| Mercredi
5 août 2003
Comme la veille
nous avons fait beaucoup d'avion, aujourd'hui, nous allons aller nous reposer
un peu sur l'île des Pins.
Daniel, empêché
ne sera pas avec nous aujourd'hui, et nous partons seuls Lolo et moi, à
bord du C172 de la veille. Ce curieux Cessna qui a le volant incliné
30° à gauche lorsque les ailerons sont au neutre.
Pendant ma
prévol, je remarque un petit truc curieux au niveau de la câblerie
; une réparation (ou du moins je pense que s'en est une) un peu
artisanale, mais apparemment solide. Il faudrait que je la montre à
Lolo, mais j'oublie.
La météo
est correcte sans plus, avec juste pour nous embêter un BKN vers
10 000 ft, juste bon à voiler le soleil et les couleurs du lagon.
Décollage
en 17 et cap à l'est d'abord sur l'Ile Ouen où se trouve
un petit terrain privé de 400m malheureusement fermé en ce
moment. Pour le plaisir, nous y faisons une approche interrompue. Je laisse
le manche à Lolo, pendant que je prends des photos lors d'une "finale"
assez turbulente (qu'est ce qu'il pilote mal ce Lolo !). L'environnement
est superbe, et Lolo me laisse rêveur en m'évoquant les sorties
pique-niques en avion sur ce coin de paradis.
"Tiens, on
mettait les avions sous les cocotiers là, et on, se baignait sur
cette plage là".
Arrghh.
Mais malheureusement
la piste est fermée, et de hautes herbes ont poussé depuis.
Au milieu de celles-ci d'ailleurs, trois personnes marchent, et elles ont
dû relire le notam de fermeture du terrain ce matin même pour
être aussi sûres d'elles, puisqu'elles ne se poussent pas d'un
mètre alors que nous sommes en courte finale et que l'on devait
pourtant donner l'impression de vouloir atterrir !
Remise de
gaz, les commandes à gauche (ça turbule déjà
moins !), et nous remontons vers 2500ft cap sur l'île des Pins que
l'on devine au loin avec son petit relief le Pic N'ga et ses 269m.
Le survol
est maritime bien entendu, mais ici contrairement à la Polynésie,
le trajet est balisé d'innombrables îlots, hauts fonds ou
récifs frangeant, au survol aussi beau que rassurant. En tout cas,
voilà un transit maritime peu ennuyeux tellement le survol de ces
récifs est somptueux.
Magenta nous
transfère avec l'Ile des Pins, où le contrôleur (encore
un copain de Lolo !) nous salue et nous donnes les paramètres. La
10 est en service, comme l'on vole au cap 100, nous débutons donc
une finale de près de 30 NM ! Pas une demi finale comme dirait JD...
Malheureusement
les couleurs ne sont pas au rendez vous à cause de ce voile d'alto-stratus.
Mais malgré tout, c'est beau, et je reconnais assez facilement les
endroits que j'avais visité en 1998 lors de mon premier passage
ici (comme simple touriste, non pilote, mais c'était déjà
beau !).
L'île
des Pins porte bien son nom puisqu'elle en est couverte. Des pins collonaires,
avec leur extrémité légèrement plus touffue
comme... une brosse à dent Georges, une brosse à dent ! Le
dentiste de l'île, affecté au Service d'Hygiène Dentaire
est l'un de mes camarades de promotion (enfin un an plus jeune pour être
exact), venu ici comme VAT et resté depuis. On peut le comprendre...
L'avion est
rangé sur le parking de ce terrain splendide, ceint d'une terre
ocre rouge lui conférant des allures de paysages malgaches.
A l'arrivée,
le taxi réservé nous attend, et nos seigneuries voulant bien
se donner la peine, nous délaissons notre avion privé pour
nous rendre à l'auberge locale ; l'hôtel Méridien.
Il est des
endroits où il faut aller au moins une fois dans sa vie. Cet hôtel
en est un. Le cadre naturel (respecté) dans lequel il s'inscrit
est absolument unique. C'est plus beau que la plus belle image d'Épinal
de l'éden tropical à laquelle vous pouvez penser (le classique
triptyque mer turquoise, sable blanc, cocotiers). C'est indescriptible,
et il faut y aller pour s'en rendre compte.
