
Le jeune, lui regarde le
vide autour de lui, prend son élan, se ravise et reste sur son toit.
Le manège dure une bonne demi-heure puis il se décide enfin.
Il ouvre ses ailes et se jette dans le vide. Chouette, je vole, se dit-il
en réalisant qu’il est en l’air et n’a encore rien cassé
! Un tour de piste prudent, puis un autre en gagnant de l’altitude, et
il disparaît en volant comme un grand.
La prochaine fois que vous
admirerez un goéland qui exploite majestueusement le moindre filet
d’air, rappelez-vous que lui aussi, il n’en menait pas large le jour de
son lâcher. Et ça n’enlève rien à la beauté
de son vol et à la secrète envie qu’il fait naître
dans le coeur de tout pilote qui le regarde et rêve à Jonathan
Livingstone.
Léon Robin, LFMD
Comme il se doit, je viens
vous faire part de ce qui m'est arrivé ce soir entre 20h30 et 20h40.
Après 3 tours de
piste avec mon instructeur, Didier, et un dernier attérissage du
genre "Ah bon ? C'est pas un tank le Robin 200 ? Il faut le poser en douceur
? Ah booonnnnnn !", je n'en menais pas large et voyait mon brevet s'éloigner
dans l'espace-temps à quelques années lumière.
Bon, ben mon gars, t'es
pas près pour la guerre des étoiles, tu seras jamais pilote,
etc. etc. que j'me disais.
Mon instructeur était
pas content du tout, il m'a juste fait comprendre, qu'on arrêtait
là et que je ramène le Robin, puis il a tourné la
tête comme pour me signifier qu'il préférait ne pas
regarder cet élève-pilote pas foutu de poser correctement
son avion après 10h20 de vol en double commande.
J'avais honte, et j'étais
déprimé...
Et puis il s'est enfin retourné
pour me dire de m'arrêter et m'annoncer que j'allais y aller tout
seul !!!
"Que... Que.. Quoi ? Mais...
t'es sûr... euh... j'le sens pas trop là..." (tu parles !
vu ce qui venait de se passer, j'me sentais pas forcément en confiance
vis à vis de moi-même !)
Et là, il insiste:
"Ben oui, pourquoi, y'a un problème ?"..."Allez,... (il s'en suit
quelques rappels en cas de panne au décollage et autres trucs que
je n'écoutais qu'à moitié, car je venais de comprendre...ça
y est c'est aujourd'hui que je vais être lâché !)
Et me voilà seul
dans le Robin, je m'aligne, une courte prière et je décolle...
Tiens c'est bizarre, le moteur fait un drôle de bruit... On dirait
qu'il ne tourne pas rond... Bon, pourtant ça grimpe correctement…
Bon, passons à autre chose. J'ai forcément oublié
un truc : volets, pompe, réchauffe, vitesse, altitude, message radio...
Ben, non, ça a l'air d'aller. En base pour la 10R je suis pris en
photo par un éclair gigantesque à une dizaine de kilomètres
devant moi. Hou là là, mais le vent va se lever, et je pourrai
pas le maintenir bien dans l'axe et je vais me planter...Ca y estj j'suis
en finale. Encore une prière après le dernier cran de volets...
Le plan a l'air parfait, enfin une bonne nouvelle... oh ! y'a pas de vent
!... Ben, en fait, c'est sympa d'atterrir. Hop, le plus bel arrondi que
j'aie jamais fait. Ca y est j'l'ai posé... J'L'AI FAIT...YEEEEEEEEEAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH
(Je m'arrête là car les hurlements risqueraient de déranger
vos voisins)
Voilà, une tournée
virtuelle pour toute la liste en attendant de vous rencontrer vraiment
une fois le brevet PPL en poche (j'vous rassure, y'a encore du chemin !)
Merci à Didier Roche,
mon instructeur, qui m'a permis de vivre un moment inoubliable.
