L'été 87. J'avais commencé le planeur quelques mois plus tôt, j'avais 15 ans. Depuis des années je fabriquais d'impossibles montgolfières en sacs poubelle, de terrifiants prototypes en Légo dont aucun pilote-Playmobil ne souhaitait être commandant de bord. Et puis en 87, après des années de frustrations et de 'nez en l'air', après des mois de négociations acharnées avec mes parents, ceux-ci avaient consenti à m'inscrire au club de vol à voile local (l'AMVV, basée à Reims Prunay). Enfin, j'apprenais à piloter.
Depuis quelques semaines, ce n'était plus l'ASK-13 qui me promenait mais moi, jeune élève-pilote secondé par son instructeur, qui le pilotait. Le déclic s'était produit et mon ascendant sur le bel oiseau s'affirmait, vol après vol.
Ce matin de juin (le 30/6/87 pour être précis) était semblable à tous ceux de la semaine écoulée. Après avoir pédalé 12 km, après avoir couru vers les hangars, je rejoignais mes amis pilotes pour sortir les machines et les emmener en piste, derrière la VW 'Coccinelle' fatiguée qui nous servait alors de voiture de piste.
L'aérodrome de Reims-Prunay
était un endroit magique.
Le vol à voile permet
vraiment de vivre des moments privilégiés, même au
sol : aucun bruit ne vient couvrir le chant des alouettes. Aucune odeur
de 100LL ou de kéro ne trouble les effluves d'herbe mouillée.
Ma brève expérience du parapente quelques années plus
tard m'a permis de retrouver ces plaisirs simples.
A ces bonheurs matinaux
s'ajoutait ce matin là comme d'habitude celui de s'asseoir en place
avant du K13. D'autres odeurs : bois, vieux cuir. Un soupçon d'angoisse
également : le désir de satisfaire l'instructeur auquel s'ajoute
la glorieuse incertitude du vol non motorisé : allons-nous tenir
2 heures ou 15 minutes ?
Et ce doux matin, mon instructeur
décida de substituer à l'angoisse de satisfaire le pédagogue
celle de ramener - seul - le planeur à son point de départ.
A 11h00 l'atmosphère
était encore calme. J'étais le seul pilote à décoller.
Bien briefé, bien
sanglé, je partais seul à bord pour un vol d'une quinzaine
de minutes, juste histoire de prouver aux lois de la gravité que
je savais poser l'oiseau seul.
Ce silence derrière...
Quel silence... Personne d'autre que moi : ce petit con de 15 ans remplissant
à peine les bretelles du parachute... Tout seul dans ce bel avion
silencieux. Un vrai bonheur sans angoisse. Je spiralais doucement pour
rejoindre la vent arrière 07, deux cent mètres plus bas,
lorsque mon vario me fit part d'un soupçon de 'zéro-positif'...
Je ne descendais plus...
Les amis et l'instructeur
pouvaient bien attendre. Ce matin là j'ai "entendu" le sourire de
mon instructeur à la radio, me demandant, (faussement ?) impatient,
de poser la machine.
Ce grand bonheur a déjà douze ans mais il me suffit de regarder la photo de "mon" K13 ou de renifler le manuel du pilote de planeur (je vous assure qu'il avait une odeur très particulière) pour revivre mes 15 ans. Lorsque j'en aurais 90 (si je suis un bon pilote), je crois que ces souvenirs me seront très très très précieux...
Remi Oudinot
>Vous faisiez quoi dans votre avion pour votre premier tour de piste???
Il y a fort à parier que nous nous sommes tou-te-s bruyamment exprimés: j'ai hurlé WAOUUUUUUUUUUUUUUUU puis j'ai chanté.
Et vous savez quoi ? Chaque fois que je vais voler seule, sans pax, ni copi-mari, j'ai ce même sentiment. Sauf que maintenant, je crie un peu moins fort.
Maïté
Le jour de mon premier tour
de piste solo, c'était le 26 juin 1998 sur C152, j'ai commencé
par deux tours de piste avec mon instructeur, il ne disait rien et d'un
seul coup, il me dit ce sera pour un complet et tu partiras toute seule,
je pose l'avion et il descend sur le taxiway, d'un seul coup plus d'instructeur...
le choc ! Quand je m'annonce prête au roulage, la contrôleuse
me dit :
"Faites gaffe à pas
écraser votre instructeur sur la piste ça ferait sale !".
Ca m'a fait partir avec le sourire !
Puis je décolle,
ça a fait du bien d'avoir la place droite de libre, au moins je
voyais bien la piste et l'atterro était bien, j'étais fière
de moi, quand je suis descendue de l'avion, j'en avais les larmes aux yeux,
j'avais 16 ans et je venais de piloter cet avion toute seule pendant 9
minutes !
Mais c'est un souvenir inoubliable.
Z@bou
Ben, après un remorquage agité (c'était moi, pas l'air), largage, et je me suis trouvé vachement serein pendant quelques secondes, le temps de me dire que, maintenant, il me fallait ramener le truc par terre proprement. Non, je ne hurlais pas, mais une fois en bas j'ai soufflé... C'était génial quand j'y repense.
Rodolphe Coquillard
Mon lâcher avion, j'ai dû l'attendre à cause du vent... Mon instructeur ne voulait pas me lâcher sans m'avoir montré les pannes au décollage... Et enseigner les pannes en 12 à Saint-Cyr-L'Ecole, c'est pas vraiment le plus idéal... Alors j'ai dû attendre plusieurs séances que le vent tourne pour la 30 ! A chaque fois que j'arrivais au terrain et que je découvrais la 12 en service, je savais que cela ne serait pas pour aujourd'hui... Et puis enfin le grand jour, la surprise de sentir le HR200 plus léger, la sensation exaltante d'une nouvelle liberté, et puis rapidement le retour au sol avec le sentiment d'être un peu différent d'avant !
Contrairement à mon lâcher avion, j'ai eu beaucoup plus d'angoisses le jour de mon lâcher planeur intervenu pourtant plusieurs années après. Je ne sais pas si c'est l'environnement de la montagne (c'était à Barcelonnette) ou bien l'angoisse de se dire que l'on va se retrouver tout seul derrière le remorqueur et qu'il va falloir le suivre, que l'on n'aura qu'une chance à l'atterro, etc. Sûrement un peu de tout cela ! J'étais réellement mort de trouille avant... et puis une fois le cable largué, les angoisses s'estompent rapidement, on se concentre sur son pilotage et on se pique au jeu... jusqu'à ne plus avoir envie de redescendre et à en oublier l'heure... pas longtemps car en bas, ils attendent tous pour boire un coup et ils le font savoir à la radio !
Dans quelques jours, je vais avoir le droit à un nouveau lâcher important. Celui de mon premier vol IFR sans instructeur à bord... En 40h de vol durant la formation, on s'habitue à l'avoir à côté de soi et c'est plutôt rassurant de pouvoir lui soumettre son avis avant de prendre une décision, de lui demander conseil sur telle ou telle chose : le niveau de vol, demander une directe, demander à descendre, anticiper les risques de givrage, etc. Et puis on a quelqu'un qui surveille la machine pendant qu'on se concentre sur les trajectoires... Je pense que cela va me faire tout drôle la première fois de ne plus avoir cette "maman" un peu particulière à côté !
Bruno Noury
Pour ma part, j'ai entonné "la Marseillaise" (sans rire, c'est vrai, c'est la seule chanson qui me soit venue à l'esprit ce JOUR là.)
Pascal Kritter
Mulhouse-Habsheim
Moi je ne m'en souviens pas
très bien. C'était le 12 mars 1986, j'avais 16 ans, et 2
mois manquaient pour que ça m'en fasse 17. Donc, je disais, je ne
me souviens pas des 2 tours de piste que j'ai faits en solo ce jour là.
Par contre je me souviens très bien du tour de piste en double juste
avant.
Voici reproduit le dialogue
qui eu lieu pendant la finale dans le cockpit du DR221:
- C'est combien la vitesse
en courte (finale) sur cet avion ?
- (moi) Euhhhhh, Beuuhhhh
(j'avais peur de la question piège), 115 km/h ?
- ALORS POURQUOI TU ES A
130 KM/H ??? (impossible de reproduire le volume sonore de cette dernière
phrase dans un e-mail... M'enfin je n'entendais plus grand chose de l'oreille
droite après... les casques n'ayant fait leur apparition que plus
tard dans l'aéro-club)
Bref, je ralentis l'avion
à la bonne vitesse, arrondi, posé, et là:
"Ca va ? La forme aujourd'hui
?"
D'habitude, quand l'instructeur
disait ça, ça voulait dire que ce qu'on faisait était
nul et qu'il nous cherchait une excuse genre fatigue ou autre... Mais là,
à ma grande surprise:
"On arrête là,
je descends... tu m'en fais 2 tout seul"
Ben je ne l'avais pas du
tout, mais alors pas du tout senti venir ce lâcher.
Alors c'est peut-être
pour cela que la seule chose dont je me souvienne des 2 tours de piste
qui ont suivi, c'est d'avoir entendu la voix de mon instructeur qui me
hurlait :
"SI LA VITESSE EN COURTE
C'EST 115km/h POURQUOI TU ES A 130 ???".
Je peux vous dire que le
badin indiquait 115 pourtant... ;o)
Stéphane Torchon
Si les contrôleurs
pouvaient entendre les pilotes chanter dans leurs avions en vent arrière
!!!
Je le faisais le jour du
lâcher, mais encore aujourd'hui !
Lucie Paris
J'étais un jeune homme
pas très expansif : pas de cris ni de chansons, je me suis borné
à constater que l'avion (un C150) montait beaucoup plus vite que
d'habitude. Je me suis retrouvé tout d'un coup en vent arrière
et le terrain m'a paru bien loin ! Il n'y avait pas de radio à bord,
alors je ne risquais pas de faire beaucoup de ramdam ! Je me suis alors
concentré sur mon deux-alpha (c'est comme ça qu'on faisait
à cette époque, il y a plus de 30 ans...). En finale, l'avion
en légère glissade pour compenser la dérive (même
remarque que supra) ... posé, c'était déjà
fini. Je me rappelle avoir expliqué à mon instructeur (il
s'appelait Langlois, ça doit faire 25 ans que je ne l'ai pas revu)
que j'avais trop corrigé la dérive et que j'avais un peu
dépassé l'axe de piste : il a rigolé, il a dû
trouver que j'étais bien trop sérieux pour mon âge.
Après, j'ai passé
mon premier degré : il s'agissait de faire en solo 5 huits à
altitude constante avec un baromètre enregistreur à bord.
Il fallait sortir du tour de piste, prendre une route comme axe et enchaîner
les huits, sachant que le chef-pilote (Crumière pour ceux qui connaissent,
c'était à Moisselles) surveillait tout avec des jumelles.
C'était la première fois que je sortais du tour de piste
tout seul : j'étais un peu impressionné, puis après,
la charge de travail s'imposant, je me suis occupé de mon avion.
Philippe Depondt
Pour mon lâcher je me souviens avoir imité le cri de Tarzan !
Guy Crivello
LFGC
C'était le 27 février
97 après 5 tours de pistes en double.
Dans la vent arrière
mon instructeur annonce "ce sera pour une option".
J'ai rien compris et j'ai continué. Après l'atterrissage il a annoncé "pour un complet". Persuadé que le cours était fini je me suis détendu.
