Jeudi 17 octobre 2002. 5h TU, nous
décollons de Pointe-Noire (Congo) avec le Rallye MS 893E immatriculé
TN-AFO de l’aéroclub en direction de Libreville (Gabon) - 400 NM
en 4 heures.
Nous sommes accueillis par un représentant de la NAC petite société d’aviation locale. Nous avions fait sa connaissance quelques semaines auparavant sur le tarmac de Pointe-Noire : un Antonov 12 avait tordu l’empennage arrière de son Beech 1900 et il nous avait demandé l’autorisation de le garer à l’ACPN en attendant la réparation. Comme quoi certaines rencontres se révèlent d’admirables coïncidences.
Après les formalités d’usage, nous garons FO à l’aéroclub. Je téléphone à JP Deruick, instructeur et responsable du club pour le prévenir de notre arrivée et nous suivons ses conseils pour parquer notre avion de façon à ce qu’il ne souffre pas d’une tornade éventuelle.
Emmanuel B., un ami de Pointe-Noire muté à Douala, qui assure notre hébergement chez lui, nous rejoint et nous aide à faire les pleins en allant remplir les bidons à la station Total la plus proche. Pas d’Avgas sur le terrain. Il m’avait même envoyé deux gardiens pour surveiller l’avion.
Soirée sympa, bon resto (viande extra attendri à la papaye) chez le Suisse de Serento, avenue de Gaulle, pour ceux que les bonnes adresses intéressent !
Vendredi 18 octobre.
Une bonne nuit et nous voilà
repartis. Pour l’aéroclub tout est en ordre.
Moteur en route, la tour nous oblige
à regagner le parking principal. Toutes les formalités sont
faites pourtant ! Nous en profitons pour revoir la météo
: il pleut, le plafond ne dépasse pas 100 m. Nous demandons à
nouveau la mise en route. C’est OK « rappelez point d’arrêt
piste 12 ». Nous décollons à 10 h 30 vers E1 et EDEA.
Nous sortons des nuages 20 NM plus loin avec un beau soleil vers 3500 pieds.
Nous montons vers le niveau 55 en direction de Tibati. Un grand lac nous
indique que nous suivons la bonne route. Aucun souci pour la nav avec 3
GPS embarqués, pas de problème !
La gestion carburant et stricte toutes
les demi-heures nous alternons les réservoirs.
Nous avions décidé
de nous poser soit à Ngaoundéré soit à Garoua
pour refueler avec les 50 litres embarqués, mais passé travers
ces deux aéroports sans avoir asséché l’un de nos
réservoirs, nous n’avions plus aucune crainte de faire ce vol en
direct sur Maroua que atteindrons en 5 h 10.
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Nous sommes un surpris d’être les premiers arrivés. Renseignements pris, les 17 avions du raid sont bloqués à Niamey faute de carburant : le camion-citerne avait disparu avec son contenu. Dur, mais c’est l’Afrique !
Il fait très beau et la chaleur
37° est très sèche ; ça nous change de notre climat
humide. Nous sanglons les ailes sur deux blocs de bétons. Charles,
le contrôleur, nous conduit avec sa voiture en ville qui se trouve
à 25 km de là.
Entre-temps, nous réussissons
à prendre contact avec Virginie, qui travaille pour une ONG ASI
et qui s’est occupée de la logistique du raid sur place. Elle nous
conseille de coucher à l’hôtel «Porte Mayo» :
petites chambres climatisées du style de la région. Après
une bonne douche et un bon souper, nous avons passé une très
bonne nuit.
Samedi 19 octobre. Nous louons un 4x4 avec chauffeur ; nous avions le projet de visiter un site montagneux sur lequel sont implantés des villages primitifs : Ron Sinky. Mais nous préférons finalement nous occuper des pleins. Notre chauffeur nous trouve à titre de prêt des jerricans pour remplir 200 litres toujours chez Total. L’avion accepte 180 litres. Il nous restait donc encore 20 litres par aile soit une heure de vol : ça rassure Johan, un peu inquiet de voir les aiguilles un peu basses.
Nous apprenons que deux avions du raid, TJ et NJ, arrivent. Super, nous ne sommes pas venus pour rien : mes amis arrivent.
Revenus sur Maroua, nous allons au domicile de Virginie pour connaître le programme : accueil des équipages faisant la moitié retour du raid et qui arrivent en taxi-brousse de Garoua car leur avion de ligne en panne a shunté l’escale de Maroua : c’est l’aventure Patron ! Vers 14h30, accueil des sept personnes arrivant de Niamey en avion.
Nous nous proposons de récupérer
les équipages des deux avions pendant que Virginie restaure les
nouveaux arrivants.
Nous en profitons pour faire le
plan de vol de retour du lundi 21. Nous demandons d’avancer d’une heure
l’ouverture du terrain. Tout s’achète ! Coût : 10 000 francs
CFA soit 15.24 euros.
En attendant je suis interpellé par un Camerounais d’une vingtaine d’années qui se prénomme Victor. Il me demande d’où je viens. « Je viens de Pointe Noire. » - « Mais je connais ; mon ami directeur d’une société de fabrication de pneus de vélo qui travaille de temps en temps sur Pointe-Noire ! » - « Son nom ? » - « Christian F. » - « Mais je le connais ! » - « J’ai même son numéro de portable ». Je l’appelle donc... Rendez-vous est aussitôt pris : il nous attend pour dîner chez lui lundi soir. Incroyable !