En 98, j'avais
déjà pu apprécier la beauté de cet endroit
(la baie d'Oro) qui n'est d'ailleurs que l'un des endroits exceptionnels
de cette île qui en recèle à mon goût deux autres
du même calibre (baie d'Upi et plages de Kuto-Kanuméra). Et
je parle là d'endroits exceptionnels, pas d'endroits seulement "beaux".
Certes le
prix de la nuit coûte à peu près une heure de bi-moteur
IFR, mais il faudra que j'y revienne.
Après
une séance de photo, d'ailleurs cocasse puisqu'elle nous a fait
passer pour des fous alors que nous essayions de photographier l'inscription
"pilotlist.org" que nous avions écrite sur le sable, nous nous attablons
à un sérieux barbecue.
Repus, c'est
dans un effort surhumain que nous trouvons la ressource de vaincre un extra-ordinaire
"bénitiers de sorbet". 8 boules divines, faites maison, servies
dans un énorme bénitier, nappées de délicieuse
chantilly maison et entourées de deux meringues.
Grmpf...
 |
 |
 |
| Avant l'orgie
du bénitier de sorbet au Méridien |
Baie d'Oro
; île des Pins |
Baie d'Oro
; île des Pins |
Bon, tout ceci
n'est plus très aéro. En tout cas il y a un dieu pour les
pilotes-épicuriens car pendant que nous nous empifrons, la brise
se lève, et le ciel perd son voile gris et devient d'un bleu immaculé.
Nul doute que les paysages aériens vont avoir changé du tout
au tout.
Nous revenons
à l'avion, qui bien que délesté d'une heure de carburant,
se retrouve lesté de ce copieux bénitier de sorbet. Passage
par la tour pour l'obtention d'un tampon mythique, discussion avec le contrôleur,
et c'est reparti.
Je décolle
en 10, puis vire à gauche en direction de la baie d'Oro et du Méridien,
que nous survolons stables à 1000 ft.
Le spectacle
commence. La baie d'Oro, et ses îlots dans le lagon. La petite rivière
d'eau de mer, qui mène jusqu'à la piscine naturelle toute
proche, autre site fabuleux. Et devant la baie d'Upi, sorte de baie d'Along
(ensoleillée celle là parce que la vraie, en photo je ne
l'ai vu que par un temps couvert !) avec une eau bleu turquoise splendide
qui baigne de nombreux blocs calcaires, puis, c'est le sud, Kotomo et l'ilot
Brosse, suivi du retour vers la côte ouest avec les indescriptibles
baies de Kanuméra, Kuto et son rocher tabu.
Le spectacle
est de toute beauté et le contrôleur se marre lorsque je lui
dis qu'il habite un bien beau coin.
 |
 |
 |
| Baie d'Upi,
île des Pins |
Baie de Kuto
et Kanumera, île des Pins. |
Récifs
entre l'IDP et Magenta. |
Malheureusement
il faut rentrer, et sur la route maintenant éclairée d'un
soleil au zénith éclatant, nous retrouvons les îlots
et les récifs coralliens survolés à l'aller. C'est
un concours de bleus, et franchement, il doit être difficile de concentrer
ailleurs autant de belles choses dans une nav de 57 NM. Mon humble avis,
qui n'engage que moi, c'est que l'Ile des pins, est la plus belle île
qu'il m'ait été donné de voir (et c'est quand même
un touriste qui connaît Bora Bora, Maupiti, les Tuamotu, Bali, Les
Maldives, Madagascar, Zanzibar, Kho Pee Pee et Kho Pha Ngan en Thaïlande,
etc. qui parle). C'est la plus complète, la plus variée,
c'est une île qui n'est pas seulement belle vue du ciel, mais aussi
du sol.
Pour rentrer
sur Magenta, nous passons par une route un peu plus au nord, empruntant
la baie de Prony, le Canal Woodin et la baie des Pirogues. Tiens, sur la
fréquence on entend le TB20 préféré de Daniel.
Et c'est en effet bien lui, qui en cette fin de journée vient à
notre rencontre !
Nous essayons
de ne pas nous rentrer dedans et c'est par un posé en 35 (de toute
beauté au dessus du quartier résidentiel de Ouemo) que nous
terminons cette splendide journée avec Daniel qui nous retrouve
sur le tarmac et qui lit sur nos mines (et nos ventres rebondis !) que
la journée fut bonne...
 |
 |
 |
| Finale 35
à Magenta |
Vent arrière
35 à Magenta |
Le Centre
Culturel Jean Marie Tjibaou |
|