Arrivé au parking il m'a dit "je descends et tu fais trois tours".
J'ai fais mes trois tours sans chanter, crispé au premier et plus détendu aux deux suivants.
C'est seulement pendant le roulage vers le parking que je me suis rendu compte que pendant 20 minutes je n'avais JAMAIS regardé le siège vide à côté de moi.
Gerard Wintz
LFLP Annecy Meythet
En finale, je chantais (plus près de toi mon dieu), avec d'ailleurs le doigt sur le micro, ce qui a bien fait rire le contrôleur. J'ai même pas rebondi ;-)
kenavo
Rodolphe, LFRV, LFRZ, LFBV
J'ai hésité
un peu avant de vous compter mon lâcher !
En règle générale,
votre instructeur décide un jour de vous confier l'avion...
Pour moi rien à faire, plus de 3 mois après le début de l'instruction, avec des vols courts mais quasi-quotidiens, il voulait pas me lâcher ! Avec le recul et un tout petit peu d'expérience je le comprends, j'atterrissais pas, c'est l'avion qui se posait... et puis je crois qu'il doutait vraiment que je puisse un jour piloter !!!
Un beau jour de novembre de l'an 98, les copains du club ont monté une histoire pas possible : il s'agissait avec l'aide d'un autre instructeur plus que confirmé, de faire croire à mon instructeur que j'avais "pété les plombs" et que je venais de "voler" l'avion !
Et ça a marché, panique de l'instructeur et d'autres, qui n'ont pas remarqué qu'un petit groupe restait tranquillement assis sous la tonnelle sans bouger, le sourire aux lèvres.
L'instructeur complice m'a
laissé faire un tour de piste sans mot dire, j'étais tétanisée
mais j'ai posé l'avion. Je l'ai mis au parc, manqué de me
faire assassiner par mon instructeur, qui après avoir pris des infos
auprès du "complice" m'a fait faire un tour de piste en double puis
m'a "gentiment" demandé "bon tu te sens prête ?"
Je sais plus si j'ai répondu
mais je vous jure que c'était un standard pur jus et j'ai posé
l'avion. C'est la seule photo que je garde précieusement dans mes
affaires de vol, je suis pas nombriliste mais ce jour là je le revis
souvent, pour l'impression de liberté bien sûr mais également
en souvenir de la "folie" généreuse de quelques illuminés
qui m'ont permis de franchir la toute première marche du grand escalier
!
Depuis, l'instructeur est
parti pratiquer son art, pas très loin, mais ailleurs !
Il m'a tout de même
fait passer mon BB et me l'a donné.
Lorsqu'on en reparle il
sourit et en plaisante !
Il m'en veut pas, puisqu'il
va me faire passer mon pré-test samedi !
Le pire c'est que encore
trop souvent c'est l'avion qui se pose tout seul !
On a beau dire c'est un des plus beaux moments : seule aux commandes du C150, son immatriculation est devenue mon e-mail ! et c'est sûrement avec lui que j'irai à l'île d'Yeu ! quand on aime...
Bons lâchers à tous
Dominique
LFBA
Le lâcher représente
toujours un grand moment dans la vie d'un pilote.
Je me rappelle très
bien de mon premier tour de piste seul aux commandes, je chantais tellement
j'étais content :-)
Tout au long de sa carrière,
un pilote est testé, contrôlé, recyclé.
Quand on veut aller voler
sur un autre avion, on se fait lâcher par un instructeur.
Pour un pilote de ligne,
le principe est exactement le même, quand on change d'avion, on fait
la qualif, puis l'adaptation en ligne et enfin le lâcher en ligne
et je vous écris ce message car ça va être mon cas
dans quelques heures :-)
Je pars aujourd'hui et demain
en rotation sur un Lyon / Rome / Lyon / Munich (découcher à
Munich) et demain Munich / Lyon / Madrid / Lyon et si tout se passe bien
je serai à l'issue "lâché".
Ca ne veut pas dire que
l'instructeur va descendre sur le taxiway à Madrid pour me regarder
faire des tours de piste seul :-)))
Je vous raconte ça
dès mon retour
Stéphane
Puisque tout le monde s'y met, pourquoi pas...
Le mien était en Bijave sur l'aérodrome de Briare au sud d'Orléans. 6 Août 1984, le jour exact de mes 15 ans. Et ca faisait longtemps que je l'attendais cette date là, car je suis tombé dedans quand j'étais tout petit, depuis l'âge de 5 ans !
J'ai sué tellement que je me demande comment j'ai fait pour voir le remorqueur. Le salopard a battu des ailes, alors il m'a bien fallu couper le cordon ombilical. Et comme tout ce qui monte doit redescendre, vieux dicton de l'aéronautique, mon tour de piste n'a pas duré longtemps.
Je me suis posé court, au grand dam de ceux qui m'attendaient avec le seau de mélasse, confiture, papier hygiénique et j'en passe.
L'après-midi, je me suis de nouveau envolé pour deux heures. Pas mal comme première journée !
Richard
Los Angeles
Je ne me rappelle plus trop
dans les détails... c'était en 88.
J'étais sur le terrain
de Nangis, j'ai dû faire quelques tours de piste en double, mon instructeur
de l'époque est descendu et m'a dit de faire un tour toute seule
! En fait nous étions en hiver, et la météo n'avait
pas été terrible, alors je savais que cela allait finir par
arriver le premier jour d'un temps correct...
Je ne crois pas que j'étais
aussi tendue que lors de ma première nav solo !
Je me rappelle par contre
que ma mère ne voulait pas être là... et loupé
c'est le seul jour où elle est venue ! :-)
C'est amusant, car maintenant que j'ai à vivre ces situations à l'inverse... j'ai souvent les réactions des parents à gérer..." vous êtes sûre ????"... ou bien ils viennent me rejoindre à la tour, après les 4 étages, ils arrivent essoufflés..."il est où ?..."
Christine
Agen
J'ai jamais autant transpiré de ma vie...
Bruno Charrier
Pour moi c'était le 20 avril 1987 sur le MS 800 F-BKTZ après 8 mois d'inactivité complète pour cause d'études.
Mais ayant répété des centaines de fois les tours de piste,c'était tout tottomatique. Préaffichage vitesse, le collègue de papa prépare la machine, puis message radio, le petit lac en base le carrefour la finale et tout le paquet de volets.
En plus tout le club étant de mèche, je me suis retrouvé une demi-heure après avec une table d'apéro toute prête.
Le suivant sur PA 11 a été plus rocambolesque. Mon instructeur s'étant absenté pour skier, je devais voler avec le chef pilote l'après midi. Après 45 minutes de torture intense, le pacha me lâche me disant que c'est bon et j'ai enfin découvert les joie du PA 11 en solo. Mais le plus beau c'est qu'ensuite de retour à la pompe, je tombe sur mon instructeur de retour des cîmes qui me demande de repartir parce qu'il a pas vu. Ben, on a remis le plein et je suis reparti pour un autre.
Hugues JOURDAN
LFBR
Mon lâcher, c'était le 26/11/1988 sur un C150.
Partis de Pontoise, nous
sommes allés faire quelques tours de piste à Persan-Beaumont.
Après quelques tours,
alors que je m'apprêtais à remettre les gaz sur la piste,
mon instructeur reprend les gaz et les met au ralenti.
Je pense alors que nous
étions trop avancés sur la piste pour repartir. Puis il me
demande de la dégager...
Pendant le roulage, il me dit que je vais partir seul. Je ne m'y attendais pas trop. Cela fait toujours bizarre de voir son instructeur s'éloigner de l'avion...
J'ai décollé
juste après un motoplaneur (que j'ai eu peur de rattraper).
Quelques secondes après
m'être annoncé en vent arrière, j'entends un autre
avion qui s'annonce aussi en vent arrière... Pareil en base...
En finale, j'entends à
la radio "Le Cessna en numéro 1, tu prends la partie gauche de la
piste ..."
Je me souviens juste que
j'étais tellement occupé par ce que je faisais que j'ai juste
répondu OK ou quelque chose comme cela.
Je me suis alors bien concentré pour bien garder mon axe, car je me souviens quelques tours de piste plus tôt que j'avais eu tendance à me déporter à cause du vent de travers.
Finalité : je me suis posé en patrouille (échelonnée, je le reconnais) avec un autre avion sur la piste le jour de mon lâcher.
Le plus rigolo dans l'histoire,
c'est que ce jour là, j'avais emmené un magnétophone
que j'avais posé sur le siège arrière.
Et du coup, je garde une
trace de ce vol mémorable (la voix de l'instructeur qui me dit que
je pars seul et le tour de piste).
Romain Gouyet
Cela se passe le vendredi
21 Mai 1999, 15h00.
Aujourd'hui, le vent est
du 270 à Cambrai-Niergnies(LFYG) pour une vitesse d'une dizaine
de kt, la piste en service sera donc la 26. La séance débute
par deux tours de piste à 800 ft (pas trop mauvais), suivis d'un
autre à 500 ft (réussi). Je m'attends à enchaîner
un tour de piste à 300 ft quand Valérie (mon instructeur
préféré) me demande de la déposer au parking
et de faire l'exercice tout seul !
" Surtout, n'oublie pas
la radio, pour que je sache où tu es ! ! ".
Après un passage au
parking, direction la piste :
" Fox XRay Tango, alignement
et décollage piste 26 ", manette des gaz à fond, talons
au plancher, et C'EST PARTI ! !
Cette fois, il n'y a personne
sur le siège de droite...
100 km/h : rotation, garder
120 km/h mini en montée
300 ft, Pompe OFF, volets
rentrés (je n'ai rien oublié ? ? ?).
500 ft : cap 350 (je ne
vire pas trop fort ? ? ?).
800 ft : réduction
gaz, mise en palier.
Début vent arrière,
cap 80, zut : je suis à 900 ft, il ne faut pas que je le laisse
monter, cet avion... (on prépare la machine : les volets sont bien
au premier cran ? ? ?)
" F-XT, vent arrière
piste 26 "
Etape de base, réduction
à 1700 t/mn ( altitude OK, taux de descente OK ?)
Ca y est, c'est déjà
la finale...
" F-XT, en finale piste
26 "
Je vérifie mes repères
: volets sortis, vitesse suffisante, altitude et axe OK.
Bon, maintenant c'est à
moi de jouer : vitesse, axe, plan : on ne peut pas mieux.
Dès que le seuil
de la piste est passé (à la bonne hauteur), début
d'arrondi (ne le laisse pas tomber, tire sur le manche, tire, TIRE !).
J'entends l'avertisseur
de décrochage, je sens le train train principal se poser avec douceur
sur la piste : c'est gagné, comme à la parade...
Avis de l'instructeur :
"XT : c'était très bien : si tu veux, tu peux en refaire
un autre !"
Et comment que je vais en
faire un autre : volets rentrés, manette à fond et c'est
reparti !
Contrairement au précédent,
je le savoure, ce tour de piste ; j'en profite au maximum...
Je suis enfin lâché
! ! !
Montée initiale,
vent arrière, étape de base : tout va bien. En finale
je remarque un oiseau blanc en travers de la piste ! Bizarre, la taille
de cet oiseau : en fait c'est un planeur !
Je m'imagine soudain en
train de remettre les gaz (le jour du lâché, il faut le faire
!) quand le planeur s'aligne sur la piste et décolle.
