Nous voilà de retour du raid Aéro Atlantique. Quelques considérations préliminaires qui ne se veulent pas critiques, mais ce sont les faits.
Considérations générales
Le Raid, qui existe depuis 6 ans, coïncidait cette année avec La Vuelta de Espana. Nos étapes étaient les mêmes, nos hôtels et les restaurants aussi.
Toute la partie intendance a été organisée par le Royal Aeroclub d'Espagne (RAE). Nous n'avons eu qu'à nous féliciter de la qualité de leur accueil et du choix de l'hôtellerie et de la restauration. L'aviation générale étant surtout le fait d'une frange très aisée de la population auquel s'ajoutait peut être un désir particulier de nous honorer, cela a été le grand jeu. Parador à Salamanque, hôtel 5* à Madrid.
Le raid réunissait 34 avions immatriculés
en F mais avec des équipages suisses et belges. La Vuelta comportait
30 avions dont deux F et deux I.
A cela s'ajoutaient un hélicoptère
de la police et un bimoteur de servitude CASA T19 B de l'armée de
l'air espagnole. Ce dernier transportait les organisateurs et le matériel
nécessaire aux épreuves de la Vuelta.
Tout ceci mis bout à bout devait faire autour
de 270 personnes.
Le Raid décollait le premier, suivi par
la Vuelta et atterrissait avant elle. Pour lui ménager le plus d'espace
temps possible, nos décollages commençaient à 9h,
par groupes de 4 appareils de vitesse homogène (finalement une fois
en l'air c'était chacun pour son compte). Ceci amenait à
des départs de l'hôtel à 7h 30 et petit déjeuner
à 7h avec des retours du restaurant la veille entre minuit et 1h
du matin (premier hic).
Au troisième jour il n'y avait plus grand
monde de fringant.
Des cars nous transportaient entre les différents
lieux. Ils ne voulaient démarrer les cars que complets et le remplissage
ne se faisait qu'au gré des arrivées et après que
nous ayons avitaillé. Pour les premiers arrivés (et montés
dans le car) cela faisait souvent des attentes de l'ordre de 45 minutes
à une heure, la température allant de 32° à 40°
après la première étape (second hic).
Il y avait un manque d'informations sur le programme
après atterrissage, du au fait que le Raid n'était pas chargé
de l'organisation, mais nos propres organisateurs ne m'ont pas sembler
chercher ou trouver l'information, que détenait pourtant un sieur
Quintana, annonceur le soir, des remises de trophées (troisième
hic). Georges ne manquerait pas de dire hic, hic, hic hourrah.
J'avais trouvé au départ séduisante l'idée de prendre nos repas avec les pilotes de la Vuelta afin d'échanger des idées sur l'aviation générale, mais cela ne s'est jamais produit. Nos préoccupations n'étaient pas les mêmes, arrivés les premiers au restaurant, nous nous sommes regroupés etc.
Les décollages se faisant par forte température
et sur de terrains étant entre 2500 ft et 3000 ft, il faut
être gentil avec le tagazou, une fois déjaugé, ne plus
tirer, prendre de la vitesse, se contenter de 200 ft/mn au vario avant
de tirer sur le manche.
A Madrid, lors d'un local, bien chargé,
cela m'a valu de me retrouver quasi verticale des axes de Getafe (aérodrome
militaire collé à Cuatro Vientos, mais inactif ce dimanche),
pour ne pas avoir voulu virer à trop grande inclinaison.
Peu d’incidents. Un équipage semble-t-il
récidiviste, ne maîtrisant pas l’anglais aéronautique,
donc ne répondant pas aux demandes du contrôle et de surplus
agissant à sa guise a été prié de partir le
dernier. Vexé il est parti, bon vent.
Il est à noter que le niveau d’anglais de
certains nous a semblé nettement insuffisant, le contrôle
étant obligé soit de répéter son message soit
de faire répéter celui de l’équipage.
Plus gênant, un Mooney s’est posé à Cuatro Vientos train rentré (sans panne à ma connaissance), dégâts matériels seulement. On est toujours surpris par ce genre d’accident, finalement relativement fréquent, surtout avec plusieurs pilotes à bord.
