
Mon
terrain préféré |
Voici un cliché de la superbe 08/25 de Maupiti dans les Iles Sous le Vent.
C'était ce matin, après avoir décollé de Maupiti en C182RG pour Raiatéa où nous sommes allés déjeuner ; à deux pilotes + les "mamans".
C'est la troisième fois que je me rends à Maupiti en avion léger, et elle est plus que jamais mon île préférée. La finale en 08 au dessus du lagon ; on souhaiterait qu'elle dure des heures.
Toutefois, le temps était plus que médiocre sur Bora (cf. le grain qui barre la route en haut de la photo), et en repartant, il a fallu sacrément zigzaguer entre les grains et les TCU, lors de ces 45 mn de vol entre Maupiti et Raiatéa.
Comme quoi, la météo, même ici, ça n'est pas toujours simple.
Mais c'était encore un vrai régal que cette balade dans les Iles Sous le Vent.
Bonne semaine à tous,
Stéphan, "copi" pendant 1h30, puis CDB pendant 45' et 1h10' aujourd'hui.
Juin 2002
Si
ça tente quelqu'un... |
La photo jointe a été faite depuis le tarmac du mythique petit terrain de Maupiti, qui est situé sur un motu (îlot corralien autour de l'île principale).Et vous savez quoi ?
Sur cet "aéroport" si beau, il n'y a toujours pas de boutique de paréo, perles noires et cartes postales... Alors certes, il n'est désservie que trois à quatre fois par semaines (ATR) et cela doit expliquer cela. Mais franchement, lorsque l'on vit dans un tel lieu, a t-on besoin de faire fortune ?Alors si quelqu'un est prêt pour se lancer dans le commerce à but non lucratif, et travailler 4 fois une heure par semaine, il y a un duty-free shop à ouvrir... ;-)Bons vols à tous,Stéphan
N707JT |

John Travolta a commencé son tour du monde en jet, et après pas mal d'hésitations sur la meilleure façon de concillier l'utile et l'agréable, il l'a débuté par un LAX-Papeete au lieu du LAX-Kaboul initialement prévu.
Voici donc la bête (N707JT) sur le tarmac de Tahiti Faa'a (NTAA), vue depuis les locaux de l'aéro-club UTA. Son propriétaire l'a laissé là pour quelques jours afin d'aller passer d'agréables moments sur l'île de Bora Bora qu'il a rejoint en ATR d'Air Tahiti affrêté pour son usage exclusif.
Mais nous avons deux preuves formelles que Travolta n'est pas un colibri et qu'il ne lit malheureusement pas la Liste.
- Il n'a pas expréssément demandé à ce que Yann Saluden soit le copi de l'ATR qu'il a affrêté...
- Il ne m'a pas contacté pour que je lui fasse faire le classique Tahiti+Mooréa Island's Tour en C150...
Tant pis pour lui et ce rascol manqué.
Encore un qui ne sait pas ce qu'il manque en ne lisant pas LA fameuse Liste...
Stéphan - Juillet 2002
Monter
et se remplir les yeux |
Les mois de juillet-août sont habituellement en Polynésie Française (hémisphère Sud) les mois ayant la meilleure météo, à la fois sèche et un peu fraiche.
Ces derniers temps, presque chaque matin, Tahiti et son île soeur Mooréa, baignent dans une athmosphère à la pureté immaculée. Leurs sommets acérés pointent vers un ciel limpide qui passe par toutes les teintes possibles ; du bleu nuit au turquoise vif en attendant que plus tard dans la journée, de gros cumulus viennent surmonter tout ça.Ce jeudi matin, c'est encore le cas, mais cette fois, je ne vais pas me laisser narguer, et je vais aller observer ce fabuleux spectacle avec mon C150 préféré."Fox Charlie, en focntion de la turbulence du Gardian au décollage, autorisé décollage 22, le vent est calme."Moi aussi je suis calme. Comment ne pas l'être dans un tel décor avec une telle lumière.
La lumière, parlons en. Alors que je longe "paisiblement" à 80kt (montée oblige) la côte ouest de Tahiti, le soleil, comme moi, poursuit sa lente ascension jusqu'au zénit, et fait varier les couleurs. Il joue avec le "vert" de la luxuriante végétation, avec les innombrables "bleus" du lagon, particulièrement beau de ce côté de l'île, ou encore avec les toits multicolores des habitations de plus en plus nombreuses qui recouvrent peu à peu les pentes.
Et que dire de ce jeu d'ombres, sur les crêtes montagneuses, qui descendent par saccades de 2000m pour venir mourir dans l'eau ?Tahiti était un volcan, à une époque où mon Cessna, pourtant âgé, n'existait pas. Elle est même formée de deux volcans, dont la jonction forme l'isthme de Taravao. Et là, vue de 2500 ft, cette explication géo-historique tombe sous le sens. Pourquoi les élèves n'ont-ils pas un TP obligatoire en Cessna ? Nul doute que leur intérêt pour l'histoire-géographie serait décuplé !Putain que c'est beau !

