Rien que la première photo vous fait rêver ? Moi aussi... Quand en plus le pilote de Tahiti nous raconte l'histoire de ses îles, cela méritait tôt ou tard un paragraphe spécial sur Pilotlist. Le voilà, concentré des photos et des messages de Stéphan Tessede. Savourez !

 

Je vous offre un tour de Tahiti si vous venez un jour par ici, et si je finis enfin par terminer ce fichu TT (ce qui devrait être pour bientôt quand même...).
C'est en effet une vue prise de l'hôtel Beach Comber de Tahiti où j'ai eu le plaisir de passer le week end (il y avait aussi l'équipage d'un MD11 Cargo de Lufthansa, rarissime ici ?...).
On voit au loin l'île de Mooréa. Le petit ilôt au milieu du lagon est artificiel et il est le support du locator Papa Whisky (337 Mhz), dans l'axe de la piste 04 de Tahiti-Faa'a.
Pour les accros du FS98, cet ilôt ne se voit pas sur l'add-on pourtant très réussi "Tahiti Scenery", mais la fréquence fonctionne. L'hôtel Beach Comber est bien représenté sur le FS, visible sur la droite lorsqu'on se pose en 04.

Stéphan - Avril 2001

 

En VFR à Bora Bora

Je suis un petit nouveau sur la liste, et je m'aperçois en ayant longuement parcouru "les best-of", que certains ont véritablement des talents d'écrivains, arrivant à rendre une séance de tours de piste sans vent aussi passionnante que le récit d'une percée sur Los Angeles International à une heure de forte affluence un soir d'orage.

C'est pourquoi, pour ne pas faire pâle figure au milieu de tout le monde pour un premier récit, et ce malgré un style littéraire assez médiocre, je vais sortir la grosse "artillerie". Je vais en effet tout miser sur la "qualité" du sujet pour essayer de vous intéresser. Laissez-moi vous raconter ma dernière navigation ; Tahiti, Bora Bora, Raïatea, Maiao, Tahiti.

Cette nav là, il y a longtemps que j'en rêvais. Atteindre les îles sous le Vent par mes propres moyens après m'y être rendu plusieurs fois en ATR avec Air Tahiti ou même en bateau, me poser à Bora Bora, sur cette piste située sur un "motu" (îlot de corail ceinturant les îles en Polynésie), faire une vent arrière entre Raiatéa et Tahaa au dessus de leur lagon commun, survoler l'île mystérieuse de Maiao, quel plaisir ça allait être.
En élève appliqué, j'avais fait comme d'habitude un beau log de nav, tout propre, écrit sur Excel puis sauvegardé pour le futur, avec toutes les données bien écrites, bien nettes, les fréquences, des cases pour le QNH, les choses à ne pas oublier, etc. Il ne manquait rien dessus ; sauf peut-être un peu de... concision.

Ce jeudi, un petit grognement venant du lit de mon bébé vers 5h du matin me réveille. Je me lève pour voir ; il s'est rendormi comme un ange, toujours aussi beau (objectivité du papa...). Je me recouche, et réalise dans un demi-sommeil que c'est ce matin que je dois aller voler pour faire MA nav. Du coup, je m'excite tout seul, et impossible de refermer l'oeil. Je tourne, je vire et décide que quitte à être réveillé, autant se lever. Direction l'ordinateur.
Connexion, rien de spécial dans la messagerie, (je ne suis pas encore inscrit à la liste et ses nombreux messages quotidiens !). Du coup je me lance dans la recherche éventuelle de TAF, Metar ou autre données météo qui m'aideraient à patienter. Après être passé par de nombreux sites, plus ou moins compréhensibles ; tout ce que j'ai pu obtenir sur la région c'est d'apprendre par un METAR que sur NTAA (Tahiti-Faa'a)... il a fait beau cette nuit ! Avec ça je suis bien avancé.

J'ai de meilleures infos météo lorsque à 9h je retrouve Marc mon instructeur et mon ami Rémi tout heureux d'être invité à survoler ces magnifiques paysages. A Tahiti-Faa'a, c'est la grande classe lorsqu'on prend la météo. Ici, la petite aviation bénéficie de toute l'infrastructure présente pour l'aviation commerciale. On prend donc notre météo directement dans un bureau de Météo-France où un prévisionniste sympa nous fait un petit exposé, nous montre la carte satellite datant d'une heure, et nous fournit les TAF et Metar nécessaires. On signe un petit cahier prouvant qu'on est venu avant de partir en navigation. Les lignes au-dessus ont été remplies dans la nuit par les équipages de Lan Chile et d'Air New Zealand... Je signe, et à la rubrique "compagnie" j'écris modestement "aéroclub UTA".