Ouf, la piste est dégagée
:
" F-XT en finale piste 26
pour un complet "
Vitesse, axe, plan, arrondi
(OK) et retour au parking ; je suis fier et heureux : mon rêve d'enfant
s 'est concrétisé : j'ai piloté un avion.
Eric Lepilliez
Pour mon lâcher aucun
souvenir palpitant j'en avais tellement bavé au départ, puis
ensuite pour les stationnaires, puis pour les atterrissages que j'étais
au point et que plus rien ne me semblait difficile après 45 heures.
J'avais fait au moins 100
décollages et atterrisages, et je n'ai jamais demandé à
être lâché, je voulais me sentir à l'aise avant.
Georges Delamare
Pour moi c'était le
15/12 1975 à Caen, avec le D117 F BIDI. Quand mon instructeur est
descendu et m'a demandé de faire un tour de piste seul, il m'a aussi
bien expliqué que sans lui ( +/- 85 kg) l'avion monterait plus vite
au décollage et planerait plus à l'atterrissage et qu'il
me faudrait modifier mes points de repère. A cette époque
on se posait tout réduit. Je me souviens l'avoir entendu... mais
pas écouté ! Je n'ai pas modifié mes habitudes à
l'atterrissage et j'ai donc effacé la piste (pour ceux qui connaissent
Caen, c'était la petite piste en dur quand même...). L'instructeur
a donc vu passer devant lui un D 117 à une hauteur d'un mètre
environ incapable de descendre !
Ce qu'il a pensé
à ce moment, lui seul le sait. Mais quand il a entendu le moteur
reprendre ses tours pour la remise de gaz, il m'a dit avoir été
soulagé.
Le deuxième tour
a été le bon.
JP Hotot - Nangis
Et un tout frais pour compléter la série :
J'ai subi hier soir mon deuxième lâcher monoplace, en l'occurrence sur le RF4 du club. Je l'appréhendais plus que mon lâcher Cap 20 de cet été, mais finalement c'était plus facile (il n'y a pas un gros capot moteur devant qui masque la piste en finale).
Ca a été l'occasion d'une "remontée de souvenir" car ça m'a rappelé mon tout premier lâcher seul à bord d'une machine volante, il y a un peu plus de dix ans sur SF28 avec une configuration de machine similaire (motoplaneur, train principal monotrace et balancines, aérofreins).
J'avoue que je n'ai pas eu le temps de chanter, crier, rire, etc. car la visi étant franchement pas fameuse, je me suis contenté d'un tout petit local en vue du terrain avec deux ou trois décrochages, manoeuvres de train et essais des aérofreins avant de rentrer faire un complet.
Seule petite anecdote : c'était mon premier vol sur une machine à train rentrant et j'ai vérifié au moins 4 fois en base et en finale qu'il était bien sorti et verrouillé !!!
A part ça, c'est franchement agréable aux commandes, presque aussi précis qu'un Cap 10... et c'est fin, mais alors fin !!! (vive les AF pour rattraper le plan)
Alain
Ton récit me rappelle
le 01/11/79. A cette date le RF4D de l'AC Dassault était le FBOXM.
Autant mon premier lâcher l'année précédente
à l'ACAF de Toussus ne me laisse pas de souvenir particulier, si
ce n'est l'envie de dire à tout le monde lors de mon retour chez
moi que j'avais effectué mon premier vol solo. Par contre ce lâcher
sur le RF4D, alors là c'était quelque chose.
Après un briefing
forcément au sol, du chef pilote de l'époque c'est parti
pour un local. Téléphone à la tour pour prévenir,
l'avion n'étant pas équipé de radio, démarrage
à la main, l'avion n'ayant pas de démarreur, roulage puis
décollage sans histoire. Après un petit local, il est temps
de rentrer au terrain, et là tout se complique : en effet, je n'ai
aucune expérience de l'usage des aérofreins et les consignes
données au départ se sont un peu embrouillées dans
mon esprit. Bon ce n'est pas grave, de toutes façons il faut bien
se poser à un moment ou à un autre, donc j'y vais. Finale,
plan, axe et vitesse avec les aérofreins sortis. A priori tous se
passe bien jusqu'à l'arrondi, et alors là je ne sais pas
quelle mouche me pique, j'arrondis, je réduis tout, et... je rentre
les AF. Le résultat fut sans appel, l'équivalent d'un coup
de pied au c..., l'avion repart plein pot et décroche tranquillement
et se vautre avant que je ne comprenne ce qui m'arrive. Heureusement pas
de casse, mais une grosse frayeur.
Alain Gobrecht
LFIO
Pour moi, c'est lorsque j'ai
lâché un élève pour la première fois.
Je m'étais mis à
l'aile de l'ASK-13 pour l'accompagner pendant la mise en puissance du remorqueur,
puis j'ai regardé le décollage en restant bêtement
au milieu de la piste. Après je suis resté près, tout
près de la radio en faisant semblant d'être décontracté.
Ensuite, j'étais
un des premiers à participer au "tapecul" qui a fait suite à
l'atterro parfait, évidemment, de mon élève.
C'était en 1984,
à Nevers, et quel arrosage ensuite !
Fabrice Montier
Le premier élève que j'ai lâché... je ne vous la cache pas l'instructeur était plus tendue que l'élève (qui était déjà pilote d'ulm) est revenu au parking tout fier dans son Rallye, après avoir fait 2 tours de piste (alors que je lui avais demandé de n'en faire qu'un !)....il ouvre la verrière, un brin flambeur (type minet dans son beau coupé sport), il m'envoie avec un grand sourire... mon instructrice elle fait 100 rpm !!!
Dans un autre style, je me
souviens d'un lâcher en tour de piste de Dominique... je lui
dis de faire un complet, et de me déposer. Et elle annonce à
la radio "pour un parking aérogare, j'ai un paquet à déposer..."
Ils sont vexants mes élèves
:-)
Christine
Il pleut, modérément mais il pleut, en plus le vent du sud varie de 8 à 15 kt au sol avec un gradient sympa à 4/500 ft je transpire un peu depuis 30 mn à faire faire à cet avion ce que je veux et pas ce qu'il veut à 800 ft ya pas mal de secousses.
"F-CT pour un touché"
Denis prend le micro "correction Bron Tour ce sera pour un complet".
Il me regarde, l'air amusé,
et rajoute à la tour "et pour un lâché".
Brrr j'ai froid dans les
jambes tout à coup (même pas dans le dos !).
"Bron Tour pour rouler au PA 16"
zap
"Bron Tour pour quitter"
Posé, pas cassé,laché,
et bientôt arrosé.
C'est le pied !!!!
Jean Pierre Paralis
C'était il y a un peu moins de deux ans maintenant, à la Réunion.
L'instructrice de mes débuts avait dû juger que "c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas", parce que près de vingt ans après mon lâcher Bijave, elle m'a déclaré bon pour un lâcher après seulement cinq heures de vol en DR2120.
Vous imaginez donc ma surprise
lorsqu'elle descendit du parking où nous étions revenus et
m'envoya en tours de piste.
Le premier tour de piste
s'est bien passé, et je me souviens de m'être parlé
à voix haute pour toutes les procédures, histoire de compenser
l'absence de Réjeanne. J'ai jamais aussi bien suivi le PAPI en finale
!
Puis la confiance aidant, j'enchaînais le deuxième tour de piste sur la 24 à Roland Garros, je m'annonce en vent arrière, pour un posé/décollé quand la tour m'annonce "Votre intructeur vous demande de faire un poser complet".
Aie !!! Qu'est-ce que j'ai
fait? J'ai pourtant pas entendu de "Boum" au premier atterro ?
Bon, on se pose, on dégage
la piste et... Une pluie diluvienne s'abat sur la verrière ! Dans
ma concentration sur mon pilotage, je n'avais pas vu la grosse averse arriver
de l'est !!! J'avais bien remarqué le vent qui forcissait, mais
c'est tout.
L'instructrice restée
au sol, avait vu venir le grain et téléphoné à
la tour.
Bref un premier solo court
(10 minutes) mais bien arrosé.
Le vol suivant fut encore
plus impressionnant pour moi. L'instructrice me dit : "Tu vas faire le
tour de l'île au complet, je t'attends dans une heure. Pour
la navigation,c'est pas compliqué, tu suis la côte à
3500 ft"
Et me voilà parti
pour 1h15 de vol solo et un tour de l'île. Le pied !
Je vous rassure, j'ai ensuite repris ma formation en double !
Jacques Zahar
Pour ma part, plus que mon
lâcher solo, le moment le plus marquant a été ma première
leçon.
J'avais déjà
pris l'avion de ligne, des avions de tourisme en place droite ou arrière,
mais la fois où j'ai dû prendre les commandes et que j'ai
pu voir ma région natale d'en haut, c'était magique.
Pour cette raison, j'aime
voir le sourire des élèves lors de leur premier vol aux commandes,
ça fait chaud au coeur...
Cédric Lahaeye
Mon lâcher est bien
sûr inoubliable, surtout sa date : 14 juillet 1995...
Le plus marrant, c'est qu'avant
de décoller pour le tour de piste_avec_l'instructeur_avant_lâcher,
un membre m'a dit : si tu passes au-dessus d'une place de village, garde
les ailes droites... mon premier tour solo m'a amené au dessus des
Moeres (ok, j'était un peu décallé du tour de piste),
donc ailes bien droites :)
Sinon, mon autre souvenir
est d'être aligné devant cette piste 25, d'avoir regardé
à côté le siège vide avec sa ceinture bouclée
sans personne dedans, et d'avoir mis les gaz en me disant "s'il t'a dit
d'y aller tout seul, c'est que tu sais le faire".
Ced, qui boucle toujours les 2 ceintures avant de décoller.
Cédric Boone
C'était à Montargis
Vimory Vimory en août 1971 lors d'un "camp aéronautique national",
formule intelligente qui permettait, à l'époque, de faire
du vol à voile et de commencer conjointement l'avion puisqu'on avait
droit à 5 heures de double avion.
Ayant déja commencé
l'avion au Puy (43) début 70 j'avais déjà 7 ou 8 heures
de vol qui me permettaient de passer au lâché pendant ce camp,
au cours duquel j'ai aussi vécu mon lâché planeur sur
Nord 1300 (monoplace torpédo) après la double sur C800. (Ces
planeurs avaient été ressortis des fonds de hangars suite
à des ruptures de longerons des Bijave qui avaient donc été
interdits de vol). Et je ne regrette d'ailleurs pas d'avoir fait ma double
sur ces vieilles machines, c'est irremplaçable !
(il paraît d'ailleurs
que le Nord 1300 de mon lâché vole toujours: F-CRGN: si quelqu'un...)
Mais revenons à l'avion:
mon instructrice désespérait de me voir un jour arrondir
ce D112 et me disait que tout était parfait mais alors l'arrondi...
!! Toujours trop tard...
Et j'en ai bouffé
des tours de piste, des contre QFU successifs les soirs sans vents, les
vents arrières rapprochés, les tours de piste basse hauteur,
les... je ne sais plus.
Rien n'y faisait et le traumatisme
grandissait.
C'est alors que le grand
libérateur est arrivé: le sommeil !