A droite c'est à dire au sud ; de l'eau. D'un bleu à peine ridée par les modestes train de houle. Infinie. S'étendant jusqu'à l'Antartique, dans un désert liquide simplement surmonté des 6 petites îles formant l'Archipel des Australes (Rurutu, Tubuai, Rimatara, Raivavae, Rapa, et l'atoll inhabité de Maria).
Et à gauche, Tahiti, surmontée de ses trois sommets de plus de 2000 mètres, qui me regardent, triomphants.
En bas, la route de ceinture défile, avec ses Pk (points kilométriques) dont l'origine est la cathédrale de Papeete, mon lieu de travail. Vers Pk 40 et le golf d'Atimaono, j'arrive péniblment à 6500 ft, et je vais pouvoir en toute prudence rentrer au dessus de l'impressionnant relief surmonté de ce côté-ci par quelques cumulus que je qualifierai de SCT5500.
J'avise le contrôle et je reviens presque sur mes pas en mettant le cap sur l'Orohéna, point culminant de l'île avec ses 2241m (7352 ft).
Sous moi, le coeur de l'île apparait sous les cumulus, laissant entrevoir tantôt une cascade, tantôt, une vallée verdoyante.
Devant, Mooréa réapparait au loin, sublime, presque irréelle. On dirait un mirage, une vision, un navire végétal flottant sur l'océan bleu nuit. Peu à peu les trois sommets de plus de 2000 m se rapprochent, pour se retrouver face à moi. J'arrive à leur hauteur, et c'est vraiment très impressionnant.
Il n'y a maintenant plus un seul nuage et le spectacle est féérique. Des vallées profondes sont surmontées par des à-pics vertigineux. Mais l'air est calme, rien ne bouge et je m'accroche au manche de ma frêle monture, sans doute heureuse, car plus habituée aux tours de pistes, qu'aux escapades en montagne.
Je vois distinctement, 32NM plus loin, l'atoll de Tétiaroa, propriété de Marlon Brando, alors que sous mes ailes, je ne sais plus où donner de la tête ; l'Orohéna, l'Aorai, le Pito Iti, le Mont Marau, le Diadème et sa forme si spéciale, le plateau des orangers d'Orofero. C'est splendide, et vu depuis cette altitude ordinairement réservée au cumulus, c'est un vrai plaisir.
Je ne suis plus un pilote dans un avion, mais véritablement un oiseau, ou plutôt un "Paille-en-queue" (Georges abstiens toi !), espèce assez fréquente dans les reliefs sous ces latitudes.Le monde réel jacasse dans mes oreilles, et je serai bien tenté de couper tout ça, à la Blandy. Cela dit, en laissant trainer une oreille, j'entends que comme souvent à Tahiti-Faa'a, les deux ou trois gros porteurs de la journée veulent tous partir en même temps.
Ils vont remonter indéfiniment la piste, et cela ne va pas être le moment de se présenter en C150 dans le coin, sous peine de se faire satelliser "travers tour" pendant plusieurs minutes.Grand seigneur toujours prêt à rendre service, je propose au contrôleur d'aller attendre au dessus de Mooréa qui, à une douzaine de nautiques, me tend les bras, surmontée de deux petits cumulus juste là pour les photos.Je fais alors une chose assez inhabituelle ; un transit Tahiti-Mooréa à 7500 ft.
C'est superbe. La ville de Papeete, son port, l'aéroport ; j'ai véritablement l'impression de survoler une carte de l'IGN en relief !Mooréa se rapproche, là aussi selon un angle de vue inabituel et je la dévore des yeux comme si je ne l'avais jamais vue, tout en mitraillant avec mon numérique.Après avoir tourné pendant une bonne dizaine de minutes au dessus des sommets de Mooréa, le contrôleur a presque dû insister pour me faire revenir à moi, et me ramener sur la 04 de Faa'a. Je serai bien resté comme ça quelques heures de plus, attendant la dernière goutte d'Avgas, pour finir par une PTE magistrale, dont l'issue, de toute façon, n'avait plus d'importance après avoir vu de telles choses...