Le temps n'est pas très bon, mais ça devrait aller. Lire la suite

 

Bora Bora

Juillet 2001 - Je pense que cela ne sera pas trop difficile tant la forme de cette île est familière. J'ai pris cette photo samedi dernier lors d'un périple inoubliable en Cessna 172 avec mon père, qui fera l'objet d'un long récit dès que j'aurai un peu de temps.

Allez, c'est où cette 11/29 ?

C'est bien l'île de Bora Bora.
La prise de vue envoyée hier a été faite ce samedi matin depuis un C172, lors d'un vol retour de Maupiti où nous avons passé la nuit.
Au loin on voit Tahaa et sa jumelle Raiatéa.
A ce moment nous étions en descente depuis 5500ft, autorisé en longue finale 11 par le contrôleur.
Bora Bora, seule pour mon père et moi même, aucun ATR dans les environs. Le très très grand pied ! Un moment que nous n'oublierons pas de sitôt.

Le pare brise était effectivement un peu sale, et je m'en excuse ! La rosée du matin que je n'ai pas pris la peine d'enlever m'a laissé cette couche de saleté en séchant... J'y veillerai dorénavant !

Pour info, Bora Bora (BOB = NTTB) est une piste 11/29 de 1500 mètres. Cette piste de 1800 mètres à l'origine a été faite par les Américains entre le 16 déc 42 et le 5 avril 43, ainsi qu'une piste croisée de 900 mètres qui ne sert plus aujourd'hui mais que l'on voit bien tout de même sur le cliché joint. Cette piste a donc été la première piste de Polynésie, bien avant l'aéroport de Tahiti Faa'a qui ne date que de 1960.
L'île de Bora a servi de base américaine lors de la seconde guerre mondiale, pour protéger les liasons entre les USA et l'Australie/Nlle Zélande contre les japonais.
Les américains ont construit une base similaire également à Aitutaki (Cook Islands).
Aucun conflit n'a jamais eu lieu dans la région.
La base a été abandonnée le 2 juin 1946.

D'autres vestiges de cette présence sont encore visibles. Par exemple, il y a encore 4 ou 5 batteries de canons disséminées sur les hauteurs de l'île. On trouve aussi quelques anciens entrepots métalliques qui servent aujourd'hui de débarras. Et pas mal de tahitiens un peu blonds et aux yeux blonds, avec des noms de famille surprenants...

La piste de Bora étant située sur un motu (motu Mute), il faut obligatoirement se rendre sur l'île principale en bateau, ce qui rajoute encore du pittoresque à l'endroit. L'île est la principale destination d'Air Tahiti qui la dessert entre 6 à 8 fois par jour en ATR 42 et 72. A l'arrivée, une navette d'Air Tahiti fait la liason entre Vaitape et l'aéroport ; comme quoi, on doit pouvoir être capitaine de bateau à Air Tahiti...

Sur ma photo, le premier motu (îlot) un peu à gauche, après l'aéroport, assez rond, nettement cerclé de sable blanc s'appelle le motu tane (motu de l'homme). Il appartenait à PEV ; Paul Emile Victor qui y a vécu pas mal de temps. Une pension de famille assez luxueuse y était tenue par sa femme encore ces dernières années, mais je crois que tout cela est vendu depuis un an ou deux.

Bora est dans une CTR de classe E, ouvert à la CAP, et... il n'y a pas de taxes d'atterrissages (mais tout le reste est très cher sur l'île !!!). Il y a un NDB implanté à proximité.

Stéphan - Juillet 2001
Qui se régale depuis qu'il a son TT...

Retour des Tuamotu en jet privé

Ah les amis ! J'en tremble encore. Quel bonheur !

Mardi dernier, je me suis rendu sur un atoll perdu de l'archipel des Tuamotu : Marutéa Sud.
J'y suis allé pour exercer mon "art" (la dentisterie) au bénéfice des nombreux employés d'une grosse ferme perlière. L'atoll appartient depuis 1983 au magnat de la perle noire en Polynésie. L'atoll est situé à environ 1800 km à l'est de Tahiti, près de l'archipel des Gambier, et pas très loin des célèbres sites d'expérimentations de Mururoa et Fangataufa.
Le boss de cet empire perlier possède trois avions ; un Beech 1900, un Cessna Citation et un jet Dornier 328, actuellement utilisé pour les besoins d'une nouvelle compagnie aérienne, qui va malheureusement cesser son activité.
Les deux autres avions sont utilisés pour les besoins de l'exploitation perlicole et l'acheminement du personnel, mais ils sont également disponibles pour des vols à la demande. Ils sont ainsi parfois loués pour des EVASAN, ou pour de riches personnalités, ou encore pour les besoins de l'administration (qui avec nos sous, est riche également...).

