Death Valley

South Lake Tahoe - Minden Tahoe - Heavenly - Mammoth Yosemite - New Year's Eve - Yerington/Carson - Death Valley - Auburn/Reno Stead
 
d01.jpg d02.jpg d03.jpg
Le jour se lève sur le lac Tahoe... Vu de notre fenêtre, fera-t-il beau ? OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
d04.jpg d08.jpg d17.jpg d09.jpg
White, aidé par Olivier dépose le plan de vol et demande un weather briefing (gratuit, serviable, H24, etc., on l'a déjà dit, mais c'est tellement appréciable !)  Sauf qu'on n'a que la météo du north Nevada"VFR not recommended, moutain obscuration" car il n'y a pas d'autres infos disponibles sur nos 5 terrains du parcours...  Vu de Minden, au décollage, c'est plutôt pas mal...
Cap au 120°, vers Death Valley : 200NM avec quelques montagnettes, faudra grimper à 12.000ft et contourner quelques sommets.
Travers Topaz Lake, c'est encore scattered.
d05.jpg d11.jpg d10.jpg d06.jpg
Tiens un Cessna 152 ! Ca va Novembre Couibec ? Oui  mais ça se couvre un peu devant mon nez !  Tu peux me trouver la fréquence d'Oakland Center pour du flight following ? (encore une nav bien préparée)  (Longs farfouillages de Romeo Yankee) Ah bon non on n'a pas l'en-route :-(
d07.jpg d12.jpg
Pas grave, je demande à Reno Radio. Regarde White, en cas de panne moteur on va se poser dans le trou ! Tiens v'là Mono Lake. Dommage que la piste soit sous la couche, elle doit être déneigée maintenant. Bon, dit le 152 sur 123.45, si c'est bâché à Bishop je n'ai pas l'autonomie pour aller à Death Valley et revenir ! Je me traîne à 105kt avec le vent arrière. C'est là qu'une voix tombée du ciel dit en français mâtiné d'un fort accent québécois "105 noeuds ? C'est poooo rapide, ça, c'est quouoooo comme appareiiiiiil ?" (suite de l'histoire en dessous).

Suite des photos

3 janvier 2002. Quelque part au dessus du Nevada.

Deux Cessna, un 152 et un 172, bourrés de colibris, volent tranquillement au niveau 120 vers la mort. Heu, vers la vallée de la mort, pardon.

Dans le 172, trois colibris : Emmanuel, Philippe et Jeff. Dans le 152, trois colibris également : Anne-Céline, moi-même, et White. Et oui, trois dans un 152, mais on vous rassure, la réglementation et le devis de "poids et balance", comme dirait Jeff, étaient bien respectés. On vous expliquera plus  tard.

Sur 123.45, ça papote entre les deux Cessna. Le 172 a pris un peu d'avance.
Normal. Et il demande au 152 à combien de noeuds il file au dessus des sommets enneigés et de la couche.

- 105 noeuds, répond Anne-Céline.

Soudain, on entend sur la fréquence une voix à l'accent québécois prononcé :

- 105 noeuds ? C'est poooo rapide, ça, c'est quouoooo comme appareiiiiiil ?
- C'est un 152
- Haaaa, un 152 ! C'est pas mal alors, 105 noeuds ! Et où vont ces gens qui parlent français sur la fréquence ?
- Le 152 et le 172 viennent de Minden-Tahoe, et vont à Death Valley
- Minden-Tahoe ? On vient de passer au dessus, il y fait très beau !
- Et vous, monsieur, c'est quoi comme appareil ?

Nous, on pense s'entendre répondre : "Un Bonanza" ou "Un Saratoga", voire "Un Baron". Que nenni...

- C'est un 767 d'Air Canada !
- Et, heu, vous allez à quelle vitesse, vous ?
- 467 noeuds... heu, non, pardon... 500 noeuds, et on est au niveau 370 !

Excitation dans les Cessna. On discute un peu avec le "gros", on se souhaite bonne année, et la fréquence redevient calme.

Quelques minutes plus tard, les occupants du 152 s'inquiètent de la météo à Bishop. Paske la couche, en dessous, c'est bien beau, mais si le terrain de Bishop n'est pas dégagé et ne peut servir de dégagement, justement, vu notre automnomie, on devra faire demi-tour. Oui, mais impossible d'attraper la météo de Bishop.

Et voilà que la voix à l'accent québécois retentit à nouveau sur la fréquence :

- De quelle météo vous avez besoin ?
- Bishop
- Bishop ? Ok, ne bougez pas

Deux minutes plus tard :

- Vous êtes prêts à noter ?

Et voilà notre pilote de ligne qui nous donne la météo de Bishop. Haut perché comme il l'est, il a pu la capter, l'a noté pour nous, et nous la redonne, tout simplement.

- Merci beaucoup monsieur !

Je peux vous dire que ce moment là, ce fut une des séquences émotion du séjour. A ce moment là, dans les petits Cessna, on n'était pas peu contents, et aussi un peu émus, et fiers de faire partie de cette grande famille des pilotes, où ceux qui mènent un 767 à 500 noeuds au niveau 370 sont à l'écoute d'123.45, et prennent la peine de prendre une météo pour la transmettre à ceux qui pilotent leur 152 à 105 noeuds (avec du vent dans le derrière) au niveau 120...

C'était il y a presque une semaine, mais la voix du "grand frère" qui, 8 kilomètres plus haut, nous a donné un coup de main avec tant de gentillesse, en fermant les yeux on l'entend encore.

Olivier

Suite des photos

Retour à l'accueil