Vacances aéronautiques en Nouvelle Calédonie
 
Stéphan est arrivé en "voisin" de Tahiti pour découvrir la Nouvelle Calédonie avec deux colibris, Daniel Cros et Lolo. 
Récit de Stéphan,photos Stéphan & Daniel.
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Mercredi 5 août 2003

Comme la veille nous avons fait beaucoup d'avion, aujourd'hui, nous allons aller nous reposer un peu sur l'île des Pins.
Daniel, empêché ne sera pas avec nous aujourd'hui, et nous partons seuls Lolo et moi, à bord du C172 de la veille. Ce curieux Cessna qui a le volant incliné 30° à gauche lorsque les ailerons sont au neutre.
Pendant ma prévol, je remarque un petit truc curieux au niveau de la câblerie ; une réparation (ou du moins je pense que s'en est une) un peu artisanale, mais apparemment solide. Il faudrait que je la montre à Lolo, mais j'oublie.

La météo est correcte sans plus, avec juste pour nous embêter un BKN vers 10 000 ft, juste bon à voiler le soleil et les couleurs du lagon.
Décollage en 17 et cap à l'est d'abord sur l'Ile Ouen où se trouve un petit terrain privé de 400m malheureusement fermé en ce moment. Pour le plaisir, nous y faisons une approche interrompue. Je laisse le manche à Lolo, pendant que je prends des photos lors d'une "finale" assez turbulente (qu'est ce qu'il pilote mal ce Lolo !). L'environnement est superbe, et Lolo me laisse rêveur en m'évoquant les sorties pique-niques en avion sur ce coin de paradis. 
"Tiens, on mettait les avions sous les cocotiers là, et on, se baignait sur cette plage là".
Arrghh.
Mais malheureusement la piste est fermée, et de hautes herbes ont poussé depuis. Au milieu de celles-ci d'ailleurs, trois personnes marchent, et elles ont dû relire le notam de fermeture du terrain ce matin même pour être aussi sûres d'elles, puisqu'elles ne se poussent pas d'un mètre alors que nous sommes en courte finale et que l'on devait pourtant donner l'impression de vouloir atterrir !
Remise de gaz, les commandes à gauche (ça turbule déjà moins !), et nous remontons vers 2500ft cap sur l'île des Pins que l'on devine au loin avec son petit relief le Pic N'ga et ses 269m.
Le survol est maritime bien entendu, mais ici contrairement à la Polynésie, le trajet est balisé d'innombrables îlots, hauts fonds ou récifs frangeant, au survol aussi beau que rassurant. En tout cas, voilà un transit maritime peu ennuyeux tellement le survol de ces récifs est somptueux.
Magenta nous transfère avec l'Ile des Pins, où le contrôleur (encore un copain de Lolo !) nous salue et nous donnes les paramètres. La 10 est en service, comme l'on vole au cap 100, nous débutons donc une finale de près de 30 NM ! Pas une demi finale comme dirait JD...

Malheureusement les couleurs ne sont pas au rendez vous à cause de ce voile d'alto-stratus. Mais malgré tout, c'est beau, et je reconnais assez facilement les endroits que j'avais visité en 1998 lors de mon premier passage ici (comme simple touriste, non pilote, mais c'était déjà beau !).
L'île des Pins porte bien son nom puisqu'elle en est couverte. Des pins collonaires, avec leur extrémité légèrement plus touffue comme... une brosse à dent Georges, une brosse à dent ! Le dentiste de l'île, affecté au Service d'Hygiène Dentaire est l'un de mes camarades de promotion (enfin un an plus jeune pour être exact), venu ici comme VAT et resté depuis. On peut le comprendre...
L'avion est rangé sur le parking de ce terrain splendide, ceint d'une terre ocre rouge lui conférant des allures de paysages malgaches.
A l'arrivée, le taxi réservé nous attend, et nos seigneuries voulant bien se donner la peine, nous délaissons notre avion privé pour nous rendre à l'auberge locale ; l'hôtel Méridien.
Il est des endroits où il faut aller au moins une fois dans sa vie. Cet hôtel en est un. Le cadre naturel (respecté) dans lequel il s'inscrit est absolument unique. C'est plus beau que la plus belle image d'Épinal de l'éden tropical à laquelle vous pouvez penser (le classique triptyque mer turquoise, sable blanc, cocotiers). C'est indescriptible, et il faut y aller pour s'en rendre compte.
En 98, j'avais déjà pu apprécier la beauté de cet endroit (la baie d'Oro) qui n'est d'ailleurs que l'un des endroits exceptionnels de cette île qui en recèle à mon goût deux autres du même calibre (baie d'Upi et plages de Kuto-Kanuméra). Et je parle là d'endroits exceptionnels, pas d'endroits seulement "beaux".
Certes le prix de la nuit coûte à peu près une heure de bi-moteur IFR, mais il faudra que j'y revienne.
Après une séance de photo, d'ailleurs cocasse puisqu'elle nous a fait passer pour des fous alors que nous essayions de photographier l'inscription "pilotlist.org" que nous avions écrite sur le sable, nous nous attablons à un sérieux barbecue.
Repus, c'est dans un effort surhumain que nous trouvons la ressource de vaincre un extra-ordinaire "bénitiers de sorbet". 8 boules divines, faites maison, servies dans un énorme bénitier, nappées de délicieuse chantilly maison et entourées de deux meringues.
Grmpf...
 