Thierry Kazazian fraîchement
lâché sur Robin 200
LFPA/ACCM
Samedi 11h00, j'arrive à
mon aéro-club pour ma dernière leçon avec mon instructeur
(celui-ci partant en vacances pour 4 semaines). Le temps est magnifique,
un soleil radieux, pas de vent, bref le paradis. Me voilà dans mon
tagazou, aligné piste 19 prêt au décollage. Plein gaz
et à 1000 ft, Didier, mon instructeur me fait le coup de la panne
moteur ; pas de panique, j'analyse la situation et lui indique un terrain
droit devant. Il ne peut qu'approuver mon comportement, et remet les gaz.
J'entame ma vent arrière, puis ma finale, pour un toucher ; alors
là, l'arrondi de tonnerre que j'ai fait ; j'étais fier de
moi !
Remise des gaz, et voilà
que mon cher Didier, m'annonce une panne de volets. Bigre. il m'explique
comment réagir, et me voilà en finale ; heureusement que
la piste mesure 2550 m, car sans volets c'est long ; là mon arrondi
n'était pas fameux. Une petite remarque de Didier, et remise des
gaz. Au diable l'avarice, simulation de panne de statique (il me les auras
toutes faites), avec de jolis post it, Didier cache les instruments. Pas
de soucis, je surveille mon compte-tours et je me présente en finale
sans problème ; sauf que mon arrondi se dégrade. J'étais
dépité. Remise de gaz, et Didier me demande d'annoncer à
la radio que le dernier tour de piste sera un complet. Je pensais que ce
jour serait positif pour être lâché, mais il en est
décidé différemment. Quoique...
Après avoir dégagé la piste, Didier me demande de le déposer au point d'arrêt : "Tu te sens capable de faire un tour de piste en solo ?". Quelque micro secondes de silence, j'acquièsce, les dernières consignes de Didier, et me voilà reparti sur la 19, pour 12 minutes de pur bonheur. Pour être sûr de rien oublier, je disais à haute voix mes check list, et ne cessais de répéter : surveille ta vitesse. Vent arrière, étape de base, finale, et un petit arrondi, pas des plus fameux, mais un petit arrondi quand même. Et là, j'ai poussé un cri, le fameux cri du colibrius lachus (traduisez par ; le petit colibri qui vient d'être lâché sur son tagazou préféré). Une grosse suée, j'ai dû perdre 5 litres d'eau en 12 minutes, mais une joie intense d'avoir vécu ce moment tant attendu.
Comme dit Didier, un de plus dans la grande famille.
Merci à toi Didier !
Yan
Celui qui a enfin trouvé
le bon arrondi
Et donc, hier ce fut mon lâcher.
Ah ! Il en aura mis du temps,
25h, et moi qui rongeais mon frein et attaquais déjà, l'oeil
vif et la dent longue, ceux du DR400. Nous sommes donc partis pour des
tours de piste... et les shadocks tournaient, tournaient. Il m'avait prévenue:
si tu m'ennuies, je frappe... en traître ajouta-t-il !
Mon instructeur faisait
de l'humour, les bras m'en seraient volontiers tombés si je n'avais
pas agrippé avec autant de vigueur le manche et la poignée
des gaz, dans le genre, bien, tu es encore à bord, c'est ton choix,
mais c'est moi qui pilote.
Mentalement, je le visualisais
installé sur mon fauteuil de dentiste, la bouche ouverte (suite
aux conseils reçus par le biais de la liste), je l'aurais soumis
à la question, et là il m'aurait dit : va, vole de tes propres
ailes.
Mais non, on attaquait le
second tours de piste. "Nangis Fox Delta Papa, en vent arrière pour
un toucher sur la piste 24."
20kt de vent de face, je
suis la seule à cercler.
Je touche, et là,
mon instructeur : "Tu veux que je descende ? "
J'ai arrêté
la remise de gaz, hurlé "GENIAL", et si il ne m'avait pas dit :
""Tu ne vas pas me laisser là quand même", je l'aurais largué
au milieu de la piste.
