Une menace venue du ciel
Nous
l'observons suivons depuis quelques temps déjà, essayant de
prévoir ses moindres faits et gestes ainsi que son humeur à
venir. Il nous a déjà obligés à déplacer
nos avions sur une autre île. Il se prénomme Ivan : non, ce capricieux
n'est pas le Directeur de l'Aviation Civile aux Antilles-Guyane, mais le cyclone
de catégorie 3 qui passera sur notre archipel dans les prochaines heures...
Il
y a quelques jours, le National Hurricane Center de Miami faisait passer son
oeil en plein sur la Martinique, ce qui a motivé notre décision
de convoyer les avions vers une île à l'abri de ses vents de
100 noeuds. Hier donc, alors que la trajectoire estimée le faisait
passer plus au sud et que la préalerte cyclonique était déclenchée
en Martinique, nous avons décollé en direction d'Antigua, qui
serait apparemment épargnée par les vents de tempête.
Nous étions 4 pilotes : 1 en BN2 Islander, 1 en Piper Saratoga, et
2 en Cessna 172 (dont moi). Après environ 1h30 de vol avec une météo
magnifique caractéristique des prémices d'un cyclone, nous avons
atteint notre refuge. Nous sommes ensuites redescendus en Martinique avec
le Saratoga (3 d'entre nous ne pouvaient pas rester sur place) qui est reparti
à Antigua en fin d'après-midi.
Aujourd'hui mardi, après avoir envoyé plusieurs avions de reconnaissance
au coeur du phénomène, les prévisionnistes américains
continuent d'infléchir la trajectoire d'Ivan vers le sud. Alors que
l'île est en alerte (ce qui signifie interdiction de circuler, toutes
activités suspendues), nous nous préparons à la tempête
qui devrait toutefois être modérée pour nous, contrairement
à nos voisins de Grenade et des îles Grenadines...
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| 1500
ft au nord de la Guadeloupe |
Les
2 Cessna 172 à Antigua
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Les
avions regardent l'océan |
Le
BN2 à Antigua |
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| Redécollage
direction la Martinique |
Le
Saratoga |
7500
ft au-dessus du grand bleu |
Hélice
enlevée, avion amarré, on espère qu'il résistera
! |
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| Ca
se gâte |
bah
voilà : un 172, un compas, une montre et un GPS, que vouloir de
+ ? |
ombres
et lumières au large de la Dominique |
Melville Hall, côte Est Dominique. Rassurez-vous, l'atterrissage
se fait FACE à la mer, ce serait trop facile sinon |
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| Ca
me rappelle la Bretagne, pas vous ? |
Un
peu bas là... |
Ca
passe pas à gauche ? Eh bien on va à droite ! (ou : histoire
d'un changement de cap) |
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Après le passage de l'ouragan Ivan sur le sud de l'arc antillais -
la Martinique a donc été épargnée - il fallait
bien repartir en direction d'Antigua afin de récupérer nos machines
ailées.
Ceci m'a donné l'occasion de piloter pour la première fois le
PA32 et ceci sans préliminaires : mise en route-roulage-essais-décollage-réductions-croisière
: à 140 kts (oui Joël, on avait du vent arrière) et sans
connaître le pas variable, tout s'accélère soudain !
Evidemment, la météo se faisait moins clémente qu'avant
le passage du cyclone. Comme toujours dans ce cas, le GPS était de
rigueur, en bonne place à côté du compas (non, il ne lui
a pas fait perdre la boule !).
Malgré une couverture nuageuse assez imposante, pas de souci, encadré
par les 3 collègues à bord des autres avions de la flotte. Il
n'y avait apparemment pas la même ambiance plus haut où un Speedbird
à l'accent très british faisait une partie de cache cache avec
les cunimbs et le contrôleur comme arbitre !
Benoit
(Skydig) - TFFF