Les voyageurs de taxi-brousse nous
rejoignent à l’aéroport de Maroua sur le stand Castel, préparé
pour l’occasion.
Nous retournons à Maroua
déposer nos bagages chez Virginie et nous prenons la route avec
un minibus et deux 4 x 4 pour Wasa, une réserve que nous atteignons
au bout de 2 h 30.
Là, un bivouac sous tente
et deux méchouis nous attendent. La soirée est bonne mais
la nuit est moins facile ; c’est du camping !
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Dimanche 20 octobre.
Après le petit déjeuner,
nous visitons la réserve jusqu'à midi. Nous y voyons beaucoup
d’oiseaux, de cigognes noires, des autruches, des antilopes « Damalisque
», des girafes, des phacochères, et des singes. Spectacle
époustouflant !
Seuls les lions et les éléphants
manquaient à l’appel, probablement dissimulés au milieu des
hautes herbes.
Pour dîner un camp de l’autre
côté de la route, accroché sur le flan de la montagne
avec une vue imprenable sur la plaine.
Retour sur Maroua avec quelques haltes
pour photographier les villages typiques et la beauté du paysage
sous un ciel d’un bleu limpide.
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Nous nous installons au Sahel Hôtel pour notre dernière nuit à Maroua avec les membres du raid. Nous dînons ensemble à la Porte Mayo. Dîner d’adieu en quelque sorte puisque nous reprendrons tous des directions opposées. Couchés vers 23 h pour se lever à 5 h 30 demain matin : il ne faut bas blaguer avec les facteurs humains !
A l’entrée, Victor m’attendait pour m’expliquer qu’il avait tenu un rôle important dans le film « Le Maître des Elephants » de Patrick Grand-Perret, avec Jacques Dutronc. C’était lui le petit sauvage. En fin de compte, comme il m’avait aidé en me donnant le numéro de téléphone de Christian F., il voulait que je l’aide à obtenir un visa pour la France.
Lundi 21 octobre. Notre taxi est
à l’heure ; nous aussi. Nous sommes au pied de FO à 6h30
pour une visite prévol minutieuse. RAS.
Charles, le contrôleur, est
bien là et nous décollons à 7h locales. Le temps est
un peu voilé avec un bon vent qui nous pousse en montée 120
mn/sol. Super, pourvu que ça dure !
Nous montons au 65 puis au 75 au
changement de cap. Super vol jusqu’à Douala avec beau temps jusqu'à
l’arrivée. 4h10 de vol : le vent nous a été favorable
tout le temps.
Nous garons à nouveau FO au
club après le passage obligatoire sur le parking principal.
Manu vient nous chercher : il assure
une fois encore le gîte et le couvert. Après le dîner,
petit sieste bien méritée ! Toutefois interrompue par Manu
qui tient à nous montrer le Mont Cameroun qui, fait exceptionnellement
rare, n’est pas enveloppé de nuages cet après-midi là.
Requinqués, nous repartons sur l’aéroport pour préparer notre départ vers Libreville et Pointe-Noire le lendemain matin de bonne heure : paiement des taxes AD C et ASECNA, plan de vol signé par l’autorité aéronautique compétente, tampon de sortie sur nos passeports. Ca nous a pris trois heures mais sans aucun soucis. Nous repartons chez Total pour les pleins que nous effectuons dans le noir : la nuit tombe vite. Vers 19h tout est enfin OK.
19h30 : nous avons rendez-vous au bar du Méridien avec Jean-Pierre V., un ancien membre de notre club travaillant désormais sur Douala et avec qui j’avais perdu le contact depuis plus d’un an. C’est dans une discussion avec Flo et Manu que j’ai appris qu’il était sur place et Flo avait même son numéro de téléphone ! Il a été très surpris de nous voir arriver avec le Rallye qu’il connaît si bien pour avoir souvent volé avec lui.
Christian F. nous rejoint pour nous
emmener chez lui. Jean-Pierre et son collègue nous accompagnent
en remplacement de Manu et Flo indisposés.
Nous avons passé une super
soirée : Marie une Equato-Guinéenne nous a préparé
une « chicken soupe pépé », soupe médicinale
très goûteuse aux vertus revigorantes à base d’épices
dont le pépé, épice local. La viande du Cameroun est
très bonne. Couchés à 23h, raisonnable !
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Lundi 21 octobre. Réveil à 6h. Il pleut.
Nous arrivons au club vers 8h. Notre
plan de vol était prévu pour cette heure-là. Petit
saut au parking principal, météo le reste est fait.
9h décollage avec un temps
un peu meilleur.
Nous montons au 45. Super, il y fait beau et le vent nous est favorable 105 à 115 mn. Nous arrivons à Libreville après 2h10 de vol. Nos amis ne sont pas là, boulot oblige.
Le plein de 100LL ne posant pas de
problème, il est fait avec le plan de vol en 1h15.
Nous montons au 75, le vent nous
est favorable pour une fois, habituellement nous l’avons de face. Quelle
aubaine ! Nous survolons beaucoup de nuages ainsi que quelques CB isolés
que nous contournons. 3h45 plus tard, nous avons rejoint notre point de
départ.
Bilan : 22 heures de vol inoubliables,
6 jours de rêves bien remplis. Reste à organiser une soirée
au club pour nous raconter et montrer nos 200 photos et boucler ce récit
pour vous faire partager notre agréable aventure
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Jean Marie & Johan.
Aéro-club
Pointe Noire, Congo