Le lendemain matin, le ciel bleu est à nouveau au rendez-vous
et c'est encore une journée très ensoleillée qui s'annonce.
Nous prenons un petit déjeuner fort copieux dans le jardin tout
en savourant pleinement ces instants bien agréables. Deux jeunes
polynésiens nous amènent à l'aéroport en bateau,
puis s'en retournent sur l'île. Nous sommes alors seuls sur le tarmac,
dans un silence total juste troublé par le grondement des vagues
qui se brisent sur le récif.
Ces instants sont magiques. La météo est au top, la température
pas encore trop chaude à cette heure de la journée, le cadre
est grandiose ; que demander de plus. Sans empressement, nous préparons
avec minutie notre avion. L'autonomie est soigneusement vérifiée,
et à nouveau concordante avec nos calculs. Nous décidons
de faire route sur Bora pour un dernier touché, avant le retour
sur Raiatéa.
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Le décollage se fait à nouveau en 08 et à 500 ft, je vire à droite afin de refaire un tour de l'île. Deux raisons à cela ; la première, c'est que c'est beau, et la deuxième, c'est qu'il nous faut monter un peu en restant au-dessus de Maupiti avant d'espérer capter Tahiti Contrôle pour activer le plan de vol. Nous repassons au-dessus de notre pension de famille, puis à la verticale de la piste. Sur Tahiti Contrôle j'entends un ATR qui est dans la région, mais je ne capte pas le contrôleur qui lui est à Tahiti. Tant pis, j'essaie Bora Bora, rien non plus ! Du coup je vérifie la radio et j'espère que je n'ai pas tripoté par mégarde ces foutus boutons "speaker, phone". Finalement je tente d'appeler la tour de Raiatéa, et là, je reçois le contrôleur comme s'il était à côté de moi. Il appelle Bora au téléphone, et me dit de les rappeler dès maintenant. Le contact est enfin établi avec Bora ; nous sommes les seuls dans le coin pour l'instant, et il devait être parti en pause café !
Il me demande de rappeler en vue ; elle est bonne celle là, mais
par un temps comme ça on voit presque l'Australie, alors bien sûr
que je suis en vue. "Bon, hé bien rappelez-moi pour descendre."
Pour le plaisir des yeux, nous montons à 5500 ft, puis nous
nous laissons descendre sur une très longue finale 11. Nous sommes
autorisés au toucher très tôt car nous sommes les seuls
dans le circuit. Le temps est magnifique, Bora rien que pour nous ; le
grand pied !
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Après le toucher, nous remettons le cap sur le nord de Tahaa,
et de là, nous redescendons sur Raiatéa pour un complet.
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Au parking de l'aéro-club, nous retrouvons le président
et l'instructeur quittés la veille. Ils lisent dans nos yeux que
nous sommes repus de beaux paysages. Eux, ils volent ici à longueur
d'année, mais malgré tout, ils ne semblent pas s'en lasser.
Nous échangeons quelques anecdotes sur la région et sur l'histoire
du Novembre X-Ray. Il en a fait cet avion ! Il s'est même posé
il y a quelques années sur le terrain désormais abandonné
mais encore visible situé sur le motu Naonao, tout au sud de Raiatéa.
Le président du club, à la retraite maintenant, était
entrepreneur, et il s'est lui-même longtemps servi de cet avion pour
se rendre sur des chantiers à Maupiti ou Tupaï, à une
époque où les transferts inter-îles n'étaient
pas faciles.
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Voilà, c'est ainsi que s'achèvent 3h18 de grand bonheur. Le retour sur Tahiti se fera en ATR42, sans pouvoir aller visiter le poste, mais bon, nous avions eu notre dose de spectacle aérien !
Il me tarde de retourner un week-end à Raiatéa, de retrouver "Novembre X-Ray" et d'évoluer à nouveau dans ces paysages splendides, ne serait-ce que pour me confirmer que je n'ai pas rêvé !
Stéphan Tessede
NTAA
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