Mardi dernier donc, c'est encore un peu endormi que je me présente à 5h15 à Tahiti Faa'a, chargé de mon matériel. Le Beech 1900 transportera 14 personnes dont le big boss. Mon instructrice TT, copi sur cet avion ne vole pas aujourd'hui, dommage, j'aurai peut-être pu avoir l'occasion de critiquer ses arrondis !
Toutefois, le pilote n'est autre que le président de mon aéroclub, ça reste en famille quand même...
Embarquement et bien sûr je m'assieds aux premières places pour ne pas perdre une miette de ce qui se passe dans le cockpit.
Au lever du jour, nous quittons donc Tahiti et mettons le cap à l'est en montée vers le FL 230. Deux heures après, l'atoll de Nego-Nego est en vue. Il fait beau, pas de vent, et nous reprenons contact avec le sol par un magnifique kiss landing.
Le boss qui possède également cet atoll fait une petite visite rapide des installations pendant que deux tahitiens costauds font le plein de notre avion à l'aide de fûts et d'une petite pompe à moteur.
A peine le temps de boire un café et nous repartons pour deux autres heures de vol, qui nous amènent à Marutéa Sud. Là encore il fait beau (parce que ce n'est pas toujours le cas quand même... certains ont l'air d'en douter !), mais mon président nous fait un toucher bien moins soigné que le précédent...
"Le délire créatif de l'artiste", dira son copilote qui n'a pas l'air d'être un triste !
Après un petit repas, les pilotes repartent chargés de 14 employés, qui retournent à Tahiti pour divers motifs ; congés, mission, visite médicale, etc.
Bon, mais tout ceci, ce n'est rien. Les vols en Beech 1900 commencent presque à devenir pour moi d'une banalité affligeante...
Je suis censé rentrer deux jours après, soit vendredi. Alors je n'ai pas de temps à perdre et je me mets au travail pour régler leur compte à de nombreux chicots douloureux.

Mercredi soir, mauvaise nouvelle. Le bureau de Tahiti nous signale que les services techniques ont détecté une trace de fissure dans l'une des hélices du Beech 1900. Le temps de la commander, de la dédouaner, de l'installer, etc. l'avion est cloué au sol pour une bonne semaine ! Le Cessna Citation est opérationnel, mais les pilotes sont en stage simulateur à Amsterdam. Quand au Dornier 328, la piste est trop juste pour le recevoir.
Ce qui fera dire au boss un soir à table, l'air malgré tout amusé par le côté cocasse de la situation :
"J'ai trois avions. J'ai 60 personnes qui travaillent pour ça. Et... nous sommes bloqués ici !"

Eh oui, l'aéronautique, c'est parfois un peu désolant...

Bien, prisonnier sur ce magnifique atoll, je passe le temps comme je peux, en regrettant de n'avoir pas pris de canne à pêche ou de bons bouquins.
Toutefois, mon attente sera récompensée. En effet, il nous est annoncé que le prochain avion sera "le jet", comprenez par là le Cessna Citation.
Cependant il faudra attendre mardi matin, ce qui au passage me met un beau fouillis dans le planning de mon cabinet.

Les pilotes rentrent d'Europe le lundi matin, et le lendemain à peine remis du décalage horaire, ils décollent de Tahiti Faa'a à 3h30, avec juste deux passagers à bord (deux manoeuvres qui rentrent de congés, ah, si la CGT voyait comment on traite le petit personnel ici...) malgré les 8 fauteuils en cuir que comporte cette merveille.

Pour ma part, debout depuis les 5h du matin, je déjeune en vitesse pour me rendre aux abords de la piste et ne pas manquer l'arrivée de ce bel oiseau.
La piste fait 1200m et je l'ai pratiqué de nombreuses fois en vélo durant ma semaine de captivité. Le soleil se lève, et à 5h50 pile, comme annoncé, le doux sifflement du biréacteur se fait entendre. Il fait une verticale terrain, il n'y a pas beaucoup de vent. Bientôt, les phares apparaissent dans l'axe.
Superbe spectacle que ce bijou en approche d'une piste tracée au milieu des cocotiers. Arrondi, long plané avant de toucher, puis mise des "reverse" ce qui fait un vacarme surprenant dans ce lieu d'ordinaire si paisible. Le bel oiseau fait demi tour et revient vers nous. Dire que je vais monter là-dedans ! Quel pied !

Pendant 3/4 d'heure, l'avion restera sur le tarmac. On fait les pleins (pour info il sera mis 9 fûts, à 1650FF le fût), les pilotes partent boire un petit café.
Deux gaillards se chargent de loger nos sacs dans une minuscule soute. J'en profite pour monter à bord me régaler les yeux. C'est magnifique.
L'intérieur est raffiné, avec 8 places passagers et des toilettes au fond. Je prends quelques clichés de la cabine et du poste.