Retour au parking, et puis, je ne sais pas, une petite vague d'angoisse au moment où il est descendu, mais "Euh tu me laisses toute seule ? " "Je te suis à la radio." En grande sentimentale, cela m'a rappelé le jour où mon père a retiré la petite roue de mon vélo.
"Nangis, Fox Golf Lima Delta
Papa, je quitte le parking pour le point d'arrêt 24."
Je trépignais, hurlai
Banzai et j'étais partie.
Bon sang ce qu'il monte
vite, je suis déjà à 800 pieds, alors qu'en temps
normal avec Gilles à bord je suis à 600.
J'ai tout chanté
à pleins poumons de Capitaine Flam à la rue Cuvier,en ponctuant
toutes les 20 secondes d'un GERONIMO !
Un toursde piste, tranquille,
je touche, je rebondis, on ne se refait pas, prie pour que Pierre-Marie,
le chef mécano, ne soit vraiment pas là aujourd'hui, et repars.
Je n'ai utilisé que
la moitié de la piste, dans le sens de la largeur, j'aurais quasiment
voulu que Gilles soit là pour le voir, je n'aime pas le vide, alors
normalement j'utilise la piste au maximum; ça y est, je vieillis!
Encore 2 tours, sans rebondir,
et je ramène le bébé au bercail, j'ai tellement envie
de sauter de joie qu'il faut absolument que je descende.
"Nangis, Fox Golf Lima Delta
Papa,je suis au parking, je quitte la fréquence, au revoir." J'aurais
bien rajouté : je suis lâchée, mais cela n'aurait pas
fait très sérieux!
Mon instructeur est là,
il me fait un grand sourire, chouette, il n'a pas vu le premier toucher
!
"C'est bien, mais tu devrais
plus tenir ta roulette de nez."
On a récupéré
les autres pèlerins qui traînaient à l'aér-club,
et on s'est réhydraté au champagne ! Et si je n'avais pas
dû être à Paris pour mon premier rascoll à 21h,
j'aurais redécollé immédiatement,mais ça attendra
jeudi prochain.
Au revoir et merci à
tous ceux qui m'ont soutenu moralement par des petits mails encourageants
jusqu'à mercredi soir.
Anne-Laure, pas encore vraiment redescendue sur terre.
Ah là là, je me souviens encore très bien du jour où, élève pilote, l'instructeur m'a fortement proposé de faire un tour de piste tout seul. J'avais 6 ou 7h de vol, je ne connaissais quasiment rien de l'aviation, encore moins le fameux lâcher, je ne me suis rendu compte de rien. J'ai juste eu le besoin de faire comme "d'habitude" et j'ai donc égrené toutes les do-list à voix haute, comme lorsque l'instructeur est là, et tout s'est bien passé : j'ai posé l'avion sans le casser.
A ma sortie de l'avion, l'instructeur m'attendait un verre à la main sur la terrasse. C'est la qu'il a annoncé à tous les présents que j'avais été lâché, et que j'ai commencé à réaliser. J'ai volé de mes propres ailes ! C'était géant.
Joël
C'était le 25/05/87 avec un beau soleil et une séance de tour de piste en Cessna 150 avec le F-BOGG (au fond du lagon maintenant). L'instructeur commençait alors un dialogue avec la tour de contrôle et j'allais faire mon premier tour de piste solo et poser mon cessna et ses 780 kg sur la piste 04 à Tahiti Faaa.
Ce soir à 20 h 00
avec 8 kt arrière sur cette même piste 04 alors que je venais
de poser les 21 T du F-OHJO un ATR-72 avec 66 pax, je repensais à
mon premier vol solo.
Je suis donc lâché
ATR-72 et 42 depuis ce soir. Un vol normal malgré les 60 Kt plein
travers pendant toute la croisière.
