Je suis monté dans le "Concordsky"

Le week-end dernier, j'ai profité d'un temps splendide et de mon état de célibataire géographique (situation tout à fait provisoire) pour  monter dans
le "Concordsky".

A 150 km de Strasbourg, direction Heilbronn par autoroute, le Musée des Sciences et des Techniques de Sinsheim, en Allemagne fédérale, propose une belle collection de voitures, motos et avions qui ont connu leurs heures de gloire et, parmi ceux-ci,  un des 17 exemplaires du Tupolev 144 construits, frère jumeau adultérin du Concorde surnommé  "Concordsky".

Après 10 ans d'âpres négociations et un transport par voies fluviale, maritime et routière de 4000 km depuis Moscou, leur dernière acquisition, le TU-144, y est exposé depuis près d'un an.
 
 
Vue de profil du TU-144 installé en hauteur en position de décollage. Vue de 3/4 avant. Vue de 3/4 avant rapprochée.

Ce qui frappe en le voyant de loin, c'est cette impression de mouvement, comme s'il avait été saisi à jamais dans cette phase de décollage. Lorsqu'on arrive à proximité du site de l'exposition statique, c'est un appareil qui "dépareille", en tout cas qui se distingue largement des autres. Le fait de l'avoir installé en hauteur, sur trois pylônes, nous donne ce recul suffisant qui nous permet d'apprécier son élégance, sa finesse, sa race, si j'ose dire. Et on ne peut rester insensible à cette merveille de technologie
humaine en avance sur son temps.
 
Vue du nez et des moustaches dont on distingue les volets. Vue sous le ventre et du train principal. L'accés visiteur se fait par un escalier en colimaçon se trouvant à l'arrière de l'appareil. En regardant la taille du train d'atterrissage par rapport aux trappes et la largeur des compartiments, je me demande comment il faisait pour s'escamoter.ue de 3/4 avant. Vue inférieure sur le train avant.
Vue de l'arrière qui met en évidence sa finesse et son élégance. Prises d'air.

On y accède par la porte arrière, via un escalier en colimaçon. L'intérieur est très soft, très propre. Il y règne une atmosphère calme et paisible. Les visiteurs conversent à voie très basse, comme s'ils apportaient une touche supplémentaire de respect à l'intérieur d'un sanctuaire. Des mains courantes ont été installées pour nous permettre de nous tenir en nous déplaçant. Ce qui surprend c'est la petite taille des hublots. L'intérieur a été débarrassé de ses sièges à l'exception de six vers l'avant. Le TU-144 pouvait transporter 135 passagers, ce qui peut paraître peu pour un appareil aussi rapide.
 
Les sièges ont été enlevés et remplacés par des mains courantes pour permettre aux visiteurs de se déplacer dans le couloir (compte tenu de l'inclinaison de l'appareil). Les parois sont protégées par des feuilles de
plastique.
On a conservé quelques sièges de la section avant. Vue la séparation, je suppose que cela devait correspondre à la première classe. Les sièges sont protégés par une vitre en plexiglas. Le poste de pilotage. Une séparation nous empêche d'aller plus loin.
L'intérieur semble plutôt "rudimentaire".

On arrive enfin au poste de pilotage, mais, malheureusement, sans doute afin de la préserver d'éventuels "collectionneurs", on ne peut y accéder. Une porte en plexiglas située cinq mètres avant, nous empêche d'aller plus loin.
 
Les "commodités". Ici se préparaient les plateaux-repas et les boissons. Les hublots sont petits (25x15, environ).

C'est une visite qui vaut le déplacement car il n'y a pas que le TU-144 à voir. Si vous passez dans la région et si vous vous déplacez en direction de Francfort en venant du Sud, prenez la direction de Heilbronn, Sinsheim n'est pas très loin.
 
 
Vue extérieure vers l'avant. Vue de la queue et de la gouverne de direction. Plan d'accès pour Sinsheim.

Et pour les internautes fanas du TU-144, il est possible d'en acheter un aux enchères. Voici l'annonce (non traduite) :

CONCORDSKY FOR SALE ON THE INTERNET
For sale: Soviet-built supersonic Tu-144 jetliner. Top speed 1,650 mph (2,673 kph), seats 135. Low miles. Price $10 million or best offer. The plane is nearly 20 years old, but was fully refurbished for high-speed flight testing by NASA four years ago and would make a stunning executive jet or, more realistically, a spectacular flying billboard for corporate advertisers.

Guy Crivello

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