| |
Salut à tous et bonne année
2004 !
Jai été frappé d'apprendre le crash d'un Cheyenne
à Toussus hier soir. C'est un très bon avion sur lequel
j'ai eu la chance de faire quelques vols durant ces vacances de Noel en
tant que copilote, sur le trajet entre la Suisse et Cannes.
Ci-jointes quelques photos prises le 22.12.2003. Nous partons avec le
Cheyenne HB-LTI du petit aérodrome suisse des Eplatures (LSGC)
perdu dans les hauteurs du Jura (certains colibris connaissent peut etre
?), à destination de Cannes-Mandelieu (LFMD). L'avion est basé
à Genève, mais recoit une partie de sa maintenance dans
l'excellent atelier de mécanique présent sur ce terrain.
Ce jour-là, il neige dru sur le Jura, et nous devons attendre le
déneigement de la piste pour pouvoir effectuer notre décollage,
le seul mouvement du jour ! Les conditions météo sont pourries,
la visi n'excède pas 800m, et la piste est très glissante.
Cet avion est très motorisé (2 turbines de 650Ch) et du
coup, le décollage est toujours assez sportif, particulièrement
ce jour-là. Pour un petit pilote VFR comme moi, passer du DR 400
à un décollage sur cet avion sous la neige et dans ces conditions,
c'est assez décoiffant ! 15 secondes plus tard, nous sortons de
l'IMC pour se retrouver dans un magnifique soleil, que peu des Suisses
en-dessous auront pu voir ce jour-là.
Notre route sur ce trajet est pile au-dessus
des Alpes : SPR (Saint-Prex) puis MEDAM (pas très loin du Mont-Blanc),
puis VEVAR et une arrivée VEVAR 3R pour Cannes. Donc sur cette
route, les altitudes de sécurité sont assez sévères,
avec un FL190 sur une partie du vol. Pas de problèmes, nous arrivons
à notre niveau de croisière (FL210) au niveau du Lac Léman.
Le Cheyenne monte très bien, ce qui surprend d'ailleurs souvent
les contrôleurs car il monte à une VI assez faible (140 kts)
mais un taux de montée élevé (plus de 2000 ft/min
jusqu'au FL 150 puis on termine à 1500 ft/min) du coup il gène
souvent des départs de jets, qui eux monte sur une pente nette
moins forte.
Ce 22 décembre, il y a beaucoup de vent en altitude, et nous atteignons
sur notre trajet aller les 310 kts sol, pour une TAS de 240 kt... on le
paiera cher au retour, avec parfois moins de 180 kts sol !!
Le temps est très couvert sur les Alpes, et nous restons en IMC
ou entre deux couches presque tout le vol. L'ATIS de Cannes passe CAVOK-vent
calme, ce qui est appréciable (surtout que la veille, TF1 prévoyait
la tempete sur Cannes et Nice, avec des vents à 110 km/h, et une
alerte orange en prime !). Effectivement, arrivé sur la cote, le
temps se dégage, mais ca secoue assez sévère pendant
la descente, ce qui prouve que si le vent est calme en bas, il n'en est
pas de même au niveau 150!
Nous parvenons à négocier une "directe à vue"
vers Cannes, le traffic le permettant. D'ailleurs, un AFR en provenance
de Paris n'est pas en reste, et demande aussi une approche à vue
pour la 04L.
Ceci étant, à Cannes, les procédures ont pas mal
évolué, et les arrivées IFR ne "déboulent"
plus désormais dans le trafic du circuit de piste. Ils ont mis
en place un circuit imposé à 1500 ft, lors qu'on fait son
circling pour la 17. Alors que le jour tombe (17h30), il y encore pas
d'avions en vol (profitant du CAVOK de ce jour de congés), et nous
sommes "régulés" dans le tour de piste par la
controleuse, entre un DR400 et un autre avion, eux à 1000 ft et
nous à 1500ft en décalé.
Pour notre décollage retour vers Genève (19h30), le trafic
s'est pas mal intensifié sur Nice. Lors de départs IFR de
Cannes, la clairance est très stricte : il faut maintenir 1500
ft et contacter l'approche de Nice sur 124.17. On passe en effet sous
l'axe ILS de Nice, et en fonction du trafic, on est pris en cap et autorisé
à monter. Pendant que mon CDB se bagarre avec l'avion pour décoller-rentrer
le train-stabiliser l'avion à 1500ft- réduire la puissance-mettre
le PA (tout ça en moins de 1 min), je contacte Nice, ou il faut
déjà arriver à en placer une ! "Nice Depart
bonsoir Hotel Bravo Lima Tango India 1500 pieds au décollage de
Cannes". On est maintenus à 1500 ft, et nous croisons un A320
d'AFR, à 3000 ft lui je crois. Une fois séparés,
nous tournons à droite pour monter. Visiblement, nous ne sommes
pas passés loin de croiser sur l'ILS 04R ce soir-là l'Airbus
de Jacques D., qui je crois passait par là ce 22 décembre
au soir... :o)
Pendant le vol retour, beaucoup de vent de face, et aussi de drôles
de phénomènes de vent sur les Alpes : alternance d' ascendances
et descendances importantes, mais sans aucune turbulences. Résultat
: avec le PA engagé, on s'apercoit que la vitesse indiquée
baisse insensiblement (jusqu'à 20 kts) avec augmentation de l'assiette,
mais sans aucune variation d'altitude ou de vario... Ca dure quelques
minutes, et puis ca repart dans l'autre sens... assez stressant au début,
surtout quand on pense qu'on est au-dessus des Alpes, en pleine nuit...
En prime, du givrage modéré pendant la descente, mais une
superbe finale sur l'ILS de la piste 05 de Genève, toute éclairée.
Voilà !
Bonjours aux colibris suisses, et bons vols à tout le monde.
Julien PLE
Muret-LFBR (et de temps en temps de passage en Suisse...)
|