Yann Saluden
NTAA
Champagne Virtuel
Comme il est d'usage pour les nouveaux je me présente pour ce premier message: Erwan, 30 ans, élève à l'Aéroclub Dassault à Chavenay (sur DR221) ... et fraîchement lâché aujourd'hui. Je sais que c'est banal à dire mais je m'y attendais pas. Après un peu moins de 12h en double commande je n'avais pas beaucoup volé ces derniers temps (et je perds vite la main) et ce n'était pas mon instructeur habituel...
Quelques tours de piste sur F-BPKB, agrémentés de gaffes et d'oublis divers : oubli des volets en vent arrière (hum), première approche bien trop haute (re-hum), oubli de repousser la réchauffe après le toucher (argh)... (quand je vous disais que je perds vite la main). J'ai quand même commencé à sentir quelque chose de louche à force d'entendre mon instructeur me dire que c'était bien (ah bon?). Un cinquième toucher "Non, non ça sera un complet"... euh après moins de 30 mn de vol? Ca commençait à sentir sérieusement le roussi... Retour au parking et je me retrouve seul pour deux tours de piste, bizarrement pas trop inquiet, persuadé que mon instructeur sait ce qu'il fait et qu'il n'y a donc (presque) aucune raison de s'inquiéter.
Roulage jusqu'au point d'arrêt 06, les checks et essais moteur (idéal pour combattre les pensées fugitives du type "euh mais si je décolle seul il va falloir se poser seul?") et je me retrouve en l'air... et là c'est vraiment une sensation inoubliable (et un sourire jusqu'aux oreilles). Assez content de mon premier atterrissage en solo (je réussis miraculeusement à ne pas rebondir et à rouler à peu près droit) et c'est reparti. Franchement ça aurait été frustrant de n'en faire qu'un seul ;-) Deuxième atterrissage moins réussi (je suis un peu déconcentré, et KB me le fait savoir à sa façon) et retour au parking, en sueur et Heu-reux!
Contrairement à ce que j'imaginais j'ai senti assez peu de stress pendant ce vol, ou en tous cas le stress a été effacé par le plaisir de vivre ce moment. Par contre j'étais un peu "assommé" après...
Erwan
C'était pour vous conter moi aussi mon histoire de lâcher...
Car le lâcher... quel bonheur...
Après 11H40 de double et mon cher instructeur de susurrer, dire, hurler voir même aboyer des phrases que vous connaissez tous comme :
- Trop haut, trop bas, à
gauche, à droite, trop vite, trop lent...
- Et la radio, elle se fait
toute seule la radio...
- T'as fait la fiesta ou
quoi hier soir...
- Do you speak French, Do
you understand your favorite instructor Madre de Dios...
- On se pose ou on s'écrase...
- Un tour de piste c'est
rectangle d'habitude...
- La bille Bordel ! Du pied
Bordel ! Du Badin Bordel ! Du manche Bordel !
- Il est à combien
le tour de piste, il est à combien hein ?
Bref après toutes ces petites remarques le grand jour arrive ! Tout le monde connaît le truc. "Pour un complet" annonce l'instructeur. Génial, j'ai été tellement bon qu'on dégage la piste et que je repars tout seul. On dégage donc la piste et... on roule pour le parking. Ah bon, vraiment, petit regard surpris mais rien à faire on rentre bel et bien au parking.
Bon next time. Mais next time on dégage la piste et... on retourne au parking. Aviation, école de patience et de modestie... Pourtant il m'avait semblé que c'était pas mal. C'est peut être le 1 kt de vent mais plein travers qui fait encore hésiter mon instructeur. A la semaine prochaine instructeur préféré.
Et on y retourne. Enfin aujourd'hui c'est sur, ça le fait. Piste dégagée après trois modèles de tour de piste et, et, et... on roule au parking. Incompréhension. Sourire serein au débriefing. Bien sûr, bien sûr, l'arrondi, le petit décrabage... A la semaine prochaine Monstre sadique...