Un deuxième cliché, du Diadème, surplombant Papeete et Pirae, sur l'île de Tahiti.Stéphan - Juillet 2002
Montée
initiale |
"Tahiti Approche, de Fox Juliet Papa, Iaorana (bonjour en tahitien)"
"JP, Tahiti Approche Iaorana !"
"F-JP, on passe 4000 ft en montée vers le 85 établi sur le radial 290 de TAF, la CTR estimé à 18h20, Huahiné à 43".
Voilà, tout est dit et même bien dit, par François, mon copi de luxe du jour (11 000 hdv, n'est pas mon copi qui veut !), pas mécontent de partager avec ma femme et moi-même ce vol qui nous mènera de Tahiti à Huahiné, à 97NM, où nous rejoindrons des amis métropolitains pour la journée.
Pendant qu'il s'occupe de la fréquence et de la nav, ma femme gère l'appareil numérique, et moi, en bon CDB, je n'ai rien d'autre à faire que de regarder dehors. C'est cool le travail en équipage finalement.

La côte nord de Mooréa s'offre à nous, avec ses deux baies (Cook et Opunohu) séparées par le mont Rotui et ses 899 mètres. La baie de Cook est au premier plan, alors qu'au second, on voit celle d'Opunohu (siège du tournage des Révoltés du Bounty avec Mel Gibson) où l'on distingue le Wind Song, beau trois mats de croisière, qui mouille là comme chaque jeudi.
Plus au fond, la ligne de crête formée par une succession de sommets est en fait le bord du cratère de l'ancien volcan ayant donné naissance à Mooréa. Le plus haut d'entre eux (un peu pyramidal sur la photo), le Mont Tohiea atteint 1207 m, alors que plus à droite, celui en forme de dent de requin, le mont Mouaroa, est celui frappé sur les pièces de 100 Francs pacifiques (5,5 FF).
Un peu plus à gauche et non visible sur la photo, nous venons de passer le terrain de Mooréa-Temae notre seul terrain de déroutement sur ce trajet. La prochaine piste, celle de Huahine, nous attend 87 NM plus loin. Alors on monte au FL85, et on serre un peu les fesses quand même, en admirant le spectacle d'eau, de ciel et de cumulus, tout en souhaitant que le ronronement du Lycoming ne s'arrête pas.
Mais il ne s'est pas arrêté, et nous avons passé une journée sublime.
Jeudi prochain, mes amis métropolitains continuent leur visite de la Polynésie. Ils seront à Maupiti.
Vu que mon cabinet tourne un peu au ralenti en ce moment de grande vacances avouez qu'il serait quand même dommage de ne pas fermer une journée pour aller les rejoindre...
Tout ceci est-il bien raisonnable !
Stéphan - Juillet 2002
Anecdote |
Ce matin sur une radio locale, il a été question à nouveau du "miraculé".
Il s'agit d'un pêcheur, parti de Tahiti, qui suite à une panne moteur de son bateau, à été retrouvé à Aitutaki, aux îles Cook, plus de trois mois après, amaigri et fatigué mais sauf.
Cependant il n'a pas le record de dérive en mer dans la région. En effet dans les années 60, un pêcheur parti de Maupiti pour Bora (29 NM) avait connu une histoire semblable, et après presque 5 mois de dérive, il avait été récupéré aux Samoa, passant par ailleurs de 105 à 58 kg.
Pourquoi je vous parle de ça sur une liste aéronautique ; tout simplement parce que ce "recordman" de dérive a connu un deuxième miracle, lorsqu'en 1991, il s'est tiré indemne du crash d'un Dornier 228 à Nuku Hiva (Marquises). Lors de ce crash au moment de l'approche (panne d'un moteur suivi d'une succession de mauvaises décisions), environ la moité de la quinzaine de personne à bord avait péri, mais ce "Papy la poisse" s'en était sorti...
Ce week end, je vais à Manihi en ATR avec Air Tahiti. Notre colibri-copi fera d'ailleurs (à ma demande insistante) le vol retour. Nous vérifierons soigneusement avant décollage que ce personnage ne sera pas sur la liste des passagers.
4 mois à dériver... sans connection et donc sans Liste, vous imaginez !
Stéphan - Juillet 2002
Verticale
Bora Bora |
Il y a des instants où en vol, aux commandes d'un avion que l'on pilote soit-même, on se dit que l'on vit quand même des moments privilégiés.
Voici un échantillon de ce qu'il nous a été donné de voir cet après-midi, lors du vol retour sur Tahiti, alors que nous quittions à regret Maupiti, ralliée le matin où nous avons passé une journée somptueuse dans un décor de rêve.
Au moment où ce cliché a été pris, Bora Bora passe sous nos ailes, avec sa piste, son lagon et ses nombreux motus, vers 9000 ft en montée vers le niveau 115.