D'après ce que m'ont
raconté mes copains du moment, il devait être 2 ou 3 heures
du matin dans un grand dortoir très endormi et donc très
calme j'ai réveillé tout le monde en hurlant "arrondi, mais
arrondi nom de...".
Vous me croirez si vous
le voulez mais le lendemain l'instructrice n'en croyait pas ses yeux j'arrondissais
presque mieux qu'elle dès le premier atterro ! Elle m'en a fait
faire 2 autres pour être sûre qu'elle ne rêvait pas (en
fait c'est moi qui avait rêvé...) et m'a dit "vas-y tout seul
mais tu me fais la même chose hein!". Et j'ai fait la même
chose. Et depuis je crois n'avoir quasiment jamais loupé un atterissage
(sans prétention c'est juré !) sauf sur l'aile volant FAUVEL
AV36 (entre 6 et 8 touchers par attero) avant de comprendre son truc :
appontage (profil à double courbure). Quelqu'un en a-t-il déjà
fait de l'AV36 ? Le pied !!!!!
Aéronautiquement et merci à tous de vos récits, je me suis régalé (bien plus qu'avec les chamailleries...) alors je me suis décidé à prendre le clavier !
Philippe Rodier
BX2 F-PRLC
LFBR
Moi aussi, pour mon lâcher
je suis resté de marbre, concentré comme jamais. Je me rappelle
de cette montée fulgurante (pourtant mon instructeur était
un petit tout léger mais on sent bien la différence), des
virages (20°, t'es pas dans un chasseur !), du château d'eau
qu'on a en point de mire dans le vent arrière (1800 ft, 1900 tours,
interdiction de prendre ou de perdre plus de 25 '), du ciel sans nuages,
du dernier virage (110 km/h sinon c'est la vrille !), du gros tas de sable
qu'on vise pour la finale, l'appréhension de l'arrondi (spécialiste
de l'arrondi façon appontage). Mais quand je suis descendu de mon
Rallye d'amour (vous savez celui qui fait clang-clang, j'ten foutrais des
clang clang non mais), je faisais des bonds et j'avais l'oeil humide, et
la chemise trempée et le roi ce jour là c'était pas
mon frère. D'ailleurs maintenant que j'y repense j'ai encore la
glande lacrymale qui sécrète, pourtantçca va bientôt
faire un an.
N'empêche que j'y
pense tous les jours à ce tour de piste tout seul comme un grand.
Jean-Marie Hurot
Pour ma part, j'ai trouvé
que l'avion montait très vite...
Pourtant, mon instructeur
ne pesait que 70 kg !!!
J'ai transpiré comme un boeuf jusqu'à 1000 ft.
J'ai intégré la "vent arrière" et là, profitant des quelques secondes de calme qui se présentaient, j'ai regardé autour de moi et je me suis rendu compte que mon "rêve de gosse" venait de se réaliser...
J'ai poussé un cri de joie... Un vrai cri !
J'ai pensé à
mes enfants. Je me suis dit des trucs très "guimauve"...
Du style : Il faut que je
sois à l'écoute de leurs rêves pour les aider à
les réaliser... Merci Papa et Maman de m'avoir mis au monde... Merci
les potes de m'avoir soutenu... Merci aux instructeurs, au président,
à Clément Ader, à Blériot... (ne riez
pas, je vous jure que c'est vrai).
C'est la voix de l'instructeur, dans la radio, qui m'a sorti de mon délire:
"C'est trop long, la "vent arrière", t'es pas encore en nav solo !!!"
Ce jour là, j'ai fait les trois plus beaux tours de piste de ma vie.
Jean-Pierre Laffitte
> A propos, Anne-Céline, c'est bien de compiler, super boulot, mais le tien, tu ne l'as pas encore raconté ?
En fait mon premier lâcher
a été assez anodin.
Certes j'ai eu un pincement
au coeur lorsque l'instructeur m'a cruellement abandonnée sur le
taxiway. Au point d'arrêt, j'ai récité ma "CHEVRE",
la check list rudimentaire de Kiki Novembre, célèbre D112
basé à Saintes et équipé du strict minimum
de pendules réglementaires.
Certes l'avion était
plus léger, bondissant même (j'ai pas dit rebondissant !).
Mais à dire vrai, même si je l'appréciais beaucoup,
j'étais surtout ravie d'être débarrassée de
mon instructeur.
La sensation de liberté
est venue quelques heures de vol plus tard, quand je suis partie pour un
local sur ce même Kiki Novembre en version cabriolet (c'est-à-dire
sans les "portes", vive le CNRA). Ma seule carte s'est envolée par-dessus
bord dans les thermiques turbulents de l'été et poussée
par un vent dont j'avais sous-estimé la dérive, je me suis
perdue au-dessus de la campagne saintongeaise. L'océan n'étant
jamais très loin, j'ai fini par retrouver le chemin du hangar. J'ai
cru un instant avoir partagé la fièvre héroïque
des pionniers de l'aviation (comme quoi il en faut peu... ;-)))
Lors d'autres lâchers,
en planeur ou en voltige, je n'ai jamais retrouvé cette sensation.
Jusqu'à ce qu'un beau
jour de septembre me trouve seule dans le tour de piste de Persan-Beaumont,
la tête au vent et les mains cramponnées au manche du Stampe
F-BCOT...
Je riais à m'en coller
des moustiques sur les dents, je savourais l'air qui fusait de droite et
de gauche, j'écoutais scrupuleusement le ronronnement du moteur
Renault (50 balais, respect !) en surveillant mes deux pendules pression
d'essence/pression d'huile, le reste étant soit inopérant
soit inutile.
J'écarquillais les
yeux de tous côtés car si je n'étais pas la seule en
ce bel après-midi à tricoter des tours de piste à
Persan en revanche j'étais la seule sans radio. J'imaginais avec
délices le PA28 ou le Cessna immobilisé en seuil de piste
par la vision de la finale quelque peu hésitante de mon biplan blanc
et bleu (mais d'où qui sort ce con ? et pourquoi y cause pas à
la radio ? et tu crois qu'il vise la piste ou le taxiway ? mais c'est une
FIIIILLLLE ! oh pas mal le rebond ! bon y fait quoi y reste pour réparer
la roulette ou y repart sans ?)
Quand après quelques tours j'ai ramené l'avion au hangar sans caler ni emplafonner quiconque sur le taxiway, j'avais vécu un des plus beaux moments de ma vie. Et chaque fois que je remonte dans un Stampe, j'ai le sourire "moustique", quelles que soit la température extérieure, les difficultés à démarrer, et l'huile qu'il faudra essuyer...
Anne-Céline
Mon lâché a eu lieu le vendredi 9 octobre 1998, à peine trois mois après avoir pris ma première leçon de pilotage. Ce jour là, Gilles, mon instructeur, m'avait donné rendez-vous à 17h30 sur le terrain de Caen-Carpiquet, pour des tours de piste avec le Cessna 150, F-BUBN. Bien sûr je savais que le moment du lâché était proche mais je ne pensais pas qu'il aurait lieu ce vendredi car le temps n'était pas excellent, la visibilité en particulier n'était pas très bonne. Prévol effectuée nous voici à bord du Cessna150, nous sommes autorisés à rouler pour la 31 dure, beaucoup plus longue que son homologue en herbe. Les vérifications au point d'attente étant faites nous nous alignons et décollons pour une nouvelle séance de tours de piste. Le premier touché est correct avec un arrondi ni trop haut, ni trop bas,…on rentre un cran de volet, on repousse la réchauffe carburateur et c'est reparti. En vent arrière Gilles me demande alors de faire un atterrissage court, il veut que ma vitesse soit contrôlée avant l'intersection de la 31 avec les pistes 06/24, ça me laisse environ 400 mètres… Finale plein volets, 70 mph, c'est bon on touche juste derrière le seuil 31, vitesse contrôlée. Gilles me demande alors de dégager en 24 et annonce à la tour qu'il va effectuer un lâché. Cette fois pas de doute le moment est venu, ce moment que j'ai tant attendu. Tout va très vite, pas le temps de se poser trop de questions, Gilles descend et me demande de faire un seul tour de piste solo, il est déjà tard en ce début octobre et la visibilité ne s'est pas améliorée. Me voici de nouveau aligné en 31 mais cette fois seul… "F-BN autorisé décollage 31, vent 300°, 8 nœuds". Je mets les gaz et ça commence plutôt mal, l'avion embarque fortement à gauche et j'ai du mal à tenir l'axe, à 60 mph rotation puis je laisse l'avion accélérer à 80 mph. Ca y est je suis en l'air ! mais le plus dur reste à faire, maintenant il va falloir le poser cet engin. Message radio en vent arrière à 1000 pieds, avion prêt, tout va bien. Etape de base, tellement concentré sur la tenue de la vitesse et de l'altitude (dernier virage 500 pieds) je vire trop tard en finle et je dépasse allègrement l'axe. Aïe, aïe, aïe, et Gilles qui doit regarder ça ! Je reviens progressivement sur l'axe et au terme d'un arrondi qui n'est pas parmi les pires que j'ai faits l'avion touche le sol avec un message sympathique de félicitations du contrôleur en poste à la tour. Ce soir là j'ai ouvert la colonne "commandant de bord" de mon carnet de vol. J'y ai inscrit 10 minutes. 10 petites minutes mais d'une telle intensité. Et la satisfaction de se dire qu'on l'a fait. J'ai refait du solo dès le lendemain. Depuis j'ai obtenu le TT mais le moment le plus fort fut bien le lâcher !
Jean-Marie Laplace - LFRK
Pour mon lâcher en 70 (pas la guerre non, en 1970...., sur le terrain de Muret, la piste était encore en herbe...) je me souviens:
décollage, RAS puis
j'ai 'Fait mon (Ton) Métier Pour Vivre Entier Heureux '
et là une seule pensée:
"Et voilà, maintenant
il ne me reste plus qu'à revenir...",
Vent arrière je re
'Fais mon (Ton) Métier
Pour Vivre Entier Heureux'
Etape de base, les 2 alphas par le travers, réchauffe carbu, réduction et c'est parti...
En finale,
le train est vert, les témoins
sur les ailes sont sortis c'est OK,
Touché sans problème,
ce fut être le meilleur
de ma carrière puisque le premier !
Sur le bord de la piste Jean-Claude
Taillefer, mon instructeur (merci encore), le parachute sur l'épaule
me fait signe de repartir.
Nouveau tour de piste, RAS.
Retour au parking arrêt
moteur, radieux, vivement le prochain vol... et là je constate que
ma chemise d'un bleu ciel au départ a viré au plus foncé...
Oui je pensais avoir été
super cool, tranquille, sûr, mais j'ai mouillé ma chemise
(pardon trempé!).
Et vous vous souvenez-vous de votre instructeur ?
Jean Pierre Chauzit
Je suis fou de joie: je viens
ENFIN d'être lâché ! Alors: CHAMPAGNE pour tous !
Je commençais à
désespérer d'être lâché un jour......
Il faut croire que je suis lent ! :)
Mais ça y est, après
20 heures de double: JE SUIS LÂCHE !!!!
Vous pensez bien qu'au bout
d'un aussi grand nombre d'heures de vol (j'entends à mon niveau
bien sûr :-), on croit à chaque nouveau vol qu'on va partir
seul, et à chaque fin de vol: on est déçu !
Et pourtant, aujourd'hui,
je ne m'y attendais pas du tout, mais alors là, vraiment pas du
tout....
