Allons à la montagne (Juillet 2001)

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Recette pour aller à la montagne :
1) Munissez-vous d'un avion adéquat, en bois et toile, avec les ailes un peu cassées. Un joli Mousquetaire de quelques trente-cinq ans d'âge fera parfaitement l'affaire, surtout s'il est peint en blanc et bleu.
2) Trouvez un instructeur montagne du genre "Terreur des Alpages", celui qui ne craint pas de faire 15 heures de vol et 50 atterrissages dans le week-end
3) Embarquez un coéquipier léger, tente et sacs de couchage au cazoù, plus le précieux document recelant vos bottes secrètes pour chaque terrain (texture, aérologie, dangers...)
4) Priez Dame Météo pour qu'il fasse plus que moyennement beau. La montagne ne supporte pas la médiocrité, y compris en matière de météo, et pas du tout les orages.

Nous partîmes vendredi après-midi de Persan Beaumont, avec comme objectif de descendre le plus près possible des Alpes qui s'annoncent humides samedi matin, et orageuses samedi après-midi. On va où ? Pourquoi pas Pérouges ?
Va pour Pérouges, terrain en herbe à côté de St Ex. Petite nav sans histoire, visibilité suffisante pour se passer de carte, on navigue de ville en ville. La région lyonnaise vient d'être balayée par un énorme grain, mais qui ne nous empêche pas de poser et d'être chaudement accueillis par l'aéro-club. Le Gros Jojo une fois parqué sous la manche à air, le président nous emmène à l'Ostellerie du Vieux Pérouges où nous dormons au son discret des pattes de chat gambadant sur les gros pavés de cet village médiéval magnifiquement restauré.
  

Réveil et petit déjeuner sur la place du Tilleul. Se limiter à la dégustation des fameuses galettes de Pérouges serait dommage : le village vaut vraiment une belle promenade. Profitons de ce calme relatif avant le débarquement du premier car de touristes.

  
Pour savoir s'il fait un temps à voler, montons sur la tour de guet Ca a l'air potable vers le sud, ça tombe bien, c'est là qu'on voudrait aller ! Hortulus, jolis jardins géométriques Les toits de Pérouges vus de la maison des Princes de Savoie
Nous voilà partis pour les terrains du Vercors, car les Alpes du Nord sont encombrées de pluies et de nuages bas. Un petit tour à Romans pour prendre de l'essence - y'a personne, on n'en prendra pas ! - et surtout enlever les "godasses" du Mousquetaire (ses beaux carénages élégamment dessinés) pour les remplacer par de solides garde-boues qui protègent les ailes et les volets des cailloux.
  
Première étape (car il fait faim et l'omelette aux morilles n'attend pas) : le Col de Bacchus

Vidéo de l'atterrissage

Le vent du nord souffle déjà à 10kt, c'est limite pour se poser. Je suis à 130km/h plein gaz dans la dégueulante juste avant le seuil de piste ! Et il faut reprendre l'habitude de martyriser l'avion, remettre des gaz pour tenir l'arrondi, puis pleins gaz pour monter la pente. Ouf ! On est arrivés ! Après la traditionnelle omelette aux morilles, un tour au terrain voisin de l'Escoulin, un de mes préférés dans son écrin sauvage.

  
Un peu limite côté vent, mais avec l'expertise de l'instructeur et les 180cv du gros jojo, rien d'impossible Bon, maintenant on va chercher Faucon, pour se faire des sensations (35% de pente). Manque de bol, y'a un rassemblement de pilotes de montagne  et trop d'avions encastrés aile dans aile sur le parking pour espérer y caser le Mous :-(
Tant pis, ce sera La Motte Chalancon
Celui-ci a le statut d'altiport. Bien balisé, large, long, bénéficiant d'une carte VAC... mais attention aux rabattants le long de la falaise !

  
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Il est temps de nourrir le monstre qui a soif. Mais avant Gap, un petit détour par Nossage et Bénévent Le frein gauche refuse du service et le Mous revient de loin, il a failli faire un cheval de bois lors de l'atterro vent de travers. Mais le paysage de la montagne de Chabre valait bien cette petite frayeur. Même ce gros jojo se sent tout petit face aux immenses variations paresseuses du ciel.

  
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A Gap nous allons tenter de réparer, mais l'accueil est si moyen (pas cool les paras) que nous nous éclipsons vers Barcelonnette. Longeons le lac de Serre Ponçon puis la vallée de l'Ubaye à 6.000ft avant de trouver le terrain et d'emmancher la vent arrière. Accueil adorable de Gontran, dîner délicieux au restaurant Le Planeur, gros dodo dans les dortoirs et réveil le lendemain sous un ciel de vacances heureuses. Joli Mooney sur fond de remorques où les vélivoles, essentiellement allemands, s'affairent déjà à remonter leurs planeurs.
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