Et dans le C182RG, nous étions 4 personnes, bouche bée et yeux grands ouverts, à se dire que sans aucun doute, nous avions bien de la chance de vivre des instants pareils.
Chers colibris, vous qui en France débutez votre journée, je vous la souhaite sincèrement aussi bonne que celle que je viens de passer. Pour ma part, il est 22h00 ici à Papeete, et je vais aller me coucher. En tout cas, mes rêves de cette nuit auront du mal à dépasser la réalité de cette journée...
Stéphan - Août 2002
Pas encore complètement redescendu du FL115...
Kaina |
"Tu vois Tahiti ?"
"Non !"
"Si là bas, les trois pointes noires."
En effet, alors que nous sommes encore à plus de 100 NM de Tahiti, on voit très distinctement au loin, les trois sommets de plus de 2000 mètres émergeant de la couche de cumulus qui ceint l'île.
Nous avons quitté Ahé il y a quelques minutes, pour arriver stables au FL160 peu avant l'extrémité Est de Rangiroa, atoll célèbre à juste titre d'ailleurs, pour ces plongées fabuleuses.
Nous faisons route sur KAINA, pour une arrivée qui sera sans doute une MOANA+VOR/DME 22.
Sur mon jump-seat, je déguste chaque instant.
J'ai plusieurs fois pratiqué ce genre d'arrivée sur Flight Simulator mais sans aucun doute ; c'est mieux en vrai.
Mais FS c'est bien quand même, ne serait-ce que pour réviser ses cockpistons et en profiter au mieux lorsqu'ils arrivent !
Kaina, pfff, je vous y mène les yeux fermés. C'est à 35NM de TAF (le Vor de Tahiti Faa'a) sur le radial 223, c'est à dire presque pile sur l'axe de la piste.
KAINA (habitant des Tuamotu), MOANA (l'océan), METUA (les parents), EMIRI, OVINI, VAITE, TEANO, etc... tous ces noms tirés du dictionnaire tahitien, je les connais pour les avoir entendu souvent sur mon AR108, ou à bord de "mes" Cessna. Aurai-je un jour le bonheur d'être qualifié IFR et d'avoir le privilège de les utiliser ?
Pas sûr.
Pour l'heure je savoure l'instant présent, sagement assis dans le poste du F-OHJB, un ATR42-500 d'Air Tahiti, entre Yann (colibri copi) et son vénéré CdB qui a eu la gentillesse d'avoir bien voulu m'accepter en ces temps troublés où un inconnu dans un cockpit n'est pas forcément le bienvenu.
Yann me montre les jouets de son bureau. Le FMS, le PA, le HSI, le mode Map, etc. Il n'y a pas de contestation possible, même avec mon cabinet dentaire refait à neuf récemment, son bureau est plus beau que le mien.
Par la fenêtre, l'océan Pacifique et ses nombreux cumulus offre un spectacle splendide où le soleil se plait à jouer. Devant nous, Tahiti, île de mes rêves d'enfances, maintenant devenue mon "chez moi", avec ses trois pointes acérées semblant s'aiguiser au fur et à mesure que nous nous rapprochons.
Cependant le FMS est intraitable, et depuis le départ il annonce que nous serons à NTAA à 03h05 UTC, heure à laquelle je serai donc redescendu sur terre au sens propre comme au sens figuré. Alors je contemple, je photographie, et j'essaie d'en profiter au maximum.
Finalement, il manque quelque chose au plus beau bureau du monde, pourtant si riche en boutons, cadrans, aiguilles, ou électroniques. Ce qu'il manque c'est tout simplement une touche "pause" qui permettrait par exemple au petit pilote VFR du dimanche de figer l'instant et de savourer infiniment ces instants magiques, installé dans un bureau dont il rêve mais qui ne sera jamais le sien.
Et là, en passant KAINA, j'aurai bien aimé presser sur ce bouton imaginaire...
A défaut, j'ai pressé sur celui de mon appreil photo...
Bon allez, je vous épargne un dernière prose et je me contente du cliché, montrant Yann Saluden (copi et colibri en no-mail actuellement), en finale
22 à Tahiti Faa'a.
A noter sur la droite de la piste, la présence d'un yacht qui va couper l'axe de piste, signalé d'ailleurs par la tour de contrôle au moment de la clairance d'atterrissage.
Stéphan - Août 2002
Saut
de puce dans les Tuamotu |
Lorsque je voyage sur Air Tahiti, je ne veux pas que n'importe qui soit aux commandes.
Aussi, ce week-end, en rentrant de l'atoll de Manihi où j'ai passé 4 jours, j'avais pris la peine de veiller à ce que au moins le copilote soit un colibri.
Yann a donc eu la gentillesse de se faire affecter sur le vol qui allait me ramener de Manihi à Tahiti, via une escale à Ahé.
Il m'avait prévenu, et c'est la réalité ; le décollage à Manihi, c'est quelque chose. En effet, la piste de Manihi (NTGI) a subi d'important dégât lors d'un cyclone il y a quelques années, et depuis seuls 900m ont été réaménagé, le bout de piste étant devenu impraticable et recouvert de gros blocs de corail.
Au décollage, la puissance est mise sur frein, et l'annonce de V1 et de Vr est quelque chose que l'on entend avec soulagement...

