OUARZAZATE

Nous quittons la fraîcheur délicieuse de l'Atlantique pour les 50° et les tempêtes de sable du désert. Cap sur Ouarzazate, ville au sud de l'Atlas qui nous servira de base pour découvrir les gorges du Dadès, du Todra, les dunes de Merzouga et bien sûr le terrain de Zagora.
 

Au parking
Comme on part pour le désert où il fait très chaud, on veut décoller très tôt. A 7 heures on est au terrain, mais on est bien les seuls ! Par un miracle que la science n'a pas encore expliqué, Anne-Céline arrive à joindre la tour de Marrakech avec le portable de Jeff, à déposer un plan de vol et à prendre la météo... par téléphone. Ce qui au Maroc est un EXPLOIT ! Mais bon, y'a personne à Essaouira pour encaisser la taxe... Le commandant de la base militaire de Marrakech himself nous rappelle pour nous interdire de décoller avant l'arrivée du contrôleur, prévue pour 8h30 (pas avant, parce que le contrôleur attend son chauffeur !)
Tant pis pour nous...
Commence l'attente, Anne-Céline conservant une attitude digne et lettrée, pendant que Jeff se répand de désespoir sur la ligne jaune.
Malgré les apparences, l'équipage du F-BB est extrêmement professionnel et met ces minutes d'attente à profit pour tester la radio chancelante de l'avion. Imaginez la scène, Anne-Céline avec la VHF portable au seuil d'une immense piste déserte en train de gueuler à Jeff "J'entends rien" pendant que celui-ci tripote désespérement les boutons du tableau de bord (parce que lui entend très bien). Enfin le contrôleur arrive, avec l'encaisseur de taxe, et on finit par décoller vers 9h. Il fait déjà plus de 30°. On va survoler Essaouira avant de mettre le cap sur Ouarzazate. Il faut passer l'Atlas à plus de 7.500ft et le F-BB y regarde à deux fois. La température d'huile monte au point de nous imposer de languissants paliers. Après deux heures de vol  particulièrement désertiques au sud de l'Atlas (rien en dessous, plus de contact radar, plus de contact radio avec Casa Contrôle), c'est presque un soulagement d'entendre le contrôleur de Ouarzazate appeler F-BB afin d'évacuer le seul trafic de la journée et de retourner se coucher. 3 km de piste pour nous, ça devrait aller. Par contre les 42° à la sortie de l'avion, dur dur.
L'aérogare de Ouarzazate a connu des jours meilleurs. Quelques ombres errent dans les locaux décatis en attendant que tombe du ciel un hypothétique avion. Eh bien nous voilà ! Miracle du plan de vol, un intermédiaire en location de chars à boeuf s'est téléporté à l'aéroport pour nous louer une magnifique Fiat Uno 4x4 ( 4 portes et 4 roues). Et nous voilà partis sur la route du désert, vers l'est et Erfoud que nous allons rallier après quelques 350km de route goudronnée.  Les gorges du Dadès, célèbres pour leurs curieuses concrétions et leur mirifique palette de couleurs. Tout au long de la route, des maisons en pisé ocre, des ksour (villages fortifiés) qui  cachent leur teinte rouge dans le paysage assorti. Y'avait un point de vue pour admirer, on ne s'en est pas privé !
Palmeraie dans les gorges du Todra. En remontant vers la source du Todra, l'oued est complètement encaissé entre des pans de montagne à pic. En ce vendredi soir de nombreuses familles marocaines viennent profiter de la fraîcheur des gorges pour discuter, se tremper les pieds, laver la voiture dans l'oued... ...ou jouer ! Encore un coucher de soleil !
Sur la route du désert, celui-là.
On atteindra Erfoud après la tombée de la nuit, ce qui nous permettra un luxe inusité : faire la planche dans la piscine sous le ciel étoilé.
Couchés à minuit, le réveil à 3h est un peu dur. Surtout pour se taper une heure et demie de piste dans notre super Fiat pas du tout 4x4 avant d'arriver aux portes du désert marocain, pour voir le soleil se lever sur les dunes de Zagora. Le soleil se lève effectivement vers 4h30.
Par contre, il a un peu oublié les couleurs. Le noir et blanc c'est pas mal, mais sur les dunes orange ça a failli manquer de charme.
Encore morte de rire... Enfin, on a quand même trouvé ça très beau et un peu dérangeant.
Le mystère du soleil qui décide de se lever gris là où vous l'attendez assorti à l'orange des dunes, le silence absolu, les traces sur le sable dont vous ne savez si elles sont scorpion ou gerboise...
Une demi-heure après le lever du soleil, le vent de sable s'est levé comme un forcené, ravageant la peau et les appareils photo.
Steven s'est laissé aller à moultes cabrioles dans les dunes et en perd ses baskets.
Le désert, c'est magique !
Allez, on se fait plaisir avec quelques belles images... Nos traces de pas sur la dune ont vite été effacées par le vent. Mmmmmm... T'as vu la tronche des nuages ? Il n'est jamais que 5 heures du mat, ça promet.

 
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