Et la semaine prochaine... Il y a un peu de vent, des nuages... Connaissant le personnage j'enquille les tours sans l'ombre d'une illusion (mais avec toujours autant de plaisir...). On se pose, piste dégagée, on roule au parking, patati patata.
Quand soudain le MIRACLE. Le moment qui me fait vibrer depuis des semaines arrive: "A propos ça te botte de retourner en faire un en solo". Hein, euh, euh, oui, et bien si tu veux, pourquoi pas...
Et d'un seul coup tu es seul. Ca devient ton avion, ça devient ton vol. Tu respires, tu regardes à droite pour être sur que cette fois-ci c'est bien vrai. Tu remontes la piste. Un peu d'angoisse, beaucoup d'excitation. Je parle tout haut pour ne rien oublier. On s'aligne l'avion et moi. Message radio. Un mot pour l'avion. Une pensée.
Après c'est l'extase.
PG. Ca va plus vite. Ca monte plus rapidement. Je chante de bonheur. Je
hurle de joie. HEUREUX. Vent arrière, étape de base.
Déjà en final.
Atterro pas trop mal. Je roule doucement. Vers le parking. Je prends mon
temps. Ca n'existe qu'une fois des moments pareils. Dernier message radio
au parking. Je coupe tout. Je reste dans l'avion. Je ne suis pas pressé
de le quitter. Comme je me sens bien...
Au club tout le monde est
content. Ca me fait encore plus chaud au coeur.
C'est vrai c'est une famille.
Mon instructeur préferé est là bien sur. Je le remercie
pour tout. Et du fond du coeur.
Fred, LFDY
Hier samedi 15 était une journée à priori banale pour certains, un peu moins pour d'autres surtout suivant les événements de la journée considérée.
Bref il était programmé pour ma part une leçon de vol avec mon instructeur adoré (pas vrai Bouba ?) à 09:30 heures locales sur le DR 400 120 de notre club (120 chevaux, je me suis toujours demandé si dans le troupeau tous allaient dans le même sens ?)
09:30 après la "préviol" de rigueur on s'installe dans l'avion, mise en route, temps de chauffe de 5 minutes ( personne n'avait eu la bonté de faire un vol avant moi afin qu'il soit chaud à point :-)))) ) On décolle en 10, temps magnifique, pour l'emploi du temps traditionnel tour de piste avec ce p... d'arrondi qui veut rester carré, premier tour cela va, on ne s'est pas perdu, on a retrouvé la piste, l'axe, le plan et l'arrondi et l'instructeur je croyais l'avoir perdu car muet. Je lui dis «Tu peux parler», réponse : «Je n'ais rien à dire.»
Ainsi vont 3 tours que je qualifierai de convenables, pour que mon passager en place droite me transforme mon troisième toucher en un complet , 180 sur la piste direction le parking et me dit (il a retrouvé l'usage de la parole et son jour de bonté sûrement) : «Je descends là, tu repars tous seul pour un tour» après les recommandations d'usage.
Et me voilà parti
tout seul (et il paraît que cela est un lâcher), je remonte
la 10, plein gaz et décollage. Et voilà que le F EU est beaucoup
plus léger et monte vite (l'instructeur doit mettre du plomb dans
les poches pour peser car il semble qu'il n'a pas trop d'embonpoint
:-)))))) )
Vent arrière avec
un coup de turbulence, base et finale un peu longue à mon goût
car je touche au seuil après les flèches (celles-là
sont des vraies et dans le bon sens) et un arrondi digne de ce nom, parfait
; ben quoi j'ai le droit de me jeter des fleurs car personne ne m'en offre,
posé pas cassé et retour au parking devant ma famille les
jambes molles, arrêt moteur avec des tremblements dans les mains,
l'émotion sûrement.