On commence normalement par
deux ou trois tours de piste, un petit basse hauteur où je m'endors
presque en vent arrière, au point que j'oublie de préparer
la machine :-).... Je me ressaisis et entame donc le cinquième tour
de piste, tout se passe bien, mais je pose un peu dur: "Aïe !"....
David, mon instructeur, réagit tout de suite: "Tu vas bien aujourd'hui
(en souriant) ???"
"Re-Aïe", c'est confirmé
me dis-je dans ma tête: je me suis mal posé, mais pas trop
mal quand même: il sourit :-)
Ne sachant finalement pas
trop de quoi il parle, je lui réponds innocemment... "oui"
Et là...
"Tu veux partir tout seul ?"
Ouaaaaahhh, je vous raconte pas tout ce qui m'est monté à la tête en même temps, c'était vraiment bizarre, un étrange mélange de sentiments : joie, soulagement, excitation, mais peur aussi... Bizarre... On réfléchit un peu, on est joyeux, on a peur, on sait pas quoi lui répondre à ce type qui vous sourit au nez... Mais ça ne dure que deux, trois secondes, et on répond fièrement :-)
"OUI, je le veux" :-)
On roule donc vers le parking
pour déposer notre petit paquet (l'instructeur) qui devenait de
plus en plus encombrant :-)
Il nous dit de tout faire
comme tout à l'heure, de faire un tour de piste normal, rectangulaire,
et un seul... Et surtout de ne pas oublier de revenir le chercher :-) -
à Lannion, la tour est de l'autre côté de la piste
par rapport à l'aéro-club -
On y va donc, le moteur n'a
pas été arrêté: pas de check à faire...
"Lannion, Fox Novembre X-ray,
les instructions pour le roulage et un TdP ?"
"F-NX, roulez pour la 29,
machin-bidule, truc, machin................... rappelez prêt ! "
"F-NX, je roule pour la
29, rappelle prêt !"
Et zou, c'est partit, on
pousse un peu la manette des gaz, on fait demi-tour, on roule quelques
mètres, on s'arrête rapidement au point d'arrêt :
"F-NX, je suis prêt"
"F-NX, remontez la 29, rappelez
prêt au départ !"
"F-NX, je roule et je remonte,
rappelle prêt au départ!"
Et puis on s'exécute,
on roule et on remonte la 29... On commence à s'apercevoir qu'il
n'est plus là le bougre :-)
Et puis on y arrive, au
bout de la 29, on ralentit, on freine, on refait demi-tour...
On respire un grand coup,
la main sur les gaz, on presse l'alternat :
"Fox Novembre X-ray, aligné,
prêt au départ !!! " (quelle intensité dramatique :-)
"F-NX, décollez et
rappelez en vent arrière ! "
"Fox Novembre X-ray...............
JE DÉCOLLE !!!! (seul :-)"
Et là, on ne réfléchit
pas: on pousse la manette des gaz, et........ on y va quoi :-)
Comme dans les récits
de lâchers d'il y a quelques semaines, on n'a pas le temps de trop
réfléchir, on doit surveiller l'altitude, enlever la pompe
et les volets, virer, re-surveiller l'altitude, re-virer...... Et enfin,
en vent arrière, après avoir rapidement préparé
sa machine et bien compensé l'avion, on lâche le manche, on
regarde à droite (personne), on regarde derrière (personne),
et on sourit !!! On sourit très fort !!! On a envie de crier, on
voit qu'on est tout seul.... Ouaaaaaahhhhhhh :-O
Je pense qu'on prend une sacrée dose d'adrénaline, j'en suis même sûr :-)
Mais c'est pas le tout, on
arrive bientôt en fin de vent arrière, vite, un p'tit message
radio:
"F-NX, je suis en vent arrière"
"F-NX, numéro 1,
rappelez en finale"
"Je rappelle en finale F-NX
!"
Notre repère visuel approche, on réduit les gaz tout en virant en étape de base.... On vire en finale, et là, les problèmes commencent :-) C'est pas qu'on se dit (en tout cas pas moi): "nom de dieu, va falloir poser ce tuuuut d'avion", mais c'est qu'une fois l'instructeur "enlevé" :-), il descend beaucoup moins c'te tuuut d'avion :-)... Et on n’a pas le réflexe d'abaisser plus l'assiette, on comprend pas, on essaye de faire comme si il était là, mais.......... il est pas là :-)
Et puis c'est fini, on se
pose... Ouuuuppssss : embardée à droite........... zigzags......
Et enfin (ouuuffff), l'avion est contrôlé, on se dirige vers
la tour où nous attend notre instructeur...
Ah lala, je commençais
à me rendre compte que j'étais tout seul, un tour de plus
et ça aurait été fantastique, mais bon, il a dit :
un seul tour :-(
Ce sera pour la prochaine fois : demain si tout va bien (météo) :-)))))))
"Fox Novembre X-ray au parking pour quitter la fréquence !"
Ben dis donc, ça me redonne une sacré envie de voler c'te truc :-)))))
Pierre-Maxime,
EP ( Enfin Pilote :-)
Moi, c'était il y
a 4 ans et je m'en souviens encore !
D'abord l'avion était
tellement plus léger...
Il y avait du trafic dans
le circuit, et mon premier atterro s'est soldé par un remise de
gaz, le numéro un avait trop tardé pour dégager...
ce qui veux dire remise de gaz, baïonnette et récupération
de la vent arrière en travers tour.
Tout plein de choses nouvelles
pour moi lors de ce lâcher.
J'ai dû faire 3 touchers
et un complet ce jour là... c'était magique.
D'autres moments magiques
jalonneront ta passion. L'un d'eux sera lorsque tu emmèneras ta
copine pour la première fois... Ahh la première fois...
Nous avons été
au restaurant... en avion bien sûr !
Etampes - Fontenay Trésigny
(du côté de Disneyland Paris) et retour. Le resto est
dans un Bréguet deux ponts aménagé.
Mémorable !
Pierre Rozec
Aujourd'hui, première nav. Elle sera courte : Lognes-Nangis (et retour évidemment), 40 NM x 2. Je me paume un peu dans ma carte à repérer le premier point de report, mais je le trouve. Ho ho, c'est pas beau le nuage juste en face... Un gros cumulonimbus, qui grossit.
Inutile d'essayer de le contourner, mon instructeur décide de revenir à Lognes via Coulommiers. On se fera quelques tours de piste avant de se poser. Finalement, le CB arrivant à toute allure sur Lognes, on se pose tout de suite, et tous les avions dans le circuit nous imitent. Bilan, 45 mn de vol.
On rentre les avions, et une fois qu'ils sont en sécurité dans le hangar, on se retrouve à 5 ou 6 du club devant ledit hangar, à regarder le CB approcher et grossir. On voit nettement le nuage se gonfler, c'est très joli (vu du sol en tout cas ! :-) ) et impressionnant (même vu du sol).
Les trombes d'eau qui dégringolent à quelques kilomètres sont clairement visibles, et comme elles finissent par nous arriver dessus, on se réfugie nous aussi sous le hangar. La grêle succède vite à la pluie, et ça tombe dru pendant plusieurs minutes. On a bien fait de rentrer les avions.
Le beau temps revient aussi
vite qu'il s'était éclipsé, et voilà mon instructeur
qui me dit que je repars avec un autre instructeur. Ha bon ? OK.
Et nous voilà repartis.
Pourquoi veut-il me faire faire un vol avec cet instructeur qui est en
plus assez pressé de rentrer sur Paris, mystère...
On fait trois tours de piste,
et on rentre. Et là il me dit : "Bon, tu me déposes au parking".
Alors que jusque là je ne pensais pas du tout à ça,
quelque chose en moi fait tilt et je me dis : "Tiens, va-t-il me lâcher
?"
Apparemment oui, puisqu'il
me dit : "Viens avec moi remplir ton papier et tu repars tout seul".
Il me signe le papier, mon carnet de vol, me conseille de faire un complet ou deux avant de faire des touchers, me souhaite un bon vol, et hop, il se casse. Mon instructeur à moi à disparu... Bon, c'est pas ça qui va m'empêcher de redécoller.
Et hop, me voilà parti. Je m'aligne, plein gaz, je décolle. Et là, pour la première fois, je pense à vous, les colibris, en constatant qu'en effet, comme beaucoup le disaient dans le récit de lâcher, sans l'instructeur à côté, le petit DR-400 grimpe comme un malade ! :-)
En vent arrière, je
repense à vous en trouvant que c'est bien calme, ce cockpit, sans
personne à qui parler. Qu'est ce que je pourrais bien chanter ?
Comme j'hésite sur le répertoire approprié, finalement
je ne chante pas.
C'est comme ça. Je
revendique ma différence : moi je n'ai pas chanté et je me
suis contenté de profiter autant que possible du temps magnifique,
de la superbe vue sur Paris au loin, et surtout du fait de voler tout seul
dans le ciel. :-)
Et je tourne, je tourne. Un tour, deux, trois, quatre... Après tout, il ne m'a pas dit combien je devais en faire, donc puisque je suis bien, je tourne. Au cinquième, je me dis qu'avec les deux vols en double commande avant, j'arrive quand même à presque deux heures de vol dans la même après-midi, et que même si je continuerais bien à tourner, je vais commencer à être un peu fatigué et qu'il est préférable d'être raisonnable et de redescendre...
Je me pose donc après
44 minutes très précisément pour ce premier vol solo.
Arrivé au club, je
vois que mon instructeur a réapparu. Je fais comme si de rien n'était,
je remplis la paperasse. Finalement il s'approche et me dit "Dis donc,
tu en as bien profité !" Moi, innocemment : "Ha, tu m'attendais
?" :-)
Comme ils ne sont plus que deux au club à cette heure, lui et un autre instructeur, la tournée générale sera d'une portée limitée, mais ce n'est pas une raison pour ne pas en profiter. C'est donc attablé à la terrasse du bar, en plein soleil, que l'autre instructeur me dit qu'il écoutait la fréquence de la tour, et qu'il a été surpris de m'entendre repartir après le 2e tour, et après le 3e, et après le 4e...
Deux bonnes heures de discussions aéronautiques plus tard, on a pris tous les trois les chemins de nos chez nous respectifs... Bilan de la journée, trois vols, deux DC et le solo, 1h57 de vol, et environ 6 heures de présence sur l'aérodrome. Et surtout, 44 minutes intenses où, tout seul dans le ciel d'un bleu superbe, le soleil et l'émotion faisant grimper de quelques degrés ma température, j'ai pensé un peu à vous, les colibris, au JD dans son 747, à l'Aeroman dans son CJ entre Lyon et Caen, et à tous ceux qui m'ont précédé lors de ce grand moment qu'est le lâcher.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Olivier Monnot
AC Aigle (LFPL)
Ce n'est pas mon lâcher
que je vais raconter, mais mon deuxième départ en solo. C'était
un dimanche matin, auto-information sur Agen, et nous avons commencé
mon instructeur (Christine) et moi par faire deux tours de piste. Après
avoir effectué un complet, j'ai déposé Christine au
parking et je suis parti tout seul avec le FBPEV en tour de piste. Christine
m'avait dit: je m'absente chercher un sandwitch, et pendant ce temps, tu
peux faire des tours de piste. Alors j'ai commencé par faire des
circuits rectangulaires, puis standards, puis l'idée m'est venue
de faire 2 PTU et un encadrement (eh bien oui, quoi !!!, c'est le moment
de s'entrainer). Après 54 minutes de vol, j'ai décidé
de faire un complet. Et à son retour, voici le dialogue entre moi
et Christine:
Christine m'a demandé:
"Alors tes tours de piste, comment ça s'est passé ?"
