Cette île a été achetée depuis peu par le
Territoire (donc par le contribuable) pour le bonheur des autorités
locales et de leurs hôtes de marque (Toubon, Perben, Christophe Lambert
pour ceux dont je me souviens) . Il a été décrété
que le bas peuple n'avait pas droit de cité sur cette terre qu'il
a pourtant payée... Et même si beaucoup de gens prennent les
pilotes privés pour des nantis, ils ne sont pas encore jugés
assez chics pour avoir accès à Tupaï et malheureusement,
la piste n'est pas ouverte à la circulation aérienne publique.
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Je me console cependant en regardant depuis 1000 ft ce magnifique endroit. Les cocotiers y sont superbement entretenus, une route en soupe de corail bien propre mais trop rectiligne à mon goût s'étend du nord au sud du motu principal.
Le tour de Tupaï effectué, nous mettons le cap au 235, pour parcourir les 26 petits NM qui nous séparent de Maupiti (NTTP), nettement visible par cette superbe journée.
Je monte jusqu'à 3000 ft au milieu des quelques rares cumulus
présents. Et dire qu'hier la météo annonçait
un temps médiocre !
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Maupiti est une petite île splendide, qui séduit tous ses
visiteurs. A l'écart de Bora, plus connue, elle ne bénéficie
pas de la renommée de sa voisine, mais pourtant, sa visite s'impose
à tous ceux qui souhaitent découvrir une île authentique,
polynésienne, et sacrément belle. J'ai pour ma part surnommé
Maupiti la "Bora Bora des Schtroumpfs". Il est vrai qu'elle lui ressemble
beaucoup, le lagon est magnifique, entièrement ceint par de larges
motus. Le tour de l'île principale ne fait que 9km, et le petit village
sympathique est surmonté par une falaise abrupte qui lui apporte
une ombre bienfaisante passé 14h.
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Maupiti fait partie de ces petites îles possédant une piste
qui n'est visitée qu'une à deux fois par semaine par les
ATR d'Air Tahiti. L'île se situe en dehors de la CTR de Bora Bora,
mais n'est accessible aux VFR que lorsque la tour de Bora est active (c'est
à dire presque toujours). Maupiti possède une fréquence
propre très calme d'ordinaire, qui ne s'active que lorsque les ATR
viennent, et sur laquelle l'agent Afis donne les paramètres. Un
ATR arrivera dans deux heures d'ailleurs, mais je ne pense pas que l'agent
est là. Libéré par Bora, je fais de l'auto-info consciencieusement
en annonçant ma verticale à 1500 ft dans deux minutes, et
quelle n'est pas ma surprise d'entendre 1 minute après mon message
: "Novembre X-Ray Iaorana ! La 08 en service, dernier vent du 040
pour 8kt, QNH 1012, tu rappelles en base." Alors là je suis épaté
! Hé bien c'est bien sympa tout ça, même l'Afis est
là pour nous accueillir. Avant de nous poser, nous faisons à
nouveau un tour de cette petite merveille. J'avais prévenu par téléphone
la propriétaire de la pension qui nous hébergera que nous
ferions un tour avant de nous poser afin de nous signaler. En effet, à
Maupiti aussi, la piste est sur un motu isolé (elle déborde
même sur l'eau), et lorsqu'on arrive, il faut gagner l'île
principale en bateau... ou à la nage !
Arrivé en base, je rappelle l'Afis, et je lui annonce que nous
refaisons un tour, car le paysage est trop beau. Il se marre, nous dit
de bien en profiter et de rappeler en base.
C'est la première fois que je reviens sur Maupiti depuis le terrible
cyclone qui l'avait frappée en novembre 97. Les photos aériennes
d'alors prises par un Gardian de l'Aéronavale étaient stupéfiantes
pour ceux qui connaissaient l'île auparavant. Il n'y avait pas eu
de mort, mais l'île avait été complètement dévastée.
Depuis la nature exubérante des tropiques a repris ses droits, mais
les maisons anticycloniques (et électorales...) qui ont fleuri un
peu partout sont moins pittoresques que les "fare" traditionnels.
Malgré tout, je fais un arrondi plus qu'honorable. J'en suis tout heureux car il n'y a pas si longtemps, je n'arrivais pas à poser autrement que violemment ces foutus Cessna à ailes hautes et sans effet de sol alors que je n'ai jamais eu de gros problèmes avec les DR400.
Nous regagnons le parking, là encore en prenant soin de nous
ranger de façon à ne pas gêner l'arrivée de
l'ATR42 qui va arriver dans une heure. Nous trouvons notre sympathique
agent Afis, assis à l'arrière d'une camionnette bâchée
avec ses deux neveux. Il était à la pêche en bout de
piste lorsque tout surpris il a entendu notre message sur la fréquence.
Il nous présente son matériel ; il est Afis, pompier, chef
d'aérodrome, et simple pêcheur le reste du temps !
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