C'est une journée à marquer dans le calendrier, et le fiston qui rajoute : «Tu es un vrai pilote papa.»
Merci Thierry
Bernard , un colibri qui
vient de s'envoler du nid
LFCQ
Cela fait déjà plusieurs heures que j'enchaînais les tours de piste, les atterrissages, les PTU et le encadrements. Depuis la fin de la huitième heure de vol mon instructeur me faisait comprendre que j'était prêt pour le lâcher, mais qu'il ne le ferait que quand la météo serait OK. Et depuis, tous les lundis j'ai eu droit à une météo pas terrible, brouillard, vent, pluie etc. Alors on a continué à enchaîner les tours de piste et les atterrissages par fort vent de travers.
Ce matin, grand ciel bleu, pas de vent, et pas le moindre petit nuage à l'horizon. Je me dis ça y est, ce jour ci c'est le bon.
J'arrive à Lognes un peu fébrile, je fais ma prévol sur le F-GIKP, affectueusement surnommé Kilo Pépère dans le club où je vole, et premier problème : impossible d'ouvrir le bouchon de la jauge d'huile, sûrement une minette qui l'avait serré à fond, et avec mon gabarit (1m94 pour 95kg) j'avais pas assez de force. On s'y colle à deux et on y arrive pour découvrir, et heureusement que tout était normal, le niveau d'huile était OK. Une fois la prévol fini mon instructeur, Jean-Christophe me dit: "aller on part faire des tours de piste". Chic !
"De toutes façons je ne peux pas te lâcher en tour de piste solo, car comme Lognes n'est pas contrôlé les lundis, pas de tours de piste sans instructeur à bord autorisés, faudrait que tu essayes de trouver un créneau pour venir voler quand il y a un contrôleur à la tour". MERCI ADP !
Un tour de piste avec un touch genre kiss landing que tu crois que la piste est encore à trois mètres dessous alors que les roues sont posées, puis une remise de gaz au dessus de la piste en herbe, tu me diras, heureusement, car un bourbier pareil, on aurait refait le coup des BD d'Alexandra :-). Puis un autre tour de piste avec touch, super .... Et lors du toucher des roues au troisième tour, mon instructeur saute sur les freins, y'a pas d'autres termes, et annonce à la radio, finalement ce sera un complet. Direction l'essence pour gaver la bête de course de carburant (tu m'étonnes, un DR400/120 de 10 ans ça assure auprès des minettes ! Les gars en Yak 52 à côté ils peuvent s'accrocher !
Alors que je range le tuyau mon instructeur me dit : "Tiens, voilà ton papier, tu va faire un tour tout seul vers chez Mickey".
Quoi qui dit lui ? "Hé bien oui, les tours de piste sans instructeur à bord sont interdits quand l'aérodrome n'est pas contrôlé, mais rien concernant les vols locaux, donc tu pars en vol local vers l'est chez Mickey et tu reviens au bercail ensuite".
Merci ADP, mon premier vol solo sera un vol local !
Alors ce coup ci j'y suis vraiment, je suis tout seul dans mon avion devant la pompe à essence de Lognes et je vais aller faire un tour, mon lâcheur d'instructeur m'a laissé là et a regagné le club à pied, le récepteur Maycom acheté sur la liste à la main.
Personne autour, mise en route, radio, et direction le point d'arrêt de la 08 dure. Deux avions devant moi, un Dr400 et un C150. Deux appareils en finale et deux en base. C'est long quand on piaffe d'impatience, mais ça permet aussi de se calmer. Les 4 se posent et le DR400 s'aligne et décolle. Arrive alors un autre appareil en finale, et le C150 s'aligne derrière. Il décolle, et j'entends un appareil en dernier virage sur la 08 dure. Il se pose, et j'en vois un autre arriver en base, je me dis, si ça continue comme ça je serais encore là demain matin. J'annonce que je m'aligne derrière l'appareil posé et que je maintient. Il dégage, sympa, par la première bretelle, et je pousse la manette des gaz à fond. Ca change un DR400/120 quand on est seul à bord, les 110 km/h arrivent beaucoup plus vite qu'avec l'instructeur. Rotation.