- " Ah très très bien, j'ai même fais 2 PTU et un encadrement".
- "Quoi ?, mais je t'ai seulement autorisé à faire des tours
de piste".
- "Ah, mais je ne savais pas puisque d'habitude on faisait ces exercices
là lors des tours de piste."
- "Et j'espère que tu n'as pas fait de basse hauteur au moins ?".
- "Ah de basse hauteur, non! car je savais que c'est interdit le dimanche".
Patrick
Agen
Salut les colibris,
Hier (enfin: dimanche), j'ai enfin volé ! Pourquoi enfin ? Et bien parce que ça faisait longtemps que je n'avais plus remis les pieds dans le p'tit DR400 à cause d'une météo pourrie ! Le vent étant pour une fois plutôt calme, mon instructeur décide que ce sera une séance de solo aujourd'hui: chic, chic, chic :o)...
Un p'tit basse hauteur histoire
de voir si j'ai pas perdu la main depuis l'autre fois et pour voir si je
pose bien l'avion et hop: il descend pour me laisser repartir seul !
:o)))
Contact radio, alignement........................ décollage ! Et c'est parti pour une demi-heure de tours de piste à 1000 ft... En plus, aujourd'hui, j'aurai droit à un petit cadeau : le départ du vol commercial vers Pairs (un ATR d'Air Liberté). En effet, le voilà qui s'annonce sur la fréquence: "Lannion, Liberté 198 Bravo Yankee pour la mise en route..." Re-chic, chic, chic :o)... Il commence à rouler, je commence à avoir un torticolis (à force de tourner la tête pour l'admirer en bavant d'envie :o)
Il est au point d'arrêt,
et c'est très humblement que je presse l'alternat pour m'annoncer
en courte finale. C'est pas le moment de rater son coup: les grands frères
regardent ! :o).... La piste approche, encore un peu, encore.............
je réduis........ j'attends...... j'arrondiiiiiiiiiiiiiiis : c'est
touché, pas cassé: on repart :o)
OOUUUFFF, je me suis pas
trop ridiculisé (de toutes façons, je pense qu'ils avaient
autre chose à faire que de me regarder dans leur camion :o)...
Mais ?!? Qu'est-ce qui se passe ?!? Il monte pas !?! Oouups, j'avais oublié d'enlever la réchauffe-carbu (mais faut pas le dire :o), je répare ma "petite" erreur et retrouve un vario normal: re-oouuuufff :o)
Je regarde ma montre: 17h49, David m'a dit de revenir à moins le quart : re-Oouups, je me "dépêche" de finir ma vent arrière, mais voilà que le "grand" se remet à rouler pour s'aligner en 29... "Tuuut", enfin bon, c'est quand même un beau spectacle que de le voir étincelant sous cet embryon de coucher de soleil... Et puis en plus, ça me permet de me retrouver en finale juste au moment où l'Avion Très Réussis (ATR) décolle: M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E !!! Avec toujours ce blanc étincelant... Et puis quel beau virage vers la droite !!! ;-O
C'est pas le tout, mais j'arrive
en courte moi, il serait temps de m'annoncer et de me concentrer un peu
sur c't'atterrissage :o)
Une pure formalité
pour le super pilote que je suis (pourquoi vous ne me croyez jamais ? ;o)....
Retour au parking, arrêt du moteur, je m'extirpe du cockpit pour
rejoindre David là-haut, dans la tour.
Sur la place d'à côté (nooon, pas au parking du Carrefour :o): un beau Piper Navajo: Aaaahh, le bimoteur... Aaaaahhh, l'IFR... :o) Ce sera pour plus tard (enfin, j'espère pas trop tard non plus :o): chaque chose en son temps, je ne suis même pas encore BB, alors...
Un beau vol: 30 minutes de pur bonheur... tout seul... là-haut ! :o)
Pierre-Maxime
Aujourd'hui est un grand
jour pour moi !
Eh oui, j'ai volé
pour la première fois en solo !
Tout a commencé ce
matin, avec la météo qui prévoyait une vague d'orages
venant de l'ouest.
Aïe, ça s'annonçait
mal...
Je suis parti au boulot sous un beau ciel bleu (je suis renfort d'été au guichet d'une BNP) et, dans l'après-midi, les clients disaient tous "ahhh, ça se gâte", "ben ça s'est couvert", "hou la la, ça sent la pluie" et moi dans ma tête, "Mais nooon heuuu, ça va se dégager, je vous l’dis moi, t'façon, faut que ça se dégage !" :-(((
Retour à la maison
à 17h15, rapide passage sous la douche histoire d'être frais
(la chaleur était étouffante !), puis départ pour
Lyon-Bron.
J'avais demandé à
mon père de venir avec moi avec son appareil photo vu que je devais
faire des tours de piste, il aurait pu faire quelques clichés !
On arrive au terrain à 17h45 petit bonjour a Georges, mon instructeur, qui croyait qu'on allait faire un vol vers St-Rambert-d’Albon, mais vu le temps et comme on avait déjà fait ce vol, on s'est mis d'accord pour des tours de piste, heureusement car mon père se serait bien embêté sur le terrain pendant 1 heure :-)
10 minutes plus tard l'avion était à son parking ... prêt.
Pendant ce temps, la météo se dégradait encore... le nord de Lyon était quand même assez sombre:-(
Rapide check de l'avion,
puis démarrage du moteur, roulage et décollage pour quelques
touchers...
Tous sans problème
majeur, bien que je ne tire jamais assez sur le manche à l'atterro...
mais ca ne secouait pas trop.
Après le quatrième
toucher, mon instructeur m'a dit pendant la montée :
"Un dernier avant l'apéro..."
Etait-ce un message ? ;-)
Dernier tour de piste, en
finale "F-CT, en finale 16 pour un complet."
Atterrissage en kiss landing
comme toujours :-)
Une fois sur le taxiway,
je demande à l'instructeur par quel taxiway on passe (nord ou sud)
puis y me répond "Bon, ben tu le fais tout seul maintenant ?"
A cet instant, un moment
inoubliable ! un incroyable frisson, de joie, de peur, de tout à
la fois se fit sentir dans tout mon corps !
Woua enfin ! , heu plutôt,
déjà !?
Quelle surprise, je ne m'y
attendais, mais alors, pas du tout !
"Koi ? maintenant, là,
tout de suite !"
"Bah, tu veux pas ?"
"Mais super oui, que je
veux ! :-))))))))"
Une fois sur le parking,
Georges est descendu du Cessna et là... un siège vide...
c'est "space" comme effet !
J'étais pour la première
fois seul dans l'avion !
Que c'est impressionnant...
C'est alors que commençaient
les choses sérieuses... y fallait tout faire et tout seul...
Etonnement, je n'ai pas
bafouillé à la radio :-)
Ce qui est marrant c'est
qu’en étant seul, je faisais les check-lists des milliers de fois
pour être bien sûr :-)))
Donc, roulage, essais moteurs,
et contact tour.
Alignement, gaz à
fond et wow, ça accélère vite !
Décollage, 300 ft,
volets 0°, landing lights - off, 500 ft, virage 180° pour entrer
en vent arrière à 800ft. Que c'est cool, tout seul dans l'avion...
j'ai même chanté, "je suis tout seul dans l'avion, la la li
la... il y a un siège vide, la la li la... :-)"
Retour aux choses sérieuses,
y faut le poser l'avion quand même ! :-)
Base, finale, volets à
fond, Papi blanc et rouge, contact tour.
"F-CT, Finale 16 pour un
complet..."
"............"
Hu ? le contrôleur
devait dormir :-)
"... F-CT autorisé
touché 16 rappelez finale 16."
"F-CT, c'est pour un complet."
"F-CT autorisé atterrissage."
"J'atterris F-CT"
Sans stress, j'ai posé
l'avion sans à-coup :-)))
Roulage au parking et arrêt
du moteur...
Georges avait l'air aussi
content que moi, je pense que le cockpit devait briller tellement je souriais
! :-)))))
Une fois dans le bureau
du club, c'est un vrai plaisir d'écrire sur le carnet de vol "Lâché"
:-)))
Même sur le livret
de progression, c'est inscrit en lettres d'or (enfin, je crois ;-) Lâché
! :-)))))))
Voilà, vous savez
tout, c'est vraiment un moment inoubliable... et je suis content d'avoir
été aussi surpris ! :-)))
Surtout que je pensais qu'avec
9 heures de vol, j'en étais encore loin...
Quelle montée d'adrénaline,
vraiment génial !
On peut pas se faire lâcher
deux fois ? :-)
Matthieu Laban
Il y a des moments qui marquent
dans la vie d'un pilote, comme par exemple, son lâcher, lâcher
que j'ai d'ailleurs lâchement oublié de raconter sur la liste.
C'était il y a exactement
dix ans, au Plessis-Belleville. Mon instructeur voulait que les conditions
météo soient idéales, surtout qu'il n'y ait pas trop
de vent. Hors ce jour là il y avait un petit vent de travers, et
je n'imaginais donc pas être lâchée. Après quelques
tours de pistes, il s'annonce faire demi tour sur la piste, et comme on
s'est posé court, je me dis que c'est pour dégager plus rapidement.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je le vois ouvrir la porte et m'annoncer
"bon maintenant tu fais un tour toute seule ! ". C'est ce moment qui reste
bien gravé dans ma mémoire, et puis aussi le tour de piste
en question où j'ai bien fait attention à tout ce que je
faisais, sachant que l'instructeur ne serait pas là pour rattraper
mes bêtises.
La semaine dernière s'est produit pour moi un moment que je n'oublierai jamais : mon premier vol en Boeing 737. Eh oui, vous avez bien lu unavion un vrai, et non plus une boîte montée sur ressorts !
Rendez-vous lundi dernier
à Orly pour un départ au petit matin pour une mise en place
sur Lorient. Un petit conte temps nous empêche de partir à
l'heure. J'entends déjà les mauvaises langues dire, avec
Air France c'est normal ! ;-) En fait la mécanique d'Orly
a un peu de mal à monter une pièce. Pas de problème,
les trois mécanos qui nous accompagnent dans notre périple
se rendent sur place nous arrangent ça d'une main de maître.
Tout ceci nous laisse un peu de temps pour traîner autour de l'avion
et méditer. Petite concertation mêlant joie et appréhension
:"Le voilà, enfin, on y est ! " suivi de "C'est pas tout ça
mais il va falloir poser la bête tout à l'heure ! ". Je passe
rapidement sur le vol vers Lorient, entre le copain qui joue à l'hôtesse
et fait les annonces de sécurité, ceux qui essaient de faire
fonctionner les annonces en russe ou en arabe, et le défilé
incessant au poste afin d'aller taquiner les instructeurs qui font le convoyage.
Petite sieste méritée
à l'hôtel à Lorient puis départ pour l'aéroport.