Et déjà nous embarquons. Nous sommes 8 à regagner Tahiti plus les deux pilotes. Devinez à quelle place je me mets ?
Nos pilotes récitent une assez longue check-list pendant que la clim, bienfaisante sous ses latitudes, commence à se faire sentir. Le frein de parking est lâché, et nous remontons la piste pendant que le pilote contacte Tahiti par HF. Nous sommes autorisés selon le plan de vol, et nous monterons dans le bloc 380-420. J'apprendrai plus tard par nos deux pilotes que "le bloc" est le nom donné à la tranche d'altitude attribué à l'avion. En effet, le trafic à ce niveau et dans cette région étant (vraiment !) très réduit , on peut demander un bloc et ensuite à sa guise et en fonction de la couche, évoluer en son sein plutôt que de rester à un niveau précis.

Nous sommes alignés face à l'est. 1200 mètres de piste bordée par deux allées de cocotiers nous font face. Mise en puissance ; c'est parti ! Ouahou !
Ca pousse vraiment ! La Vr est de 102 kt. Le copi qui est pilote en fonction sur ce trajet tire doucement et nous dépassons le sommet des cocotiers. En cabine nous ne percevons qu'un léger sifflement venant des réacteurs, alors qu'au sol j'imagine le bruit que cela doit faire. Très vite, l'atoll nous apparaît en entier ; anneau de corail semblant flotter sur l'océan, dont le lagon retient en son sein un camaïeu de bleus propre à éblouir les plus blasés.

L'avion se stabilise à 250kt, et monte tranquillement au FL400 sélectionné sur le PA. Je n'en reviens pas que ce petit avion aille si haut. Les pilotes me disent qu'il peut même aller au FL 450.
Par le hublot, de l'eau, de l'eau et encore de l'eau. Parfois, jouant à cache-cache avec les petits cumulus, j'aperçois l'anneau d'un atoll, posé sur l'océan.
La radio étant sur "speaker", j'entends toutes les communications. C'est d'ailleurs assez calme dans cette région ! Un ATR d'Air Tahiti va à Hao, ancienne base arrière militaire, mais c'est à peu près tout. Le contrôle nous fait rappeler en coupant le 142e puis le 146ème méridien. De temps en temps une petite couche de stratus vient nous contrarier et le copilote descend alors au FL380.

Après 1h30 d'un vol très calme et confortable, Tahiti se dessine au loin, posée sur l'océan juste devant nous avec ses 3 sommets de plus de 2000 mètres.
Le contrôle nous fait passer sur l'approche, et le commandant de bord éprouve bien du mal à les recevoir en VHF, alors il continue quelques temps en HF. Ah ce beau bijou, il faut bien qu'il ait quelque défaut !
Il est 8h30 du matin, et nous sommes vraiment gâtés car Tahiti n'est pas encore recouverte de sa couronne de nuages et le spectacle est grandiose. La presqu'île arrive à notre hauteur. Toujours aucun nuage. J'aperçois Tautira, le motu Nono, la commune de Taravao. Et la chance est encore avec nous.
En effet, Tahiti approche nous signale qu'un 747 d'Air France va décoller, alors on nous demande d'effectuer une approche à vue côté relief afin de ne pas engager l'axe. Le pied. Nous serrons donc au plus près des montagnes, et le spectacle est de toute beauté. L'air est d'une pureté exceptionnelle.

L'Orohena et ses 2241mètres sont à portée de la main. Je distingue très nettement le "deuxième refuge" de l'Aorai (2066m) où j'ai dormi deux fois lors d'éprouvantes ascensions. Puis voici le diadème, concrétion rocheuse aux formes bizarres qui lui ont valu son nom. Nous survolons ensuite les hauts de plusieurs lotissements où des terrains récemment viabilisés sont à vendre ; havres de calme et de fraîcheur avec vue magnifique sur le lagon et l'île de Mooréa.

Notre sublime vent arrière se termine. Les pilotes virent en étape de base ; comme moi avec mes Cessna ! Nous sommes autorisés pour la 04, le vent est calme. Le copilote soigne sa finale, le pilote annonce les altitudes. Une voix métallique annonce "minimum". L'arrondi est très propre. L'avion s'immobilise. la tour nous autorise à faire un 180, et nous retournons doucement vers le parking "Golf" que se partage Air Mooréa et Wanair.
Chek finale, tout est coupé. C'est malheureusement déjà fini.

2h10 de pur bonheur (4h pour l'aller en Beech 1900 !), vécues comme un milliardaire. En descendant, je regarde une dernière fois ce splendide "Roméo-Uniforme". Aurais-je la possibilité de revoler un jour dans ce genre de bijou ?

Voilà, c'est fini, et comme le dit une belle chanson d'ici "Je retrouve Tahiti, c'est la fin du voyage le début de l'orage et des embouteillages". Pas d'orages aujourd'hui, mais les embouteillages sont bien là... Pas grave. J'ai des images en tête qui vont largement me faire patienter jusqu'à mon domicile.