Vent arrière à Ahé
Sitôt le décollage nous opérons un virage à gauche pour rejoindre l'atoll voisin de Ahé, à une dizaine de nautique. Le CdB, qui a fait le décollage, stabilise l'avion à 1500 ft. La check list "après décollage" est rapidement suivie par les check "croisière", "descente", et "avant atterrissage". Il ne faut vraiment pas s'endormir sur ce genre de saut de puce inter-îles.
Les 10 NM sont vite avalés et déjà la piste de Ahé (NTHE), construite par la Légion Etrangère (pour Jimmy ; c'était le 5e RE, basée à Mururoa ;-) en 1997, nous saute dessus.
Sans s'attarder, la fréquence de Manihi est quittée pour retrouver celle de Ahé où l'on nous donne la 06 en service.
Changement de pilote en fonction.
Yann reprend l'ATR 42 à la main, et nous offre une vent arrière sublime en plein milieu de ce riche lagon où plusieurs miliers de perles noires continuent leur croissance.

Dernier virage à Ahé
En dernier virage, côté aile basse, la vision du lagon à travers la vitre de droite est tout simplement irréelle. Mais je doute que Yann en ai beaucoup profité, car déjà l'axe de piste arrivait à grands tours d'hélices.
Alors pour lui et pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'être sur le jump-seat, voici deux modestes clichés de ces instants intenses et toujours aussi agréables.
Stéphan - Août 2002
Décollage
de Tikehau |
Notre ATR 42 vient de redécoller pour Manihi après une courte escale sur l'atoll de Tikehau (NTGC).
Un atoll, c'est quand même quelque chose qui ne ressemble à rien d'autre comme vous pouvez le voir sur le cliché joint.
C'est en fait un anneau de corail, enfermant un lagon (d'une profondeur de 40 à 60 m au maximum), qui communique en général avec l'océan avec une ou plusieurs "passes".
L'archipel des Tuamotu, qui est l'un des cinq archipels composant le Territoire d'Outre-Mer de la Polynésie Française, est composé par 76 de ces anneaux de corail éparpillés sur une surface de 2300 km de long pour 500 km de large.
Pour le passager d'un avion, lorsqu'entre les cumulus il aperçoit par son hublot ces formes étranges posées dans l'immense Pacifique, il ne peut être envahi que par un sentiment d'émerveillement mêlé à de l'incrédulité.