Le raid lui même
Première étape : De quelque part en France à Santander et La Morgal
En ce qui nous concerne le F-GDKZ a décollé
de Niort à 9h38 pour se poser à Santander 2h30 plus tard,
"on top" au FL 85 jusqu'à Biarritz après autorisation de
Cazaux, puis 2500 ft ensuite. Longue finale 29 au-dessus de l'eau. A peine
posés un grain passe et nous avons la surprise d'être les
premiers. Avitaillement rapide (ce sera le dernier).
Les autres arrivent petit à petit, les arrivées
s'échelonnant sur plus de 2h.
Le J3 parti de Nantes arrive avant le Mooney de
Max (l'organisateur) cloué à Biarritz par des problèmes
de magnéto. Déjeuner copieux à la cafétéria,
puis temps mort et briefing par Christian Rault qui ne fera jamais dans
le superflu. Nous recevons un numéro d'ordre qui nous permettra
de nous annoncer et nous avons la constitution des groupes.
Vol le long de la côte jusqu'à Gijon
(le pays de la Goutarde), au cheminées tourner à gauche et
voler à 500ft sol (pour ne pas couper une des approches de l'aéroport
d'Asturias) en suivant l'autoroute puis le terrain.
Parking au moteur et à la main. Les derniers
arrivés ont dû se poser vers 18h30.
La piste fait partie d'un ensemble omnisport (tennis,
piscine, golf, gymnase....) financé par la province des Asturies.
Attente de la Vuelta qui doit arriver à partir de 19h avec épreuve
de précision atterrissage qui se déroule malheureusement
à l'autre bout.
Beaucoup de monde et de journalistes. Arrivée
du bimoteur. Attente. vers 20h30 les cars nous emmènent à
l'hôtel à Oviedo, puis un quart d'heure plus tard, au restaurant.
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| Ls colibris du Raid : Alex, Stéphane,Alain Philippe, Louis et Corinne Collemiche, Philippe Doguin, Jean-Louis Lusteau,Alain Le Maréchal. | Arriver les premiers à Santander, ce n'est pas une bonne idée. On attend les derniers... | Colibris à Santander. Alain Le Maréchal à gauche, Pascal Rougier sans la barbe, Philippe Doguin avec la barbe. | Au parking à Santander |
Seconde étape : La Morgal - Leon
Petit déjeuner à 7h30, (dorénavant
ce sera à 7h), arrivée au terrain vers 8h 30.
Le plafond n'est pas génial disons 1500
ft. Notre vol est court, de l'ordre de 50mn, mais le trajet passe par un
col entouré de sommets à 7000ft et nous savons que de l'autre
côté c'est dégagé. Nous attendons qu'il y ait
des trous dans la couche, peu épaisse, pour passer au-dessus. Un
avion de reconnaissance avec un pilote qualifié IFR a décollé
et précise que c'est bouché. Les trous se font et se défont.
Ceux partis avant nous ont trouvé des passages, nous y allons à
notre tour. Celui qui est à gauche pour cette étape rate
la trouée, mais nous débouchons quand même. Superbe.
Ensuite survol du plateau et nous posons à Leon.
Les placeurs nous attendent et nous alignent impeccablement.
Avitaillement, long. Au lieu d'avitailler dans l'ordre d'arrivée,
le camion le fait d'une manière qui nous semble aléatoire.
Arrivée des bus, attente, départ pour l'hôtel, le magnifique
Parador de Leon, puis pour le restaurant. Ce dernier à l' écart
de la ville se présente comme une cave creusée dans une butte.
Sortie du restaurant vers 16h. On peut au choix, aller se baigner, visiter
la ville avec le car, buller à l'hôtel. Il fait très
chaud, l'immense majorité choisit la troisième solution.
Vers 20h30, départ pour le Royal Aéroclub
de Leon, situé en centre ville, avec piscine, tennis, restaurant
etc. 1500 membres, 50 pilotes. Nous rentrons vers minuit et demie.