Stéphan - Avril 2001
NTAA

 

Vie des petits terrains de Polynésie, exemple Fakarava

 

Iaorana (Bonjour),

La Polynésie Française est composée de 117 îles (le nombre n'est pas le même selon les livres, car cela dépend de ce qu'on appelle une île...), éparpillées sur plus de 4 millions de km², soient environ la superficie de l'Europe.
Les atolls les plus inhospitaliers ou les îles aux falaises les plus abruptes ne sont pas habités, mais la majorité des îles possède une population allant de quelques âmes (parfois deux ou trois !), à 160 000 personnes pour Tahiti.

On recense en Polynésie presque une cinquantaine de terrains d'aviation. Là encore le chiffre est difficile à donner avec précision. La carte du SIA en recense 42, mais à ma connaissance, au moins cinq pistes sont à rajouter : Kauehi, toute neuve, et récemment ouverte aux ATR, Marutéa Sud et Nego-Nego (privées et appartenant au plus gros perliculteur de Polynésie), et les pistes désormais oubliées de Fangataufa et Mururoa (où Son Altesse F. Mitterrand s'est posé en Concorde).

La première photo, un modeste cliché surexposé a été pris lundi matin lors d'une courte escale faite avec le Beech 1900D de la compagnie Wanair.


Il est pris sur l'atoll de Fakarava (NTGF), dans l'archipel des Tuamotu, lors d'une courte escale sur la route de Marutéa Sud où je me rends une à deux fois par an pour consulter les 250 ouvriers de la plus grosse société perlicole de Polynésie.
(Petite anecdote au passage ; l'ex-propriétaire de Marutéa Sud, qui avait tenté de faire fortune avec la perle noire mais a renoncé devant une succession de problèmes et un peu de malchance s'appelait Jean Claude Brouillet, l'homme qui avait créé Air Gabon.)
Mis à part le Beech 1900, on y voit l'aérogare quelque peu sommaire, mais fonctionnel de l'île.

La deuxième photo est prise en vent arrière 05. On devine à peu près la piste, posé sur cet anneau corallien balayé ce matin là par un bon vent d'au moins 25kt pas du tout dans l'axe.

Outre les goélettes qui passent plus ou moins régulièrement, ce genre de petit terrain est le lien privilégié entre les îles éloignées et Tahiti, où tout se passe, tout se décide et d'où tout provient.
Il y a ici les îles qui ont une piste, et celles qui n'en ont pas. La vie est bien différente lorsque seul le bateau est le lien avec l'extérieur. Certaines îles préfèrent cet isolement (Maiao par exemple), d'autres cèdent au modernisme et au développement après que les vœux de la jeunesse l'aient emporté sur les potentats religieux (Raivavae aux Australes où la piste est enfin en construction), d'autres enfin, attendront d'avoir un maire dans la majorité...

L'avion amène les touristes, amène à Papeete les mamans à gros ventre, ramenant ensuite les mamans et bébé, évacuent les malades (Evasan), transporte les élus et leurs promesses, fait sortir la culture propre à chaque archipel, bref, il rompt l'isolement autrement que par un voyage inconfortable de plusieurs jours en goélettes. Il apporte aussi des glacières remplies de viandes congelées envoyées par les fetii (la famille), lesquels récupèrent à Papeete ces mêmes glacières pleines de beaux poissons fraîchement attrapés ou "de poulet des Tuamotu" ; la langouste...

Ce genre de petit aérogare bien sympathique et qui ressemble à des dizaines d'autres devient une ruche une à deux fois (ou plus) par semaine. L'enregistrement est folklorique mais en général efficace. Ceux qui partent sont reconnaissables aux colliers de coquillages que leurs ont donnés les amis, ceux qui attendent quelqu'un portent un collier de fleurs à la main, prêts à le passer autour du cou de l'arrivant. Lorsque l'avion est là, tout le monde se mélange et donne naissance à un joli petit fouillis multicolore, couvert par le sifflement strident et assourdissant des turbines d'un ATR.
On peut y voir un couple de Japonais tout blancs en voyage de noces, bardés d'appareils photos, en train de se photographier devant un tiki sculpté grossièrement, une ribambelle de gamins courant entre les bagages, de vénérables mamas, dont assurer le centrage ne sera pas superflu, un groupe de popa'a (européens) rouges comme des tomates, mais les yeux et les pellicules remplis de souvenirs, Monsieur le Maire de l'atoll, l'air digne, qui s'en va traiter d'importants dossiers à Papeete, une superbe demi (métis) mélange de chinois et de Paumotu (habitant des Tuamotu), de solides gaillards, couverts de tatouages, transportant les glacières pleines comme s'il ne s'agissait que de plumes, etc...
Les bagages et le fret sont déchargés puis rechargés, tout le monde se dit alors au revoir dans de grandes embrassades. Cinq minutes plus tard, un vrombissement sourd témoigne du décollage de l'avion. En tahitien, un avion se dit "Manureva", ce qui veut d'ailleurs dire à peu près "l'oiseau qui part", belle traduction n'est-ce pas ?
Le calme revient alors, et le ronflements infatigables des vagues s'écrasant sur la barrière de corail reprend ses droits. Tout le monde s'en va et laisse l'aérogare déserte, pour plusieurs heures, plusieurs jours, ou plusieurs semaines (pour les Tuamotu de l'Est qui ne sont souvent desservis qu'une fois tout les 15 j).
Dans les Tuamotu pas de duty-free shop, pas de longs couloirs aseptisés couverts de pub, pas de soufflets pour accéder à bord et qui empêchent de voir l'avion.
Prendre l'avion dans l'ambiance authentique de ces petits terrains est bien agréable. Y venir en Cessna aussi, mais les terrains sont loin et l'AVGAS inexistant. Il faut donc faire acheminer au préalable des fûts par bateau. Autant dire que les voyages en avions de club jusque là sont rares, mais cela se fait pour peu que l'on prenne le temps de les organiser, et que l'on possède un minimum d'expérience.