C'est du moins ce que j'ai encore ressenti ce week end, en survolant comme simple passager cet archipel tout en essayant d'identifier chaque atoll qu'il m'a été donné d'apercevoir.
Stéphan - Août 2002
Stéphan
aux commandes |
> Elles sont très belles les photos prises par Stéphan, elles nous font rêver.
> Mais quand il prend les commandes, lui, ses passagers doivent moins rêver.
> Voir le n° d'Août de National Géographic ! C'est à la page 130 ;-) .
> Désolé pour la qualité médiocre de la photo, mais je n'ai pas de > scanner.....
> Patrick de Trétaigne, LFBAgen

Ce que l'article ne dit pas, c'est que je ne suis qu'un modeste dentiste RESERVISTE ;-))
Les plus observateurs d'entre vous pourraient d'ailleurs noter les liserés rouges de mes trois galons (attribués normalement aux médecins), alors que dans la Marine, ce sont des liserés "gris fer" qui sont attribués aux dentistes. Mais à Papeete, 2 jours avant l'appreillage, c'est tout ce qu'on a pu me trouver comme galons.
Mais bon, tout ceci n'est pas bien aéro même si j'avoue bêtement être un peu content que certains m'aient reconnu ;-)
Stéphan
Qui changerait bien ces galons là contre ceux d'Air France !
L'avion
de Jacques Brel |

Hé bien oui, c'est en effet l'avion de J. Brel, qui est maintenant exposé dans le village d'Atuona, sur l'île de Hiva Oa (archipel des Marquises - Polynésie
Française) où il a vécu ses dernières années, où il est mort, et enterré à quelques mètres de Paul Gauguin.Brel était très apprécié à Hiva Oa, d'une part par sa simplicité, mais également par sa générosité et les grands services qu'il a rendu à la population avec son avion. En effet, il s'en est servi plusieurs fois pour effectuer des EVASAN (évacuations sanitaires), mais aussi acheminer du courrier, etc.
Cet avion était immatriculé F-ODBU.Stéphan - Août 2002
Ce que Brel voyait...
Voici un exemple de ce que l'on peut voir en survolant les côtes des Marquises.
Cette photo a été faite à bord d'un Dornier 228 entre Nuku Hiva et Hiva Oa, par un de mes amis, qui a été infouttu de me dire où il l'avait faite...
Tout ce que je sais c'est qu'il s'agit d'une de ces deux îles !
Mais il l'a faite et je le remercie, car avant que je monte en Cessna mono-moteur aux Marquises (1500 km, je le redis) pour refaire des photos, il y aura alors eu édification d'une barrière de corail sur ces îles "jeunes"
qui n'en ont pas justement...Stéphan - Août 2002
Les
Dornier 228 d'Air Tahiti |
La compagnie Air Tahiti possède 8 ATR (42 et 72) ainsi que 2 Dornier 228, bimoteurs d'une quinzaine de places.
Le réseau desservi par ces deux appareils est assez intéressant car ces avions desservent les pistes courtes de Polynésie, que l'on trouve sur des îles peu peuplées au trafic aérien modeste.
C'est ainsi que le réseau Dornier comprend plusieurs atolls isolés des Tuamotu (Faaite, Napuka, Nukutavake, Vahitahi, Reao, Tatakoto, Anaa, Fakahina, etc..), et toutes les pistes des Marquises.
Aux Marquises, 6 îles sont habitées ; Nuku Hiva, Hiva Oa, Ua Pou, Ua Huka, Tahuata et Fatu Hiva. Ces deux dernières ne possédant pas (encore ?) de piste. Les deux premières, sont desservies par ATR. L'ATR 72 ne peut aller par contre qu'à Nuku Hiva, la piste d'Hiva Oa étant trop courte pour le recevoir, mais suffisante, en serrant des fesses, pour recevoir le 42.Le Dornier, lui, monte aux Marquises une fois par semaine (avec en général un arrêt sur l'atoll de Puka Puka ou de Napuka), puis une fois sur place, il rayonne en inter-îles, desservant notamment les îles de Ua Huka et Ua Pou, où une qualif de site est exigée, et l'on comprend pourquoi lorsque l'on voit l'environnement des pistes (montagnes, rabattants, remise de gaz impossible à Ua Pou avec piste en pente, etc.)