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| Strip tease à Leon. Il fait très chaud à l'atterro. | De Salamanca à Cordoba | Bimoteur de servitude CASA T19 B de l'armée de l'air espagnole (transport des organisateurs et du matériel) |
Troisième étape : Leon - Salamanque - Cordoba
A 8h au terrain, briefing et début des décollages
vers 9h. Vol d'une heure sur le plateau avec une entrée par November.
Alain, le navigateur, s'est annoncé en avance (contre l'avis de
Philippe), donc à Octobre. Pas de problème pour N1 qui était
le stade. Cagnard, avitaillement. Cette fois ci pas d'attente de cars,
nous déjeunons sur place à la cafétéria. Il
y a une école de pilotage basée là, les élèves
aussi sont super galonnés.
Quelque courageux ont commandés des taxis
pour aller en ville malgré la chaleur étouffante. Les participants
sont vautrés dans les fauteuils ou sous les arbres.
16h briefing et en route pour le parking. Pascal
part à la recherche de Philippe toujours en train de buller, il
le retrouve à l'extérieur de l'aérogare.
Nous choisissons d'éviter des reliefs à
5500 ft. Sous nous se déroule un plateau aride avec des grandes
retenues d'eau, on croise un aigle. Les premiers sont arrivés, il
n'y a pas de contrôle et nous avons droit à l'annonce de QNH
variable de 1028 hpa puis de 1026 hpa pour se stabiliser à 1016
hpa dernier prix. Au sol la chaleur est étouffante, il doit faire
40°c. Avitaillement. Nous prenons le second car après une attente
d'une heure. Une quarantaine d'entre nous va à l'hôtel Alfaros,
une huitaine dans un second hôtel et trois enfin dans un dernier.
Nous commencons bien sur à aller à celui-là, qui bien
entendu est le plus loin. Il y un problème et nous attendons encore
une dizaine de minutes.
La piscine nous attend à l'Alfaros. Un peu
de repos et à 20h30 de nouveau les cars pour aller dîner.
Retour à l'hôtel enfin et dodoooooo.
Quatrième étape : Cordoba - Madrid
Décollage à partir de 9h. La seule
consigne : passer par TLD à 3000 ft (ce qui fait du 600 ft sol pendant
20 minutes) et maintenir jusqu'à Madrid en s'annonçant à
S.
Nous avons pris le chemin des écoliers pour
passer sur une série de grands lacs (recommandé par Stéphane),
superbe. Beaucoup de monde dans le circuit à l'atterrissage. Accueil
par le marshalling car avec sa pancarte "Siga me " et dé but d'une
très longue attente (50 mn) pour être avitaillés.
Buffet au Real Aeroclub de Espana installé
à l'aérodrome avec piscine et le toutim. Excellent buffet.
Alain en a assez et part en taxi pour l'hôtel.
Nous quittons le Raid nous défilant de la
soirée de clôture (Il paraît qu'ils sont rentrés
à 3h du matin !!), pour passer la soirée et la journée
du lendemain chez des amis d'Alain.
Le retour
Informations météo et plan de vol.
Un très gros orage est passé la nuit sur Madrid et il y a
des orages un peu partout. Les autres équipages du raid décident
de faire un grand détour par l'ouest. Nous partons pour Sabadell
où nous devrions déjeuner avec Jordi. Si nous ne traînons
pas il n'y aura pas de problème météo. Nous quittons
la fréquence de Cuatro Vientos pour passer sur une de celles de
Madrid Info qui nous demande respecter les règles VFR et de maintenir
3000 ft puis 4000 ft jusqu'à la sortie de sa zone (Teruel pour nous).
Nous les contactons alors et personne ne nous répond alors que de
notre côté nous entendons parfaitement les échanges.
Essai des diverses autres fréquences sans succès. Notre émission
serait elle en panne ? (la VHF de secours ne donne rien non plus). Décision
est prise de se dérouter sur Saragosse (il n'y a pratiquement pas
de terrains petits ou moyens) à 60 NM de là et finalement
nous renouons le contact avec l'approche puis la tour.