Bons vols à tous,

Stéphan - Avril 2001
De retour de deux jours de travail à Marutéa Sud. Mais m'envoyer en Beech 1900 privé (assis 1,50m derrière les pilotes...) sur un atoll magnifique, est-ce encore du travail ?

 

Petites fantaisies en VFR pour gros navion

Dimanche matin, comme souvent depuis que j'ai décroché mon TT, je faisais découvrir Tahiti vue du ciel à un passager avec un vieux mais valeureux Cessna 150.
Cette fois ci, l'inconsciente passagère en pleine confiance qui m'accompagnait était l'épouse d'un ami qui quitte la Polynésie Française après deux années passées ici.

Le temps était magnifique, comme souvent en cette période. Cavok, Nosig, bref ; un Atis comme on les aime.

Dix minutes après son décollage piste 04, notre Cessna 150 venait de passer la pointe Vénus, et mon prochain point de report était la zone de Tiaréi.
Sur l'approche de Tahiti (121,3), les ATR s'en donnaient à cœur joie ; il m'a même semblé entendre le colibri Yann Saluden, tout jeune copi de ces belles machines, et vérification faite, c'était bien lui !
En continuant mon tour de l'île, l'éloignement augmentant, la réception de la fréquence devenait de moins en moins bonne, voire carrément inaudible par moment.
Arrivé au village côtier de Tiaréi, je balance fièrement "Tiaréi, stable à 2.000 ft pour Fox Charlie".
J'entends un semblant de réponse dont je ne comprends rien.
S'ensuivent alors un succession de questions réponses entre le contrôleurs et moi même. Apparemment il m'entend à peu près correctement, mais de mon côté ce n'est pas fameux. Après pas mal d'échanges, je finis par comprendre qu'un trafic fait le tour de l'île en sens inverse à 3.000ft et qu'un hélico traverse l'île.
Je collationne tout cela ; l'hélico ne me gênera plus maintenant vu ma position actuelle, et concernant le trafic, je dis que j'ouvre l'œil et que je maintiens correctement mes 2.000 ft ; je le répète même pour rassurer mon contrôleur qui semble un petit peu inquiet. J'ajoute que je rappellerai à Taravao comme c'est l'usage en tour de l'île VFR, petite "ville" située au confluent des deux anciens volcans qui ont formés Tahiti (Tahiti Nui et Tahiti Iti).
Ce dialogue de sourd terminé, je reprends la contemplation de l'île.
Bien qu'un peu tendue devant la faible qualité des réceptions radios et mon air un peu inquiet, ma passagère ne perd pas une miette de ce qui se passe dehors et vide une première pellicule.

Sur la fréquences approche, on entend à nouveau pas mal de monde, et je laisse traîner une oreille discrète au cas où un message serait pour moi.
Nous arrivons sur Taravao, et je prends quelques instants pour photographier le joli motu Nono que j'avais atteints en kayak il y a quelques mois.
Dans le casque, j'entends alors : "chr, chcrcr on arrive entre les deux îles, ont met le cap sur Emiri et on monte au trois sept zéro".
Je me demande si j'ai bien entendu, car le trois sept zéro, c'est le FL370, Emiri, c'est un point IFR de sortie de la CTR de Tahiti par le nord (pour Los Angeles souvent) et le gars se dit entre les deux îles ? Késaco ? Un avion fait du VFR avant de monter à 37.000 pieds ? Exercice militaire en Gardian ?

Alors que je suis encore en train de m'interroger sur ce message pour le moins inhabituel, un superbe et rare spectacle s'offre à ma passagère et moi même et je comprends tout !

Devant nous, légèrement à droite et 1000 ft plus haut, l'Airbus A340 d'AOM, vu au parking commercial avant notre départ, nous survole et met le cap sur Los Angeles puis Orly ! Nous nous croisons pile à la verticale de Taravao, dont la quiétude est très rarement troublé par des quadriréacteurs.

