Voler en Australie

Mars 2002

Je reviens de 3 belles semaines de vacances en Australie, je vous soumet quelques photos. Et pour commencer, des photos , assez connues, d'appareils de la Qantas.
 

Visite intéressante à Alice Spring , dans le Centre Rouge, de la base opérationnelle des Flying Doctors. Chaque base est chargée du rapatriement sanitaire, en
majorite des aborigènes,  dans un rayon de 600 km.
Les Flying Doctors ont été crées en 1928 et sont financés par les autorités australiennes et par des dons. Le transport des malades se fait donc gratuitement.
Les premiers appareils employes étaient des DH50. L'appareil utilisé maintenant et qui a remplacé le Beech 200 est le Pilatus PC12. Il semble bien adapté aux pistes en terre qui constituent une grande majorité des terrains de brousse utilisés. Le Radio Communication Center est assez rustique comme vous pouvez le constater sur la photo. La gestion se fait avec une bonne vieille carte, quelques punaises bleues pour marquer  les terrains et des fils rouges pour indiquer les vols en cours (
details sur le site http://www.rfds.org.au/)
 
RFDS PC12

Grâce à Jean-Michel, veritable encyclopedie de tout les bons coins ou l'on peut voler sur notre planète, rendez-vous avait été pris vers 12h avec Lee, via Internet pour parcourir les cieux australiens en ce beau dimanche 17 mars.
Jack, un pilote du coin nous attendait gentiment, ma copi préférée et moi, à la gare de Liverpool, petite bourgade du sud de Sydney, pour nous conduire à Hoxton Park (YHXT pour les intimes).
Lee était en tour de piste avec une élève, sur un biplace ressemblant un peu au Piper Tomawak mais qui d'après mon chauffeur était un Beech.
Nous "papotons" tranquillement tout en sirotant quelques litres de café, en attendant que mon futur instructeur australien ait achevé son vol
Jack me raconte ses exploits récents avec un atterrissage train rentré qui semble s'être  bien terminé. Un autre pilote veut absolument m'emmener pour une
promenade de 6h en plein outback Je suis très tenté, ma copi un peu moins, et je décline l'invitation en indiquant que j'ai rendez-vous avec Lee.
Celui-ci arrive d'ailleurs, solide instructeur d'une trentaine d'année qui m'accueille chaleureusement.
Après un rapide coup d'oeil à ma license, il me laisse le choix de l'avion, Beech Sierra 200 ch , constant speed et train rentrant ou Beech Sundowner 180 cv train fixe, hélice pas fixe. Ne connaissaint ni l'un, ni l'autre, je choisis le Sundower, car plus classique pour le petit pilotaillon que je suis.
Nous choisissons ensuite un itineraire: ce sera un grand tour de Sydney d'environ 1h30.
Nous déposons un plan de vol par internet, pas obligatoire, mais qui devrait nous améliorer l'accès à la zone de Sydney
Puis je fais connaissance avec ma monture, qui ressemble a un PA28 mais avec 2 portes. Prévol classique qui me permet de constater un état général correct mais une apparence plus que négligée : peinture craquelée, saumons bosselés, instruments manquants cachés par un bout de papier (voir photo)

Décollage en 34 avec une temperature à l'ombre de 32°C, rotation a 70, montée à 80, me dit Lee. On s'aligne, mise en puissance, je tire doucement, rien ne se passe. Je tire un peu plus fort, rien ! Il faut vraiment cabrer comme un malade pour que la bête quitte enfin le sol.
En fait toutes les commandes sont très dures, et mon bon vieux Commodore me paraîtra léger comme un MCR en rentrant, en comparaison de ce tracteur.
Nous montons très tranquillement avec un petit 200 ft/mn jusqu'a 1500 ft en direction du nord. Puis nous obliquons à l'est pour rejoindre le Pacifique en suivant les points de report précis du cheminement.
Je commence à percevoir la magnifique baie de Sydney avec ses milliers de voiliers. Lee m'indique qu'il va tenter de négocier un tour du centre des affaires et de ses buldings. Négociations fructueuses, Sydney Control nous autorise la promenade à 2000 ft.
Je n'ai pas compris un mot des échanges radio qui ont eu lieu avec un débit très rapide et un accent incompréhensible et suis ravi d'avoir un autochtone à mes cotés
Lee me propose de reprendre les commandes quelques minutes pour que je puisse profiter du  spectacle grandiose que constitue l'Opéra, le Pont, la Sydney Tower, les gratte-ciels géants et la baie. Ah ! Que nous sommes loins des cieux français et de la ZRT de Lyon.
 
 
Beech Sydney

Après 2 ou trois hippodromes à droite puis à gauche, je reprend le Sundowner pour descendre à 500 ft mer et poursuivre le cheminement cotié en passant sous
la finale de l'aéroport principal. Nous poursuivons au sud en survolant la célèbre plage de Bondy, bondée en ce beau dimanche d'été et apparement protégée par des filets anti-requins.
Puis Lee me donne un cap vers l'ouest et l'intérieur des terres en me demandant de monter à 1500 ft.
J'effectue la manoeuvre "à la Française ", assiette, puissance, ce qui semble surprendre au plus haut point mon instructeur qui se précipite sur la manette de gaz.
La méthode ne semble pas apprécié aux antipodes. Après quelques nautiques, nous commençons à être secoués et j'ai du mal à tenir la bête. "Very bumpy " rigole notre ami Lee qui me propose quand même de montée vers 2500.
Derrière, ma passagère préférée a posé caméra et appareil photo et semble s'intéresser davantage à un sac plastique d'apparence pourtant banale.
Mais les violentes turbulences cessent avec l'altitude et nous reprenons un cap nord pour revenir à Hoxton Park
Je commence à apercevoir la piste et Lee me demande si je veux faire l'atterro.
Ben bien sûr que je veux, je n'ai pas fait 17000 km pour faire poser un Sundowner par un autre !
Intégration classique, verticale, vent arrière, 80 et un cran de volet , base, 2eme cran de volet avec un très fort couple à piquer et finale 34 à 70.
Et je réussi fièrement mon premier posé australien sans faire un Kangourou.
Le maître semble satisfait et me dit que lorsqu'on sait poser un Sundowner on sait tout poser.

Bilan de l'après-midi :
1h32 d'un vol superbe même pas imaginable dans nos cieux français
255 dollars australiens soit environ 150 Euros, quelques frais supplémentaires a prévoir pour amadouer ma copi encore un peu retournée
la découverte du Beech Sundowner, mais bon, il y a mieux
une envie de recommencer au plus tôt

Patrice Quitaud
AC Renault VI
LFLY Lyon Bron

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