Avitaillement, casse croûte, MTO (très
aimable, consultation d'un prévisionniste). Nous prenons la décision
de rentrer directement, décidément il est dit qu'on ne pourra
déjeuner avec Jordi. Dépôt d'un FPL pour Arcachon avec
départ à 15h45. Après de nombreux appels à
la Twr qui n'avait pas reçu le FPL nous sommes "Autorizados al despegue"
à 17h !!!!!!
Retour sans histoire à Fontenay via Arcachon.
Conclusion
Quelques réflexions à l'usage des futurs participants.
- Rendons d'abord à Max Ozenne ce qui lui revient : c'est dans le but de favoriser l'activité aéro et plus particulièrement le voyage aérien qu'il se décarcasse pour ce raid depuis 6 ans (après bien d'autres actions et notamment à l'UR6). Ne serait-ce que de ce point de vue, l'action mérite d'être soutenue, les bonnes volontés ne sont pas si nombreuses.
- Malgré le nom de "Raid" c'est plutôt
d'un "convivial périple aérien" qu'il s'agit, "pour le plaisir
de piloter, naviguer et voyager au-delà des frontières en
découvrant des horizons nouveaux, ce qui permettra aussi de s'entraîner
à des vols internationaux, dans un décor inhabituel...".
Disons qu'il y a quelques contraintes de groupe
(normal, vu le nombre d'avions). Il faut ainsi accepter de se plier à
une organisation (sous-groupes avec un leader), ce qui a pour but notamment
de faciliter la gestion des vols et des avitaillements.
- Comme pour tout groupe organisé, il y a de bons côtés et de moins bons. L'organisation "clés en main" permet à tout pilote, même peu expérimenté, de participer (il n'y a pas de prérequis, hormis l'anglais). Il semble toutefois judicieux et logique qu'au moins un des membres d'équipage ait un minimum d'expérience. Il faut être au moins 2. Ceci dit cette année il y avait un J3 sans possibilité de mettre un second pax, mais c’était un pilote d’AF.
C'est donc à conseiller en priorité aux apprentis-voyageurs. Tout est facilité, du dépôt des plans de vol à la fourniture de la doc qui va bien en passant par les réservations d'hôtels (sans compter que c'est financièrement intéressant compte tenu des tarifs de groupe négociés). Pour exemple, cette année, environ 1 000 NM en Espagne, plus 400 en France, environ 6 000 F tout compris par personne (nous étions 3) avec un DR 400/160 pour 5 jours.
L'assistance technique comprend aussi un contrôleur et un PL, donc il est facile de poser toute question utile si besoin, c'est plus facile d'oser.
Sans compter les autres participants qui ont quelque expérience. Et les contrôles espagnols ont bien souvent fait preuve de beaucoup de compréhension...
Si on sait déjà faire, on peut se la jouer assez "cool" (enfin, relativement, comme toujours, quand on est en avion). Il y a aussi le côté sympa de se retrouver aux étapes, de se raconter ses vols, ses expériences, de faire des connaissances, prendre des contacts (Alain a d'ailleurs recruté des espagnols pour Fontenay-sur-Huîtres 2001...)
Le revers c'est que le groupe a une inévitable inertie, et cela donne de longues heures d'attente, un repos souvent insuffisant, un inévitable formalisme et une faible possibilité de s'évader de la ligne tracée. On peut toutefois s'égarer un peu entre 2 points (mais pas trop, on est toujours sous plan de vol).
De même on ne peut pas profiter des escales
hors des temps alloués, c'est à dire très peu.
Donc, en résumé, une bonne occasion
d'initiation au voyage pour les débutants ou un voyage pépère
ou d'entretien (si bonne météo) pour les plus aguerris.
Pour les autres ou les rétifs au collectif,
un voyage perso à un ou quelques avions permet sans doute de mieux
s'éclater (cf par exemple Anne-Céline, Jeff et Steven au
Maroc il y a quelques jours).
Alain Le Maréchal, Philippe Doguin, Pascal Rougier
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