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Avant l'orgie du bénitier de sorbet au Méridien Baie d'Oro ; île des Pins Baie d'Oro ; île des Pins

Bon, tout ceci n'est plus très aéro. En tout cas il y a un dieu pour les pilotes-épicuriens car pendant que nous nous empifrons, la brise se lève, et le ciel perd son voile gris et devient d'un bleu immaculé. Nul doute que les paysages aériens vont avoir changé du tout au tout.
Nous revenons à l'avion, qui bien que délesté d'une heure de carburant, se retrouve lesté de ce copieux bénitier de sorbet. Passage par la tour pour l'obtention d'un tampon mythique, discussion avec le contrôleur, et c'est reparti.
Je décolle en 10, puis vire à gauche en direction de la baie d'Oro et du Méridien, que nous survolons stables à 1000 ft.
Le spectacle commence. La baie d'Oro, et ses îlots dans le lagon. La petite rivière d'eau de mer, qui mène jusqu'à la piscine naturelle toute proche, autre site fabuleux. Et devant la baie d'Upi, sorte de baie d'Along (ensoleillée celle là parce que la vraie, en photo je ne l'ai vu que par un temps couvert !) avec une eau bleu turquoise splendide qui baigne de nombreux blocs calcaires, puis, c'est le sud, Kotomo et l'ilot Brosse, suivi du retour vers la côte ouest avec les indescriptibles baies de Kanuméra, Kuto et son rocher tabu.
Le spectacle est de toute beauté et le contrôleur se marre lorsque je lui dis qu'il habite un bien beau coin.
 

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Baie d'Upi, île des Pins Baie de Kuto et Kanumera, île des Pins. Récifs entre l'IDP et Magenta.

Malheureusement il faut rentrer, et sur la route maintenant éclairée d'un soleil au zénith éclatant, nous retrouvons les îlots et les récifs coralliens survolés à l'aller. C'est un concours de bleus, et franchement, il doit être difficile de concentrer ailleurs autant de belles choses dans une nav de 57 NM. Mon humble avis, qui n'engage que moi, c'est que l'Ile des pins, est la plus belle île qu'il m'ait été donné de voir (et c'est quand même un touriste qui connaît Bora Bora, Maupiti, les Tuamotu, Bali, Les Maldives, Madagascar, Zanzibar, Kho Pee Pee et Kho Pha Ngan en Thaïlande, etc. qui parle). C'est la plus complète, la plus variée, c'est une île qui n'est pas seulement belle vue du ciel, mais aussi du sol.

Pour rentrer sur Magenta, nous passons par une route un peu plus au nord, empruntant la baie de Prony, le Canal Woodin et la baie des Pirogues. Tiens, sur la fréquence on entend le TB20 préféré de Daniel. Et c'est en effet bien lui, qui en cette fin de journée vient à notre rencontre !
Nous essayons de ne pas nous rentrer dedans et c'est par un posé en 35 (de toute beauté au dessus du quartier résidentiel de Ouemo) que nous terminons cette splendide journée avec Daniel qui nous retrouve sur le tarmac et qui lit sur nos mines (et nos ventres rebondis !) que la journée fut bonne...
 

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Finale 35 à Magenta Vent arrière 35 à Magenta Le Centre Culturel Jean Marie Tjibaou

 

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