Les pilotes se sont offert un circuit départ assez peu banal : décollage en 22, puis mise en palier à 3.000ft, pour un demi tour de l'île en VFR en longeant la côte Ouest et Sud de Tahiti ! Pas le plus direct pour gagner LAX, mais sans doute plus sympa que la classique sortie IFR...
Je n'en reviens pas ; ça au moins c'est des pilotes qui savent se faire plaisir !

Il est possible que les problèmes actuels de leur compagnie les inquiètent au point de se demander s'ils reviendront un jour à Tahiti... Alors autant en profiter et les passagers assis aux places A aussi !

Nous continuons notre petit tour d'île à 90kt et 2000 ft, tout heureux et surpris de cette belle image et au bout de quelques minutes nous entendons sur la fréquence :
(AOM) - On arrive à Emiri, on passe le niveau 160 en montée vers le 3.7.0.
(App) - Tu passes avec le régional sur 134,7, au revoir
(AOM) - Au revoir, et merci pour tout... et à bientôt j'espère...

L'ambiance chez AOM, ça ne doit pas être la grande joie en ce moment... Alors ces quelques minutes de bonheur en A340, ça devait faire du bien dans le cockpit.

Stéphan - Juillet 2001
NTAA

 

3h18 de bonheur aux Iles sous le vent

"Fox Novembre X-Ray, autorisé au décollage 07, le vent est calme, tu rappelleras stable à 2000 ft avec une estimée Huahiné... "

Je n'en reviens pas ! Un de mes rêves va se réaliser dans les minutes et les heures qui vont suivre.
Nous avons tous des petits trucs comme ça, auxquels nous pensons en disant, un jour j'irai là-bas, un jour je ferais ça, etc. Moi, parmi mon lot de petits rêves accessibles que je compte bien réaliser, je m'étais dit un jour, alors que je n'avais même pas commencé à apprendre à voler : "Un jour j'aimerais louer un petit avion et voler dans les îles Sous le Vent, aller où bon me semble, survoler ces îles superbes, me gaver de photos, me remplir les yeux de ces dégradés de bleus dans les lagons, dormir dans l'île de mon choix, etc."
Hé bien là j'y suis !

En plus, j'ai de la chance car ce rêve, je vais le réaliser accompagné de mon père, alors élève PPL en fin de formation (terminée depuis !) et une météo sensationnelle s'offre à nous.

Pour en arriver là, je veux dire la main sur la manette des gaz du Cessna 172 de l'aéroclub de Raiatéa avec 4h d'autonomie et les Iles Sous le Vent tout autour, cela ne s'est pas fait tout seul !

Il faut d'abord, en cette période de vacances scolaires, trouver une place dans un ATR pour rallier Tahiti à Raiatéa. Nous sommes en liste d'attente, pour les vols du matin (les seuls à nous convenir), mais comme souvent, on nous trouve de la place, suite à... une bonne dizaine de défections !
Avant de monter dans l'ATR, dès l'enregistrement des bagages terminé, nous allons dans les bureaux voisins de Météo France, afin de nous renseigner sur la météo. En effet, alors qu'il a fait un temps superbe depuis le début du séjour de mon père (ce qui nous a permis de faire de magnifiques vols locaux autour de Tahiti, Mooréa et Tétiaroa), hier ça s'est sérieusement dégradé. J'ai appelé une prévisionniste au téléphone, qui m'a dit en gros "demain ce sera un peu moins bien qu'aujourd'hui...". Le soir à la télé, pareil ; ça va s'aggraver qu'ils disaient...
Mais ce matin, à 6h, nous avons enfin trouvé un prévisionniste sympa qui nous rassure un peu. Il parle de nette amélioration, et dit que malgré quelques pluies passagères cela sera tout à fait volable. Ouf !

Bref, il est 6h15, et on appelle les passagers pour Raiatéa. Nous embarquons dans un ATR 42, et de suite, j'attaque le steward pour une place en poste pour mon père. Cela ne marche pas pour le trajet entier en poste, mais c'est bon pour une visite en croisière ; toujours ça de pris. Lire la suite et voir les somptueuses photos

 

Juste pour le plaisir

Allez, en ces temps moroses où les buildings dégringolent à cause de fous, où les usines chimiques explosent (à cause de c...), où les hommes partent en guerre, je me suis dit que ces 34 Ko ne pouvaient faire de mal à personne...
C'est Papeete vue depuis 3500 ft en faisant une approche côté relief. Au loin l'île de Mooréa, distante de 10 NM au plus court. On voit nettement la piste de Tahiti Faa'a, construite sur des remblais.
C'était hier matin, et... c'était bon !
Bonne journée à tous,
Stéphan
Papeete, un patient dans la salle d'attente...
Septembre 2001


Le F-BXZX commence sa nouvelle vie à Tahiti

Après une traversée en pièces détachées, et un remontage couplé à une GV, le Cessna 172 immatriculé F-BXZX vole enfin dans le ciel de Tahiti.
Il a été acquis par l'aéroclub UTA de Tahiti Faa'a, pour venir remplacer un autre 172, mis dans l'eau en décembre dernier par un "cakou" super fort et très malin. (passages à très très basse hauteur, prises de photo par le pilote au dessus d'une palanquée de plongeurs amis, le tout avec 3 passagers, tout ceci ayant abouti à une perte de contrôle de l'appareil et une rencontre avec l'eau...).