L'instructeur me dit de
m'installer, qu'il va faire la prévol. Je m'installe, c'est à
dire que je règle mon siège pour être à l'aise
pour piloter, puis Christian arrive au poste et me dit "c'est bon tu as
vérifié les équipements de sécurité,
fait ta préparation poste ? " Je le regarde et lance un "Ah ben
non ". Je m'étais installée comme pour mes premiers vols
à l'aéro-club, attendant que l'instructeur me dise tout ce
qu'il faille faire.
Les actions avant et après
mise en route sont un peu plus hésitantes qu'au simu, et Christian
ne peut s'empêcher de me chambrer : "Tiens c'est marrant comme ça
devient beaucoup moins évident dès qu'on est dans l'avion
!".
Roulage, alignement en 26.
Je me concentre, surveille bien l'axe, rotation et puis au moment on se
retrouve en l'air, je ne sais pas ce qui m'arrive, mais je ne peux pas
m'empêcher de sourire. Virage à gauche pour un travail en
secteur au dessus la mer, afin de prendre l'avion en main. Au programme
: virage gauche, droite, 30°, 45°, puis une mise en configuration
atterrissage. Exactement comme à l'aéro-club !. Le meilleur
moyen de s'entraîner au dernier exercice est bien sûr de faire
en s'alignant sur une piste ! Tiens Belle-Ile est juste en face de nous,
elle nous tend les bras ! Contact sur la fréquence pour "un petit
passage". Mise en descente, passage en configuration atterrissage, puis
remise de gaz. Le contrôleur, ou l'agent AFIS, nous remercie de cette
petite visite de courtoisie. Il est déjà temps de revenir
sur Lorient, non sans oublier au passage de survoler la presqu'île
de Quiberon et d'apercevoir au loin le Golfe du Morbihan, toujours aussi
magnifique. Le soleil est radieux, et en cette fin de journée la
lumière est encore plus belle. Touch and go suivi de deux tours
de piste, et lorsque Christian annonce "en vent arrière pour un
complet", je ne peux m'empêcher de penser "déjà !".
C'est vrai que le temps passe vite quand on est là haut.
Retour au parking, arrêt
des moteurs. C'est finit pour aujourd'hui !
Ils sont très fort
chez Boeing, ils réussissent à faire un avion qui ressemble
drôlement bien au simu ! On y retrouve bien ses marques, et on n'a
pas l'impression de piloter une grosse bête.
C'est seulement une fois
descendue de l'avion, en me retournant que j'ai réalisé :
"waouh j'ai piloté ça moi ?". Dire que le dernier avion sur
lequel j'avais volé c'était un Baron.
Les séances suivantes ont été consacrées uniquement à des tours de piste standard, basse hauteur, avec ou sans simulation de panne moteur, mais avec toujours le même plaisir d'être dans l'avion ! Au total 4h50 de vol.
J'ai passé une semaine fantastique avec des mécanos, des instructeurs et des stagiaires tous très sympas. Je suis prête à recommencer, mais malheureusement, il n'y a qu'en première qualif qu'on a droit à un avion rien que pour nous pendant une semaine.
Dommage qu'il me faille maintenant attendre le 2 septembre pour faire mon premier vol d'AEL. J'ai hâte !
Bon courage à tous ceux qui sont actuellement en formation. C'est vraiment génial quand on commence à en voir le bout !
Elisabeth
J'ai annoncé la semaine dernière avoir été lâché et voici à la demande générale (hum...) le récit de la chose.
Ca s'est passé à
St-Girons le 4/8 pendant la traditionnelle semaine de transhumance des
avions de mon club.
En fait je ne sais
pas si c'est parce que j'avais déjà lu pas mal de récits
de lâcher, si c'est parce que je m'y attendais, ou si c'est parce
que j'avais déjà pas mal d'heures, mais je n'ai pas ressenti
ce que beaucoup ont décrit.
Pas d'envie de chanter,
ni (encore moins) de prier, juste une très intense concentration
pour ramener, comme le dit l'expression consacrée, toutes les pièces
d'avion que l'on m'avait confiées dans le même ordre.
Donc, j'avais piloté en double le dimanche et le lundi précédents et les 2 instructeurs avec qui j'avais alterné m'avaient laissé entendre que je maîtrisais, enfin, comme il fallait les fameux 50 derniers centimètres de descente qui font la différence entre un atterrissage sain et sauf mais trop dur et un atterrissage conforme à une longue vie pour l'avion. Je sentais bien qu'ils allaient me lâcher car on avait vu et revu le cas redouté de la perte de puissance en montée initiale et d'autres procédures de panne.
Le vendredi 4, j'appelle
de Toulouse l'instructeur (Pierre Schlaefer) resté à St-Girons.
Il me dit 'Ici il fait beau'. Après deux averses prises au cours
du trajet, j'ai eu des doutes.
Arrivée sur le terrain,
c'est très gris, il y a 2000 ft de plafond, mais pas de vent. Il
me dit 'Il fait beau... pour des tours de piste'. Alors on y va.
3 tours en double en DR
400, un normal, un basse hauteur et une PTE . Pendant la PTE l'instructeur
me dit 'ce sera un complet et tu vas au parking'.
Je pose le GORK (avec douceur)
et arrive au parking, avant que j'ai coupé, il me dit 'Attends,
je descends, tu crois que tu peux le faire tout seul ? '
- 'Je devrais y arriver'.
Et je suis parti pour 2
tours, 5 minutes de local et un complet. Concentré au maximum, en
vérifiant bien de temps en temps qu'il n'y avait personne à
côté de moi... et pas très rassuré car pour
les deux premier tours, il y avait de la pluie fine en fin de montée
initiale. Mais quelles sensations !
Merci Pierre.
Plus dur ont été
les premiers tours à Lasbordes (ma plate-forme habituelle).
Trafic, radio...et tour
de piste qui n'en finit pas.
Re-lâché (par
Mr Pineau), et à la première finale le contrôle m'a
demandé de remettre les gaz pour laisser passer un Evasan qui s'approchait
très vite.
Mine de rien il m'avait
semblé lire dans l'IP d'août, qu'un pilote dans le même
cas que moi, troisième solo, même nombre d'heures, remise
de gaz pour un Evasan, s'était planté à la tentative
suivante. Donc concentration doublée pour la deuxième approche
qui s'est finalement bien passée.
A moi, maintenant le plaisir
de voler seul.
Philippe Maréchal
Higelin avait raison : Champagne et Tombé du Ciel...
Ce soir Christelle vient
de faire un tour de piste toute seule ! Alors Champagne virtuel pour tous.
Lorsque vous serez de passage
à Pontarlier, vous aurez droit à de vraies bulles.
Je suis fier de ma compagne et pour sa part elle est sur un petit nuage !
Christelle Wurms et Bertrand
Marbach
LFSP (Pontarlier) et LFGB
(Mulhouse-Habsheim)
Ben voilà…
Je viens de lâcher
mon premier élève solo.
Cela faisait trois vols que je remettais cela, les conditions météo de la semaine précédente étant vraiment trop fortes pour un lâcher, vent de travers 15 kt, rafales ou plafond bas. On travaillait quand même, avançant le programme: pannes moteur en campagne, déroutement, début de la navigation.
Et puis ce vendredi en fin
de journée, le vent s'il restait fort (15 kt) avait au moins décidé
de rester dans l'axe. M'étant fait copieusement "tabasser" au cours
des vols précédents, j'enlevais tout de suite une quelconque
illusion à mon élève : "Je pense qu'aujourd'hui encore,
on va aller travailler les atterrissages de précaution."
"OK, pas de problèmes"
Sympa, l'élève, il voit bien que je suis aussi désolé
que lui.
Nous décollons, et
aussitôt je remarque que le vent a quand même baissé,
ça "brasse" moins.
-"On va faire deux/trois
poser/décoller pour voir..."
Au troisième circuit,
il s'était ma foi fort bien débrouillé malgré
les turbulences en courte finale, mon choix était fait : "Ce sera
un complet pour le prochain."
L'avion se pose, roule jusqu'en
bout de piste puis fait demi-tour. Je vérifie que les volets sont
rentrés, la réchauffe carbu coupée puis j'ouvre la
porte, je boucle ma ceinture au siège vide.
Je le regarde :
-"Tu te sens prêt
? Bon alors, tu me fais trois atterrissages complets. Tu verras, l'avion
est plus léger, il va décoller plus vite et "flottera" un
peu plus à l'arrondi."
Juste avant de refermer
la porte, un dernier mot, plus pour me rassurer moi que ce jeune "top gun"
déjà consciencieusement plongé dans sa check-list
: "Tout va bien aller", et puis je m'éloigne, mon casque dans la
main.
Je me sens comme une jeune maman amenant son enfant à l'école pour la première fois ! Malgré le vent frais, je reste au bord de la piste pour le voir remonter la piste, s'aligner, mettre les gaz... Alignement parfait, l'axe est maintenu... Il est en l'air !
Tout en le suivant des yeux,
je me dirige vers le club-house et la radio. Je reste là un oeil
sur la fenêtre, en espérant qu'un autre avion n'aura pas la
bonne idée de s'annoncer dans le circuit, surtout que certains pilotes
ont des techniques d'intégration peu orthodoxes...
Arrive la fin de la vent
arrière, je ressors pour voir cette phase critique du premier atterrissage.
Malgré la distance, je vois l'avion s'approcher. Peu habitué à voir le Cessna sous cet angle, je le trouve trop bas, trop vite, mais l'arrondi parfait et le poser me démontrent immédiatement que j'avais tort. Discipliné, l'élève remonte la piste, fait demi-tour puis redécolle. Je me sens léger et rassuré, et très fier à la fois: Mon premier élève vole de ses propres ailes !
La suite, les félicitations
des présents, le certificat de premier solo, l'inscription dans
la case PIC avec le tampon dans son carnet de vol, et la poignée
de main finale feront plus partie de ses souvenirs que des miens.
Pour aujourd'hui ma tâche
est terminée !
Jacques Zahar (pas peu fier de son poulain)
On lâche vraiment n'importe qui de nos jours !
La preuve, j'ai oublié mon instructeur Toni sur le parking, en cette belle matinée d'hier samedi.
Deux touch'n goes version allégée puis, les meilleures choses ayant une fin, un bel atterrissage final.
ya encore du boulot avant
la license, mais on se sent quand même... différent.
:)
Loic O Henry-greard
Ca y est, enfin lâché
!!! :-)
Enfin une belle journée
(enfin presque depuis mes 15 ans il y a 3 semaines).
J'étais pas inscrit
mais je me dis qu' une occasion comme celle-là ça ne se rate
pas.
J'appelle l’EPR (mon école
de pilotage) qui trouve une petite heure pour me caser.
Evidemment tout le monde
fait comme moi, je me retrouve donc pour un tour d'essai avec instructeur
avec des avions dans tous les sens. Trois tours de piste plus tard, le
ciel est moins chargé de bêtes ailées. Mon instructeur
me lance : prêt ?. Un peu que je suis prêt. Je me lance donc
dans les cieux tout seul. Seulement avec mon 1m65, plus beaucoup d'essence
et un fort vent de face, un C150 ça monte vite. Je me retrouve donc
à 500ft à la moitié de la piste. Tant pis ; personne
d'annoncé j'y vais. (j'ai appris un rentrant qu' un local est rentré
en tour de piste sans s'annoncer et qu 'on avait la même direction…:-o.