Cap au 120 pour ne pas gêner les riverains, et me voilà tout seul en l'air. Arrivé à 700ft QNH, je rentre les volets, je coupe le phare et la pompe. Passage des hautes tensions vers 1200ft QNH où je m'annonce en sortie Est.
Voilà j'y suis, cela faisait des années que j'y pensais, et j'avais toujours une bonne raison pour faire autre chose que voler. Il fait un temps magnifique, quasiment pas de vent, une brume très légère voile l'horizon, il est 16h30, le soleil commence à décliner doucement avec des couleurs orangées, C'EST LE PIED. On se calme, je savoure longuement ses moments de calme dans la tiédeur d'un début de soirée d'hiver.
Hé ho, on arrive près du péage de l'autoroute là !!!! Hum on se reprend ;-) Virage lent à gauche, direction le parc d'attraction, et avant d'y arriver de nouveau un virage lent à gauche pour survoler de nouveau l'autoroute qui va me ramener à Lognes.
Déjà Ferrières,
c'est bizarre, il me semble que je vole depuis une éternité
alors que j'ai du décoller il y a 10 minutes tout au plus.
Je m'annonce à la
radio, verticale les hautes et j'intègre la vent arrière
de la 08 en ayant fait attention à la radio.
RETOUR AUX REALITES, préparation de l'avion pendant le vent arrière, je refais mes vérifications deux fois. Je jette des coups d'oeil inquiets dans le soleil qui commence à me gêner un peu et que je trouve moins joli :-) pour voir si un autre appareil ne serait pas en train de faire des tours de pistes, et d'intégrer la vent arrière, mais rien en vue, et rien à la radio. Fin de vent arrière, virage de base et début de la descente. Longue finale, je refais mes check trois fois, et à la troisième je me dis : "Hé ho ça va tu vas pas les refaire une quatrième fois, tu as vérifié trois fois et tout est OK." Sortie du dernier cran de volets, et courte finale, là un doute tout de même, vais-je y arriver ? Un peu haut sur le plan je corrige, atterrissage nickel, pas pile sur la bande centrale, mais très acceptable. Je laisse rouler doucement jusqu'au bout de la piste, je freine doucement pour profiter de ces derniers instants seul à bord (il n'y avait personne en finale derrière moi, j'avais fait gaffe à ne pas gêner qui que ce soit), sortie par la bretelle alpha et retour au parking Guillaumet.
Là je coupe tout, dans l'ordre, je range le cockpit et je prends tout mon temps pour savourer ces moments :-) Mon instructeur arrive, il avait tout suivi à la radio, et même fait pire, lorsqu'il m'a laissé à la pompe, il a foncé au club prendre sa voiture et s'est mis avec le récepteur radio au niveau de la plate-forme d'aéromodélisme afin de voir mon départ et mon arrivée, il me félicite et me donne du "commandant".
Tu parles que j'ai l'air d'un commandant de bord !
C'est plutôt à
moi de le féliciter de m'avoir amener déjà jusqu'à
là.
Ce n'est qu'un début,
mais pour moi c'est déjà un grand pas.
Deux lignes sur le carnet de vol, pas une seul comme d'habitude, et surtout la deuxième, on marque "Entraînement" pour le vol et plus "Instruction"; pour la fonction à bord cela devient "Pilote" au lieu "d'Elève Pilote" !
Y'a encore du boulot avant le PPL, mais j'ai vraiment profité de chaque seconde de ce premier vol solo, je les ai savourées toutes les unes après les autres sans en laisser une miette, et ce soir je me coucherai en ayant franchi un palier, modeste certes, mais tellement important dans la vie d'un "Pilote" :-))
Christophe