La photo montre le cockpit d'un Dornier 228, prise (à ma demande pour Pilotlist ;-), par l'un de mes amis qui allait à Hiva Oa, depuis la première rangée de sièges. Comme vous le voyez, il n'est guère besoin de cockpiston pour avoir une belle vue sur cet avion... De toute façon il n'y a pas de jump-seat.
Dans les années à venir, il est prévu de baser un Twin Otter à Nuku Hiva (Lolo, ça te dit ?). De là, il desservirait les autres pistes marquisiennes, et les Dornier n'auraient donc plus à effectuer hebdomadairement les 1500 km qui séparent Tahiti de l'archipel des Marquises.

Voici à quoi ça ressemble un Dornier 228.
Pour info, les deux qu'Air Tahiti possède sont aux couleurs d'Air Mooréa, sa filiale.
Comme Cdb, ils ne mettent pas n'importe qui dessus. En effet, là sur ce cliché pris sur le tarmac de Hiva Oa, le Cdb est également instructeur à l'aéro-club UTA... mon aéroclub !
Stéphan - Août 2002
Rencontre
insolite avec des cétacés... |
J'ai en ce moment comme patient, Mr Paul Trondle, membre actif de l'aéroclub UTA, et qui possède en outre la rare spécificité d'être instructeur hélico.
La semaine dernière, lors d'un vol d'instruction sur Bell 47 avec un élève, il remarque une baleine et son petit, flottant paisiblement à la surface de l'eau aux environs de la Punaruu (ouest de Tahiti).N'ayant pas d'appareil photo à bord, ils retournent sur le terrain de Tahiti Faa'a, d'où Paul repart aussitôt, accompagné d'un enthousiaste passager et de son numérique.
Paul a eu la gentillesse de me prêter une disquette avec ces intéressants clichés et c'est avec son accord que je les envoie sur la Liste.

Pour info, nous sommes actuellement en pleine saison en ce qui concerne les baleines en Polynésie, et ce genre de rencontre n'est pas si rare que cela, autour des récifs des différentes îles. C'est en effet assez régulièrement que l'on entend ça et là, les récits de pilotes, de plaisanciers, ou de plongeurs, racontant avec joie leur rencontre avec ces magnifiques animaux.
Stéphan - Octobre 2002
Qui attend encore d'en voir autrement qu'en photo !
Faut
toujours bien regarder avant de traverser... |
Hier matin, je me rends tranquillement à l'aéro-club UTA, où notre Cessna 172 m'attend pour un petit vol.
L'aéro-club UTA, ainsi que l'autre aéro-club de la plate-forme (Aéro-club de Tahiti), présentent la particularité d'être situés en zone "nord". Pour y accéder, il faut donc traverser la piste, ce qui parfois, occasionne pas mal d'attente, les avions étant bien sûr prioritaires...
Arrêté à la barrière, je regarde ma montre, il est 9h30. Personne en finale, ni en 04 ni en 22 et la barrière qui ne se lève toujours pas. Tiens, vu l'heure et le jour, cela pourrait bien être Air France qui s'apprête à décoller.
Je me tords le cou, et tout au bout, là bas, au seuil 22, par dessus la végétation qui borde la piste, j'aperçois en effet la dérive bleu blanc rouge de l'AF071 qui s'aligne, telle la nageoire d'un requin qui émerge du lagon.
Vite, je sors l'appareil numérique, et je me suis débrouillé pour faire un cliché à peu près "envoyable" sur la Liste et un peu insolite.

Franchement, être arrêté à un passage à niveau pour regarder passer les trains, cela nous est tous arrivés. Mais, pour laisser passer les 747, c'est quand même moins banal, isn't ?
Pour info, la rotation est intervenue bien tard et j'imagine que la bête était bien remplie. Et puis, ce 747-400, je l'ai regardé longtemps s'éloigner dans le ciel car il me rappelait d'excellents souvenirs.
En effet, c'était "mon" F-GEXA, que j'avais presque posé moi-même à CDG derrière un gentil CdB après avoir également vécu le décollage de LAX depuis son cockpit ("JD akbar !").
Stéphan - Novembre 2002
Chef de gare dans l'aviation
Passe |