Vent arrière, pas le temps de chanter. J'ai déjà du
mal à m'annoncer tellement la fréquence est chargée.
Un petit 360 de retardement et me voilà en train de chercher d'hypothétiques
n°1, 2,et 3, sachant que le denier est en fin de base...
Ne les trouvant pas, je
prolonge la vent arrière et au bout de 3 minutes, croise le DR-400
n°3 qui lui aussi s'était fait exiler à cause du monde.
Heureusement que je suis
pas rentré en base avant...
Je finis par attraper la
longue longue finale derrière le Robin (qui d'ailleurs va 2 fois
plus vite que moi) et me pose tout en douceur (enfin sans casser l'avion
quoi).
Ca y est, j'avais mon premier
solo (pas de tout repos...)
Olivier Sarrouy
LFOP
Ca y est, j'ai été
lâché, deux tours de piste et des sensations... Après
3 tours de piste en double commande, message à la tour de contrôle,
pour le lâcher... Youpi !
En plus le temps est ce
qu'il y a de plus parfait. Et c'est parti ! Premier tour de piste entamé,
vent traversier, vent arrière, message radio, et là je n'ai
pas pu m'empêcher de me mettre, étant donné la date,
à fredonner un petit air, pas particulièrement joli, mais
parfaitement à propos, "allons enfants de la patrie, le jour de
gloire est arrivé"... -)) Mais, il faut rester concentré,
la finale arrive à grands pas, je passe la base, j'arrive en finale,
les volets, et on arrive au niveau de la piste. Je vais la chercher, j'arrondis,
et je me pose, apparemment sans dommages conséquents... et voilà,
j'ai réussi, je suis trop content, je crois que c'était un
des plus beaux jours de ma petite vie..-) J'en refais un dans la foulée,
sans dommages non plus, et je quitte la fréquence... Malheureusement,
tout ne peut pas être parfait ( -) ) , j'ai oublié d'éteindre
le phare, ce qui fait 10 francs d'amende... snif-))..
Allez, je vais maintenant
aller bosser, c'est pas le tout de se s'endormir sur ses lauriers, mais
faut se réveiller quand il faut !-))
Maxime Collin
Ca y est enfin, lâché !! Champagne virtuel !!
Depuis quelques vols déjà, les commentaires de mes instructeurs me laissaient présager le grand jour.
Avec la météo chaotique, cela ne venait pourtant pas.
Ce matin, je me rends au bureau comme d'habitude. Bien qu'ayant un vol programmé pour 11h00, je n'emmène même pas ma "sacoche aviation", sûr de l'annulation à venir. Il faut dire que sur la Normandie, ce matin à 08h00 c'était un peu opaque.
Vers 09h00, par politesse, j'appelle le club pour confirmer l'annulation. Curieusement, la secrétaire qui d'habitude prend les messages insiste pour me passer Bob, mon instructeur. Il m'annonce que ça s'éclaircit sur Carpiquet et que pour des tours de pistes cela devrait aller. Comme il insiste un peu, nous confirmons le rendez-vous pour 11h00.
Je quitte le bureau un peu à la bourre. Je file au club. Bob m'attend et me propose de choisir un avion, ils sont tous libres. J'hésite entre mon préféré et le moins cher, un Jodel D119 (F-PIHY) et un DR 400. Il faut préciser que j'ai passé mes 21 heures d'apprentissage à égalité sur les deux avions. Sachant que Bob n'aime pas trop poser le Jodel sur la dure et que la piste herbe est impraticable, j'opte pour le DR 400 (F-GUXA), l'avant-dernière acquisition du club qui n'a que 258 heures au compteur.
L'avion est encore au hangar, je me charge donc des vérifications avant sortie puis de la prévol. Le temps de me laver les mains et Bob est déjà installé en place droite. C'est bizarre, d'habitude c'est moi qui attends.
Checks effectuées, démarrage, radio qui m'annonce la 31 en service, roulage, essais moteur, remontée de piste et décollage sans problème. C'est parti pour un tour 1000 ft main gauche standard. En vent arrière, je m'annonce pour un toucher 31 dure, je suis n° 1. Le vent est faible et les corrections mineures. Je me pose en douceur. On remet les gaz pour un basse hauteur 500 pieds. Pas de problème majeur. J'essaie de penser à tout et au bon moment. Alors que je suis en vent arrière, un Beech 200 s'annonce à 170 kt (c'est possible ??) au point NE. Je me retrouve n° 2 et suis invité par la tour à faire un 360, ce que je fais avec bonheur. Ca me change des tours de piste. Je réintègre en étape de base pour un nouveau toucher. Je passe en finale, je touche et alors que je m'applique à garder l'axe de piste tout en rentrant un cran de volet, Bob annonce à la tour que finalement ce sera un complet avant un vol solo. La tour l'autorise à descendre de l'avion en bordure de piste. Juste avant qu'il ne descende, je lui demande s'il est sûr de lui. Il sourit sans répondre et je me retrouve seul.
Quelle sensation de vide à droite !! J'essaie d'en faire autant dans ma tête. Je refuse de me poser des questions. Je m'annonce prêt à la tour qui m'invite à remonter la piste et m'aligner.
Ca y est, j'y suis. J'en
ai rêvé et m'y voilà. Quel pied. Non, il ne faut pas
que je m'excite. Restons calme. Je remonte, je fais demi-tour à
mi-piste. La tour doit me voir puisqu'elle m'autorise à décoller
sans que j'appelle. Je contrôle, volets, pompes, les pieds sont en
place, main sur les gaz, je pousse, pas trop vite, j'anticipe le pied droit,
superbe je reste bien en ligne. Compte-tours et badins actifs, déjà
105, je tire légèrement. Ca y est, je suis en l'air. C'est
moi qui l'ai fait. Personne ne m'a aidé et ça marche ou plutôt
ça vole. Vitesse 130, 300 pieds, je rentre les volets et éteins
la pompe. Vitesse 140, 500 ft, sécurité et virage à
gauche jusqu'à la première branche. Je contrôle ou
plutôt je crois contrôler. Arrivé à 1000 ft,
mise en palier. Je regarde derrière à gauche et saleté
de vent, je me retrouve perpendiculaire au seuil de piste, mes repères
habituels sont passés à droite. Tant pis, je rectifie jusqu'à
la vent arrière. Je prépare la machine. C'est dingue ce que
la manette des gaz peut transpirer, ça glisse drôlement ce
truc là. C'est pourtant pas l'été. En plus, j'ai dû
choper un virus parce que mes genoux sont tétanisés à
force de chercher la bonne position sur les palonniers. Je m'annonce et
tente de tenir les paramètres. Pour les paramètres, ça
va, mais galère de galère, je ne savais pas que le ciel était
peuplé d'autant de Beech 200 car en voilà un autre qui s'annonce
en finale et ça, j'avais pas prévu. Je me retrouve numéro
deux. En même temps que j'annonce avoir le visuel sur le Beech je
me demande ce qui doit être fait. Alors je me dis : Si je rallonge
ma vent arrière, non seulement je reste un peu plus longtemps en
l'air mais en plus ca me donnera l'opportunité de bien stabiliser
la finale. C'est décidé, j'attends que le Beech ait atterri
avant de virer en base. J'arrive en finale, je m'annonce au moment où
le Beech dégage la piste. Je stabilise et là, surprise, j'ai
beau me poser les questions plan-axe-vitesse, tout paraît bon.
Je vise les marques, en
fin de courte finale, je réduis, j'arrondis doucement, super GUXA
descend comme une feuille et touche la piste avec une douceur dont je ne
me croyais pas capable. En plus, pour une fois, je garde l'axe sans aucun
écart. Ce que je suis bien, là, assis dans cet avion que
j'ai fait voler tout seul et qui a répondu si bien, je crois qu'il
a compris que c'était mon premier solo.
Puis le roulage sans intérêt et le plein que Bob, descendu de la tour, a fait tout seul après un sourire en voyant mon teint rouge et mes mains tremblantes.
C'était un grand jour, ce 23 novembre 2000.
Christian Lambert :-))))
Elève pilote - ACR
de Caen
Eh oui, j'ai volé
de mes propres ailes, aujourd'hui le mardi 26 décembre 2000.
Maintenant je sais pourquoi
je n'ai toujours pas reçu mon cadeau de Noël, je viens de vivre
un moment inoubliable à bord du F-BTIE à Gaillac (LFDG),
j'en ai encore les doigts qui tremblent !
Le ciel était bleu
pas un seul nuage, il faisait chaud pour un 26 décembre, j'ai épaté
l'instructrice à mon second posé lorsqu'au moment de remettre
les gaz, elle a dit "non" et a tiré la manette puis "Ca te dirais
de faire un tour tout seul ? "
- Euh...tout seul ?
- Oui 1 tour de piste, ramène
l'avion au point d'arrêt...
Je suis donc parti seul
sans oublié de la saluer au décollage et je me suis retrouvé
vite en l'air (qui a dit qu'elle était lourde, hein? ;-)
Après 10 h de vol
et un peu plus de 6 mois de pilotage en double commande, me voilà
Commandant de Bord ;-)
Et moi qui voulait me poser
au plus vite quand j'étais en finale (un peu trop haute d'ailleurs
:-), j'ai envie de revivre cet instant de bonheur unique (dommage que l'on
ne soit lâché qu'une fois...).
Je n'ai pas chanté
comme certains l'ont fait (je chante TRES mal) ni essayé quoi que
ce soit pour fêter cet événement, j'ai simplement tourné
ma tête à droite pour voir une place vide et j'ai regardé
le petit point blanc devant le hangar de l'aéroclub de Gaillac-Albi,
qui devait être mon instructrice.
Une autre bonne nouvelle
: François Sangiovanni (un pilote de mon âge que j'ai arrosé
lors de son vol "seau d'eau") n'était pas là, je suis donc
rentré chez moi au sec (enfin presque, sans compter la transpiration...).
Bon, on va faire des économies, je vous ouvre une bouteille remplie de bulles virtuelles qui servira pour le nouvel an !
Sébastien Bories
Bon, puisque le ridicule ne tue pas… on peut donc parler de son premier lâcher librement. Je ne suis pas prêt de l’oublier. C était au mois d’août et mon instructrice était en vacances. Je piaffais d’impatience et le doute m’envahissait sur le plaisir d’être un jour lâché, voir de piloter.
Un samedi matin je débarque et le chef pilote me fait faire des tours de piste : l’horreur absolue, rien de bien, pas d’assiette, pas de tenue de palier, ne parlons même pas du plan ou de la vitesse à l’atterrissage. Je passerais sur la préparation vent arrière foireuse et les paramètres non tenus.
Et le chef gueule tout le long du chemin et moi je merde de plus en plus…en désespoir de cause, il reprend les commandes et pose l’avion…me donnant quand même le droit dérouler au parking.
«Tu reviens demain je crois ? On continue » me jette-t-il après un débriefing qui me laisse à penser que je ferais mieux de me destiner à des activités plus simples : jardinage, maquettisme, lecture…
«Oui » lui répondis-je en refoulant mes larmes… un mec de 48 ans cela ne pleure pas quand même.
Dimanche… je ne vous dis pas l’état… et l’autre qui me dit « Va faire la pré vol, j’arrive ». Et rebolote, rien ne va, même la remise de gaz que je croyais savoir foire lamentablement… Il m’insulte un peu moins, mais au d