Cet avion arrive de l'aéroclub de Chaubuisson à Fontenay-Trésigny et je sais que certains colibris ont quelques heures de vol sur ce sympathique oiseau, lequel ne chôme pas depuis sa remise en état, tant un avion de ce type faisait défaut, notemment aux élèves pilotes stoppés dans leur progression.

Le voici photographié depuis le parking "Whisky", celui de l'aéro-club UTA, avec en arrière plan l'aérogare internationale et le mont Aorai (2066m).

Souhaitons lui longue vie, et de beaux vols en Polynésie.

Stéphan - Octobre 2001
Qui devrait se faire relâcher dessus prochainement.

 

Maupiti, NTTP

La Polynésie Française possède environ 117 îles, un peu plus ou un peu moins selon les ouvrages et selon la façon de définir ce que l'on considère comme une île.
Pour ma part, après deux années d'un service militaire fantastique dans la Marine (j'ai rempilé volontairement pour 12 mois supplémentaires allez savoir pourquoi !) et maintenant 2 autres années de vie civile ici, j'ai eu l'occasion et la chance de fouler du pied 30 de ces joyaux. Plus que la très grande majorité des tahitiens, qui depuis les grandes migrations maritimes d'antan, sont devenus plus casaniers...

Si je n'aime pas classer par ordre de beauté les îles que je connais, il en est malgré tout une que je mettrais sans hésiter dans mon top 5 ; c'est Maupiti.
J'aime dire que Maupiti c'est la "Bora Bora des Schtroumfs". En effet, elle possède de nombreuses similitudes avec sa voisine (île haute déjà bien enfoncée, au large lagon, ceint de nombreux et larges motus et ne possédant qu'une unique "passe") dont elle partage l'origine géologique et historique, mais elle est nettement plus petite et moins haute.
Elle est par ailleurs bien moins connue et fréquentée que celle-ci, ce qui ne gâche pas forcément grand chose.

Dans quelques milliers d'années, l'île s'enfonçant progressivement dans le lagon, Maupiti et Bora deviendront des atolls, tout comme Scilly, Mopélia et Bellinghausen l'ont fait avant elles, et comme Tahaa, Raiatéa ou Huahiné le feront après elles. Puis quelques milliers de septennats plus tard, ce sera alors le tour de Tahiti et de Mooréa, bien plus jeunes car bien plus proches du "point chaud" de cette région, de s'enfoncer et de disparaître pour ne plus laisser qu'un atoll ; bande de corail circulaire entourant un lagon peu profond.
Quand on voit le prix de l'immobilier en Polynésie, on peut alors se demander si acheter un terrain ici n'est pas une dépense vraiment inconsciente...

Bon, profitons donc de la beauté de ces paysages tant qu'il en est encore temps. Par les temps qui courent, qui sait si ces îles s'enfonceront lentement au cours des millénaires ou si les hommes ne vont pas accélérer le mouvement...

 

La photo jointe est prise au niveau 055 lors d'un vol entre Bora et Maupiti. Elle montre le spectacle que l'on a eu lorsque après 5 minutes de VFR on top, au franchissement de quelques strato-cumulus nous ayant donné l'occasion de jouer avec l'ADF de notre C172, nous avons enfin reconnu la silhouette familière de Maupiti.
C'est peu dire que nous nous sommes régalés. Et là, entre mon copilote et moi-même, c'était la guéguerre pour savoir lequel tiendrait l'appareil photo au lieu du manche...
Nous sommes restés à 5500 ft jusqu'à la verticale, juste pour le plaisir de contempler le spectacle depuis cette hauteur. Nous avons clôturé le PLN avec Bora à la verticale, puis nous sommes descendus en auto-info, en tournoyant au dessus du lagon, de la passe, des motus, et du petit village en jouant avec quelques petits cumulus.

Et enfin, il a bien fallu revenir sur terre, non sans avoir fait une "verticale pension" pour avertir nos hôtes de notre arrivée.
En base main gauche pour la 08 je suis rassuré, car je vois un bateau démarrer et filer vers le motu de l'aéroport pour nous récupérer. En vrais "milliardaires" arrivant en avion privé, nous n'attendrons donc pas longtemps pour gagner le motu paradisiaque où nous passerons la nuit et troquer le "David Clark" pour un masque de plongée...

Stéphan - Novembre 2001
NTAA

 
 

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