Non, cette photo n'est pas celle d'une coupe histologique vue au microscope optique envoyée par un laboratoire d'anatomie-pathologique.
C'est une passe.
Une "passe", c'est en fait une interruption dans la continuité de la barrière de corail qui ceint le lagon et marque la séparation entre le lagon et l'océan.
Au gré des marées, peu marquées en Polynésie mais bien présentes tout de même, les lagons se remplissent et se vident au cours de la journée, les milliers de litres d'eau échangés entrainant des courants au sein de ces passes pouvant parfois atteindre une dizaine de noeuds.
Ces échanges entre l'océan et le lagon font d'ailleurs que c'est aux abords des passes que la faune marine est la plus riche, ce que les plongeurs savent bien.
Les plus fabuleuses plongées, comme sur l'atoll de Rangiroa, consistent d'ailleurs à attendre le bon moment, puis à se mettre à l'eau côté océan et se laisser dériver dans le lagon avec le courant et l'eau plus limpide de l'océan, courant contre lequel il serait d'aileurs vain de lutter.
Voici donc une passe photographiée ce dimanche matin, à bord d'un C172, le long de la côte Ouest de Tahiti.
Quoique finalement, à y regarder de près, la coupe histologique du cortex cérébral d'un pondeur de NOTAM doit ressembler un peu à ça, avec toutes ces brèches au niveau des cellules superficielles, par où s'enfuit le bon sens...
Stéphan - Décembre 2002
Apprenti Yann Arthus Bertrand en C172...
Maiao |
Hier samedi, Roland, mon fidèle partenaire d'escapades aériennes m'a gentiment convié à bord d'un PA28 de l'Aéro-Club de Tahiti (le deuxième aéroclub de la plate-forme) pour l'accompagner lors d'une navigation un peu spéciale qui nous a mené à Maiao.
Je dis un peu spéciale, car cette navigation nous a conduit de Tahiti à... Tahiti, via la verticale de Maiao.
Bref, un vol local de 59 NM dans un sens et 59 dans l'autre, mais avec plan de vol puisque nous sortions de la CTR de Tahiti (35NM autour du terrain) et qu'ici, au risque de vous surprendre, tout est en survol maritime.

Maiao, c'est une île complètement isolée, sans piste, dont on ne parle pratiquement jamais dans les médias locaux, tant et si bien que pas mal de gens vivant ici depuis quelques années ne savent même pas que cette île, pourtant la plus proche de Tahiti après Mooréa et Tétiaroa, existe.
Je vous livre ici un extrait du guide Lonely Planet :
"250 habitants, 9km2.
L'île est administrativement rattachée à Mooréa. Elle possède un sommet de 154m. Samuel Wallis aperçut l'île en 1767, en postface à sa "découverte" de Tahiti, mais avant 1809, date à laquelle deux missionnaires de la London Missionary Society furent contraints d'y accoster, il ne semble pas que d'autres européens s'y soient rendus. A la fin des années 20 et au début des années 30, un anglais dénommé Éric Trower tenta de s'approprier l'île pour y exploiter les gisements de guano qu'il pensait y trouver. Il ne réussit qu'à créer chez les insulaires une profonde défiance à l'égard des étrangers : durant des années, il fut interdit tant aux Européens qu'aux Chinois de résider sur l'île.
Aujourd'hui encore, on dit que la petite population de l'île attache beaucoup de prix à son isolement : ayant vigoureusement résisté à un projet de construction d'une piste d'atterrissage sur l'île, celle-ci n'est accessible que par bateau. (...)
Maiao produit un peu de coprah mais l'île doit sa renommée à la qualité exceptionnelle de ses feuilles de pandanus, qui servent à la fabrication des toits traditionnels. Les maisons de Maiao sont plus prosaïquement recouvertes de fer-blanc, moins pittoresque et moins traditionnel, mais plus efficace s'agissant de la collecte des eaux de pluie sur une île où les ressources en eau potables sont rares."
Aéronautiquement, Maiao a une petite anecdote malgré son abscence de piste, puisqu'il y a environ une dizaine d'année, un PA28 de ce même aéroclub, le F-OCPR , avait eu un problème mécanique aux alentours de la verticale de l'île. Le pilote s'était alors dérouté, et s'était posé comme il a pu (en catastrophe disent les journalistes) mais sans casse sur... une plage déserte.
Après réparations, ce qui n'a pas dû être une mince affaire au niveau de l'organisation, l'avion avait redécollé quelques jours plus tard, allégé de tout ce qui pouvait l'être, depuis la plage aménagée en piste de fortune, et depuis, il vole toujours au sein de l'aéroclub de Tahiti.
J'ai vu d'ailleurs que cet avion était à vendre... c'est tentant, mais bon, serait-ce raisonnable... ?
Bonne journée à tous,
Stéphan
Raisonnable
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